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 Dix ans plus tard... PV Tomoya~

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Park Minori

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MessageSujet: Dix ans plus tard... PV Tomoya~   Dim 21 Jan - 23:10



► 23 Janvier 2018, aquarium
Dix ans plus tard...
Tomoya & Minori
J'avais déjà exigé cette sortie il y a très longtemps de cela... mais à vrai dire, les choses s'étaient compliquées à une époque, puis j'avais oublié, moi-même. Je dis bien que je l'avais ''exigé'', puisque cette sortie est en réalité une promesse faite à un jeune adolescent par son pauvre babysitter. Il m'avait brisé le cœur en m'expliquant – encore une fois – qu'on ne pourrait pas se marier. Afin d'être rassuré, j'avais demandé à ce que nous restions toujours proches dans le futur. Mon affection pour Tomoya était la plus pure et la plus innocente, à l'époque. Je n'avais pas encore découvert mon corps ni celui des autres, oh époque si naïve. L'idée de ne pas pouvoir me marier avec lui était très douloureuse, puisque dans toute mon innocence, j'avais chéri cette idée en grandissant, me disant que chaque jour me rapprochait de cet heureux événement. Tomoya avait été mon premier ami au monde, le premier à s'occuper de moi qui n'était pas ma mère ou mon père. Comment peut-on ne pas avoir le cœur en miettes à l'idée de ne pas passer sa vie avec une personne si importante? J'avais donc exigé qu'à mon prochain retour en Corée, nous allions à l'aquarium. J'étais prévoyant, je planifiais toujours d'avance quelques activités pour ma prochaine visite! Ainsi, il n'y avait pas de raisons pour que nous ne nous voyions pas pendant cette courte période où des kilomètres ne nous séparaient pas. Seulement, j'avais 15 ans lorsque je lui ai fait me promettre cette sortie, pour me prouver que même si nous n'allions pas nous marier... il m'accorderait toujours de son temps et de son attention.

J'étais jeune, imbécile, j'avais toujours mon sens de la vue... Je croyais que je reverrais ce visage des tonnes de fois encore. J'étais loin de savoir que c'était la dernière fois... Si je l'avais su, je ne l'aurais probablement pas écouté, je me serais simplement imprégné de son image. Je me serais plongé dans la couleur foncé de ses yeux, j'aurais mémorisé par cœur les différentes nuances du grain de sa peau, je me serais laissé charmer par ce sourire jusqu'à la dernière seconde... au lieu d'éviter de le regarder, puisque je ne voulais pas écouter les raisons, pourtant intelligentes qu'il me donnait. Je lui aurais probablement demandé de se taire en cette dernière journée et de juste me laisser apprécier sa présence. Après ce jour, je n'ai pu que l'entendre, deviner ses traits sous mes doigts et deviner ses expressions en me basant sur ses intonations. Je n'ai pas été en Corée, cette année-là, donc, nous n'avons pas été à l'aquarium tel que prévu... Quand j'y suis retourné, l'année suivante, c'était compliqué puisque je ne connaissais pas assez bien les lieux pour me balader seul avec ma canne en ville et je n'avais pas le cœur à ainsi me faire rappeler que je ne pouvais pas le voir. Non, cette sortie avait eu une certaine symbolique pour moi, de base, et je ne pouvais me résoudre à ainsi la passer. J'agissais comme si de rien n'était, je ne voulais pas que Tomoya ne s'inquiète pour moi... Je continuais à envoyer balader sa chipie de sœur aînée, elle, je n'avais pas besoin de la toucher pour savoir qu'elle était devenue encore plus laide en vieillissant.

Ça avait été étrange et difficile, la première fois, d'ainsi ''voir'' Tomoya... en passant mes mains sur son visage pour découvrir comment ses traits avaient changé. Chaque fois que je ''revoyais'' une personne après mon accident, c'était une gifle que je me prenais. C'était ça ma vie à présent... Cette personne que j'avais toujours eu l'habitude de voir avec mes yeux, d'en voir les formes, les teintes, les ombres créées par les jeux de lumière... maintenant, je ne voyais que les formes à travers mes doigts et les couleurs à travers leurs mots. La gifle était d'autant plus virulente quand la personne était importante pour moi, donc il est facile de comprendre comment ce fut avec mon premier ami. J'avais pourtant forcé un sourire et ravalé les larmes, je n'avais pas voulu craquer devant lui. Je l'avais complimenté, j'étais sûr qu'il était encore plus beau que la dernière fois... comme si j'avais vraiment besoin de ça. J'avais ensuite trouvé un prétexte bidon pour me dérober à sa personne pendant quelques minutes... et aller craquer pour mieux me calmer. J'étais revenu, tout normalement, et j'avais refusé d'aller à l'aquarium, proposant de faire quelque chose de plus simple, où il y a moins de gens... À l'époque, je n'étais pas à l'aise avec mon nouveau handicap, j'avais peur de gêner avec ma maladresse, de ne pas arriver à suivre, de me cogner partout... de me perdre et de ne pas savoir comment rentrer... Mais aussi de ne pas arriver à bien en profiter, puisque tous mes autres sens se feraient à nouveau violer dans cet environnement plein de gens, alors qu'ils tenteraient de compenser pour la vue qui me faisait défaut.

Je ne sais pas pourquoi j'avais finalement décidé de lui rappeler cette promesse et de lui demander d'y aller... Ce long voyage m'avait probablement rendu nostalgique... Ce devait être le spectacle de ballet... Perdre la vue m'avait aussi arraché le droit d'espérer réaliser mon rêve de danser un jour sur scène, comme ma mère me l'avait appris depuis mes premiers pas, avec une troupe de ballet. À la place, j'étais restreins à ne pouvoir que les accompagner en musique. Peut-être que je voulais essayer de vivre quelque chose que la vie m'avait pourtant enlevé, c'était ma manière de l'envoyer balader et lui montrer qu'elle ne m'avait pas vaincu. J'étais encore au Canada quand j'avais contacté Tomoya pour lui demander de me réserver un peu de temps, à mon retour, pour que nous allions à l'aquarium. Je n'ai aucune idée de s'il se rappelle du fait que c'était une promesse qu'il m'avait fait, il y a dix ans de cela... Probablement pas, ça n'avait sûrement pas la même importance pour lui, mais ce n'est rien de grave. J'avais été ravi de l'entendre accepter ma demande, qui devait avoir l'air sortie de nul part pourtant. Les jours passant, je suis rentré en Corée. Le temps a continué à aller à son rythme, immuable comme toujours, et me voilà à marcher aux côtés de mon ami à ce fameux aquarium. Les billets d'entrée étant payés, j'avançais tranquillement avec lui. Je tenais son bras, comme j'en avais l'habitude depuis que j'étais aveugle et tâtonnait doucement le sol avec ma canne que je tenais de mon autre main.

J'étais vêtu plutôt simplement en cette belle journée, un jean noir moulant déchiré en plusieurs endroits comme tous les jeans qu'on trouve en magasin, en ce moment, selon mon assistante, avec une chemise de soie noire dont les deux boutons du haut ont été laissé ouverts ainsi qu'une veste noire, elle aussi. Je n'attirais donc pas trop l'attention par mon look, pour une fois, j'avais essayé de faire attention... Je voulais pouvoir profiter tranquillement de cette sortie.

-« N'oublie pas! Tu es mes yeux! Tu dois donc TOUT me décrire! » insistai-je en riant. « Du plus gros poissons au bout de brocoli coincés entre les dents de la fillette qui le regarde en criant! » ajoutai-je, alors qu'on entendait effectivement une enfant crier, non loin.

J'étais habitué maintenant à cette surcharge sensorielle dans les endroits publics. Entendre tout ce brouhaha de voix, de pas, de frottements des tissus de certains vêtements... Sentir toutes ces odeurs... donc les odeurs de cigarettes provenant des vêtements des fumeurs, tous ces parfums et eau de parfum qui se mélangent, ces mauvaises haleines, ces haleines fraîches, les savons et la sueur... bref tout. On remarque davantage les choses quand on dépend de ses autres sens. J'étais mille fois plus conscient aussi des gens qui me frôlaient ou passaient trop près de moi. Je restais près de Tomoya, essayant de me concentrer sur son parfum d'ailleurs... Il sentait toujours aussi bon... pas étonnant que je voulais me marier avec lui quand j'étais plus jeune. Hélas, son parfum ne réussissait pas à couvrir l'odeur des poissons... mais bon, l'odeur de l'eau salée de certains bassins n'étaient pas si pire et entendre les poissons nager était quelque chose de nouveau et d'intéressant pour moi. Je ne pouvais m'empêcher de sourire malgré moi, vivant une certaine joie innocente pour des raisons qui m'échappaient. Je fronçai cependant les sourcils et tournai la tête dans la direction opposée à mon amie en sentant une main clairement se poser sur ma fesse. L'aquarium n'était pas supposé être un endroit familial et convivial!? Ce n'est pas comme si j'étais dans un club échangiste ou quelque chose du genre... le geste me surprit donc beaucoup, vu le contexte. La main repartit cependant aussi vite qu'elle n'était apparue et je sentis un courant d'air passer... ça n'avait pas du tout paru accidentel, mais ce fut très bref.

-« Dis-moi que tu es contorsionniste et que c'est toi qui vient de me pincer une fesse comme tu en rêves depuis si longtemps... » demandai-je, à voix basse, en retournant la tête vers mon ami. « Ou décris-moi la personne qui vient de passer à côté de moi, en abusant de ma fesse! »

Je ne le prenais pas ''mal''... j'étais surpris et je me retenais de ne pas en rire, en réalité. Ça avait été tellement inattendu!
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MessageSujet: Re: Dix ans plus tard... PV Tomoya~   Lun 22 Jan - 1:35

► Janvier 2018, aquarium
Dix ans plus tard...
Tomoya & Minori


Cela faisait des années que je connaissais Minori et j’avais l’impression parfois que ce dernier était comme un petit frère que je devais protéger. J’avais un profond attachement pour le plus jeune et j’avais toujours voulu garder un œil sur lui surtout quand enfant, il venait à sa maison avec sa mère qui était une amie d’enfance de ma mère.  Minori avait beau être beaucoup plus jeune que moi, je n’avais jamais senti cela comme un obstacle ou bien comme quelque chose de dérangeant bien au contraire même.  L’enfant que j’étais, voyait en Minori un petit japonais tout comme lui et je me sentais naturellement attiré par lui alors que j’étais d’un naturel très timide en étant enfant mais surtout j’étais moins seul quand il était là. Surtout qu’on ne pouvait pas réellement dire que mon lien avec mes sœurs ainées étaient réellement forts et présents, enfin presque malgré tout j’avais quand même la chance d’être proche de l’une de mes trois sœurs la dernière de la fratrie qui avait seulement 5 ans de plus que moi quand je suis arrivé dans ma famille adoptive.

Un lien très fort entre lui et moi c’était tout de suite créer et nous étions très proches, nous nous entendions très bien et nous passions énormément de temps ensemble quand Minori venait à la maison. Petits on jouait souvent ensemble et cela malgré notre différence d’âge de 6 ans, on trouvait toujours quoi faire pour s’occuper et s’amuser ensemble.  Nous avions grandi en nous voyant très souvent et Minori avait même fini par s’imaginer m’épouser en grandissant, et ce qui m’avais amusé dans un premier temps avant de finir par me rendre compte que la situation était gênante non pas que j’avais honte de mon ami mais je me sentais d’un seul coup gêné quand je l’entendais me dire qu’il m’épouserait quand on serait en âge de le faire.  J’avais été contraint de lui expliquer que bien que nous avions énormément de sentiment l’un et l’autre, le mariage ne pouvait pas être une bonne chose pour nous deux.  J’avais énormément grandi et j’avais très nettement pris conscience que les sentiments amoureux allaient et venaient au fil des expériences et Minori était trop jeune pour avoir conscience de l’importance des expériences.  En tant qu’ainé j’avais tenté de lui faire comprendre les choses en douceur pour ne pas le blesser et surtout donné le sentiment que je le repoussais parce que je tenais énormément à lui et que je voulais pas lui briser le cœur.  Bien entendu je savais que mes mots l’avaient atteint et que même s’il ne m’en avait rien dit mon refus avait blessé mon ami qui ne m’avait rien demandé de plus qu’un simple rendez-vous à l’aquarium parce qu’il avait envie d’y aller et je lui avais promis de l’y emmener un jour.    

Pourtant le rendez-vous n’avait jamais pu se faire, les aléas de la vie en avait décidé autrement, Minori avait fini par déménager avec ses parents avant de revenir finalement à Séoul mais étant atteint de cécité, le rendez-vous à l’aquarium avait été repoussé à une date ultérieur afin que le jeune homme puisse s’acclimater à sa nouvelle condition. Je me souviens très bien de la première fois que je l’avais revu après les faits et cela m’avait marqué, l’étudiant en médecine que j’étais, était à une croisée de chemin et je me demandais ce que j’allais faire après avoir fini mes études de médecine, naturellement et grâce à mon ami j’ai fini par choisir la spécialisation pédiatrique et je ne regrettais pas mon choix.  J’adorais les enfants et ça avait toujours été le cas, et cela même si je n’en voulais pas à moi pour des raisons personnelles.  

Nous avions fini par grandir, Minori avait fini par s’habituer à son handicap et j’avais fait mon bonhomme de chemin, finissant mes études avant de finir par trouver un poste dans les urgences d’un hôpital de la ville, j’étais enfin pédiatre et je pouvais m’occuper des enfants comme je l’avais toujours désiré.  Quand un jour j’avais reçu un appel de mon amie d’enfance me demandant un rendez-vous à l’aquarium comme je lui avais promis, même si à aucun moment il me rappela cette promesse passée, bien au contraire même.  Et j’avais accepté, en même temps comment refusé, c’était Minori et c’était mon ami, mon attachement à son égard n’avait jamais bougé et j’étais encore incapable de lui refuser quoi que ce soit en réalité.  

Le jour du rendez-vous était arrivé très vite et en même temps, le temps était passé tellement doucement quand même. Trop lentement même pour moi qui n’était pas vraiment d’un naturel patient.  Nous avions pris la direction de l’aquarium de la ville et après avoir payé nos entrées, nous nous étions faufilés parmi les usagers de l’aquarium et je t’avais écouté quand tu me rappelais mine de rien que je devais être tes yeux en te disant avec un léger amusement parce que je savais que tu le prendrais pas mal de ma part

"Ne t’en fais pas je serai tes yeux comme promis pour la journée et je te dirais tout ce que je vois.  Même le truc le moins important possible … J’ai donc bien fait de mettre mes lunettes sur mon nez je verrais mieux du coup. "

Un léger rire m’avait échappé à mes mots je ne me moquais nullement de ta cécité et je savais que tu le saurais en fait.  Nous avions commencé à avancer et j’avais tenu ma promesse te décrivant au plus fidèles les couleurs des poissons que je voyais nagé dans les grands aquariums que nous traversions lors de notre visite, jusqu’à ce que je t’entende ta question sur le fait que j’étais contorsionniste ou pas et que tu venais de te faire pincer les fesses visiblement par un des visiteurs.  Je tournais la tête dans ta direction avant de me retourner pour regarder l’identité de la personne qui venait mine de rien de te toucher à un endroit assez inapproprié, en un regard je l’observais avant de finir par te dire  

" Ne prends pas tes rêves trop pour des réalités mon petit chou. Ce n’est pas moi qui vient de pincer ton joli fessier. "  Je lâche un léger rire avant de dire. "Bah écoute si tu aimes les hommes mures il peut te convenir.  Il doit avoir dans la quarantaine d’année, assez grand, la peau un peu mate.  Un visage assez fin et un peu anguleux, il un grand nez assez prononcé.  Hum je dois avouer qu’il a un certain charme mais j’ai du mal à l’imaginer avec quelqu’un comme toi. Tu es bien trop beau pour lui. "

J’avoue que malgré tout je n’aimais pas spécialement l’idée que tu te fasses draguer ou aborder en ma compagnie.  Tu étais mon ami certes mais j’avais la fâcheuse manie d’être possessif envers les gens que j’aimais donc je n’aimais pas ca du tout.  

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Dernière édition par Kim Tomoya le Mar 13 Mar - 16:27, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Dix ans plus tard... PV Tomoya~   Lun 22 Jan - 17:26

► 23 Janvier 2018, aquarium
Dix ans plus tard...
Tomoya & Minori
Cette année sera le dixième anniversaire de ma cécité. Dix ans que ma vie a basculé dans le noir, c'est la manière d'aborder la chose de certains autres aveugles. C'est probablement comme ça que je l'aurais pris aussi, si je n'avais pas décidé de changer et de ne pas me laisser réduire par cet état. Non, personnellement, je préfère penser que cette expérience m'a enrichi en tant que personne et m'offre une toute autre vision des choses. Je ne vais pas mentir pour autant, le sens de la vue me manque parfois, surtout quand je joue pour un spectacle de ballet ou quand je rêve en images... Il y a des petites choses aussi que je voulais faire, étant plus jeune que j'ai longtemps cru qui m'était impossible à présent. Après réflexions pendant mon voyage de quelques mois pour le travail, j'ai décidé qu'il était temps d'arrêter de me mettre toutes ces barrières et d'être plus fidèle à mes mots. Du moins, sur le fait que ma cécité ne peut pas m'empêcher de tout faire, qu'elle ne m'a pas tout enlever. Il y a d'autres sujets pour lesquels je continue d'encourager les autres à foncer aveuglément, mais pour lesquels je me mets moi-même des limites. Après tout, je reste humain moi aussi... J'ai des idéaux que j'essaie de protéger dur comme fer, mais qui... me laissent perplexes quant à savoir s'ils me concernent aussi ou non. Suis-je... à la hauteur de ces idéaux? Le monde ne serait-il pas une conception idéalisée dans mon esprit aveuglé, si c'était le cas?

Je suis... très différent, tout de même, des gens typiques de ce monde. Je fais partie de plusieurs minorités à la fois et bien que je me batte pour les droits des minorités et que je n'ai aucunement honte d'en faire partie...  - à vrai dire, j'en tire même une certaine fierté, malgré tout.- et bien, je sais que le monde est gouverné par la majorité. Le monde est adapté à la majorité et surtout modelé par celle-ci, qui ne pense pas toujours à y inclure la minorité, parce qu'elle ne la voit pas, ne connaît pas son existence, ne s'en sent pas concernée, etc. On peut dire que c'est ironique que je pense parfois que le monde voyant est plus aveugle que moi. Quand je pense ainsi, je me dis que c'est mon rôle de les éduquer, de leur ouvrir les yeux... Cela crée aussi un petit sentiment de solitude, d'être seul contre tous... Mais c'est aussi le résumé de ma vie, donc ce n'est rien de nouveau. Je ne peux pas me laisser abattre maintenant, alors que j'ai fait tout ce chemin, que j'ai déjà commencé à ouvrir les yeux endormis, que j'ai vieilli et appris à aimer ces sentiments pourtant craints des autres.

Je pensais déjà ainsi, il y a cinq mois, avant de partir pour tous ces projets à l'étranger, mais je crois que certaines rencontres, une étincelle de deux semaines et d'autres discussions ont renforcé cet aspect de ma personnalité. Je m'en sens plus déterminé, plus fort, étonnamment... Avant de rentrer, j'avais contacté Tomoya pour lui faire une demande quelque peu curieuse, à cause de ces réflexions... Puis, j'avais été prendre rendez-vous dans un salon de tatouage, décidant de réaliser un autre projet secret qui m'était cher lorsque j'étais adolescent. Le tout n'est pas encore concrétiser, je dois me rendre à un rendez-vous dans demain pour discuter des derniers détails avec l'artiste... Mais bientôt... bientôt, je me rapprocherai de ce futur que j'avais tant désiré. Je suis curieux de la réaction qu'aura mon entourage en voyant ce que j'aurai fait, soit un acte très ironique pour un aveugle, mais j'ai aussi très hâte. C'est un acte qui a son importance pour moi et c'est probablement le premier secret que je ne partage pas à Tomoya, lui gardant la surprise, à lui aussi. C'est un peu étrange de ne pas le lui dire et j'admets que la chose me brûle la langue, surtout qu'il était à côté de moi, mais je suis sûr de mon choix et j'ai envie d'être imprévisible, une fois de plus. Je balayai plutôt l'idée de lui dire et insistai, encore, pour qu'il n'oublie aucun détail. Je ne doutais pas de ses capacités pour me décrire l'aquarium, loin de là, avec les années, il s'est amélioré et il fait partie des quelques gens dont j'apprécie particulièrement les descriptions. Autrement, je ne lui demanderais pas encore et encore de m'en faire.

-« Ne t’en fais pas je serai tes yeux comme promis pour la journée et je te dirais tout ce que je vois.  Même le truc le moins important possible … J’ai donc bien fait de mettre mes lunettes sur mon nez je verrais mieux du coup. »

Je ris en entendant sa réponse, comprenant bien qu'il me taquinait. Cela dit, il n'est pas le seul qui puisse en rire ainsi! Je m'arrêtai quelques secondes et lâchai ma canne, la laissant pendouiller à mon poignet par la bandoulière.

-« J'espère que les tiennes sont plus efficaces que les miennes, parce que sinon, tu n'y verras pas grand-chose... Tu crois que je devrais consulter mon opticien pour lui demander d'en changer les verres? » demandai-je, alors que je sortais une paire de lunettes rondes et fines de la poche de ma veste.

Évidemment, il n'y avait aucune force dans ces lunettes, elles ne sont qu'un accessoire de mode. Je les mis, prétendant que c'était tout à fait normal et tournai la tête vers mon ami, affichant un sourire joueur. Mon assistante avait insisté sur le fait qu'il était bien dommage qu'elles ne me soient d'aucune utilité, puisqu'elles m'allaient bien. Je les avais tout de même acheté, trouvant la chose cocasse et pensant que je pourrais m'en servir pour jouer les voyants dans les endroits que je connais assez bien pour laisser tomber ma canne. Je repris d'ailleurs ma canne et reprit la marche en le laissant me charmer avec ses belles descriptions. Grâce à son aide, je pouvais très bien m'imaginer les poissons aux écailles rutilantes, admirer en silence la grâce de certains et frémir à l'idée de tomber face à face avec d'autres qui semblaient moins esthétiques et plus dangereux. Je fus toutefois sorti de mon imaginaire par une main qui était bien réelle et très inattendue. Bien que je me doutais que ce n'était pas lui, je blaguai en demandant à mon ami de me rassurer en me disant que cet attouchement était son œuvre.

-« Ne prends pas tes rêves trop pour des réalités mon petit chou. Ce n’est pas moi qui vient de pincer ton joli fessier. »

Je fis une petite moue déçue, me prêtant encore une fois volontiers au petit jeu de la blague, puis repris mon éternel sourire. Cela dit, ça ne m'aurait pas dérangé que ce soit sa main, ça aurait même pu être plaisant et flatteur. Mais je ne crois pas que cela arrivera, Tomoya doit trop craindre que ce genre de choses ne rendent notre relation ambiguë... Je peux le comprendre, en un sens... Je ne sais pas si notre relation resterait la même, s'il se passait quelque chose de charnel entre nous... J'aime à croire que oui, mais une partie de moi me dit que non... Je me créerais peut-être des espoirs qui n'ont pas lieu d'être, des espoirs que j'ai enterré, il y a pourtant bien longtemps de cela. Les gens comme moi ne doivent pas trop se faire d'idées, il vaut mieux ne pas se créer d'attentes sur le futur et ne vivre que de petites histoires ici et là. La vie à ce don de basculer, du jour au lendemain, sans avertissements, dans le but obscur de nous taquiner. Elle me l'a fait à ma naissance, à mes quatorze ans, puis à mes seize ans... J'ai compris depuis qu'il vaut mieux chérir ce qu'on a et l'apprécier à sa pleine valeur, plutôt que de se créer des rêves qui peuvent si facilement nous être rejetés à la figure.

-« Bah écoute si tu aimes les hommes mûrs il peut te convenir.  Il doit avoir dans la quarantaine d’année, assez grand, la peau un peu mate.  Un visage assez fin et un peu anguleux, il un grand nez assez prononcé.  Hum je dois avouer qu’il a un certain charme mais j’ai du mal à l’imaginer avec quelqu’un comme toi. Tu es bien trop beau pour lui. »

Je hochai doucement la tête en écoutant sa réponse, amusé et surpris à la fois par la conclusion qu'il apporta. Vraiment, j'étais ''bien trop beau'' pour une autre personne? Depuis que j'ai perdu la vue, je ne peux qu'avoir une idée vague de mon physique et j'y porte ''peu d'attention''. Je dis ''peu'' puisque je continue de m'entraîner, de danser en secret chez moi, donc d'entretenir un certain physique sain... Quand je vais chez le coiffeur, je lui laisse beaucoup de liberté et j'en discute surtout avec mon assistante, même si je suis aveugle, il m'arrive de faire changer la couleur... L'idée m'amuse et c'est le genre de choses que j'aurais aimé faire si je voyais toujours, alors pourquoi pas. Mais, étant aveugle, je ne me compare plus aux autres sur la question du physique et il est rare que ce genre de compliments me soient fait... Puis, comme c'est Tomoya qui me l'a dit, je m'en sens particulièrement flatté.

-« Hmmm... je n'ai rien contre une personne mûr... L'âge n'a jamais vraiment eu d'importance pour moi, tu devrais bien le savoir, toi qui a toujours été d'un âge ô plus vénérable que le mien! » répondis-je d'abord, pour le taquiner, même si j'étais sérieux sur le fond. « L'apparence physique n'est pas très importante non plus... Ce n'est pas comme si je pouvais y faire attention... Donc s'il avait une belle voix, une personnalité agréable... Il aurait peut-être eu ses chances... » admis-je en haussant doucement les épaules. « Mais son toucher manquait sérieusement de délicatesse et avait quelque chose de maladroit, donc j'aurais cru que c'était quelqu'un de plus jeune... et ça t'enlevait d'autant plus de la liste des possibles personnes à avoir eu les mains baladeuses... Ça aurait été plus agréable si ça avait été toi~ » ajoutai-je avec un petit rire.

Je ne ressentais aucune gêne à lui admettre que son toucher était agréable, je ne voyais pas en quoi ce serait un commentaire mal ou déplacé. Pour moi, c'est l'égal de dire à quelqu'un qu'il a une voix plaisante à entendre ou qu'il écrit bien. Depuis ma cécité, je suis moi-même devenu plus minutieux et plus délicat dans mes gestes, même si je l'étais déjà relativement beaucoup à cause de la danse et du piano.

-« Éloignons-nous de cet inconnu et continuons plutôt la visite ~ Peut-être trouverons-nous une pièce secrète où les amoureux fiévreux vont se cacher pour faire des choses qui ne doivent pas se faire en public! » dis-je plutôt, gardant mon sourire joueur. « Mais je crois que nous trouverons le bassin caché des sirènes, avant... Ce serait le plus probable des deux, non? » lançai-je, avant de lui faire un clin d'oeil complice.

Je me sentais d'humeur joyeuse grâce à sa compagnie, donc je disais n'importe quoi, cherchant à l'amuser et lui partager ma bonne humeur. Il m'avait manqué, mine de rien, pendant mon long voyage... donc enfin avoir un peu de temps en sa compagnie me donnait la sensation d'avoir le coeur léger et gamin. Il n'y a qu'avec lui que je me sentais de cette manière particulière...
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Dernière édition par Park Minori le Jeu 25 Jan - 21:33, édité 2 fois
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Kim Tomoya

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MessageSujet: Re: Dix ans plus tard... PV Tomoya~   Mar 23 Jan - 2:57

► Janvier 2018, aquarium
Dix ans plus tard...
Tomoya & Minori

Je ne pus m’empêcher de rire quand je te vis sortir tes lunettes et les mettre sur ton nez, j’étais surpris par cet accessoire de coquetterie que tu avais, mais je devais reconnaitre que ça t’allait tout de même plutôt bien.  Même si je gardai pour moi cette information qui pourrait être pris bizarrement de la bouche d’un ami, d’autant que tu avais quand même eu envie de m’épouser et je t’avais quand même mis un refus catégorique alors si je te complimentais, tu pourrais ne pas comprendre en réalité.  

Je ne pouvais m’empêcher de tout de décrire dans les moindres détails, ayant toujours eu un coté conteur quand j’étais plus jeune d’ailleurs tu m’avais assez souvent demandé de t’en raconter quand tu étais plus jeune et que moi j’étais assez grand pour savoir lire et donc te faire la lecture.  J’avais ce coté pédagogue depuis des années et je pense que c’est pour ça aussi que je suis sans doute devenu Pédiatre par la suite, j’aimais réellement les liens qui se construisaient facilement avec les enfants en générale.  Et c’est sans doute une chose que tu m’avais encore une fois apprise toi-même. Je te décrivais les couleurs des poissons exotiques qui nageaient tranquillement dans les immenses bassins, des coraux et des plantes aquatiques qui leur servaient d’habitat.  Toutes ses couleurs chatoyantes que je voyais moi mais que j’essayais fidèlement de te retranscrire afin que tu puisses toi aussi t’imaginer les choses comme moi je les distinguais.

Je vis bien ton air déçu quand je t’avais dit non après que tu m’es demandé si je t’avais pincé les fesses ou pas mais j’avais repoussé cet air triste pour ne pas trop me laisser atteindre par ceci.  Je n’aimais pas te faire du mal et ça avait toujours été comme ça, et j’étais pas convaincu que je pouvais me permettre ce genre de geste envers ta personne, tu étais mon ami et j’avais insisté sur ce fait.  Je ne pouvais pas d’un coup te tripoter ou autre, parce que ça pourrait changer les choses entre nous et je sais pas si j’en avais envie, une peur de te faire souffrir non sans doute pas mais une peur de te donner le pouvoir de me faire souffrir sans nul doute.  Non pas que j’avais imaginer une possibilité à une relation entre nous mais j’étais comme ça avec tout le monde c’est sans doute pour ca que je voulais pas me marier ou me fixer depuis des années et que surtout je faisais tout et n’importe quoi pour que ca n’arrive jamais.  Tu étais différent de tout ces gens que j’ai fréquenté jusque-là, tu n’étais pas n’importe qui pour moi, tu étais mon ami, mon Minori et j’étais très attaché à toi.

Sans doute pour ça que je me permettais d’être jaloux du geste de cet homme qui se permettait ce genre de geste envers toi, un geste que je n’aurais sans doute pas le cran de faire. Mais cela ne voulait pas dire que je n’avais pas l’envie pourtant malgré tout.  Je me l’interdisais juste pour ton bien ou mon bien à moi. A ta réponse je tourne la tête vers toi et je t’écoute laissant naitre un léger sourire sur mes lèvres avant de finir par te répondre

" Tu as raison l’âge n’est qu’un chiffre dit on c’est dans la tête que ça se passe en réalité. Et oui je suis ton ainé il est vrai mais je pense pas que je tu ne t’ai jamais demandé de me respecter comme un vieillard que je ne suis pas d’ailleurs.  Je reste un jeune et séduisant médecin moi qu’est-ce que tu crois ? " Je ris doucement en disant ça puis j’ajoute " Tu as bien raison le physique n’est pas très important non plus. Même pour moi c’est ainsi … Bah pour sa personnalité je peux pas réellement te dire, ni pour sa voix d’ailleurs vu que je l’ai pas entendu parler. D’ailleurs je ne lui ai pas du tout parler en fait. "  Je tourne ma tête un moment vers l’homme qui t’avais touché avant de finir par te dire. " Je ne doute pas que j’ai un touché plus délicat, sans doute aussi la pratique de mon travail vu que je suis quand même au contact de jeunes enfants et je peux me permettre de les toucher comme un bourrin ça ne se fait pas. " Te dis je en hochant la tête quand tu me demandes de t’éloigner " Oui éloignons nous de cet homme tu as raison et partons à la recherche des sirènes je te promets de le dire si on en trouve mais ca me surprendrais réellement à vrai dire."   

En riant un peu de ma phrase, je finis par m’éloigner de cet homme en changeant d’espace, arrivant à un espace un peu plus angoissant celui où nageait au-dessus des visiteurs des requins, ce qui me stressa sur le coup avant de me reprendre mais je savais que tu allais le sentir à la contraction de ma main sur ton bras.  Je finis par t’avouer avec une voix plus aussi assuré qu’habituellement

" Excuse-moi nous sommes dans le bassin des requins et je pense que j’ai trop regarder de films débiles sur ses animaux pour ne pas me sentir très mal là. "

Cependant malgré cela je me mis à te décrire chaque requin que je voyais les décrivant à force de détails pour que tu puisses les imaginer et cela même si moi j’en avais peur, je n’allais pas te priver de ta visite de l’aquarium pour une fichu trouille d’un animal qui dans le cas présent ne représentait réellement aucun danger pour ma personne.  Et je ne voulais surtout pas gâcher ce moment agréable passait en ta compagnie.

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Park Minori

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MessageSujet: Re: Dix ans plus tard... PV Tomoya~   Mer 24 Jan - 11:55

► 23 Janvier 2018, aquarium
Dix ans plus tard...
Tomoya & Minori
Je souris en entendant mon ami rire, comprenant que ce devait être à cause des lunettes. Ce ne doit pas être le genre d'accessoire qu'on s'attend à voir sur un aveugle, puisque c'est ridiculement inutile et j'en ai conscience. Sauf que le ridicule n'est pas quelque chose qui m'arrête, en général. Même si mon effet me semblait mince, je n'ai aucune idée de ce qu'il en pense - peut-être que mon assistante m'a joué un tour et mes lunettes ne me vont pas bien! - j'étais content. À défaut de voir son bonheur à travers son sourire qui m'avait fait rêvé depuis le premier jour, je pouvais l'entendre et c'était aussi agréable pour moi. Je ne savais pas trop ce que voulait dire cette réaction et comme il ne fit pas de commentaires, je n'eus aucun moyen de le savoir. Cela dit, je les gardai tout de même. Elles m'amusaient et semblaient l'amuser aussi, donc je n'avais pas de raisons de les retirer.

Je l'écoutais avec grande attention, me concentrant sur sa voix suave avec plaisir. J'avais à peine penché la tête dans sa direction, comme je le fais toujours quand je tente de me concentrer sur une conversation dans un endroit bruyant. Après tout, les autres visiteurs ne cessent pas de marcher, courir, parler, crier et s'émerveiller parce qu'il y a une personne qui a besoin d'écouter sa visite pour en profiter. Je l'écoutais avec ce même petit sourire rêveur qu'il m'avait toujours arraché avec ses histoires. D'aussi loin que je me rappelle, j'ai toujours aimé me plonger complètement dans ce qu'il me racontait, que ce soit une histoire tirée d'un livre imagé, une simple anecdote ou des descriptions comme il le faisait à présent. Sa voix, ses mots, ses intonations dessinaient de fabuleux univers dans ma tête qui se laissait innocemment guider. Je considérais mon handicap comme un atout, dans ce genre de moments avec lui. Il me permettait de pouvoir marcher avec lui, en étant si près, en sentant la chaleur de son bras contre le mien, son parfum délicieux et je me laissais guider dans un monde que nous seuls partagions... Alors qu'il y a pourtant pleins d'autres gens autour. Seulement, les autres partagent une expérience ensemble, ils voient les mêmes choses, en règle général. Moi, je perçois les choses à ma manière... puis on y ajoute la vision de Tomoya, sa description qui n'est que pour moi.

La cécité me permet d'avoir plusieurs visions, chose qui est plutôt intéressante. Chaque personne me décrit les choses de manières sensiblement différentes, puisque chaque personne les perçoit sensiblement différemment. Si j'étais venu avec Eunae, Wei Zhou, Mina ou Taeyeon, la visite aurait été plaisante aussi, mais je n'y aurais pas ''vu'' les mêmes choses. Je savais bien que la main baladeuse n'avait pas été la sienne, mais je lui avais demandé pour le taquiner. Dans la même optique, j'avais tiré une moue déçue. J'esquissai rapidement un sourire, cela dit, pour lui montrer que je n'étais pas sérieux. Je savais que la main n'était pas la sienne, puisque son toucher était radicalement différent de celui-ci. Puis, il faut dire que nous n'avons pas une relation tactile de ce genre. Ce n'est pas nécessairement parce que nous sommes amis... Wei Zhou est mon ami d'enfance et nous n'avons absolument aucun scrupule à nous toucher. Cela n'a jamais tourné en situation intime pour autant, surtout en bagarres amicales et en idioties, mais... qu'est-ce qui ne tourne pas en idioties quand il s'agit de ce dumpling et moi? Peut-être que Tomoya a peur que j'interprète mal son geste, s'il faisait quelque chose du genre. Il est vrai que cela me surprendrait grandement de sa part... et bien qu'avec les autres, ce ne soit rien de grand, je me poserais des questions. Moi non plus, je n'ose pas avoir les mains baladeuses avec lui et je fais généralement plus attention.

Tomoya est plus... comment dire...? Je le traite davantage comme une personne précieuse et... délicate? Pourtant, je le considère comme une personne forte et épanouie... Mais avec lui, j'ai toujours plus conscience de mes gestes, de mes mots, de mes intonations... Je fais plus attention, faisant tout ce qui est en mon pouvoir pour entretenir et prendre soin de notre relation. Je ne peux pas imaginer ma vie sans sa présence... C'est probablement puisque je le connais depuis toujours? Quand on connaît quelqu'un depuis les couches, il est impensable de penser que cette personne pourrait disparaître, non? Je n'y pensai pas davantage, écoutant plutôt sa réponse qui me fit sourire aussi puisque j'aimais entendre ainsi la joie douce dans sa voix et dans son rire.

-«  Tu as raison l’âge n’est qu’un chiffre dit-on c’est dans la tête que ça se passe en réalité. Et oui je suis ton aîné il est vrai mais je pense pas que je tu ne t’ai jamais demandé de me respecter comme un vieillard que je ne suis pas d’ailleurs.  Je reste un jeune et séduisant médecin moi qu’est-ce que tu crois ? »

Je hochai doucement la tête, feignant d'être découragé alors que je riais, visiblement amusé par sa réponse.

-« Non, non, tu ne m'as jamais demandé de te traiter comme une vieille croûte, contrairement à la vieille peste~ Tu restes... un médecin, oui. Jeune et séduisant? Je ne sais pas! Je ne t'ai pas vu depuis 10 ans! Et c'est le premier moment que nous passons ensemble depuis un peu plus de cinq mois, tu as peut-être été défiguré et ne me l'a pas dit! » Lui répondis-je, riant toujours en le taquinant affectueusement. « Tu me laisseras toucher ton visage, après la visite, pour confirmer que tu n'as pas été défiguré? » demandai-je avec un petit sourire, le visage tourné vers le sien.

Je lui avais directement donné rendez-vous à l'aquarium, donc je n'avais pas pensé à le lui demander avant. Il faut dire que je n'avais pas très envie de le redécouvrir devant la foule qu'il y avait devant l'aquarium...  Pourtant, je rencontre des gens en public à tous les jours, il arrive donc, évidemment, que je découvre certains visages devant pleins d'inconnus... Mais Tomoya, je n'avais pas envie de le partager ainsi avec les autres.

-«Tu as bien raison le physique n’est pas très important non plus. Même pour moi c’est ainsi … Bah pour sa personnalité je peux pas réellement te dire, ni pour sa voix d’ailleurs vu que je l’ai pas entendu parler. D’ailleurs, je ne lui ai pas du tout parler en fait. »

Je hochai doucement la tête, montrant que je l'écoutais toujours et me retins de ne pas rire à la fin. Je crois que je l'aurais entendu si mon ami avait parlé à l'inconnu. Du moins, s'il lui avait parlé à côté de moi! J'étais un peu surpris qu'il dise que le physique lui importait peu, c'est rare que ce soit le cas ici. Il faut dire qu'en Chine aussi, l'apparence physique a de son importance, tout comme au Japon... mais ici, ça bat des records. Cela dit, Tomoya a toujours été différent... Il n'avait pas eu peur de moi, contrairement à la majorité de ma propre famille et ne m'avait pas traité comme une erreur de la nature, alors que ses deux aînées le faisaient... et comme plusieurs gens l'ont fait et le font toujours. Je me retins de lui demander s'il nous aurait présenté, s'il s'était avéré que l'inconnu eut été une de ses connaissances ou un de ses amis. Ça n'aurait été qu'une blague, mais même pour rire avec lui, je ne voulais pas ajouter une autre personne à ce moment. Je n'avais pas envie que l'on ne croise quelqu'un qu'on connaisse non plus, aussi idiot que cela soit. Je voulais partager cette visite avec lui, je n'en avais rien à faire que l'on nous voit ensemble, mais je ne voulais pas d'une autre intrusion.

-« Je ne doute pas que j’ai un toucher plus délicat, sans doute aussi la pratique de mon travail vu que je suis quand même au contact de jeunes enfants et je peux me permettre de les toucher comme un bourrin ça ne se fait pas. »

Un sourire rieur se dessina sur mes lèvres, en effet, il ne pouvait pas se permettre d'avoir un toucher trop lourd avec les enfants. J'avais moi-même été un enfant qui n'avait aucune honte à se plaindre si les gens me touchaient de manières qui était trop forte ou si je considérais qu'on ne faisait pas assez attention quand on me touchait. Je ne me laissais pas pousser ou serrer trop fort le bras ou le poignet, loin de là! Plusieurs autres enfants doivent toujours faire de même. Je fus content que mon ami n'accepte ma proposition de s'éloigner de la personne sans gêne. Honnêtement, dans d'autres circonstances, j'aurais peut-être laissé sa chance à cet inconnu. Cependant, comme j'étais avec Tomoya, je n'y voyais aucun intérêt et je voulais simplement être avec lui. Je ris avec lui à l'histoire des sirènes et retournai la tête vers l'avant, continuant à avancer en suivant mon guide et me servant de ma canne pour m'assurer qu'il n'y avait rien par terre.

Je m'inquiétai en sentant sa main ainsi se resserrer sur mon bras et tournai légèrement la tête vers lui. Je ne pouvais pas le voir, mais je me concentrais un peu plus sur lui, à nouveau, cherchant à comprendre. J'allais lui demander si tout allait bien, mais...

-« Excuse-moi nous sommes dans le bassin des requins et je pense que j’ai trop regarder de films débiles sur ses animaux pour ne pas me sentir très mal là. »

Son explication me rassura, il n'était pas en ''réel'' danger, puisque sa peur était bien enfermée dans d'immenses bassins et, en réalité, il y a plus de gens qui meurent écraser par des machines distributrices que dévorer par des requins, en une année. Je ne pus m'empêcher de me sentir à la fois amusé et attendri par son aveu. Je ne me rappelais pas qu'il avait si peur de ces animaux... J'y aurais fait plus attention, si ça avait été le cas. Cet espace était plus tranquille que le précédent, il devait y avoir moins de visiteurs. De ce fait, je pouvais mieux entendre les puissants coups de nageoire des requins dans l'eau. En ajoutant ces bruits aux descriptions détaillées de mon dévoué guide, j'avais un spectacle impressionnant, moi aussi. Je n'arrivais pas à passer outre la peur que je pouvais entendre dans sa voix et, bien que j'appréciais ses efforts, je me sentais mal de le laisser dans cet état... C'est pourquoi je finis par m'avancer, le tirant avec moi. Je cherchais, à l'aide de ma canne que je maniais habilement, un banc. Tomoya m'avait partagé sa vision depuis notre arrivée, il était temps d'inverses les rôles. Avec un peu de chances, il réussirait ainsi à apprécier les requins, lui aussi~

-« Asseyons-nous, un instant ~ » lui expliquai-je, sans pourtant dire mon idée principale.

Une fois le banc libre trouvé, je repliai ma canne pour me libérer une main que je tendis pour trouver le banc et m'asseoir. Je posai ma canne sur mes cuisses, puis enlever mes lunettes, les rangeant dans ma poche. Je revins prendre le bras de mon ami et posai ma tête sur son épaule, tout naturellement, avant de fermer les yeux.

-« Ferme les yeux... C'est moi qui vais te décrire cet espace~ Tu le verras comme moi. » proposai-je avec douceur. « D'abord, prends une grande inspiration... » dis-je, avant de moi-même le faire. « Puis expire lentement... » ajoutai-je après l'avoir fait.

Je cherchais d'abord à le détendre pour qu'il puisse mieux en profiter.

-« Concentre-toi sur ce que tu sens... et dis-moi ce que c'est. » dis-je tranquillement, en me concentrant sur la même chose.

Je lui laissai un peu de temps, en silence, attendant patiemment sa réponse.

-« Concentre-toi sur ce que tu entends... et partage-le moi... » ajoutai-je ensuite, ne bougeant toujours pas.

En lui faisant clore ses yeux, je l'invitais à vivre une expérience similaire à la mienne. Il ne voyait plus ce qui lui faisait peur et j'allais lui expliquer comment je percevais ses réponses. Ainsi, peut-être que ce qui lui faisait peur le ferait finalement sourire.
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MessageSujet: Re: Dix ans plus tard... PV Tomoya~   Mer 24 Jan - 17:54

► Janvier 2018, aquarium
Dix ans plus tard...
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Je ne voyais pas de raisons de faire des commentaires sur tes lunettes après tout bien qu’un accessoire purement esthétique pour toi, elles t’allaient vraiment bien et si tu les avais gardés c’était que quelqu’un t’en avais déjà fait part sinon tu ne les aurais pas gardés en ta possession.  Donc je n’allais pas faire de commentaires, préférant aussi garder pour moi les compliments que tu apprécierais d’entendre, j’en ai aucun doute là-dessus d’ailleurs, pour ne pas compliquer ou rendre les choses compliquées entre nous.  Bien sur que je n’avais jamais pensé que tu étais un être différent tu étais toi et à mes yeux, tu étais beau à ta façon.  J’aimais cette apparence qui faisait réagir négativement la plupart des gens mais je ne savais pas comment t’en faire part sans être trop franc et dire les choses comme elle me venait, comme je le ressentais.  Tu étais mon Minori après tout et je t’aimais telle que tu étais, à mes yeux cette particularité physique chez toi était une richesse que je préférais choyait secrètement plutôt que t’en faire part.  

J’avais conscience que parfois ma manie de garder les choses secrètes pour moi était vraiment un frein dans mes relations mais c’était aussi ma manière à moi de me protéger, de ne pas donner à quiconque un quelconque pouvoir sur ma vie, de permettre à quelqu’un de me détruire et me blesser et cela même si parfois au fin fond de moi-même j’avais des moments l’envie de donner ce pouvoir à quelqu’un mais on allait pas contre sa nature profonde et surtout sur les peurs qu’on avait.  J’avais l’envie parfois mais ma peur était trop grande pour me laissait aller à le faire …

D’ailleurs je me rendais parfois compte que ma peur était aussi présente en ta présence, je ne me laissais que très peu aller à avoir des gestes avec toi, des attentions que je pourrais avoir naturellement avec des gens que je connais que très peu, mais avec toi j’avais peur que ça change les choses entre nous, et si les choses changeaient où cela nous mènerait.  

La peur de perdre et gâcher une relation qui nous étaient chers à l’un comme à l’autre, nous étions trop proches en tant qu’amis pour ne pas avoir peur de perdre un être aussi magnifique que toi dans ma vie, je t’aimais trop sans doute pour ça et c’était sans doute mieux ainsi.  Je préférais ne pas trop y penser en réalité, tu étais trop important pour que je fasse des choses qui nous feraient peur à l’un comme à l’autre.  

Je te connaissais aussi, bien entendu j’étais ton premier coup de cœur amoureux quand tu étais enfant et je savais que comme dans tout ce que tu fais, tu étais un être entier qui pensait chacun de ses mots et n’agissait jamais de manières irréfléchies. Quand tu me réponds que c’est vrai que je n’avais jamais demandé que tu me traites comme un vieux, je souris encore un peu plus en finissant par répondre à ta requête à laquelle je m’attendais pas, parfois j’en oublié que tu avais besoin de voir avec tes doigts parce que tes yeux ne te permettais plus de le faire, tu étais tellement à l’aise et surtout indépendant quand même dans la plupart de tes gestes et actions que j’arrivais à oublier que tu étais aveugle et que tu avais besoin de cela pour imaginer dans ta tête les traits physiques des gens qui t’entouraient.  

" Bien entendu que tu pourras toucher mon visage !  Et tu n’as aucune raison de m’en demander l’autorisation Minori ! Tu as le droit de faire ce que tu veux quand tu es en ma compagnie " te dis-je avant de penser pour moi-même dans la limite du raisonnable quand même mais je gardais cette remarque pour moi avant de finir par te dire " Je ne suis pas encore défiguré je te le promets mais je te laisserais en juger par toi-même si c’est ce que tu veux Minori. "

Je continuais à marcher à tes cotés en souriant doucement quand tu finis par me répondre à ma phrase sur mon toucher délicat, me donnant raison pour ce point que j’ai mis en avant par rapport à mon travail. Après tout je ne disais que la vérité, les enfants étaient des êtres fragiles et je voyais beaucoup de bobos qui étaient des blessures ou fractures aux urgences donc la manipulation de mes petits patients se devaient être délicates et douces pour ne pas leur faire plus de mal même si souvent ils étaient sous anti douleurs déjà quand j’arrivais à les ausculter.  

On marchait tranquillement quand on avait fini par arriver dans l’aquarium où il y avait les squales, et bien que je ne fusse pas à l’aise, j’avais pris sur moi pour toi, je t’avais décrit ce que je voyais, tout ses énormes monstres des mers qui faisaient faire des cauchemars à tout le monde en générale.  Quand tu me propose de m’asseoir, je te suis et je le fais, un peu étonné par cette soudaine demande, je m’assois à tes cotés et je tourne la tête vers toi quand tu touches mon bras et pose ma tête sur mon épaule en écoutant ce que tu me dis de fermer les yeux ce que je finis par faire.  

Les yeux fermés j’écoute ta voix me dire d’inspirer ce que machinalement je fis quand tu me demandais de le faire, j’avais une confiance aveugle en toi, je savais que tu ne me ferais pas faire n’importe quoi.  Ma respiration se fit plus calme, inspirant et expirant lentement, gardant mes yeux fermés, je savais ce que tu cherchais à me faire vivre, sentir les choses de la manière que toi tu ressentais les choses, et étrangement oui je ressentais les choses différemment d’un coup.

En me privant de ma vue de cette manière, je pris conscience que mon audition s’accentua un peu, mon odorat me fit ressentir une odeur que je n’avais pas pris connaissance avant, une odeur de propre, de chlore et de poisson je me demandais ce que toi du coup, te ressentais les choses toi vu que tu étais aveugle, depuis assez longtemps pour que tous tes autres sens s’étaient accentués là où les miens étaient restés dans des fonctions basiques si j’ose dire je finis par te le dire

" Ce que je ressens … Je sens les choses différemment j’entends des sons que je n’avais pas entendu jusque là je saurais incapable de te dire ce que j’entends avec exactitude. Je sens aussi des odeurs que je n’avais pas senti au début … en fait je me sens démuni là, je commence à comprendre que tu es un homme courageux et je suis admiratif de ce que tu es … "

C’était vrai, j’étais admiratif, je ne pouvais savoir ce que tu avais pu vivre en perdant la vue, et d’être d’un coup privé de ma vue temporairement me faisait prendre conscience du calvaire que tu avais du vivre toi quand tu avais été définitivement privé du sens de la vue.  Franchement je n’avais jamais vu les choses de cette manière, et c’était pas ma vision des choses à moi qui changeait pour le coup mais ma vision que j’avais de toi jusque-là.  J’étais vraiment fier de toi en tant qu’être humain bien plus fier que je l’étais déjà …

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MessageSujet: Re: Dix ans plus tard... PV Tomoya~   Jeu 25 Jan - 0:55

► 23 Janvier 2018, aquarium
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Je ne sais pas trop pourquoi il y a cette distance... polie? entre Tomoya et moi. Nous nous connaissons pourtant depuis toujours, donc, il devrait techniquement être la personne avec qui cette distance n'existe pas. Enfin, il me semble... quand on a changé les couches de quelqu'un, c'est qu'on a tout vu de cette personne! Malgré que non... ce n'est qu'une facette parmi d'autres... Je ne sais pas trop quoi penser de cette distance, en général, je n'y fais pas spécialement attention. Elle est devenue naturelle et, à vrai dire, je suis toujours plus tactile que mon ami. Bien que pour moi, ce soit une réelle nécessité et non plus par simple affection comme c'était le cas lorsque j'étais plus jeune. La nécessité est toutefois agréable par moments, je ne me plains pas d'avoir une raison ou parfois une excuse, puisque je n'en aurais pas toujours besoin, de le toucher ou de garder son bras pour me guider. J'ai cru avoir remarquer qu'il était comme ça avec tout le monde, sauf sa sœur, il me semble. Donc, ce n'est pas comme s'il me mettait de côté pour cajoler tout le monde à la manière d'un bisounours. Si c'était le cas, j'admets que je ne le prendrais pas très bien, en tant qu'ami d'enfance! Je pense toutefois que nous sommes proches, malgré ce petit mur invisible... puis, je me trompe peut-être, mais je me dis qu'un jour il finira peut-être par disparaître. Je ne tente pas d'abattre ce mur, préférant respecter mon ami, après tout... c'est lui qui l'érige. Je crois tout simplement que Tomoya fera ce pas de lui-même, quand il en aura envie.

Je raisonne cette distance en me disant que nous faisons probablement ''trop'' attention à l'autre, ne voulant pas gâcher notre relation, on s'arrête à une limite invisible... Enfin, moi je m'y arrête, imitant le comportement de mon aîné. Sauf que je ne sais pas pourquoi il s'y arrête, lui. Après tout, il peut me voir agir avec les autres et peut très bien comprendre que je ne suis pas gêné de manière générale... Je me dis parfois que je devrais lui demander, mais si je le faisais... ça ne reviendrait pas à justement dépasser cette limite implicite? N'ayant pas l'habitude de toucher le visages des gens sans leur accord, il était tout à fait naturel pour moi que je ne le demande à Tomoya avant de penser à passer à l'action. Puis, le visage... certes, ce n'est pas perçu comme ''intime'', en règle générale, mais ça reste une expérience qui gêne parfois les gens. Je peux le sentir à la chaleur de leurs joues, devinant ainsi qu'ils rougissent à ainsi être l'objet d'une attention si particulière.

-«  Bien entendu que tu pourras toucher mon visage !  Et tu n’as aucune raison de m’en demander l’autorisation Minori ! Tu as le droit de faire ce que tu veux quand tu es en ma compagnie. »

Je haussai un sourcil, surpris et amusé par sa réponse. Je ne pus m'empêcher de laisser s'échapper un petit rire nerveux. Il me disait ça maintenant... à croire qu'il lisait dans mes pensées... mais, même s'il me disait que je pouvais faire ce que je voulais... Je savais que je n'avais pas la même liberté qu'avec mon autre ami d'enfance. Avec Wei Zhou, je peux faire n'importe quoi sans que ça n'ait de conséquences, il n'y a aucune ambiguïté sur notre amitié. Ah... voilà... c'est bien cela que je n'arrivais pas à mettre en mots. Cette ambiguïté avec Tomoya... Elle est probablement de ma faute? Puisque j'ai passé les quinze premières années de ma vie à crier, fièrement, sur tous les toîts que j'allais me marier avec lui? Mais... c'était il y a dix ans... mon ami devrait savoir qu'il n'a plus à faire autant attention à mes sentiments et que je peux me gérer, peu importe ce que je ressens à ce jour.

-« Ne dis pas n'importe quoi quand-même... » le corrigeai-je avec douceur, soulignant que j'étais aussi conscient de lui de la limite invisible. « C'est impoli et intrusif de tendre les mains comme ça versun visage, en plus... Imagine si je me retrouvais à te mettre un doigt dans l'oeil ou dans une narine, parce que tu bougerais et ne t'y attendrais pas! » ajoutai-je en riant à imaginer la scène.

Je n'avais pas voulu étirer le sujet sur la distance, juste la signifier, montrer que je respecterais mon ami, même s'il se laissait emballer dans ses mots. Cette relation était trop importante pour moi aussi pour que je ne me permette de faire quelque chose qui le brusquerait. Enfin, cela dit, il m'arrive d'atteindre ma saturation et de gentiment, mais honnêtement, tenter de lui ouvrir les yeux sur la vie... Il faut bien que quelqu'un ne le fasse! Je ne peux pas affirmer qu'une personne est aussi importante pour moi et la laisser passer à côté de sa vie.

-« Je ne suis pas encore défiguré je te le promets mais je te laisserais en juger par toi-même si c’est ce que tu veux Minori. »

-« Je n'en doute pas! » admis-je avec un petit rire.

Je n'arrivais pas à imaginer comment son visage pourrait être défiguré, en réalité. Je suis convaincu qu'il aurait toujours un charme indéniable, peu importe ce qui pourrait lui arriver.

-« Mais, je suis curieux de savoir si tu as changé un peu, depuis la dernière fois... et j'admets que le fait que tu aies toujours la peau si douce est agréable aussi. » dis-je sincèrement avec un petit sourire innocent.

Quand on doit toucher les gens pour les ''voir'', on apprend plus que leur simple physionomie. On peut sentir la texture de la peau, deviner ainsi s'ils en prennent soin... s'ils ont chaud, sentir la poudre du maquillage trop épais sous les doigts, dans certains cas... Parfois, c'est surprenant et désagréable, puisque tout le monde ne fait pas nécessairement attention à ça... et je me retrouve donc, les mains sur un visage graisseux ou en sueur. Par politesse, j'évite de trop réagir dans ces moments et je ''regarde'' à peine la personne parce que c'est trop désagréable et embarrassant pour nous deux, au final. On met ses mains partout quand on est aveugle, parfois... c'est un avantage plus qu'intéressant qui amène à de charmants développements... D'autres fois, c'est douloureux, je me blesse souvent ainsi quand j'y pense... et parfois, c'est tout simplement dégueulasse. Soyons francs.

Enfin bref, ne voulant pas partager la peau douce et le toucher délicat de mon vieil ami avec d'étranges personnes, je lui avais demandé à ce que nous changions d'endroit. J'aimais toujours l'entendre me décrire les majestueuses bêtes, mais j'entendais bien son malaise dans sa voix. Hors, je craignais qu'il ne passe pas un bon moment si c'était ainsi... et ce n'était absolument pas ce que je voulais. Je sais que tous les moments que nous passons ensemble ne peuvent pas être parfaits. Cela ne m'empêche cependant pas de toujours essayer de lui faire passer le meilleur moment possible, afin qu'il en oublie son envie d'être avec d'autres personnes, au moins pendant que je suis là! Je sais que je ne devrais pas penser ainsi et que je devrais être plus apte à le partager... et je le peux, quand l'occasion le demande... mais ce n'est pas le cas aujourd'hui! Je l'invitai donc plutôt à ce que nous allions nous asseoir, décidant d'échanger les rôles et de m'occuper de lui à mon tour. Je m'installai confortablement et me permis de jouer les envahisseurs un peu en venant reprendre son bras et venir poser ma tête sur son épaule. Je me sentais bien ainsi, appréciant ce contact innocent. Je lui fis d'abord faire de simples respirations, les yeux clos, pour se calmer et oublier un peu ce qui lui faisait si peur. Je laissais plusieurs petits silences s'installer, tout en essayant de guider ses pensées pour qu'il ne puisse mieux profiter de ce moment.

Ma ''vision'' est très différente de la sienne, donc, je me doute que cet exercice puisse d'abord être déroutant, mais j'ai vraiment espoir qu'il n'apprécie davantage sa visite aux requins, ainsi. Les silences qui s'installaient n'étaient pas gênants, puisqu'ils nous permettaient de partager un autre genre de monde... un monde qui ressemblait plus à celui de mon quotidien. Je le laissais tranquillement s'habituer, si on veut, à ne pas voir... à se concentrer sur ses autres sens pour découvrir autres choses. J'avais posé quelques questions à Tomoya, pensant me servir de ses réponses pour mieux imager ce monde que j'imagine, mais je lui laissais tout le temps dont il avait besoin pour me répondre.

-« Ce que je ressens … Je sens les choses différemment j’entends des sons que je n’avais pas entendu jusque là je saurais incapable de te dire ce que j’entends avec exactitude. Je sens aussi des odeurs que je n’avais pas senti au début … en fait je me sens démuni là, je commence à comprendre que tu es un homme courageux et je suis admiratif de ce que tu es … »

Je hochai doucement la tête au début de sa réponse, signifiant que je l'écoutais attentivement. Je cessai cependant à la fin de celle-ci, complètement surpris par la conclusion. Je restai immobile, cherchant à comprendre comment il avait pu pousser sa réflexion si loin déjà! Le rouge m'était monté aux joues, je pouvais le sentir au feu qui venait doucement les embraser... J'étais rassuré de me dire que Tomoya ne le verrait pas, puisqu'il avait les yeux clos lui aussi. Avec de la chance, il ne ferait pas attention au fait que ma joue devait être plus chaude que plus tôt, contre son épaule. Je restai silencieux, quelques secondes, cherchant à me remettre de ma surprise, mais cherchant aussi mes mots.

-« Merci... mais... tu sais que ce n'est rien d'extraordinaire? » demandai-je avec un petit rire nerveux. « C'est juste... voir d'une autre manière, aborder les choses différemment... Il n'y a pas de quoi être admiratif, ça ne sauve pas des vies et ça ne donne pas de supers pouvoirs! » ajoutai-je avec humilité.

Je ne voyais pas de raisons pour que l'on m'admire pour mon handicap sensoriel. Bien évidemment, j'étais extrêmement flatté, probablement trop... puisque du coup, je ne savais plus trop où me mettre et je craignais que mon ami ne se fasse une idée trop idéalisée de moi!

-« Je peux comprendre que tu te sentes démuni... ça m'a pris longtemps à passer par-dessus ce sentiment... et par-dessus la rage contre la vie... puisque je me demandais pourquoi j'avais mérité ça, en plus de tout le reste... » admis-je, en parlant très calmement d'un sujet qui avait pourtant longtemps été sensible. « Mais, tu pourras ouvrir les yeux et continuer ta vie tranquillement, donc ne t'inquiètes pas de ce sentiment~ Je t'ai demandé de fermer les yeux pour te partager une petite partie de mon monde, pas pour te traumatiser! » ajoutai-je avec un petit rire, pour le rassurer.

Je fis une petite pause, cherchant comment revenir à mon idée principale qui était de te détendre et non de te faire encore plus peur.

-« Comme tes yeux ne peuvent pas te montrer le monde, tes autres sens le font à leur manière... Ton ouïe te permet d'entendre cette petite fille pleurer parce qu'elle vient de faire tomber sa glace... glace que tu as peut-être entendu aussi, puisque ça a fait un petit bruit sourd. On entend aussi les puissants coups de nageoire des requins dans l'eau, lorsqu'ils se retournent... On ne les voit pas, mais d'entendre un tel son … suffit à donner une idée de leur force et de la taille imposante qu'ils doivent avoir... Tu peux sentir... le chlore... l'odeur de poisson... et l'humidité des lieux... Moi, je peux sentir ton parfum, dont tu devras me dire le nom parce que j'aurais peut-être envie de m'en acheter... » expliquai-je, d'abord sérieusement avec douceur, puis avec un petit sourire amusé à la fin. « Tu ne vois pas les gens... ni les poissons... mais tu sens leurs présences... tu les entends... Au final, tu peux décider d'utiliser ces sensations... et imaginer un monde réaliste.... essayer de deviner ce que tout le monde voit... ou tu peux prendre ces odeurs humides, ces sons de mouvements dans l'eau, ces discussions éloignées... et leur prêter l'image que tu veux... Donc... dans mon monde... nous les avons trouvé les sirènes... ce sont elles qu'on entend nager dans les bassins, elles doivent t'admirer en se demandant quel chant elles devraient utiliser pour t'envoûter ~ » ajoutai-je sur un ton calme, légèrement rêveur puisque je me laissais porter par mon imaginaire que je lui partageais.
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Kim Tomoya

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MessageSujet: Re: Dix ans plus tard... PV Tomoya~   Jeu 25 Jan - 3:38

► Janvier 2018, aquarium
Dix ans plus tard...
Tomoya & Minori


Je n’avais jamais fait attention au fait que je mettais une distance entre toi et moi, sans doute parce que malgré tout cela nos relations restaient les plus naturelles que j’avais.  Effectivement j’étais peu câlins sauf avec ma sœur et encore c’est en grande partie parce que ma sœur ainée les forçait sinon il est vrai que j’avais toujours été un enfant très peu tactile qui ne se laissait pas facilement approcher physiquement sans doute parce que j’avais été privé de tendresse et de moments de douceur quand j’étais tout jeune et que ça faisait pas parti de mes attentes par la suite.  Pourtant je savais aussi qu’une petite part de moi le regrettais, je voyais très souvent dans mon travail combien un câlin avait de la force, combien d’enfants apeuré par le fait de se trouver sur une table d’auscultation se retrouvait d’un coup plus calme par un câlin de sa maman ou de son papa.  Moi ça n’était pas le cas, ça n’avait jamais été le cas, sans doute parce que je n’en éprouvais jamais le besoin du moins c’est ce que j’aimais penser et dire à qui voulait bien l’entendre.  

Une part de moi n’était pas ce que je laissais paraitre aux communs des mortels ça se voyait dans mon travail avec mes petits patients mais aussi avec parfois les gens à qui je tenais réellement, des personnes qui n’étaient pas aussi nombreuse qui y paraissait, il y avait Mina ma sœur adorée que j’aimais plus que tout bien sûr, Jongmin qui était un ami très proche de qui je m’étais rapproché dans mes années d’études à la faculté de médecine, et quelques autres mais si peu … Puis il y avait toi, toi cet enfant avec qui j’avais grandi qui n’avait juste que six ans de moins que moi, toi qui parfois j’aimais comme un frère, et parfois non …

Je ne sais pas ce que je ressentais en ta présence toujours quand je te voyais pas, je savais que tu me manquais et j’étais toujours ravi d’avoir de tes nouvelles pendant la période où l’on ne s’était pas réellement vu.  Un manque auquel j’essayais de ne pas penser réellement, mais pourtant c’était le cas la période où tu étais parti et que je t’avais donc peu vu était une période qui ne m’étais pas agréable de penser, tu me manquais, nos conversations, nos fous rires, nos moments à nous, j’avais même fini par m’interroger sur ce que je ressentais pour toi à un moment donné puis ma peur avait repointé le bout de son nez, et je ne t’en avais jamais dit la moindre chose, j’avais gardé pour moi ce sentiment de manque,  comme si un « tu me manques Minori » aurait changé tout entre toi et moi, pourtant je savais que ce n’était pas le cas.  Tu aurais sans doute été ravi d’apprendre que tu manquais à ton ami d’enfance affreusement, que je voulais te voir et te prendre dans mes bras pour que tu ne partes plus et comme un abruti je n’avais jamais rien dit alors quoi bon le faire aujourd’hui.  Tu étais là après tout non ? Mais jusqu’à quand ?

Je savais qu’un jour où l’autre tous les deux nous finirions par être fatigué par cette situation, moi par cette sensation parfois étouffante en ta présence, qui finirait inexorablement par me faire peur je le savais très bien et toi sans doute lasser par mon manque de réaction de gestes tendres envers toi.  Je savais que tu étais un jeune homme câlin après tout ne l’étais-tu pas enfant ?  Mais à l’époque c’était différent, tu n’étais qu’un enfant … T’en faire ne m’avais pas dérangé et même quand tu criais à tout le monde que je t’épouserais ça m’étais égale de t’en faire. Je me demandais parfois comment on en était arrivé ? Etait-ce à cause de l’adolescence qu’on avait largement dépassée toi et moi qui avait changé un truc entre nous ? Je ne saurais jamais le dire et je voulais sans doute pas trop me pencher sur ton sujet … Par peur de ce que je finirais par découvrir je l’avouais aussi si je me penchais un peu trop sur le cas « Minori ».  Après tout tu étais mon ami d’enfance et on semblait très heureux l’un comme l’autre donc à quoi bon changer les choses ? Oui je me rassurais comme je le pouvais je l’avoue pour le cas.  

Lorsque que tu me demandas de pas dire n’importe quoi je m’abstins de répondre non sans ironie que pourtant oui c’était le cas, tu étais certainement le seul qui avait autant de droit de faire ce qu’il voulait de moi et cela depuis des années, on avait grandi mais des choses n’avaient pas bougés entre toi et moi, comme cette faculté à me faire faire n’importe quoi pour te faire plaisir.  C’était vrai, c’était un fait dont je n’aurais jamais dû en éprouver la moindre fierté pourtant je ne voyais pas de raison d’en avoir honte non plus.  Tu étais mon Minori, mon ami alors pourquoi ne pas vouloir passer que des bons moments en ta compagnie, c’était ça que je voulais dire quand je te disais que tu avais tous les droits en ma compagnie. Enfin si c’était mieux que de te dire que tu avais tous les droits sur moi non ? Comme j’avais failli te dire ce qui aurais vraiment sonné étrange même à mon oreille.  J’étais quand même assez intelligent pour savoir que ce n’était pas la bonne phrase à dire surtout à un ami.

On s’était alors déplacé dans un autre aquarium, l’aquarium des horreurs pour moi puis tu m’avais proposé de m’asseoir à tes cotés sur un banc, une nouvelle fois je m’étais exécuté sans discuter et je ne voyais pas de raison à te dire que non.  Tu t’étais alors collé à moi, touchant mon bras, un contact doux et paisible, je l’avouais, qui avait fait naitre un petit sourire sur mes lèvres puis pour me calmer sans doute parce que tu m’avais senti stressé, tu m’avais demandé de fermer les yeux, je l’avais à nouveau fait sans discuter après tout je ne voyais pas de raison de te dire non encore une fois.  

J’avais alors eu d’un seul coup pris conscience en parti du monde avec ta «vision » et ca m’avait choqué, perturbé même, ce que je t’avais dit à ta réponse je tournais la tête vers toi, tenté d’un coup d’ouvrir les yeux pour te regarder alors que tu partageais avec moi les sentiments qui t’avais assailli au moment de la perte de ta vue, un sentiment que je ne savais pas que tu avais ressenti, en même temps je ne pense pas que j’avais le droit de te le demander.  Je me souviens de l’annonce de ta cécité par mes parents, un énorme sentiment d’impuissance m’avait assailli, j’aurais aimé être capable de t’aider et de te rendre ta vue si injustement retiré, après tout j’étais jeune et surtout étudiant en médecine j’avais sans doute encore trop de rêves idéalistes à l’époque.  Mais c’était encore plus que ça, je trouvais injuste que ce soit toi qui subisse ça, parce que tu méritais pas de vivre cette si grande épreuve, j’avais été tenté de te rejoindre là où tu étais au moment des faits mais ça tu ne l’avais sans doute jamais su.  Mes parents m’en avaient dissuadé, me disant que tu n’avais pas besoin de moi, ce que je doutais réellement mais que surtout pour le moment je devais te laisser prendre conscience de ta cécité de toi-même, je les avais écoutés et je leur avais voulu à l’époque, je leur en voulais toujours.  Mais apprendre que tu avais été si mal me fit me sentir encore plus mal je n’aurais pas dû les écouter.  Je finis par te dire même en répondant en même temps au reste de tes mots  

"Je ne savais pas … Je ne savais pas que tu avais ressenti tout cela, à l’époque je m’étais dit que tu avais envie de personne près de toi … Et même si ça me faisait mal de t’imaginer mal dans un hôpital à devoir te faire à une chose si injuste, j’avais le sentiment de ne rien pouvoir faire pour toi-même si j’aurais aimé réellement être présent pour toi " te dis-je en prenant ta main dans la mienne avant de dire d’une voix calme, parce que oui finalement ça m’avait apaisé de ressentir les choses de cette manière. " Je ne sais pas si tu le sais mais tu m’as aidé à choisir mon orientation professionnelle c’est suite à ton accident que j’ai choisi de devenir Pédiatre. "

Je n’avais pas de raison de pas te le dire parce que c’est vrai après tout tu étais mon inspiration professionnelle c’est ce que tu avais subi qui m’avait poussé à choisir de devenir Pédiatre pour peut être permettre de soigner et accompagner de jeunes enfants dans des moments durs comme ceux que tu avais du vivre toutes ta vie d’ailleurs en réalité quand on y pense.  Et même la médecine c’était déjà grâce à toi que j’avais choisi cette voie … il était drôle que tu fusses la personne qui avait autant donné un sens dans ma vie. Quand tu me dis que tu n’es pas un héro je finis par soupirer en te disant

" Je sais très bien que tu n’es pas Daredevil non plus mais justement je trouve que bien qu’exagéré, ce comics montre ce qui s’est passé en toi au moment de la perte de ta vue.  Pas aussi extrême sans doute mais une chose approchante, tu as dû te fier à des sens qu’on utilise jamais quand on a la vue, enfin si l’odeur parce que je ne sais pas si tu le sais mais amoureusement parlant c’est le premier sens qui rentre en ligne de compte l’odeur … C’est le fait que la personne dégage une bonne odeur qui t’attire avant que l’on ne soit attiré avec ses autres sens par cette personne … bref je vois pas pourquoi je te dis ça là en fait mais bon … Je ne pensais que pas que c’était si fort, j’entends des bruits que je ne reconnais pas même si je sais que je les reconnaitrais si je voyais les choses aussi … Tu vois toi tu as appris à reconnaitre les choses, à distinguer les choses avec ta façon de sentir, toucher, entendre les choses, une façon que je ne pourrais jamais comprendre en réalité et c’est en ça qu’à mes yeux je suis fier de toi Minori, tu es plus courageux que je ne le pensais. Et quoi que tu me dises ou autre c’est comme ça maintenant je te verrais plus de la même façon.  Je ne verrais pas de la même façon ta façon de vivre ta vie, de te débrouiller seul très souvent sans l’aide de personne.  Alors oui quelque part tu es un peu un héro donc ne me dis pas non. "

Je souris doucement puis je vins pour la première fois de ma vie posait mes lèvres sur ton front, que j’avais trouvé assez facilement étant donné que je n’avais toujours pas ouvert les yeux, et j’avais continué à t’écouter lorsque tu m’avais fait part de ton imaginaire, l’imaginaire que ta cécité te permettait d’avoir même si j’étais convaincu que tu ne croyais pas à la présence de sirènes dans cet immense aquarium comme tu me le disais mais je trouvais ca juste magique cette liberté de penser, d’imaginer les choses comme tu le voulais sans contrainte, sans interdit.  

" Des sirènes vraiment tu crois ? " te dis -je en souriant " Et comment les vois-tu en réalité parce que je découvre ton monde pour une fois c’est à toi me guider et moi me laisser guider par toi Minori, je te confis ma nouvelle vie pour le coup … "

Je souris en disant puis j’attendais que tu me répondes à mes questions j’étais réellement curieux de savoir ce que tu allais me répondre en réalité.  Je voulais savoir ce que tu imaginais encore si ça allait jusqu’à imaginer les courbes, les couleurs et autres choses que l’on voyait, si ton imagination était farfelue ou gardait une lucidité.  Tu ne savais pas mais ça me faisait plaisir que tu me permettes d’entrée dans un monde que je ne connaitrais jamais, ton monde à TOI.

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MessageSujet: Re: Dix ans plus tard... PV Tomoya~   Jeu 25 Jan - 17:31

► 23 Janvier 2018, aquarium
Dix ans plus tard...
Tomoya & Minori
Tomoya est... particulier pour moi. Il a été mon premier ami, mon premier idole, mon premier amour... Il a été mon premier dans beaucoup d'étapes importantes, pas toutes, évidemment... Ne pas vivre dans le même pays pendant environ vingt ans à rendu cela impossible, bien qu'il y ait plusieurs autres raisons. Je préfère ne pas mettre de mots exacts sur ce que je ressens pour lui, que ce soit quand je réfléchis seul ou lorsque je me confie à une personne qui m'est chère. Je sais que je n'ai pas le droit de l'aimer, donc... il vaut mieux ne pas y penser, non? Mon ami le dit lui-même : il est un séduisant jeune médecin. Il est... normal... aux yeux des autres et sachant très bien comment il est avec les enfants, je suis sûr qu'il a une excellente réputation et que sa carrière doit être pleine de belles promesses. Si je l'aimais... les choses deviendraient compliquées entre nous, non? Ça l'ait devenu la dernière fois... J'avais fait comme si tout était normal et que je comprenais, mais ce n'était pas totalement le cas.

J'avais quatorze ans à l'époque. J'avais partagé le secret sur mon corps à une personne que je croyais mon ami, l'année d'avant. Contrairement à Tomoya et Wei Zhou, cette personne avait trouvé ça l'opposé de ''normal'' et ''naturel''. Celui que je croyais mon ami m'avait violemment repoussé et m'avait fait payé ''le prix pour m'être moqué de lui pendant toutes ces années'' selon lui, alors que je n'avais fait que suivre les conseils de ma mère en ne disant rien. Mon secret avait rapidement fait le tour de l'école... On m'évitait dans les couloirs, on me regardait comme si j'étais un alien, on mettait des trucs dégueulasses dans mon casier, des messages injurieux sur mes choses... On m'a crié des bêtises, dit que mes parents auraient mieux fait de m'abandonner, que mon existence était une erreur de ce monde... Les gens ne comprenaient pas ce que je suis et même si j'essayais d'expliquer, il était plus amusant de s'imaginer que j'avais les deux sexes et que je pouvais me faire tomber enceinte en couchant avec moi-même... Même les enseignants semblaient avoir peur de moi, ils ne disaient rien, mais ils n'osaient pas me toucher et affichaient des airs apeurés ou dégoûtés quand je m'approchais trop d'eux. Je n'en avais rien dit à mes parents, ne voulant pas les inquiéter. J'avais fait promettre à Wei Zhou de ne rien dire non plus...

Wei Zhou était le seul à continuer à me parler et agir comme toujours avec moi. J'ai évité quelques situations dangereuses, grâce à lui... mais je me sentais toujours affreusement coupable quand j'entendais les commentaires malicieux des autres à son égard à cause de moi. Comment Wei Zhou faisait-il pour être ami avec un tel monstre? Il devait avoir des goûts douteux pour traîner avec moi... Est-ce qu'il avait une orientation sexuelle hors norme ou défaillante et c'était pour ça qu'il était ami avec moi? Les étudiants s'inventaient toutes sortes de choses comme ça et même des pires au sujet de mon ami, simplement parce qu'il me traitait comme un humain... comme son ami d'enfance, même si j'étais différent. Puis... il y avait eu cette fameuse journée où j'avais convaincu mon ami de rentrer avant moi, de ne pas s'inquiéter pour moi. Je savais qu'il avait des affaires importantes à gérer avec son père... J'ai été intercepté par une bande d'étudiants de mon école, dont le fameux ''ami'' à qui j'avais révélé mon secret et qui avait causé tout ça... Puis, ils m'avaient battu comme si leurs vies en dépendaient, continuant à m'injurier et disant qu'ils espéraient même me tuer. Ainsi, ça ferait une monstruosité de moins dans ce monde. Heureusement pour moi, des adultes ont fini par passer par là et les élèves ont arrêté, s'enfuyant en me laissant là, inconscient... Le résultat avait été plusieurs os cassés, le visage complètement méconnaissable et une chaise roulante...

Mes parents étaient sous le choc et ont tout fait le nécessaire pour que les élèves coupables soient punis. À ma sortie de l'hôpital, j'avais peur de retourner à l'école, surtout qu'en chaise roulante, je pouvais encore moins me défendre. Mais, il était hors de questions que mes parents me laissent y retourner... donc, j'ai eu cours à la maison, le temps que mes jambes ne soient à nouveau utilisables. On m'a ensuite inscrit dans une autre école, beaucoup plus loin de chez moi... mais qui était aussi plus ouverte d'esprit et où ce genre de choses n'arriveraient pas... Mais bon, cet événement avait suffi à me traumatiser, évidemment. Donc, quand Tomoya m'a dit que nous ne pourrions pas nous marier ensemble, l'année suivante, j'avais compris... Je ne lui ai pas tenu tête cette fois, je n'ai pas cherché à lui faire changer d'avis ou à lui faire dire le contraire. Si on en venait vraiment à se fiancer... les choses pourraient dangereuses pour lui à cause de moi. Les gens le jugeraient, les gens ne comprendraient pas et inventeraient toutes sortes d'histoires malicieuses à son sujet... s'il m'arrivait encore quelque chose à cause de la haine des gens, Tomoya se sentirait probablement coupable comme Wei Zhou l'avait fait, même si ce n'était pas de sa faute.

Je ne voulais pas devenir ce poids pour mon ami, à l'époque, donc, j'avais accepté son refus sans rien expliquer... Quand on aime quelqu'un... son bien passe avant le nôtre et parfois, cela signifie devoir laisser l'autre s'en aller. Le cœur lourd, c'est ce que j'avais fait. Aujourd'hui, Tomoya est un pédiatre respecté... il aura sûrement des tonnes d'opportunités pour devenir un très grand médecin. S'il s'avérait que je l'aimais toujours... je devrais encore le laisser aller, non? Je ne me cache plus de mon intersexualité depuis plusieurs années... Je ne cache pas non plus mon orientation sexuelle... et je suis aveugle. Ce sont trois choses qui... ne sont pas très bien perçues. Surtout ici en Corée du Sud, bien que ce ne soit pas très bien pris ailleurs en Asie non plus... Mon agent avait absolument été contre l'idée que je ne fasse mes coming-outs, à mon arrivée ici, disant que cela tuerait ma carrière en un clin d'oeil. C'est pourquoi j'avais attendu... commençant par travailler de manières acharnées pour me faire un nom en tant que compositeurs, puisqu'en tant que pianiste, j'étais déjà reconnu. Mes parents m'avaient fait commencé les concours dès mon plus jeune âge et j'étais rapidement devenu le fameux prodige qui gagnent tous les concours...

J'ai fini par faire mes coming-outs, ressentant ce besoin d'être honnête sur ma personne... d'arrêter d'avoir l'impression de vivre un mensonge. Le contre-coup n'avait pas été facile, j'ai perdu plusieurs contrats de compositions... J'ai même perdu quelques concerts, puisque les propriétaires des établissements où je devais jouer étaient homophobes à en mourir ou simplement stupides et ne voulaient pas que leur établissement ne soit associé à une personne comme moi. Maintenant, les choses vont mieux, en général, et je n'ai presque plus de problèmes à cause de ça... mais il arrive encore que certains contrats ne soient annulés sans d'autres explications que ''après avoir appris certaines choses, nous ne pouvons pas travailler avec une personne comme vous''. Cela dit, comme je compose maintenant les balades pour le groupe phénomène du moment, GR7, j'ai davantage de travail... Mais aussi plus d'expositions aux yeux du public, en général. Mes relations deviennent tranquillement plus ''importantes'' au niveau de la hiérarchie sociale, donc je dois faire plus attention à mes gestes et mes fréquentations. Le monde de l'entertainment prend plus de places qu'il n'y paraît... Les sponsors des idoles et des maisons de disque peuvent venir de tous les milieux, il suffit d'être riche et d'avoir du pouvoir... Ils approchent les artistes, leur promettent argent et célébrité en échange de... diverses choses... ou ils passent par les managers pour s'approcher des artistes et les managers servent de mac, puisque cette personne riche et puissante pourrait aider. Ça peut être un directeur d'hôpital, un imminent avocat, un investisseur...

On m'a déjà fait des ''propositions'' auxquelles je devais me plier si je voulais un contrat, mais ce n'est pas quelque chose à quoi j'aime vraiment penser... Ces propositions pouvant venir de n'importe qui pour n'importe qui, ce peut être un propriétaire d'une salle de concert très importante, qui accepte qu'on fasse un concert à son établissement... en échange que nous acceptions de passer une soirée avec lui et ses proches amis, qui peuvent venir de n'importe quel domaine... Les médecins n'y sont pas très rares. Enfin, toutes ces histoires ne me concernent pas toujours. Je ne suis qu'un pianiste et compositeur, pas une idole, mais j'en ai trop entendu... et j'ai mes propres quelques histoires. Parfois, il faut faire quelques compromis, si on veut passer outre les mauvaises images du public et réaliser ce qu'il nous reste de rêves... Ça, Tomoya ne le sait pas. Wei Zhou ne le sait pas. Seule Eunae le sait, puisqu'elle était mon assistante lorsque j'ai fait mes aveux sur ma personne au public... Elle était là quand je voyais mes concerts se faire annuler, un après l'autre... mes contrats de compositions avec les maisons de disques se faire résilier... et qu'il ne m'aurait plus rester que la vie de concours internationaux. Chose qui ne me faisait pas envie, puisque je considérais que cela manquait de quelque chose...

Sachant donc comment le monde traite les gens comme moi, comment il peut se montrer sans aucune pitié avec personne... Je ne peux pas me permettre d'aimer Tomoya. Les parents de ses petits patients pourraient ne pas aimer l'exemple que cela donnerait à leurs enfants. Après tout, les gens vont facilement s'imaginer n'importe quoi... et de simples clips où l'on voit deux hommes s'embrasser sont jugés 19 ans et plus, alors qu'il ne se passe rien d'obscène... Comment ses collègues réagiraient si Tomoya sortait avec une personne comme moi? Ne diraient-ils pas n'importe quoi à ce sujet? Cela porterait préjudices à sa réputation, à son travail, c'est probablement ainsi que ça viendrait aux oreilles des parents de ses patients, d'ailleurs... Non, je ne préfère pas penser à tout ça. Si je n'y pense pas, mes sentiments incertains ne sont pas de l'amour, puisqu'ils ne sont pas définis... et ainsi, il n'y a rien de compliqué... et ainsi... je n'ai pas à encore le laisser s'éloigner de moi pour son bien.

Je me sens bien comme ça, la tête contre son épaule, les yeux clos et serrant doucement son bras contre le mien... Je ne veux pas perdre ce sentiment de bien-être que je n'ai toujours eu ainsi qu'avec lui. Je me dois donc de le protéger... que ce soit de mes possibles sentiments, des autres ou comme présentement, des requins qui sont pourtant loin de pouvoir nous faire mal. J'étais détendu, contrairement à mon ami, sa présence m'apaisait et je fis de mon mieux pour l'apaiser aussi. Je tentais de le guider, chose que je faisais probablement maladroitement, puisque j'invite très rarement les gens à partager ainsi mon expérience. En entendant ce qu'il me dit d'abord, je rougis, complètement surpris. Je dois l'avoir perdu en chemin pour qu'il ne me réponde ce genre de choses! Je tentai de le ramener sur le droit chemin, lui expliquant doucement que je n'ai rien d'extraordinaire et qu'il n'y a nul raison d'être fier de moi pour ça. Je lui avais aussi admis qu'il était normal de ressentir certaines choses... désagréables... mais qu'elles passeraient bien. Puis, comme ce n'est pas permanent pour lui, il n'a pas à s'inquiéter~

-« Je ne savais pas … Je ne savais pas que tu avais ressenti tout cela, à l’époque je m’étais dit que tu avais envie de personne près de toi … Et même si ça me faisait mal de t’imaginer mal dans un hôpital à devoir te faire à une chose si injuste, j’avais le sentiment de ne rien pouvoir faire pour toi, même si j’aurais aimé réellement être présent pour toi. »

Sa main qui vint prendre la mienne me surprit un peu, mais m'arracha surtout un petit sourire. Je lui laissais ma main avec joie, serrant doucement sa main dans la mienne. J'en appréciais sa douceur et sa chaleur... Je me laisserais probablement guider n'importe où, si je tenais cette main en guise de guide... Je ne dis d'abord rien, hésitant à lui admettre la réalité qu'avait été la mienne suite à l'accident. Ce n'était pas un moment où j'avais été à mon meilleur... et généralement, je préfère que Tomoya ne voit que mes bons côtés. Je veux qu'il continue à avoir de l'affection pour moi et j'ai peur que cela ne change, s'il connaît aussi les côtés sombres de la vie que j'ai mené jusqu'ici.. Je ne veux pas le décevoir, ni le perdre.

-« Je ne sais pas si tu le sais mais tu m’as aidé à choisir mon orientation professionnelle c’est suite à ton accident que j’ai choisi de devenir pédiatre. »

Cet aveu me surprit grandement. Je relevai légèrement la tête, par réflexe inutile qu'il me restait encore de mes années où je voyais. Je reposai toutefois ma tête sur son épaule, aimant pouvoir être ainsi près de lui. Je hochai doucement la tête pour lui répondre que je ne le savais pas... à vrai dire, je ne m'en étais pas du tout douter. Je ne répondis rien d'abord, réfléchissant... puis... je décidai de lui partager mon histoire, malgré tout...

-« La première année... » commençai-je, avant de m'arrêter, mes lèvres dessinant un sourire tristement amusé. « C'est bien que tu ne sois pas venu... et que je n'aie pas été en Corée... que nous soyons restés loin de l'autre... » admis-je, en soupirant. « J'étais insupportable... tu m'aurais absolument détesté après... J'étais... fâché contre le monde... contre la vie... contre les gens qui continuaient à voir... J'avais totalement envie de tuer la personne qui a causé tout ça... Je repoussais tout le monde, je ne laissais personne m'approcher, me toucher... Je voulais être seul... Je ne comprenais pas pourquoi ça m'arrivait et j'avais envie de mourir, en réalité... Je regrettais de ne pas m'être fait tué, à la place. C'était insupportable que d'être... encore plus différent de tout le monde... et de soudainement devenir dépendant de ce monde qui n'est pas très clément avec ce qui est différent, justement. À 14 ans, on m'avait battu jusqu'à l'inconscience, avec l'intention de me tuer, mais au final... j'ai survécu et je m'en suis sorti avec une période en chaise roulante. J'avais mes yeux à cette époque, je n'avais rien demandé à personne et on m'avait fait ça. L'accident qui m'a rendu aveugle... c'était... similaire... si on peut le dire comme ça... J'avais donc peur... J'étais terrorisé... On allait me tuer pour vrai, la prochaine fois? Je ne voyais plus rien, comment pourrais-je me défendre? » admis-je, parlant d'une voix faible.

C'était la première fois que j'étais aussi honnête avec quelqu'un au sujet de ce que j'avais ressenti lors de mon accident. Je ne lui admettais cependant pas tout cela pour le faire sentir coupable, mais simplement pour qu'il comprenne et sache qu'il avait bien fait de ne pas venir.

-« C'est vrai aussi... lorsque je dis que j'étais fâché parce que j'avais perdu mon rêve d'être danseur dans une troupe... comme ma mère m'avait toujours encouragé à faire. Mais, cette réalisation est venu me faire souffrir après... En premier lieu, c'était vraiment cette terreur à l'idée de souffrir encore à cause des autres et de ne rien pouvoir y faire... Je repoussais tout le monde, mais... violemment... en criant, en frappant dans le vide, en m'enfermant et refusant toutes présences... Je t'aurais blessé si tu étais venu... tu m'aurais détesté à mort... donc, je suis content que tu ne sois pas venu... J'étais trop aveuglé... physiquement, mais aussi par ma frustration, mon incompréhension et ma douleur... Je n'aurais pas réfléchi et je l'aurais regretté. » ajoutai-je, après un petit silence. « J'espère que tes patients sont plus doux que je ne l'ai été... sinon... tu dois m'en vouloir de t'avoir poussé à choisir cette voie.. » dis-je avec un petit rire nerveux.

J'avais un peu peur, maintenant... Il ne savait pas toutes les choses que j'ai faite et qui ferait pleurer ma pauvre mère... mais savoir que j'avais été un tel monstre était déjà une chose que j'avais toujours espéré lui cacher... C'est puisque je sais tout ces choses inavouables sur moi-même que j'insistais sur le fait que je n'étais pas digne des compliments qu'il me faisait. Je suis un être humain qui... ne s'est pas laissé abattre, c'est vrai, et qui tient tête à cette société tordue, c'est vrai aussi... mais je ne suis pas plus courageux qu'un autre.

-« Je sais très bien que tu n’es pas Daredevil non plus mais justement je trouve que bien qu’exagéré, ce comics montre ce qui s’est passé en toi au moment de la perte de ta vue.  Pas aussi extrême sans doute mais une chose approchante, tu as dû te fier à des sens qu’on utilise jamais quand on a la vue, enfin si l’odeur parce que je ne sais pas si tu le sais mais amoureusement parlant c’est le premier sens qui rentre en ligne de compte l’odeur … C’est le fait que la personne dégage une bonne odeur qui t’attire avant que l’on ne soit attiré avec ses autres sens par cette personne … bref je vois pas pourquoi je te dis ça là en fait mais bon … Je ne pensais que pas que c’était si fort, j’entends des bruits que je ne reconnais pas même si je sais que je les reconnaîtrais si je voyais les choses aussi … Tu vois toi tu as appris à reconnaître les choses, à distinguer les choses avec ta façon de sentir, toucher, entendre les choses, une façon que je ne pourrais jamais comprendre en réalité et c’est en ça qu’à mes yeux je suis fier de toi Minori, tu es plus courageux que je ne le pensais. Et quoi que tu me dises ou autre c’est comme ça maintenant je te verrais plus de la même façon.  Je ne verrais pas de la même façon ta façon de vivre ta vie, de te débrouiller seul très souvent sans l’aide de personne.  Alors oui quelque part tu es un peu un héros donc ne me dis pas non. »

Tomoya insista tout de même sur le fait que j'étais un ''héros'' selon lui, chose qui me gêna encore un peu. Je ne le coupai pas, cependant, le laissant m'expliquer son point de vue. Sa comparaison à Daredevil faisait du sens... Non, je ne vois pas comme lui, mais oui, mes autres sens se sont affinés et c'est maintenant d'eux dont je dépends... Je rougis encore plus et cherchai à me cacher contre l'épaule de mon ami, en l'entendant parler de sentiments amoureux et d'odeur... Il me répondait ça alors que je venais de lui dire qu'il sentait bon... Tomoya disait ne pas savoir pourquoi il disait ça maintenant, mais ce devait être pour me torturer. Pour quelle raison est-ce que je réagissais ainsi, cela dit? Me sentir gêné et me chercher à me cacher, alors qu'il évoquait quelque chose qui.... n'était pas sensé me concerner. Mon ami sentait bon... il avait un parfum qui m'enivrait à chaque fois et dans lequel j'avais envie de rester pour toujours... Cela ne voulait rien dire, non? Il y a bien des gens qui sont accro à l'odeur du chocolat chaud et ils n'en sont pas amoureux! Ils n'ont pas une relation compliquée à cause de leurs sentiments à cause de la bonne odeur! Voilà! C'est ça, c'est normal! Une fois... ''rassuré'' par moi-même, je me détendis un peu et écoutai la suite de ce que mon ami continuait de dire. Je l'écoutais sagement, trouvant toujours logique son explication. Je me disais qu'il devait être fier de tous les aveugles, alors, puisque nous devons tous vivre plus ou moins ainsi.

En prenant ce petit recul, je me sentais un peu moins gêné... mais le compliment restait tout aussi fort et apprécié. Je hochai doucement la tête, lorsqu'il eut terminé, pour montrer que j'avais écouté. J'allais répondre quelque chose, mais... je fus coupé net par … un baiser sur mon front?! La surprise me fit de nouveau rougir avec fièvre, ce ne pouvait être personne d'autre que Tomoya. Je n'avais senti aucun autre parfum, entendu personne s'approcher, rien, rien qui pouvait laisser croire que ça venait d'une autre personne. Mon cœur avait même raté un battement, choqué lui aussi par ce geste. Mon ami n'avait jamais eu ce genre de geste affectueux à mon égard, je ne savais donc pas comment y réagir... ni pourquoi... ça me faisait tant plaisir. J'en voulais plus, chose qui me perturbait intensément. Je n'étais pas sensé avoir ce genre d'envies, je n'y avais pas droit. J'étais donc resté silencieux quelques secondes, puis, j'avais tenté de passer outre ma gêne monumentale qui m'enflammait le visage, lui donnant une teinte pivoine. J'avais repris la parole pour dire... des bêtises! La gêne me faisait dire n'importe quoi pour meubler le silence. Tomoya ne devait pas savoir que son geste m'avait mis dans cet état, sinon... il allait s'éloigner, non? Je ne le voulais surtout pas, je peux contrôler mes sentiments, je peux n'être que son ami comme il l'aime tant. J'avais donc ramené l'idée des sirènes sur un ton faussement calme, le ton que j'avais quand je faisais comme si je n'étais pas gêné, dans le sens positif du terme... 25 ans et je réagissais encore comme un gamin à quelque chose d'aussi innocent... Avais-je vraiment grandi?

-« Des sirènes vraiment tu crois ? »

-« Rien ne m'empêche de le faire~ » répondis-je avec un petit rire gêné.

Je me demandais si je n'avais pas fait une erreur de revenir sur cette blague... Tomoya allait peut-être pensé qu'on devrait me faire interner! Je ne croyais pas réellement aux sirènes, évidemment, mais comme je ne vois rien... C'est un avantage que de pouvoir interpréter mon environnement à ma guise, non?

-« Et comment les vois-tu en réalité parce que je découvre ton monde pour une fois c’est à toi me guider et moi me laisser guider par toi Minori, je te confis ma nouvelle vie pour le coup … »

Je pouvais entendre son sourire dans sa voix et vu l'état second dans lequel je me retrouvais en ce moment... Baignant dans son parfum, profitant de sa chaleur et de sa douceur, bercé par sa voix et ses mots... Même si je ne le voyais pas, j'étais séduit par son sourire comme toujours... Je devais définitivement me reprendre et ne pas me laisser trop aller, parce que cette fois... je pourrais définitivement m'y perdre... Moi qui croyais ne plus être sur ce chemin depuis dix ans... je ne l'ai probablement jamais quitté, en réalité... Mais, je devrais faire comme avec le monde réel, ne rien voir et m'inventer autres choses, sinon, qui sait ce qui pourrait arriver?

-« Hmmm... prépare-toi alors ~ » lançai-je avec un petit rire amusé. « L'aquarium est tranquille dans cet espace, parce que les gens sont fascinés par les sirènes... mais en ont peur aussi... Elles sont magnifiques... Certaines sont comme les sirènes de Disney... donc, elles sont mi-humaines, mi-poissons... elles ont des corps fins et musclés, une queue de poisson majestueuse et rutilante de couleurs qui brillent aux rayons du soleil. Il y en a cependant plusieurs espèces... certaines ont des branchies sur les côtes, d'autres dans le cou, alors que certaines les ont dans le bas du dos... Leur peau est blanche pour certaine, dorée pour d'autres, foncées ou il y en a même de couleurs pastels... La variété est impressionnante et rend le spectacle encore plus fascinant. Elles vivent dans ces énormes bassins... certaines dans l'eau salée de la mer, d'autres dans des bassins d'eau plus douce, puisqu'elles viennent des rivières et des fleuves... Leurs bassins sont aménagés en conséquence, évidemment... » lui détaillai-je doucement, lui partageant un monde qui n'existait ni en livres, ni en films, ni nul part ailleurs...

Je lui décrivais la texture du sable couvrant le fond des bassins, les formes et les couleurs des rochers, des coraux... J'inventais quelques petits poissons colorés, exubérants et impossibles, en riant... Mes yeux ne voient plus, mais mon imagination n'a aucune limite. Je lui partageais un monde coloré, riche en lumières, contraste, textures et formes de toutes sortes. C'était étrange de partager ainsi mon monde, en mots qui me sont propres et donc, en une sorte d'interprétation littérale... Puisqu'en réalité, je partage ''souvent'' mon monde... mais pas comme ça. Lorsque je compose des mélodies au piano, si ce sont des mélodies qui n'auront pas de textes... je partage mon émotion du moment, un bout précis de ma vie, mais comme il n'y a pas de mots, l'interprétation est libre. Lorsque je compose pour accompagner un texte, ma mélodie représente comment je perçois les mots qui l'accompagneront... Mais partager ainsi mon monde avec Tomoya me semble plus... intime qu'en musique, puisque je ne le laisse pas interpréter quelque chose d'abstrait... je lui dis clairement ce qui se passe dans mon monde... Étrangement, si c'est lui... ça ne me fait pas aussi peur que je ne le pensais... et c'est même plaisant.
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Kim Tomoya

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MessageSujet: Re: Dix ans plus tard... PV Tomoya~   Ven 26 Jan - 5:03

► Janvier 2018, aquarium
Dix ans plus tard...
Tomoya & Minori


Je serais incapable de dire depuis quand j’étais ainsi avec les gens, ce qui avait fait que je me ferme émotionnellement enfin non pas émotionnellement mais surtout amoureusement aussi loin que je me souvienne je faisais trop souvent tout pour ne pas m’attacher à quelqu’un mais surtout laisser les gens s’attachaient à moi.  Et je crois que tu ne dérogeais pas à la règle, j’en étais même certain d’ailleurs. Je ne pouvais me permettre de laisser quiconque prendre un pouvoir sur moi et cela même si j’étais attaché à une personne.  Je savais que j’étais un idiot pour le coup et j’avais souvent fait du mal à des gens à cause de ça, mais le regrettais je vraiment ?  Je ne saurais le dire en réalité, j’étais comme ça et j’étais souvent franc donc les gens savaient que c’était ainsi, une relation à deux avec moi ça revenait à que du sexe, pas plus, aucun sentiment et si ça venait à arriver je prenais mes jambes à mon coup, aussi vite que possible.  Peut être cela faisait de moi un trouillard mais ça m’était égale à vrai dire c’était comme ça que je marchais et si ça ne plaisait pas, je forçais personne à se lancer dans une relation avec moi.  J’avais conscience que cela me jouait des tours et que j’avais sans doute fait beaucoup de mal à des gens qui ne le méritaient pas mais je ne savais pas faire autrement.  J’avais une peur viscérale de l’attachement à autrui, peur de me sentir complétement dépendant d’une personne qui n’était pas moi, je détestais pas contrôler ma vie … Et j’avais toujours été comme ça, je ne pouvais pas donner à une autre personne le pouvoir de contrôler un peu mes faits et geste sous prétexte qu’il était amoureux, ou elle était amoureuse, de moi.  C’était hors de question pour moi.  

Sans doute pour cette raison que j’étais un si bon médecin qui pourrait devenir un grand médecin un jour, juste parce que je gardais le contrôle de mes nerfs quoi qu’il arrive et j’avais la réputation de m’occuper des cas que la plupart de mes collègues refusés.  Sans doute parce que rien ne m’impressionné déjà mais surtout parce que grâce à ton intersexualité, j’avais énormément lu de livres sur le sujet ou sur tous les sujets liés à ses maladies ou malformations peu connus de la plupart des gens, ce qui fait que connaissant le sujet je me retrouvais assez souvent avec des gens atteint des mêmes troubles que toi, ou d’autres maladies du même genre.  Ce que mes autres collègues refusaient aussitôt, je faisais aussi des consultations au service pédiatrique envers ses jeunes enfants, ou jeunes adolescents qui cherchaient des réponses à leurs question, ou tout simplement avec des parents dont les enfants étaient concernés mais ignoraient ce qu’ils avaient à faire.  J’étais là pour répondre à ses questions et très souvent je me servais de toi comme exemple sans te nommer forcément mais pour des enfants comme toi, je voyais que ça aider énormément.  Après je sais que je n’étais pas dans ta tête et je savais pas toujours comment tu vivais réellement les choses, mais à mes yeux, tu étais un être équilibré qui semblaient heureux dans sa vie.  

A l’hôpital je contrôlais tout et chacun savait que je me moquais de ce que l’on pensait ou disait de moi, j’avais eu une période à draguer un peu mes collègues, surtout le personnel soignant mais j’avais fini par arrêter pourtant j’étais devenu un peu comme le médecin à éviter, je savais que les infirmières conseillaient encore très souvent aux jeunes recrues de m’éviter autant que possible mais ca m’était égale, après tout j’étais à l’hôpital pour mon amour de mon métier, pas pour me faire un tableau de chasses auprès des gens qui m’entouraient et avec qui je travaillais tous les jours.  Sans doute pour ça que je ne draguais plus personne sur mon lieu de travail restant ainsi un leu neutre où je n’avais pas à jouer de rôle devant les autres.  Je restais moi-même, un jeune médecin qui voulait faire son travail dans les meilleures conditions qui se moquait de ce qu’on disait de lui parce que ce n’était pas ce qui faisais de lui un bon ou mauvais médecin.  Et je savais être un bon médecin, j’avais la chance de faire le travail de mes rêves après tout.  Je me doutais que j’aurais toujours cette image et je m’en moquais en réalité, je continuais de bosser pour le bien de mes petits patients, pour tous les enfants qui avaient besoin de mon aide, ou bien simplement d’une oreille attentive, ce qui arrivait plus souvent qu’on pouvait le penser dans un service des urgences parfois les douleurs étaient plus psychologique que physique en réalité et dans ces cas là c’était pas d’un docteur qu’ils avaient besoin surtout d’un psychologue, des gens à qui j’avais très peu affaire, parce que je préférais voir si je pouvais aider avant de faire appel à eux.  Les seuls moments où j’avais à faire été à l’organisation que j’avais rejoint après la fin de mon internat en pédiatrie, en effet je travaillais pour une association qui s’occupait des jeunes enfants atteins de cécité définitive ou alors atteint de maladies dégénératives qui allaient finir par les rendre aveugle.  

C’était un endroit que je fréquentais sur mes heures de congés et dont j’avais jamais parlé à personne même pas à toi sans doute parce que je me demandais comment tu le prendrais si tu finissait pas l’apprendre, je voulais garder ce lieu comme un havre de paix, même si c’était une façon de parler vu que l’endroit été une association où les enfants étaient envoyé pour apprendre à gérer leur nouveau monde, apprendre à appréhender les choses comme des non-voyants et  surtout apprendre à accepter les faits.  Je ne pouvais pas aider au point de vue de ses points mais souvent j’y allais pour m’occuper des enfants atteint des maladies dégénératives qui devaient être auscultés assez souvent afin de voir l’évolution de leurs maux.  J’intervenais souvent dans quelques activités qui n’avaient rien de médicales, souvent j’accompagnais dans des activités extérieures aussi pour aider les jeunes à appréhender le monde extérieur avec leur nouvel handicap.  J’aimais énormément y aller et je sais que si j’aimais tant passer du temps en leur compagnie c’était grâce à toi, toi que je connaissais depuis toujours et qui avait le même mal que ses enfants qui parfois comme toi n’avaient jamais rien demandé à personne avant de perdre la vue lors d’un accident ou tout simplement de maladies.  Mais passer du temps en leur compagnie me faisait du bien, j’avais l’impression de faire réellement une chose utile, bien plus que quand je sauvais une vie à l’hôpital, j’étais vraiment utile à quelque chose, j’aidais des jeunes enfants à faire face à la plus horrible des expériences et j’étais ravi quand je voyais des enfants partir du centre pour affronter seul le monde extérieur, enfin seul disons retourner à leur maison après avoir appris tout ce qui était possible d’apprendre.

Parfois je me demandais si je ne devrais pas arrêter mon travail à l’hôpital pour me concentrer uniquement sur le centre mais je me disais que bien que j’aimais m’y trouver.  Travaillé à l’hôpital à coté me donnait un équilibre dans ma vie parfois très chaotique à cause de mes relations « amoureuses » si je n’avais pas ça aussi je pense que je perdrais la tête aussi.  Alors je continuais à travailler aux Urgences pédiatriques mais aussi aux services pédiatriques de temps à autres, si je voulais continuer à voir le centre comme une récompense bihebdomadaire, j’étais toujours heureux d’y aller donc autant continuer comme ça je pense.  Et j’aimais mon travail à l’hôpital c’était des urgences très souvent mais mon travail avait quand même un coté salutaire, je savais que j’aidais les enfants dans des bobos de la vie quotidienne, parfois je me retrouvais à diagnostiquer des maladies graves et lourdes pour des si petits corps mais cela faisait malheureusement parti de mon travail, tout comme les morts qui parfois malgré tous mes efforts acharnés pour les ramener parmi nous étaient vains.  C’était la vie, et parfois la vie reprenait ses droits, je n’y pouvais rien, je n’étais pas un Dieu après tout et je le savais très bien.  Mon équilibre j’avais fini par le trouver de cette manière, cumulant les deux activités, m’autorisant aussi à coté des sorties qui n’avaient rien à voir avec ça.  

Je sortais aussi en ville, pour aller boire des verres avec des amis, fréquentant des bars que je quittais très souvent accompagner, pour aller finir la nuit chez mes compagnes ou compagnons d’un soir.  Une de mes règles débiles qui faisait que je ramenais jamais personne chez moi, pour ne pas me retrouver avec une glue ou une sangsue que je pourrais pas me débarrasser par la suite. C’était ainsi que ça se passait avec moi, une nuit voir parfois deux ou trois sur un malentendu mais ensuite c’était Ciao chacun retournait chez soi et c’était mieux pour tout le monde enfin pour moi surtout.  Je refusais de m’engager et oui je faisais tout pour ne pas le faire, après tout rien ne m’y obligeait et je ne le voulais surtout pas.  Et ma volonté faisait loi sur mon existence, qu’importe combien les gens qui m’entouraient me traiter de salauds sans cœur qui faisait n’importe quoi, qui surtout faisait du mal aux gens qui n’avait rien demander à personne.  Tout cela je le savais et j’avais conscience que je n’étais pas quelqu’un de bien alors comment pourrais-je me mettre avec quelqu’un alors que je criais à qui voulait bien l’entendre que les relations stables n’étaient pas pour moi. Les seules relations stables que je m’autorisais, été amicale et encore parfois j’en doutais un peu parce que mes amis je les faisais fuir par mon comportement de sale gosse capricieux.  

J’en étais là de mes réflexions sur moi-même quand tu t’étais collé à moi pour poser ta tête sur mon épaule, je en sais pas ce qui t’avais poussé à faire ça et je ne t’avais pas repoussé, et pourquoi aurais-je du si tu me câliner d’un coup c’est que tu en avais envie ou besoin non ? Je n’allais pas m’écarter d’un coup comme ça même si ton geste me gênait non pas parce que je trouvais ça désagréable c’était même plutôt le contraire à vrai dire en réalité, j’étais bien près de toi en réalité, et même plus que bien c’était ça qui me dérangeait sans doute le plus.  Parfois je me refusais de me rapprocher de toi, d’avoir vers toi des contacts physiques non pas pour toi, mais pour moi, par peur d’en devenir tellement dépendant que je ne pourrais m’empêcher de te toucher sans arrêt et je savais que trop bien combien ça finirait par être compliqué pour moi.  T’aimer toi, serait tellement compliqué non pas à cause de ton intersexualité mais parce que tu étais Minori et que je savais que dans le fond ça pourrais aussi très bien se passer … Après tout notre amitié et nos liens actuels prouvaient que c’était déjà un truc très fort que l’on partageait toi et moi. Alors pourquoi l’amour serait conflictuel ? Mais je préférais ne pas y penser … Tu étais mon ami, et c’était mieux comme ça, il fallait que j’arrête de penser à ça et d’ailleurs depuis quand en étais-je arrivé à penser ça de toi ? je l’ignorais à vrai dire. Peut être m’avais-tu plus manqué que je ne le pensais ?

Ma main dans la tienne je te parlais tranquillement te disant des choses que je ne t’avais sans doute jamais dit et je savais que tu allais être étonné mais finalement c’est toi qui arriva à le plus m’étonné en réalité quand tu me racontas la première année de ta cécité, que tu m’avouas t’être senti si mal et que non je ne t’aurais sans doute pas été d’une grande utilité parce que tu aurais eu l’envie de me repoussé et que j’aurais sans doute fini par te détester, ce qui intérieurement me fit rire, ne sais tu pas que je pourrais jamais te détester j’en étais incapable ?  Et même si tu étais le pire être au monde je continuerais de t’être attaché parce que tu étais mon Minori et que j’aurais compris que c’était la douleur d’avoir tout perdu, perdu tes espoirs et tes rêves de faire du ballet comme tu t’y étais préparé toute ta vie.  D’avoir d’un coup le sentiment de ne plus avoir le moindre espoir de vie parce que tu avais perdu la vue. J’aurais sans doute plus compris que tu ne le crois pas en réalité parce que dans le fond je te connais tout comme tu me connais, je crois que c’est nos cœurs qui se connaissent réellement toi et moi … Parfois je me disais même que ces conneries de réincarnation devaient un fond de réalité pour toi et moi ce qui expliquerait tellement les liens qui nous unissait en réalité.  Quand tu me dis que je dois regretter d’avoir choisi cette voie par ta faute, et je secoue la tête délicatement à tes cotés en te disant  

" Pense-tu réellement que je t’aurais détesté ?  Que je t’aurais rejeté parce que tu m’aurais repoussé Minori ? Tu sais bien que ça n’arrivera jamais … J’ai toujours fait parti de ta vie et je pense que toute ta vie je serais là pas parce que tu es mon amie d’enfance mais parce que je ne veux pas me séparer de toi. Nous en sommes aux révélations alors laisse-moi t’en faire une.  Tu es mon amie d’enfance c’est vrai mais jamais je ne pourrais imaginer ma vie sans toi, tu ne le sais pas parce que je te l’ai jamais dit, mais tu m’as affreusement manqué pendant toutes ses années où je t’ai vu que très peu voire pas du tout.  Je me suis rendu compte que bien que tu sois celui qui le montrait le plus souvent des deux combien j’étais important pour toi.  Tu étais tout aussi important pour moi.  Tu es MON Minori et ce n’est pas que de simples mots.  "

Je me tue après ma réponse que devais-je rajouter à ça ?  comment pouvais-je continuer alors que moi-même j’ignorais comment expliquer avec des mots réels les sentiments que tu m’éveillais ou plutôt j’avais peur de trouver les définitions à ses sensations que ta présence éveillait parfois en moi contre mon gré.  Enfin contre mon gré était un bien grand mot, disons sans que je m’y attende réellement en fait.  Et j’avais continué à te parler en te parlant de super héros décidément j’avais vraiment trop lit dans mon enfance pour te comparer d’un coup à un héro de comics qui avait comme particularité d’être aveugle lui aussi tout ça pour justifier ce que je disais, sur l’évolution de ton corps après ta soudaine cécité.  L’utiliser pour m’expliquer et tenter de dire que oui tu n’étais pas pourvu de super pouvoirs mais tu étais quand même un héro à mes yeux et c’était vrai après tout en fait.  Je le voyais aussi avec les enfants dont je m’occupais au centre surmonté une perte soudaine d’un sens si utile au commun des mortels, était une preuve de courage presque héroïque comme ses hommes et femmes qui part courage sont capable de mettre leur vie en danger pour sauver la vie d’autrui, on disait d’eux qu’ils étaient des héros non ? Alors pourquoi n’en serait-il pas pareil pour des enfants qui arrivaient à puiser le courage nécessaire de surmonter cette perte brutale d’un sens vitale normalement.  Du moins sans être vitale je dirais pratique en réalité parce que je voyais que ce n’était pas si vitale que je le pensais en réalité.  

Alors pour cacher ma gêne d’avoir dit ça à voix haute, au risque de te gêner aussi, j’avais enchainé sur un fait scientifique à savoir que c’était réellement le sens de l’odorat qui jouait dans le processus de séduction que c’était prouvé que les phéromones que dégageaient le corps jouaient énormément dans le jeu qu’était la drague d’une autre personne.  Et je me demandais réellement ce qui m’avait pris de te parler de ça d’un coup c’est vrai pourquoi avais je dis ça après tout j’avais bien entendu que tu avais dit que tu trouvais que je sentais bon même si je n’avais pas relevé alors qu’est ce qui me prenait de te dire un truc pareil et qui était tellement hors contexte pour le coup.  Je comprenais d’un coup pourquoi on me disait souvent qu’il fallait tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler, j’aurais sans doute dû plus souvent écouter les gens qui me le disaient quand j’étais enfant.  Bref j’aurais sans doute dû garder ça pour moi et quand je voyais que tu gardais le silence j’eus envie de me frapper réellement, j’espérais réellement que mes mots n’allaient pas te perturber et que tu allais finir par me reparler à nouveau sinon je me sentirais encore plus mal du coup quand finalement tu repris la parole, je soupirai intérieurement je me sentais rassuré de t’entendre.

Soudain parler à nouveau et j’espérais réellement que mes propos malheureux n’allaient pas te faire te sentir mal par la suite quand tu me réponds que rien ne peux t’empêcher de voir des sirènes dans ce bassin, je laisse un léger rire m’échapper après tout tu avais raison, donc je hochais la tête puis quand au final tu continues à parler en me disant comment tu voyais ses êtres qui n’existaient pourtant que dans ta tête je ne pus que tenter de les imaginer à mon tour me concentrant sur mon imaginaire qui était quand même  assez fertile en tant normale, je finis même par voir toutes ses créatures que tu me décrivais et qui étaient les fruits de ton imagination.  Je pouvais presque les imaginer évoluer autour de nous et nager parmi les requins qui d’un coup m’impressionner beaucoup moins.  Était-ce parce que je les imaginer dans ma tête ou bien était ce parce que ce moment m’apaiser et entrer dans ton monde d’un coup comme ça me faisait du bien.  Je me sentais d’un seul coup plus proche de toi-même si je savais aussi que comme tu m’avais dit, quand je rouvrirais les yeux moi contrairement à toi je reverrais toutes les couleurs qui avait disparues depuis 10 ans de ton champ visuel mais qui n’avait pas disparu pour autant de ton imaginaire vu ta description des sirènes comme à présent.  Je souris un peu plus avant de finir par te dire

" J’aime ta vision de ces créatures et je vois exactement comment elles sont à tes descriptions.  J’arrive presque à les imaginer nageant autour de nous … Je commence à aimer ton monde, ta vision des choses … Même si je n’avais pas besoin de cela pour me sentir proche de toi je sais qu’à ce moment précis je suis plus proche de toi encore. "  

Je te souris doucement en disant ça je sais très bien que tu ne peux pas voir mon sourire, que sans doute tu peux le deviner parce qu’il m’arrive souvent d’entendre dire mes petits patients au centre que je souris alors qu’ils ne peuvent pas le voir mais sans doute qu’un geste visuel devait être audible malgré tout.  C’était une chose que je comprenais pas réellement mais qui me fascinait en réalité, je pouvais pas t’en parler parce que je ne sais pas comment tu pourrais prendre une telle réflexion mais la question me brulait les lèvres en te disant

" Et si on continuait cette visite ? Même si j’aime rester là tranquillement avec toi ? Nous avons encore beaucoup de choses à découvrir et je tiens te les faire découvrir comme je te l’ai promis il y a déjà longtemps.  Après tout je t’avais promis ce rendez vous à l’aquarium il y a déjà plus de dix ans non ? "

Je tournais la tête vers toi et cette fois j'ouvris mes yeux pour te regarder, je voulais voir ta réaction parce que j'étais certain que bien que tu t'en rappelle parfaitement toi, tu avais penser que moi j'avais oublié.  Ce qui aurait très bien pu être le cas je l'avoue mais ce n'était pas le cas, chacun de mes souvenirs les plus chers étaient plus ou moins lié à ta personne et même si le reconnaitre revenez à t'avouer que tu étais souvent dans mes pensées, c'était pas facile de t'en faire part comme ca.  Alors je disais encore une fois rien, j'étais vraiment le plus grand des trouillards en ta compagnie c'était quand même terrible pour l'homme si fier de moi que je pouvais être parfois.  


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Park Minori

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MessageSujet: Re: Dix ans plus tard... PV Tomoya~   Dim 28 Jan - 5:31

► 23 Janvier 2018, aquarium
Dix ans plus tard...
Tomoya & Minori
Je ne savais pas que j'avais tant influencé mon ami dans ses choix de vie. J'avais cru comprendre que j'avais éveillé certaines curiosités ou intérêts chez lui, mais même, je n'en prenais pas réellement la responsabilité. Je n'avais jamais eu la prétention de penser que son choix de carrière, soit un des choix les plus importants de sa vie puisque cela lui a demandé et lui demande encore énormément de temps, avait été influencé par ma personne. Pour moi, il est... c'est un peu difficile à dire ce qu'il représente pour moi... alors qu'en général, j'ai une assez bonne idée de la place qu'ont les gens dans ma vie. Cette place peut bouger, grandir, rapetisser... Les gens vont et viennent, après tout. Les souvenirs restent, c'est vrai et on peut longuement les chérir après que la personne ne se soit éloignée, mais ce n'est pas tant la question. Tomoya n'est jamais parti, il a toujours été là et j'espère qu'il le sera toujours... Non, c'est plutôt... Il a été mon premier ami... La première personne à qui je me suis attaché autant qu'à mes parents... Ma mère se plaît à raconter que Tomoya est la première personne à qui j'ai souri, quand j'étais encore un bébé. Je ne sais pas si c'est vrai, mais cette histoire est adorable et la fait toujours sourire avec nostalgie... bien qu'elle admette s'être sentie un peu jalouse de lui à ce moment! J'ai grandi en l'admirant, le trouvant vraiment extraordinaire et en étant impressionné par tout ce qu'il faisait et disait... Puis, mes sentiments innocents ont évolués. Alors que certains enfants disent vouloir se marier avec leurs parents, moi, je voulais me marier avec Tomoya.

Nous nous voyions relativement souvent, à l'époque. Ma mère aimait beaucoup retourner en Corée et mes grands-parents maternels m'aimaient beaucoup. Ce n'était pas tellement le cas de mes grands-parents paternels, étonnamment. Vu leurs différents statuts dans la société, l'opposé aurait paru plus logique. Mes parents m'amenaient aussi un peu au Japon, c'était tout de même le pays natal de mon père, mais comme ma naissance avait créé des tentions avec sa famille... nous y allions moins souvent et nous n'allions pas toujours voir la famille, même si nous étions au pays. Cependant, avec mon entrée à l'école, nos voyages en Corée et au Japon se firent plus rares. Je ne venais voir mon cher Tomoya que pendant les longues vacances scolaires... Je me plaignais souvent à mes parents qu'il me manquait et que je ne voulais pas aller à l'école parce que je voulais plutôt que nous allions en Corée pour le voir. Pour me consoler et me faire patienter, ma mère me proposait de lui envoyer des cadeaux par la poste. Je lui envoyais donc des dessins que j'avais fait, des bricolages en tout genre, parfois des objets que j'avais trouvé en magasin qui me faisaient penser à lui, des photographies, des lettres qu'il devait s'arracher les yeux pour lire... Je l'appelais aussi parfois, lui faisant perdre son temps aussi longtemps qu'on m'en laissait le loisir, puisque je ne me lassais aucunement de discuter avec lui, de lui raconter ce que j'avais fait à l'école, de lui demander tout et rien, lui demander de me raconter des histoires...

Je lui disais souvent qu'il me manquait. Je ne me cachais pas mes sentiments, quand j'étais plus jeune... Je ne les cachais pas vraiment à personne, en général, n'y voyant aucun mal. J'étais très naïf et innocent, c'est une réalité que je ne peux nier. J'étais un vrai pot de colle, même si je vivais à plusieurs kilomètres... Je devais être insupportable, mais comme j'étais adorable de sincérité, Tomoya me le pardonnait? J'imagine que c'est le cas, sinon, nous n'en serions pas là. J'avais toujours été démonstratif, ne me cachant de rien, surtout pas avec Tomoya... Enfin, jusqu'à ce qu'il ne me ramène gentiment à la réalité. Après, j'avais pris quelques distances avec lui... essayant d'agir naturellement, comme si je n'avais pas été blessé, même si ça avait été le terrible cas. Je ne lui avais rien envoyé par la poste, une fois retourné en Chine et je ne l'ai probablement appelé qu'une fois, avant le fameux incident qui changea ma vie... Je ne lui donnai aucun signe de vie l'année suivant cet événement. S'il eut de mes nouvelles, ce dût être par mes parents, puis, j'avais fini par retourner en Corée avec eux... et je m'efforçai de faire comme si de rien n'était. J'ai continué de l'appeler, parfois, mais je ne lui ai plus rien envoyé par la poste depuis qu'il m'avait brisé le cœur. C'était ma manière d'essayer de prendre mes distances, de prendre... ''ma place'' dans sa vie. Ma place n'était pas celle de la personne qui avait le droit de toujours penser à lui et qui souhaite être toujours dans ses pensées aussi. Je le savais bien, pourtant... malgré tous mes efforts, malgré toutes les personnes qui avaient temporairement tentées de prendre cette place que Tomoya occupait dans mes pensées...

Parfois, je croyais que j'étais un peu fou. Ce fut le cas, le jour où je tombai sur des documents avec son nom... à une association à laquelle je suis bénévole depuis quelques années. En effet, je travaille, moi aussi à cette association qui vient en aide aux enfants aveugles. Il n'y a pas assez de ressources pour les gens souffrant de handicaps sensoriels en Asie, à mon grand regret. Donc, lorsqu'on m'avait approché pour me demander de venir parler aux enfants pour les encourager et leur partager mon expérience, pour leur prouver qu'ils peuvent accomplir de grandes choses malgré tout, j'avais accepté avec joie. Je ne l'avais peut-être pas dit à Tomoya, nous devions chacun être débordé dans notre vie à cette époque... Je travaille aussi avec une autre association, beaucoup plus discrète, qui vient en aide aux rares personnes intersexuelles qui viennent chercher de l'aide. Ils m'avaient approchés, après mon coming-out public. Depuis, je jonglais entre le travail et ces deux associations qui étaient très importantes pour moi. Cela dit, j'avais été surpris et confus de lire le nom « Kim Tomoya ». J'avais cru que le bout de mes doigts faisaient défaut ou que je ne savais plus lire le braille... Je devais tellement avoir envie de sa compagnie que j'imaginais maintenant son nom partout!

J'avais demandé la confirmation à une des employées à temps plein de l'association, sans expliquer pourquoi je demandais cela. Je fus encore une fois surpris, je n'avais pas mal lu. C'était bien lui, je le reconnus à la description que m'en fit la dame. Mon ami venait vraiment ici pour aider, de temps en temps. Seulement, nous ne nous étions jamais croisé à l'association, nous ne venions pas les mêmes journées. Il ne m'en avait jamais parlé, j'ignorais pourquoi d'ailleurs... Peut-être avait-il commencé à une époque où nous étions trop occupés et ne nous parlions pas beaucoup. Il faut dire que je ne lui ai jamais dit que je le sais, je ne pense pas que ce soit un secret de polichinelle pour autant. Ma vie se résumait à la musique, en jouer, en composer et passer aux deux associations, cherchant à aider les gens que je pouvais... Je n'avais pas de honte vis-à-vis des associations et en parlais parfois, mais je ne le criais pas non plus sur tous les toîts, ne cherchant pas à avoir l'air d'un saint puisque j'y passe quelques heures par semaines. Je ne le fais pas pour cette raison. Je ne sais pas si je croiserai Tomoya à l'association pour les enfants, un jour. Peut-être, peut-être que non... Je ne pense pas que ce soit un événement qui serait particulièrement choquant ni rien du genre... Je ne m'inquiète pas à ce sujet, bien que depuis que je le sais... je me demande s'il sera là, quand je m'y rends.

Cela dit, ce n'est pas quelque chose à quoi je pensais présentement. Je profitais plutôt du fait que j'étais justement avec lui, après tout ce temps à en avoir été séparé. Je me montrais démonstratif comme toujours, ne me gênant donc pas pour venir prendre son bras et poser ma tête sur son épaule. J'avais continué à être ainsi, après mon accident aussi, autant avec Tomoya qu'avec mes autres amis. Je restais naturel, au final, si j'avais envie de me rapprocher, je le faisais dans les limites que je m'imposais. Avec Tomoya, je me permettais donc parfois d'être un peu plus affectueux, mais c'était toujours dans la limite de gestes très innocents et qui ne voulaient rien dire de particulier. Ainsi, je ne me faisais pas de fausses idées et lui non plus... enfin, je me répétais de ne pas m'emballer et penser n'importe quoi, la plupart du temps. Pour la première fois en dix ans, je lui avais partagé comment c'était passé la première année de ma cécité... Pour la première fois en dix ans, j'avais osé admettre que l'accident avait été causé par une personne. Je n'avais pas dit qui, je n'avais rien détaillé. Mais je n'avais jamais dit un seul mot sur l'accident à quiconque, et ce, même si mes parents avaient désespérément cherché à savoir pour que le coupable ne soit puni. Tomoya était la première personne à avoir droit à une infinie bribe de la vérité.

-« Penses-tu réellement que je t’aurais détesté ? Que je t’aurais rejeté parce que tu m’aurais repoussé Minori ? Tu sais bien que ça n’arrivera jamais … J’ai toujours fait parti de ta vie et je pense que toute ta vie je serais là pas parce que tu es mon ami d’enfance mais parce que je ne veux pas me séparer de toi. Nous en sommes aux révélations alors laisse-moi t’en faire une. Tu es mon amie d’enfance c’est vrai mais jamais je ne pourrais imaginer ma vie sans toi, tu ne le sais pas parce que je te l’ai jamais dit, mais tu m’as affreusement manqué pendant toutes ses années où je t’ai vu que très peu voire pas du tout. Je me suis rendu compte que bien que tu sois celui qui le montrait le plus souvent des deux combien j’étais important pour toi. Tu étais tout aussi important pour moi. Tu es MON Minori et ce n’est pas que de simples mots. »

Je hochai doucement la tête à sa première question. Oui, j'étais convaincu qu'il pourrait me détester. Pour une raison ou une autre, c'était possible. À cette époque, je blessais tout le monde autour de moi, que ce soit physiquement parce que je me débattais et frappais tout ce qui m'entourait... ou psychologiquement, puisque je refusais tout contact, toutes paroles, toutes attentions. Je l'aurais forcément blessé aussi et il aurait pu ne pas me le pardonner, le prendre comme une trahison ultime. Les mots suivant m'étonnèrent, encore une fois. Je ne pensais pas qu'un jour Tomoya me dirait qu'il ne voulait pas être séparé de moi. Je ne savais pas trop qu'en penser, mais je sentais déjà mon cœur qui s'emballait, le sale traître. Pourquoi s'emballait-il alors que ce n'était qu'un ''supposé simple'' ami d'enfance qui me disait ça...?! Si Wei Zhou me disait quelque chose du genre, je rirais et le pousserais en lui disant de ne pas me dire quelque chose d'aussi rose. Je ne me sentirais pas ainsi, j'en rirais et ce serait rapidement terminé. Je ne savais pas trop que penser de ses aveux, ils me faisaient affreusement plaisir... me faisaient rougir, sourire, me rendaient heureux... trop heureux? C'était définitivement dangereux. Je devais faire attention, relativiser, prendre un peu de distance avec ces beaux mots... Tomoya ne devait pas les dire avec un sentiment autre qu'amical, c'est donc ainsi que je devais les accepter, non?

-« Bien que ça me fasse plaisir à entendre... Tu ne pourras pas proclamer que je suis ton Minori, lors de ton discours à mon mariage... Ma future femme s'en fichera bien, mais ma mère ne comprendra pas trop... et comme tout sera organisé pour lui faire plaisir, vaut mieux éviter... » répondis-je avec un petit rire.

J'étais touché par ses mots et Tomoya pouvait le comprendre, puisque je serrais un peu plus fort son bras et caressait sa main que je tenais avec mon pouce. Cela ne m'empêchait pas de venir mettre cette petite distance entre nous, pour me rappeler moi-même à l'ordre. Je ne peux pas aimer mon ami, il me l'a dit et fait comprendre, il y a longtemps de cela... Si je l'aimais, je lui attirerais pleins de problèmes, ça, c'est moi-même qui l'ai compris. Puis, ni moi ni Tomoya n'avons spécialement envie de nous engager à quelqu'un... Enfin, il m'arrive de le faire pour une période donnée... J'admets que j'aime recevoir l'affection d'une personne qui m'est un peu plus chère pendant une courte période, mais je sais que ce n'est pas le genre de mon ami. Donc, il vaut mieux que je ne me laisse pas sombrer à nouveau dans un amour à sens unique... il vaut mieux que je continue d'essayer de nier ces sentiments qui me poussent à toujours penser à lui, désirer sa présence et chercher à être important, ne serait-ce qu'un peu, pour lui.

-« Je sais que tu n'es pas la personne la plus expressive du monde, ne t'en fais pas... Pour moi, tu n'es pas vraiment quelqu'un qui s'exprime directement en mots? Mais plutôt... en gestes qui peuvent sembler indirects? » tentai-je d'expliquer, me trouvant un peu maladroit dans mes mots. « Moi... je dis plus ou moins directement ce que je ressens, en général... Je suis affectueux et tactile, c'est ma personnalité, tout simplement. Toi... ta personnalité est différente. Tu ne me dis jamais des choses comme aujourd'hui... donc... ça me surprend, mais ça me touche aussi. » admis-je avec un petit sourire sincère. « J'avais compris que tu m'apprécies et que tu dois me considérer comme un ami proche... je suis tellement pot de colle que je ne t'en ai pas laissé le choix! » ajoutai-je en riant. « Mais, je le comprenais par le fait que tu me fasses toujours une place dans ton horaire surchargé, tu réponds à mes appels ou prends le temps de me rappeler, quand tu n'as pas pu me répondre... et ce, même s'il m'arrive de te retenir au téléphone pendant des heures... Si tu n'en avais rien à faire de moi, tu ne perdrais pas ton temps précieux avec moi~ Tu n'en as déjà qu'à peine pour toi-même! » tentai-je d'expliquer avec douceur.

C'était ma manière de répondre à Tomoya qu'il n'avait pas à s'inquiéter pour moi, même s'il n'était pas un pot de colle comme moi, j'avais compris qu'il me considérait comme un bon ami. J'appréciais sa manière, bien qu'elle était plus discrète, de me montrer que j'étais important pour lui. C'était aussi ma manière de me rappeler à moi-même que je devais me calmer et ne pas interpréter ses mots n'importe comment et ne pas me faire trop d'idées. Je restai silencieux quelques secondes, hésitant à ajouter quelque chose, craignant d'avoir mis trop de distances avec ma réponse.

-« Tu n'as pas à t'inquiéter... Personne n'arrivera à te remplacer... même si les autres peuvent se montrer plus expressifs, ce n'est pas la même chose... Si ce n'est pas toi... il manque définitivement quelque chose... » admis-je, dans un murmure tranquille. « D'aussi loin que je me rappelle... tu as toujours été là... personne ne peut rivaliser avec ça ~ » ajoutai-je en haussant doucement les épaules.

Est-ce que je disais que personne ne pourrait remplacer Tomoya en tant que mon ami ou en tant que personne que j'aimais? Je préférais ne pas répondre à cette question que je me posai moi-même, après avoir parlé. Mon ami comprendrait probablement que je lui parlais de lien amical, puisque c'est ce que nous avions convenu d'entretenir... C'était plus simple ainsi.

Je ne savais pas ce qui m'avait le plus gêné... les mots que j'avais dit plus tôt, être comparé à un super héros, que Tomoya ne fasse un commentaire sur le fait qu'on est attiré par le parfum d'une personne en premier, alors que je venais de dire qu'il sentait bon, son baiser inattendu sur mon front... Plusieurs choses venaient me donner affreusement chaud, me faire rougir et me causer des défaillances cardiaques. Moi qui continuais pourtant à faire comme si de rien n'était, pour ne pas embêter mon ami... avec de stupides sentiments qui ne devaient pas être, donc qu'il valait mieux que je tente de tuer. J'avais donc tenté de répondre naturellement, changeant un peu le sujet pour revenir sur mon idée principale de lui partager mon univers imaginaire. Si on allait dans la fiction, je ne serais plus aussi gêné, non? Je lui avais décrit des créatures qui n'existaient que dans ma tête, une personne normale, avec ses yeux ne les verrait pas.. mais, moi, mes yeux étaient brisés depuis longtemps, le monde réel ne me limitait donc plus depuis longtemps et j'aimais parfois l'agrémenter de fantaisies. Fantaisies que je partageai pour la première fois avec mon cher ami.

-« J’aime ta vision de ces créatures et je vois exactement comment elles sont à tes descriptions. J’arrive presque à les imaginer nageant autour de nous … Je commence à aimer ton monde, ta vision des choses … Même si je n’avais pas besoin de cela pour me sentir proche de toi je sais qu’à ce moment précis je suis plus proche de toi encore. »

Un sourire timide se dessina sur mes lèvres en entendant ce commentaire qui... encore une fois me faisait trop plaisir pour mon propre bien. C'est parce que je suis parti cinq mois, cette fois-ci, que Tomoya prend ainsi plaisir à me torturer avec ses belles paroles? Je pouvais entendre qu'il souriait, lui aussi, au ton qu'il utilisait et je ne m'en sentais qu'encore plus content de lui avoir partagé mon monde, un court instant. Je devrai probablement encore une fois me distancer de ce commentaire, mais je le savourais, pour le moment. J'étais un peu étonné, cela dit, que cette proximité ne semble pas lui faire peur... mais bon, ce moment que nous avions partagé était purement innocent... Ce n'est pas parce qu'il a eu un aperçu de mon monde que cela changera quoique ce soit entre nous. J'étais donc content, au final, d'avoir pu me rapprocher un peu de lui, sans que ça n'ait d'impact négatif sur notre relation.

-« On le refera, un jour où tu te sentiras perdu ou éloigné alors ~ Ça te ramènera sur le droit chemin ~ » proposai-je innocemment, ne pensant pas vraiment que Tomoya reviendra un jour sur cette proposition.

Je ne pense pas que Tomoya me demandera de lui partager à nouveau mon monde pour ces raisons... Je ne sais pas trop s'il viendrait me voir pour ce genre de conseils, mais je ne lui avais jamais refusé cette possibilité.

-« Et si on continuait cette visite ? Même si j’aime rester là tranquillement avec toi ? Nous avons encore beaucoup de choses à découvrir et je tiens te les faire découvrir comme je te l’ai promis il y a déjà longtemps. Après tout je t’avais promis ce rendez vous à l’aquarium il y a déjà plus de dix ans non ? »

Je hochai doucement la tête à nouveau, pour accepter sa proposition cette fois, puis la relever tranquillement, quittant ainsi son épaule. Un sourire innocent s'étirait sur mes lèvres en l'entendant dire qu'il passait tout de même un bon moment, je ne pouvais pas dire que ce n'était pas mon cas, moi non plus. Je commençais à tranquillement relâcher son bras, lorsqu'il me surprit en m'admettant se rappeler de la promesse. Je m'étais arrêté dans mon geste, la surprise venant se dessiner sur mon visage. Il me fallut quelques secondes pour m'en remettre et plutôt faire un petit sourire innocemment heureux. J'étais d'autant plus étonné que Tomoya ait accepté ma requête, s'il s'en rappelait...

-« Tu fais exprès d'enchaîner les surprises aujourd'hui? » lui demandai-je avec un petit rire gêné. « Moi qui croyais que tu avais oublié... C'était une demande... comment dire... inattendue de la part de quelqu'un qui vient de se faire rejeté, j'imagine, non? » admis-je en hochant la tête, découragé par ma naïveté de l'époque. « J'avais peur que tu ne veuilles pas me revoir, quand j'allais revenir, puisque tu m'avais dit que je devrais oublier mes drôles d'idées te concernant... que tu ne veuilles plus être mon ami, puisque ce serait bizarre pour X raisons... donc, je t'avais demandé ce rendez-vous... pour avoir l'assurance qu'on ferait quelque chose ensemble à mon retour, malgré tout... » expliquai-je finalement, après toutes ces années.

Je tournai légèrement la tête sur le côté, esquissant un petit sourire nostalgique en me rappelant de cette journée. J'étais bien idiot à l'époque... J'étais complètement amoureux et je ne m'en cachais pas... Certaines choses changent, d'autres non...

-« C'est la dernière fois que je t'ai vu, d'ailleurs... » admis-je en penchant la tête sur le côté, un petit sourire rieur aux lèvres. « Pour moi... ton image reste figée à ce jeune adulte de 21 ans... Je sais que tu as vieilli... mais c'est cette image de toi que je vieillis un peu, à chaque fois que je te ''vois'' à présent... » expliquai-je en retournant la tête vers lui, un sourire plein de douceur aux lèvres.

Ce souvenir qui avait d'abord été douloureux était devenu.. doucereux. Je n'avais pas le choix de le chérir, malgré la douleur qu'il m'avait causé, puisque c'était le dernier que j'avais en image avec Tomoya... La vie est parfois si cruelle, nous forcer à aimer quelque chose d'aussi triste.
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MessageSujet: Re: Dix ans plus tard... PV Tomoya~   Lun 29 Jan - 1:03

► Janvier 2018, aquarium
Dix ans plus tard...
Tomoya & Minori


Je ne sais pas réellement si on peut parler d’influence je pense que naturellement je me suis tourné vers des faits médicaux que j’avais beaucoup étudier dans le passé parce que je les connaissais réellement parce que j’avais voulu en savoir plus sur ce que tu pouvais vivre toi. Donc oui si on en arrivait à parler d’influence ce serait quand même une influence positive que tu as eu sur ma vie. Bien entendu j’avais eu des coups durs à surmonter dans ma carrière médicale comme la mort de mes patients sans que je ne sache sur le coup ce qui s’était passé et j’avoue bien que j’en parle peu c’est un truc qui m’atteignait toujours même encore à l’heure d’aujourd’hui après tout j’étais devenu médecin pour soigner et guérir les gens, pas pour les voir mourir c’était peut-être idyllique comme vision mais c’était ma vision de la profession. Mais bien que la mort fasse parti de ma vie professionnelle j’avais aussi des grands instants de joie, des moments où je me rappelais soudainement que c’était pour ca que j’avais choisi de faire ce métier entre chose bien entendu ; l’autre raison n’ayant jamais pu encore se réaliser, la médecine n’ayant pas encore trouvé le moyen de faire retrouver la vue à un aveugle, bien sur il existait les greffes de la cornée permettant de soigner des maladies, des opérations corrigeant les myopies en tout genre mais encore une avancé qui permettait de faire revoir un aveugle ce que j’avais voulu faire quand j’avais commencé la médecine je l’avoue mais bon c’était comme ça.

Oui tu m’avais sans doute influencé dans ma vie de tous les jours parce que maintenant que j’y pense tout ce qui se passe dans ma vie pour l’instant est lié à toi, les groupes de paroles auxquels je participais afin d’aider les jeunes intersexuels comme toi, ou bien leurs parents complètement paumés qui ne savaient pas comment réagir face aux troubles que leurs enfants avaient. Ou alors encore lors de mes heures au centre pour enfants que j’aimais effectuer. Oui tu étais ma plus grande influence mais c’était normale non vu que tu avais une grande place dans ma vie également non ? Après tout je t’aimais en fait même si je m’en défendais je savais dans le fond que c’était le cas. Je t’avais repoussé dans le passé c’était vrai mais pourquoi ? Pour te protéger, protéger de quoi ? De moi ? Peut-être aussi d’une certaine mesure. Mais surtout avant tout parce que tout cela me faisait peur, j’avais peur simplement de te perdre et je pense que ce serait pire que tout pour moi de te perdre d’une manière ou d’une autre. Tu faisais partie de ma vie, et tu influençais encore beaucoup de mes faits et gestes même sans en avoir la moindre conscience.

Je me faisais parfois pitié à moi-même, j’avais beau essayé au maximum de pas réfléchir ce que je ressentais pour toi parce que je ne le voulais pas. Il m’était très souvent arrivé de penser à toi et pas comme on pensait à un simple ami bien au contraire quand les gens me reprochaient de faire n’importe quoi, de faire souffrir mes amants ou maitresses d’une nuit qu’un jour je passerais sans doute à coté de la perle idéale mais la chose que personne ne savait je l’avais déjà cette personne extraordinaire qui serait idéale pour moi et je l’avais fait fuir plutôt que de l’embrasser comme j’aurais du le faire quand il avait quinze ans, en lui disant qu’on pourrait jamais se marier lui et moi. Parfois aussi je n’avais aucun regret à m’être tue et de n’avoir aucunement ouvert ma gueule pour t’avouer que tu étais important pour moi. Je ne peux que me demandais ce qui se serait passé après ça ? Est-ce qu’on aurait tenté un truc ? Et si oui est ce qu’on aurait supporté l’éloignement par la suite ? Et surtout est ce qu’on aurait réussi à surmonter la plus grosse épreuve que tu avais vécu à savoir le fait que tu sois devenu aveugle ? Parfois j’étais tenté de dire que oui … Parfois c’était le non qui me venait naturellement mais à quoi bon refaire le passé ? C’était le futur qui comptait non enfin du moins c’est ce qui se disait me semble-t-il ?

Mais même ça je ne le savais pas. Est-ce que l’on avait un possible futur commun en dehors d’un futur amical bien sûr ? Est-ce que l’on pourrait être heureux l’un avec l’autre ? Est-ce que je pourrais te rendre heureux ? Et surtout est ce que tu pourrais te sentir à ton aise dans une relation avec moi ? Bien entendu tu m’avais aimé et ça j’en étais sûr et certain mais est-ce que ça voulait dire que l’homme que tu étais aujourd’hui serait comblé par l’homme que j’étais ? Nous avions des vies tellement différentes l’une de l’autre, tu étais un artiste dans tout les sens du terme, tu étais rêveur avec une imagination hors du commun et sans limite, tu étais heureux tel que tu étais et je pense que ça c’était la seule chose que je souhaitais pour toi. Et moi j’étais un médecin, calme, posé et travailleur qui ne comptait pas ses heures et surtout qui n’avait qu’une passion son travail. Un travail qui n’avait nullement des horaires de bureaux avec les heures de garde que j’effectuais sans aucun regret parce que j’aimais ce que je faisais. Avais-je la place dans ma vie pour une quelconque personne ? Parfois j’en doutais réellement mais en même temps si je n’essayais pas je ne pouvais pas savoir non plus mais tu étais trop important pour moi pour me laisser aller. Même si ce n’était parfois pas évident de garder mes distances avec toi et ça avait fini par faire comme si j’étais froid et distant avec toi mais ce n’était pas ça, je me retenais de pas faire d’impair que je regretterais par la suite.

C’était même assez triste de me dire que bien que je te repoussais enfin non que je faisais tout pour pas te toucher de manière trop intime ou personnelle, j’étais irrévocablement attiré par toi. Et maintenant que je te revoyais après toutes ses années ou je ne t’avais pas vu et où tu avais grandi loin de moi, je me rendais compte que c’était pire qu’avant. Tu avais embelli et déjà qu’à la base tu étais plus que beau à mes yeux c’était encore plus vrai maintenant. Je ne savais plus quoi faire ? Oui j’avais peur, peur de toi et de l’homme trop attirant que tu étais devenu et j’avais peur de moi, de ce que je serais capable de faire si je me disais que ce n’était rien quand finalement tu me parle de mariage, je tourne la tête vers toi. Était ce de l’humour ou bien était réellement dans tes projets de te marier ? Et si oui en quoi aurais je pas le droit de dire à ta femme que tu étais mon Minori ? Après tout j’avais l’ancienneté non ? Bon d’accord je me doute que ta maman ne comprendrait pas mais encore j’en doutais, j’avais remarqué que les mamans très souvent développaient une sorte de sixième sens quand ça concernait leur enfant j’étais certaine qu’elles étaient capables de se rendre compte de la réalité des sentiments des gens qui entouraient leurs douces progénitures. Et si c’était le cas je pense que ta mère avait sans doute dû remarquer que je ne t’aimais pas que comme un ami parfois non ? Mais devrais-je m’en inquiéter ? Ou m’en moquer complètement ? Mais l’idée que tu te maries un jour n’était pas un truc que je pouvais imaginer sans sentir un petit pincement au cœur en réalité, tu es quand même MON Minori et je m’en moquais si ça ne plaisait pas aux autres, je finis par te dire

" Je sais que ça ne le fera pas mais en même temps… Pourquoi je ne le dirais pas tu es MON Minori j’ai pas le droit de le dire ? Et le discours c’est le job du témoin non ? Cela voudrait dire que tu penserais à moi comme témoin si tu en arrivais un jour à te marier ? Décidément j’aurais toujours une place de choix dans tes mariages si c’est le cas. "

Je te dis ça sur le ton de l’humour mais une petite voix sournoise en moi me dit que la place précédente était quand même un peu mieux mais valait mieux ne rien dire de cela à voix haute sinon tu ne comprendrais pas je le savais. J’avoue que je préférais ne rien dire et nier que j’avais des sentiments plus qu’amicaux pour toi en plus c’était mieux pour nous deux puis si j’en souffrais bah tant pis ce serait mieux que de souffrir seul dans son coin que de souffrir à deux non ? Et encore quand je disais ça, est-ce que j’en étais si sûr que ça qu’on souffrirait l’un avec l’autre. Quand tu te mis à me parler de ma personnalité, oui j’étais différent de toi mais ça me dérangeait que tu me voyais comme ça, j’avais limite l’impression que j’étais un être froid qui montrait rien à personne. Était-ce le cas ? Étais-je ainsi sans que j’en ai à un moment pris conscience ? Je reste un très long moment plongé dans mes pensées puis finit par me mettre à dire en cherchant à me justifier quitte à t’avouer des choses que je n’avais pas dit jusque là sur moi, des choses que tu n’avais sans doute jamais sus

" Tu sais je ne pense pas que je suis différent de toi Minori, je pense qu’on contraire nous sommes plus similaires l’un de l’autre. J’aimerais parfois moi aussi exprimer les choses clairement, dire aux gens que je les aimais, me montrer plus affectueux avec les gens qui me sont vraiment importants. Mais je suis comme ça non sans raison ? Je n’en ai jamais parlé à personne mais tu sais quand on est un enfant et qu’on grandit avec l’idée que la seule et unique personne qui aurait du prendre soin de toi, te protéger, te choyer, soigner tes bobos, consoler tes chagrins, t’as abandonné … tu ne laisse personne t’approcher à force parce que je suis incapable de faire confiance à quelqu’un, de lui donner mon cœur aveuglement et lui confier ma vie, de lui faire des câlins ou autres. Je sais que beaucoup de personne en souffrent mais comment je peux faire autrement … Je pense que je suis incapable de me laisser aller dans une relation amicale ou amoureuse … " je soupire un peu en disant ça, c’était dur pour moi de le reconnaitre quand même, mais c’était la vérité de ma vie puis je me reprends en disant " Mais bien entendu que je suis très attaché à toi, tu es une personne importante pour moi mais je sais aussi pas si j’ai le droit d’être doux et câlin avec toi alors que je t’ai repoussé dans le passé en te disant que l’on ne pouvait pas se marier ? Crois-moi que parfois je suis tenté de le faire mais je me dis que je peux pas, que je n’ai pas le droit d’agir comme bon me semble avec toi malgré le fait que je t’aime beaucoup quand même. Et oui d’accord ou pas, que ça dérange ou pas ça m’est égale TU ES MON MINORI est c’est comme ça pas autrement. "

Je souris doucement en disant ces derniers mots puis je finis par me redresser quand je t’entends me dire que personne ne me remplacera à tes yeux, que même si je ne suis pas un être expressif, ce n’est pas la même chose pour toi et que si ce n’est pas moi, il te manque définitivement quelque chose. Mon cœur se mit à battre un peu plus vite à tes mots et je rejetais cette chaleur qui s’insinua dans mon corps en entier à cette phrase qui me fit plus plaisir que je voulais bien l’admettre parfois. Je finis par te dire

" Je ne m’inquiétais pas tu sais ? Personne n’arrivera jamais à te remplacer … tu es unique et la seule personne que j’ai besoin comme j’ai besoin de Mina dans ma vie, tu es important dans ma vie. Et personne ne pourra rivaliser avec toi et l’importance que tu as pour moi ? "

Est-ce que je disais que personne ne pourrait remplacer Minori en tant que mon ami ou en tant que personne que j’aimais ? Je préférais ne pas répondre à cette question que je me posai moi-même, après avoir parlé. Ça m’était égale de répondre à voix haute à cette question parce que de toute façon je ne t’en parlerais pas non plus, j’avais trop peur de ce que ça déclencherait si ça arrivait un jour donc pour une fois à ta compagnie je continuerais de tourner ma langue sept fois dans ma bouche avant de te parler dorénavant. Et pour une fois le fait que tu sois aveugle était pratique tu verrais pas que j’étais gêné et que de légère rougeur avait finit par naitre sur mes joues. Quand j’avais fini pour passer à autre chose parler de ta vision des choses que j’aimais c’était vrai tu avais réellement un imaginaire hors du commun et j’appréciais réellement ça. Et ça me donnais aussi un aperçue bien particulier de ta vie à toi, de ce que tu avais parfois en tête dans telle ou telle situation. Et j’avais encore l’impression que cela nous rapproché réellement à nouveau. Je me demandais comment on pouvait être proche d’un être comme toi et s’en sortir sentimentalement sans aucune casse. Quand je t’entendis me proposer de le refaire je hochais la tête vigoureusement à tes cotés en disant

" Bien entendu qu’on se refera ça !  Mine de rien ça m’a fait passer mon angoisse des requins sans que je m’en rende compte donc c’était plutôt positif.  "

En fait c’était plus que positif je me sentais encore plus lié à toi et là encore je choisis de ne pas le dire encore une fois mais c’était pour notre bien à nous deux mais je savais qu’un jour où l’autre tous cela seraient trop dur à supporter et je finirais par craquer d’une manière ou d’une autre, et te dire tout ce que j’avais sur le cœur alors tout simplement m’enfuir comme je savais le faire mais c’était une chose que je me refusais de faire, je voulais tellement pas te perdre en réalité que je crois que je le supporterais encore moins l’idée de ne plus t’avoir dans ma vie du tout, tu étais trop précieux en réalité pour moi. Et c’était sans doute mieux de finir par te dire la vérité même si c’était toi qui t’en irais sans doute après en prenant tes jambes à ton cou aussi vite que tu le pouvais.  Et soudain j’entendis tes mots en réaction à ma phrase sur ma promesse passé puis je souris en te répondant  

" Mais non pas du tout je te dis les choses auxquelles je pense, je n’ai pas le droit ?  Je suis déjà pas expressif dans mes gestes avec toi, je vais pas en plus fermer ma bouche et te cacher les choses … " te dis je en pensant qu’en fait je t’en cachais déjà des choses mais ça c’était une autre histoire puis je continuais en disant " Je n’ai pas qu’accepté de faire ce rendez vous pour me faire pardonner de t’avoir dit non pour notre mariage possible, il était important pour moi de te montrer que tu étais aussi important que je ne l’étais pour toi-même si c’était différent en réalité.  Je n’ai pas voulu te blesser tu sais à l’époque je pense que maintenant tu as dû comprendre ce que je voulais dire par mes mots, je voulais que tu aies ta propre expérience de l’amour avant de dire que j’étais l’homme de ta vie et que tu voulais m’épouser.  Je pense que maintenant que tu as eu ta propre vie, tes propres expériences et que tu sois peut-être tomber amoureux, tu peux encore plus comprendre ce que j’ai essayé de te dire … Même si j’ai sans doute été maladroit dans mes mots et que je ne t’ai pas fait passer le message sans doute comme j’aurais voulu le faire passer.  Et pour ça je m’en excuse vraiment. " te dis je en esquissant un léger sourire également à mes mots.  

C’était étrange de dire tout ça comme ça et surtout de te les dire de manières aussi franches et honnête même si l’important ou l’essentiel n’avait pas été dit, oui ça me faisait du bien de retirer ce point que je portais depuis un moment déjà je t’avais avoué que je voulais pas te blesser et que j’avais voulu te protéger … et d’ailleurs aussi loin que je me souvienne c’était toujours l’un de mes souhaits de te protéger. Quand tu me parlais de la dernière image de moi que tu avais, je souris un peu puis je fus tenté de te serrer dans mes bras mais je me retins en serrant uniquement ta main que j’avais toujours dans la mienne en te disant avec un certain humour

" Il y a pire comme image que celle d’un jeune homme de 21 ans, je resterais éternellement jeune et beau dans ta tête c’est assez agréable à savoir non ? Et tu sais je n’ai pas tant changé que ça depuis tout ce temps, enfin du moins je pense pas … Mais je te laisserais juger quand tu auras toucher mon visage et tu me diras si je suis devenu un vieux croulant ou pas du tout.  Te dis je avec un large sourire sur mes lèvres."  

Quelque part j’appréhendais le moment où tu toucherais mon visage pour découvrir comment j’avais changé avec ses années passaient, et oui j’avais vieilli comme tout le monde d’ailleurs, j’avais pris certaines rides d’expressions à force de rire ou sourire mais je ne pensais pas que j’étais devenu si vieux que ça.

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Dernière édition par Kim Tomoya le Mar 30 Jan - 21:54, édité 1 fois
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Park Minori

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MessageSujet: Re: Dix ans plus tard... PV Tomoya~   Mar 30 Jan - 5:21

► 23 Janvier 2018, aquarium
Dix ans plus tard...
Tomoya & Minori
Je ne sais pas ce qui se passe dans la tête de Tomoya, ni dans son coeur. Parfois, je le devine un peu, j’arrive à le comprendre grâce à ses mots et ses gestes, mais… il reste tout de même un mystère pour moi, lorsqu’il s’agit de savoir ce qu’il pense de moi. Il m’a dit d’oublier l’idée de m’approcher de lui, il y a longtemps de cela et il semble parfois garder ses distances. S’il ne faisait que ça, tout serait très clair, je ne me poserais aucune question sur ce que son coeur désire. Mais, il lui arrive d’avoir un geste à mon égard d’une tendresse qui me surprend… ou de me dire des choses qui me laissent perplexe. Le plus gros problème, cela dit, n’est probablement pas que je ne sais pas ce qu’il ressent et pense… mais que je ne sais pas non plus ce que moi-même je ressens et pense. Quand j’étais saoul, j’ai parlé de lui à Eunae en des termes qui… En des termes que je n’utilise pas quand je n’ai pas bu. Je suis plus réfléchi, quand je suis sobre, je fais plus attention aux choix de mes mots… Je n’aurais pas admis ces choses, si ça n’avait pas été à cause du soju. C’est donc une bonne chose que je n’aie pas appelé Tomoya ce soir-là, Dieu seul sait ce que j’aurais pu lui dire de stupide! C’était une chance que j’aie perdu mon téléphone, alors.

J’ai tout de même accepté l’offre de mon adorable assistante de me marier avec elle, même si, de base, c’est moi qui lui demandait de me présenter une personne pour un mariage de raison. En un sens, même sobre, je me crois toujours qu’elle serait une bonne « épouse ». J’aurais assez confiance en elle pour ne pas avoir peur de ce qu’elle ferait pour tirer avantage de ce titre, puisqu’elle aurait plus facilement accès à mes finances, son avis compterait davantage aux yeux des médecins s’il m’arrivait quelque chose, etc. Puis, nous nous sommes mis d’accord pour n’avoir que le titre d’époux et de jouer le rôle devant nos parents… En dehors du titre, rien ne changerait donc entre nous et dans nos vies respectives. Mais même si je rationalise tout comme ça, je ne peux m’empêcher de me dire que cela pourrait lui nuire. Je n’ai pas envie qu’Eunae passe à côté de l’amour de sa vie, la personne à qui elle se croit destinée, parce qu’elle est mariée à moi… Même si ce ne serait qu’un mariage de raison et donc pas mis en pratique du tout! Cela pourrait compliquer ses histoires de coeur, si elle rencontre une personne avec qui elle a envie d’être sérieuse, après le mariage… Ce n’est pas tout le monde qui accepte de partager l’être aimé, même hypothétiquement. Ce n’est pas tout le monde qui supportera de la voir en discrétion et si jamais elle rencontre la personne avec qui elle veut réellement se marier et avoir des enfants?

Non… sa proposition était gentille et elle est ma meilleure option, mais je ne peux pas l’empêcher de vivre sa vie. Eunae doit se douter que je ne sais pas trop comment me sentir par rapport à cette idée. Si je la considère pour mon bien, je me sens égoïste, mais soulagé. Ma mère s’inquiétera moins, donc la voir sera plus léger pour moi. Si je considère les choses pour le bien de mon assistante… je viens de lui bousiller sa vie. Je devrais lui trouver quelqu’un de gentil et sérieux… Comme ça, elle aura la belle vie qu’elle mérite au lieu de la vie compliquée qu’elle aurait en m’aidant. Moi… je trouverai bien un autre moyen. Je pourrais engager une comédienne pour le jour du mariage et l’engager à nouveau quand je vais visiter ma mère… Je n’aurais qu’à en choisir une qui est étrangère, ainsi, ma mère aurait moins de chance de la voir sur scène. Pourquoi n’ai-je pas pensé à ça avant d’embarquer mon assistante dans une histoire aussi farfelue!?

Non, je n’ai pas pensé à demander à Tomoya de se marier avec moi pour faire plaisir à ma mère. Je suis sûr que plusieurs y auraient pensé, mais je n’oserais pas. Pas avec notre histoire et pas avec les sentiments que je ne veux pas nourrir à son égard. Qui plus est, si je me dis qu’il vaudrait mieux que je ne sois pas avec lui en simple relation… un mariage est encore plus impossible. Même si ce serait par intérêts, tout deviendrait horriblement trop ambiguë… Je crois que je n’arriverais pas à prendre autant de recul que je ne le fais maintenant, je perdrais peut-être mes repères vis-à-vis des limites et tout tournerait au fiasco. C’est probablement puisque l’histoire avec Eunae est encore récente qu’elle me préoccupe ainsi et donc que je partageai à Tomoya que je l’envisageais comme témoin. Même si bon, je trouverai quelqu’un d’autre pour sauver mon assistante de cette histoire compliquée… J’ai fait cette promesse à ma mère, je devrai donc fort probablement me marier quand j’aurai 30 ans. Je ne vois pas tant d’autres solutions, autrement… il faudrait que je sois dans une relation suffisamment sérieuse pour qu’elle accepte l’idée que je ne me marie pas tout de suite… Mais, je doute fortement que ça arrivera un jour! Je ne me marierai donc pas avec lui, il en sera probablement soulagé. Il n’aura plus à craindre que j’aie encore cette idée, puisque je serai déjà marié~

-« Je sais que ça ne le fera pas mais en même temps… Pourquoi je ne le dirais pas tu es MON Minori j’ai pas le droit de le dire ? Et le discours c’est le job du témoin non ? Cela voudrait dire que tu penserais à moi comme témoin si tu en arrivais un jour à te marier ? Décidément j’aurais toujours une place de choix dans tes mariages si c’est le cas. »

Sa réponse m’arracha un petit rire nerveux, je ne me rappelais pas qu’il soit si possessif de ma personne. Hélas, j’aurais aimé que ça me dérange… au lieu de me faire plaisir. Je me désespérais moi-même, je me répétais sans cesse que je l’avais oublié, j’essayais de m’en convaincre dur comme fer, mais j’allais dire à Eunae que je ne trouvais personne qui réussisse à me faire éprouver la même intensité de sentiment que lui.. et j’étais content qu’il ne dise que j’étais sien.

-« Je n’ai pas tellement envie de me marier… donc, je ne le ferai qu’une fois, merci! » dis-je en riant.

Je me demandais un peu pour quoi il me prenait à me parler de mariage au pluriel! Il pense que je vais me marier combien de fois!? Mais bon, j’en riais.

-« J’ai séjourné un peu à la maison familiale, pendant mon voyage… Ma mère s’inquiète beaucoup trop à l’idée qu’il ne m’arrive quelque chose de grave, en vieillissant, et que je sois seul… Du coup, elle m’a fait promettre de me marier quand j’aurai 30 ans. » admis-je en soupirant.« J'ai fini par en discuter avec mon assistante, après beaucoup trop de soju pour que nous ne réfléchissions clairement… et on devrait se marier pour honorer la promesse faite à ma mère…. » ajoutai-je avec un petit rire, découragé par moi-même. « Eunae prend un peu trop son travail à coeur parfois… Elle est adorable et serait la candidate idéale, parce que je n’ai pas envie d’un faux mariage avec quelqu’un en qui je ne peux pas avoir confiance… Mais, je devrai lui trouver quelqu’un de sérieux, avant que j’aie 30 ans pour l’empêcher de faire cette erreur. Je crois que je vais simplement engager une comédienne étrangère pour jouer mon épouse lors de la cérémonie et des visites de ma mère… » expliquai-je tranquillement, j’étais sérieux dans mon idée. « Même si ce sera probablement faux, tu auras une place de choix et tu pourras faire un beau discours, oui~ Donc… tu pourras dire ce que tu veux… mais ce serait bizarre de dire que je t’appartiens, alors que je me marie avec une autre personne, non? »  ajoutai-je avec un petit rire encore.

Je n’avais pas vu de mal à lui partager la réalité, je sais qu’il n’ira pas brisé le coeur de ma pauvre mère en lui disant que je planifiais de faire un faux mariage pour apaiser ses inquiétudes. Quel y serait son intérêt? Faire annuler un faux mariage? Pourquoi? Tomoya n’aurait aucune bonne raison de me marier avec une autre personne… Il dit que je suis sien, mais je suis sien… dans le sens amical,voire fraternel du terme. J’aimerais que le sens soit plus profond, mais je ne peux pas l’avouer, ni à lui, ni à moi-même. En l’entendant ainsi me dire que j’étais important pour lui, j’en fus plus que surpris. À vrai dire, je me demandais un peu d’où sortaient tous ces aveux… même s’ils me faisaient beaucoup trop plaisir. Tout comme ses petites attentions que je remarquais. Je tentai de le rassurer en lui expliquant que je comprenais qu’il nourrissait de l’affection pour moi, même s’il n’était pas aussi expressif que les latinos le sont dans leurs émissions de télévision ultra romancée. Je lui disais tout ça pour lui dire que ça n’avait pas tant d’importance à mes yeux, je l’appréciais comme ça, comme il est, peu importe qu’il soit un bisounours envahissant ou la personne plus réservée qu’il est. Jamais à mes yeux Tomoya n’avait paru froid, loin de là.

-« Tu sais je ne pense pas que je suis différent de toi Minori, je pense qu’au contraire nous sommes plus similaires l’un de l’autre. J’aimerais parfois moi aussi exprimer les choses clairement, dire aux gens que je les aime, me montrer plus affectueux avec les gens qui me sont vraiment importants. Mais je suis comme ça non sans raison ? Je n’en ai jamais parlé à personne mais tu sais quand on est un enfant et qu’on grandit avec l’idée que la seule et unique personne qui aurait du prendre soin de toi, te protéger, te choyer, soigner tes bobos, consoler tes chagrins, t’as abandonné … tu ne laisses personne t’approcher à force parce que je suis incapable de faire confiance à quelqu’un, de lui donner mon cœur aveuglément et lui confier ma vie, de lui faire des câlins ou autres. Je sais que beaucoup de personne en souffrent mais comment je peux faire autrement … Je pense que je suis incapable de me laisser aller dans une relation amicale ou amoureuse … »

Ses aveux me surprirent, je crois que je n’y avais jamais trop pensé.. Aussi égoïste que ce soit. C’est probablement parce que la famille Kim est si aimante et si attentionnée… Enfin, ses parents et Mina, les deux autres… elles viennent d’une autre planète, je ne les considère même pas de cette famille. Je restai silencieux, me disant que j’étais bien imbécile de ne pas y avoir pensé, alors que je prétends qu’il est si important pour moi. Je bougeai cependant légèrement la tête, venant déposer un léger baiser sur son épaule, juste… pour… je ne sais pas? Lui montrer que j’étais là pour lui? C’était trop bizarre comme geste de la part d’un ami! Je n’aurais pas dû faire ça!

-« Mais bien entendu que je suis très attaché à toi, tu es une personne importante pour moi mais je ne sais aussi pas si j’ai le droit d’être doux et câlin avec toi alors que je t’ai repoussé dans le passé en te disant que l’on ne pouvait pas se marier ? Crois-moi que parfois je suis tenté de le faire mais je me dis que je peux pas, que je n’ai pas le droit d’agir comme bon me semble avec toi malgré le fait que je t’aime beaucoup quand même. Et oui d’accord ou pas, que ça dérange ou pas ça m’est égale TU ES MON MINORI et c’est comme ça pas autrement. »

Ce qu’il ajoutait me semblait un peu en opposition avec le fait qu’il n’arrivait pas à se laisser aller à une relation, même amicale… Il me faisait tout de même plaisir d’entendre que j’étais important pour lui, alors que je reposais ma joue sur son épaule. Il m’arracha un petit sourire en insistant encore que j’étais sien, peu importe. Je ne savais pas trop quoi lui répondre, cela dit… Devais-je lui dire d’agir selon ses désirs et en assumer les conséquences? S’il se montre plus affectueux… il y a de grandes chances que je ne me fasse davantage d’idées… mais en même temps, s’il agit comme il en a envie… les choses ne seraient-elles pas moins ambiguës? Puisque je ne me demanderais plus s’il agit comme ça par craintes de me donner de faux espoirs, justement? J’hésitais en silence, réfléchissant un court moment.

-« Je comprends que ce puisse être difficile de te dire ça à propos de tes parents… mais… le plus important n’est pas… les liens du sang, mais plutôt les liens du coeur, non? Les Kim ne t’ont pas donné naissance… mais ils t’adorent, tes parents… Mina… Moi aussi, même si je ne suis pas réellement de la famille… » répondis-je doucement avec quelques hésitations. « Je n’ai pas toujours été là, puisque j’habitais à des kilomètres… Je ne suis pas toujours là aujourd’hui… parce que nous avons chacun notre vie… mais… je ne t’abandonnerai jamais… Je reviens toujours vers toi ~ Tu n’as donc pas à t’inquiéter à mon sujet… Je ne saurais imaginer une vie où tu n’es pas et pourtant, j’ai une bonne imagination ~ » ajoutai-je avec un petit rire nerveux. « Tu peux donc… être naturel avec moi… te laisser aller sans craintes. Je suis revenu vers toi, même si tu m’avais brisé le coeur, il n’y a donc rien qui m’empêchera de toujours t’ouvrir mes bras et t’y accueillir… » dis-je avec un sourire découragé.

Il n’y avait rien que tu pouvais faire qui réussirait à me faire partir, c’était ainsi… Je me disais que j’étais un peu pathétique, mais c’était la réalité.

-« Tu trouveras, éventuellement, une personne que je ne trouverai pas assez bien pour toi… pour qui ton amour sera plus fort que ta peur… et tu t’y laisseras aller… Tu verras, ce n’est pas si mal de prendre une bouffée d’air frais, qui n’est pas étouffant de terreur et de goûter à l’affection qui est plus douce… Les relations ne sont pas sans embûches, mais comme tu aimeras assez cette personne pour passer outre ta peur… les choses se passeront bien~ » tentai-je pour l’encourager à avancer avec la vie, plutôt que d’avancer avec ses craintes.

Comme si ce n’était pas suffisant, je tentai de le rassurer encore en lui disant qu’il était trop important pour moi pour que quelqu’un ne puisse le remplacer. J’étais sincère… mais… est-ce que je ne parlais pas trop? Je ne disais pas trop de choses qui pourraient trahir l’ambiguïté de mes sentiments, alors que je ne suis plus sensé en avoir de cette sorte? N’était-ce pas dangereux ce que je faisais? Tomoya qui me disait ne pas savoir comment agir avec moi puisqu’il m’avait déjà repoussé… si je continuais ainsi, j’allais annuler toute progression possible vers une amitié normale, puisqu’il ressentirait bientôt le besoin de me repousser de nouveau.

-« Je ne m’inquiétais pas tu sais ? Personne n’arrivera jamais à te remplacer … tu es unique et la seule personne que j’ai besoin comme j’ai besoin de Mina dans ma vie, tu es important dans ma vie. Et personne ne pourra rivaliser avec toi et l’importance que tu as pour moi ? »

Je souris et hochai doucement la tête pour lui répondre. Ses mots me laissaient un sentiment doucereux au creux du coeur. J’étais important… Personne ne me remplacerait… mais j’avais une place comme celle de Mina. Je devais donc être… comme son petit frère… Au moins, j’ai une place spéciale… et je la connais maintenant. En adorable petit frère, je lui avais partagé mon monde imaginaire et très coloré, malgré ma cécité. Sa réaction sur mon monde m’avait surpris, mais m’avait aussi fait plaisir et je lui proposai donc que l’on répète l’expérience, s’il en avait envie.

-« Bien entendu qu’on se refera ça !  Mine de rien ça m’a fait passer mon angoisse des requins sans que je m’en rende compte donc c’était plutôt positif. »

Je fus soulagé d’entendre que j’avais réussi à lui faire passer sa peur des requins et un peu fier, je l’admets. J’avais lancé cette idée sans trop savoir si elle fonctionnerait, après tout! Tomoya m’étonna ensuite, à nouveau, me partageant qu’il se rappelait bien de la promesse, alors que je me redressais pour poursuivre la visite, comme il l’avait proposé.

-« Mais non pas du tout je te dis les choses auxquelles je pense, je n’ai pas le droit ?  Je suis déjà pas expressif dans mes gestes avec toi, je vais pas en plus fermer ma bouche et te cacher les choses … »

Ce commentaire me fit rire, en effet, si Tomoya ne me parlait plus, alors que je ne pouvais pas le voir… La communication serait difficile, mais je chercherais tout de même un moyen d’y remédier~

-« Je n’ai pas qu’accepté de faire ce rendez-vous pour me faire pardonner de t’avoir dit non pour notre mariage possible, il était important pour moi de te montrer que tu étais aussi important que je ne l’étais pour toi, même si c’était différent en réalité.  Je n’ai pas voulu te blesser tu sais à l’époque je pense que maintenant tu as dû comprendre ce que je voulais dire par mes mots, je voulais que tu aies ta propre expérience de l’amour avant de dire que j’étais l’homme de ta vie et que tu voulais m’épouser.  Je pense que maintenant que tu as eu ta propre vie, tes propres expériences et que tu sois peut-être tomber amoureux, tu peux encore plus comprendre ce que j’ai essayé de te dire … Même si j’ai sans doute été maladroit dans mes mots et que je ne t’ai pas fait passer le message sans doute comme j’aurais voulu le faire passer.  Et pour ça je m’en excuse vraiment. »

-« J’ai eu mon lot d’expériences en tout genre, ne t’inquiètes pas ~ » avouai-je avec un petit rire, légèrement découragé.

J’avais surtout eu mon lot d’échecs, en un sens. De quelques jours à quelques mois… J’avais de l’affection pour ces gens, mais pas avec l’intensité souhaitée… Je ne pouvais pas donner tout ce qu’on me demandait, ça n’y était pas. Parfois, ça m’a posé problèmes, d’autres fois non… Dans tous les cas, ça n’a jamais marché. Puis, les expériences… amoureuses, amicales, ambiguës, sexuelles… dont j’étais fier, que je préférais oublier pour le reste de mes jours… j’en avais une belle collection.

-« Je t’en ai voulu… c’est vrai… je croyais que ce serait la pire expérience de ma vie… et après, j’ai appris qu’il y a pire dans la vie… » admis-je en soupirant. « Cela dit, tu es le seul qui aura réussi à me briser le coeur comme ça! Aucune de mes ruptures après n’a été aussi douloureuse. » ajoutai-je avec un petit rire, trouvant ça ironique. « Mais ça va, j’ai compris et je ne t’en veux plus depuis longtemps ~ Franchement, je crois que tu as fait le bon choix… une relation avec moi aurait été compliqué et t’aurais attiré des problèmes… Ça a été le cas à … toutes mes relations. Ce n’est pas simple d’être avec une personne intersexuelle ET aveugle, les gens font beaucoup de commentaires et de jugements… ça peut nuire à énormément de choses… Alors, je crois que tu as évité de te tirer dans le pied en faisant ce choix. » dis-je, très sincèrement sur un ton calme.

J’y ai l’habitude maintenant, je connais bien la réalité des choses. J’ai eu des ruptures à cause du temps, de la distance, mon manque d’amour pour la personne… mais le plus dur à toujours été parce que je suis comme je suis. Les gens supportent les mauvaises langues et les regards de travers pendant un temps, mais ils finissent tous par flancher… et partir. C’est probablement parce que je suis habitué à cela que je ne veux pas m’attacher à quelqu’un d’autre comme à Tomoya… Cette personne, déjà… il lui manquerait ce je-ne-sais-quoi que mon ami a et qui est indispensable… mais en plus, je me serais forcé, contre mon gré, à aimer quelqu’un qui me quittera. À quoi bon? J’aime parfois la souffrance, mais pas celle-ci.

-« Il y a pire comme image que celle d’un jeune homme de 21 ans, je resterais éternellement jeune et beau dans ta tête c’est assez agréable à savoir non ? Et tu sais je n’ai pas tant changé que ça depuis tout ce temps, enfin du moins je pense pas … Mais je te laisserais juger quand tu auras toucher mon visage et tu me diras si je suis devenu un vieux croulant ou pas du tout. »

J’avais souri en sentant sa main serrer la mienne et j’avais répondu en revenant me coller un peu contre lui, reposant ma tête sur son épaule, quelques secondes. Je me redressai cependant à nouveau, autrement, nous ne quitterons jamais ce banc sur lequel nous sommes toujours assis!

-« Ça m’arrangerait bien, moi, que tu sois devenu moche! Même si j’en doute! Dans mes souvenirs… Je te trouvais plus beau à chaque fois que je te voyais. » admis-je en riant.

Ah si seulement il était devenu un vieux croulant! Mais bon.. je dis ça, mais ça n’aurait aucune importance pour moi… ça ne changerait rien. De ma main libre, je dépliai habilement ma canne et en passai la petite corde autour de mon poignet. Je me levai doucement, tirant mon ami avec moi pour l’inviter à se lever, puisque je gardai sa main dans la mienne.

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Kim Tomoya

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MessageSujet: Re: Dix ans plus tard... PV Tomoya~   Mer 31 Jan - 0:05

► Janvier 2018, aquarium
Dix ans plus tard...
Tomoya & Minori


J’avoue que l’idée que tu puisses penser à moi pour un mariage de convenance serait sans doute étrange même pour moi. Et très franchement je ne sais pas trop comment je le prendrais aussi mais une chose était sur comme toi je sais que ça changerait beaucoup de chose.  Vivre ensemble, être proche pour faire plaisir à ta mère serait quand même bizarre. Quoi que ça ne ferait sans doute pas que plaisir à ta mère mais à mes parents également qui comme ta mère me tanne parfois pour que je me pose et rencontre une gentille personne avec qui je pourrais construire ma vie.  Mes parents étaient comme ça, ils n’étaient pas le genre à chercher à contrôler ma vie et m’imposer des choses parce que dans le fond ils avaient toujours respecté ma réserve naturelle et même si cela voulait dire que j’étais pas câlin.  Et encore c’était faux parce que bien que je ne sois pas très proche physiquement de mon père je l’étais de ma mère.  En même temps comment repousser une femme qui avait pris la place laisser vacante par la femme qui m’avait donné la vie, elle avait toujours été présente pour moi, consolant mes peines quand je rentrais de l’école en pleurs ce qui était arrivé parfois, soignant mes bobos quand par malheur il m’était arrivé de me blesser… Mais même si j’avais des parents parfaits, il me manquait une chose, le fin mot sur mes origines.  

J’avais fait une recherche sur mes origines à la majorité, et je n’avais trouvé pas grand-chose qu’à part le possible l’âge de ma génitrice qui semblait trop jeune et trop paumée pour s’occuper seule d’un bébé.  Dire que je lui en ai voulu serait sans doute fort mais je comprenais pas c’était certain, sans doute parce que j’étais à présent un médecin et que je savais qu’il y avait des moyens de pas mettre à terme une grossesse déjà ou bien tout simplement d’avoir recours au contraceptif pour ne pas tomber enceinte.  Oui je lui en voulais énormément et je pense que je ne pourrais jamais pardonner même si un jour je la rencontrais et qu’elle finirait par m’expliquer les raisons de son abandon. Mais surtout je lui en voulais d’avoir fait de moi l’être que j’étais aujourd’hui, de faire que par son abandon j’ai une peur inscrite en moi d’être à nouveau abandonner qui me pousser à repousser les gens même quand j’étais très attaché aux personnes.  Même si j’avais été jusque là qu’une seule et unique fois réellement amoureux mais c’était il y a longtemps, enfin longtemps peut être pas réellement mais ça c’était une autre histoire.  

Bref tout ça pour dire que oui j’aurais sans doute été étonné que tu me choisisses moi comme possible mari.  Et je préférais autant que tu demandes à ton assistante qui avait l’air d’une personne douce et charmante à ce que j’ai pu en découvrir sur elle quand je l’avais au téléphone, parce que tu ne pouvais pas répondre mais même si elle était adorable de prime abord je ne pus m’empêcher d’être jaloux quel soit ton choix pour un mariage de convenance, et pas moi. C’est vrai après tout c’était moi que tu avais voulu épouser autrefois alors pourquoi demander à une autre personne aujourd’hui ? Quand tu finis par me dire que tu n’as pas réellement envie de te marier, je soupire intérieurement quand même ? De quoi avais-je peur ? Que tu finisses par réellement nourrir des sentiments pour une femme qui ne portait de femme que le nom ? Sans doute j’étais totalement perdu dans mes sentiments après ton aveu et ça m’agaçait prodigieusement là. Je te répondis alors avec humour

" Oui il est logique que tu te maries qu’une seule fois c’est vrai mais ce n’est pas dans ce sens-là que je parlais de TES mariages. Mais laisse tomber ce n’est pas vraiment important " te dis-je avec un léger sourire alors que dans le fond j’étais blessé que tu ne penses pas à ton souhait de mariage avec moi autrefois quand je parlais de mariage au plurielle.  Et finis par ajouter en réponse à la suite de tes mots " Je me doute que ta mère s’inquiète pour toi mais elle a toujours été du genre à s’inquiéter pour toi aussi loin que je me souvienne.  Mais c’est quand même dommage que tu finisses par te marier avec une personne qui ne t’aime pas et que tu n’aimeras pas non plus ?  Pense-tu réellement que ça n’arrivera jamais ?  Si c’est le cas tu as une très basse opinion de ta personne Minori.  Je suis certain que pleins de gens pourraient t’aimer, te chérir plus que tout sur cette terre.  Avoir l’envie le désir de faire que tu sois heureux, protéger tes jours et tes nuits sans s’en lasser la moindre seconde … " te dis je avant de m’arrêter une ou deux secondes et reprendre. " Et oui elle est sans doute adorable je n’en doute pas si elle travaille avec toi, c’est que c’est une personne travailleuse qui se donne à fond dans ce qu’elle fait comme toi après tout.  Pourquoi avoir accepter quand elle t’a proposé si tu n’as pas l’intention d’aller jusqu’au bout dit moi dans ce cas ? Et engager quelqu’un … Je ne sais pas si c’est vraiment une très bonne idée quand même Minori. Après c’est ta vie qui suis-je pour te dire ce que tu dois en faire ou pas en faire ? Mais je trouve pas que tu devrais faire ça, attends de voir les choses venir tu n’as que 25 ans tu as 5 ans pour rencontrer la bonne personne après tout. " Te dis-je avec un léger petit rire nerveux à la fin.

On continuait la conversation et j’avais fini par lui avouer des choses sur moi que je gardais très souvent secrète même à ma famille par peur de les blesser sans doute quand tu finis par me répondre à mes aveux je tourna la tête vers toi, pour en ouvrant les yeux un moment mais quand je t’avais senti bouger ta tête sur mon épaule pour me montrer que toi tu étais là sans doute j’avais fini par refermer sur la douceur du sentiment que ca faisait naitre en moi et je finis par te dire en réponses à tout ce que tu me dis

" Je sais que j’ai eu les parents les plus adorable du monde.  Des parents qui m’ont toujours laissé faire mes choix qu’ils soient bons ou mauvais mais cela n’empêche que je ressens quand même cela. Je sais que les liens du sang ne sont pas importants que ma famille c’est les personnes merveilleuses qui sont venu un jour me chercher à l’orphelinat.  Que j’ai la chance d’avoir des gens que j’aime et qui m’aime … Oui c’est vrai j’ai Mina qui est la grande sœur rêvée par la plupart de gens avec qui j’ai un lien très fort … " je te regarde un long moment avant de finir par te dire " Tu n’es pas que ma famille Minori … Tu es … plus que ça parfois. Et c’est pour ça que je ne pourrais jamais t’abandonner non plus, je préférais qu’on m’arrache un membre plutôt qu’on m’arrache à toi … Tu sais je ne dis rien, et oui je suis secret avec toi mais je pense que dans le fond j’ai peur … Peur encore plus avec toi qu’avec n’importe qui d’autre ici.  Alors je garde les choses pour moi, mes envies de te faire des câlins à t’en étouffer parfois … Parce que je pense qu’en te rejetant je n’ai plus le droit d’avoir ce genre d’attention envers toi."

Je te dis ces mots avec une soudaine envie de te serrer dans mes bras mais je n’en fis rien, venant juste poser ma tête contre la tienne, en gardant mes yeux fermés, t’écoutant me parler de mon futur potentiel à tes yeux, je souris en t’entendant que tu penseras sans doute que cette personne n’est pas assez bien pour moi et que malgré tout mon amour sera plus fort sans doute que ma peur, et que je serai capable de me laisser aller … A ces mots je réfléchis un moment en me disant que tu avais sans doute raison mais avais je envie de chercher une autre personne qui pourrais me convenir alors que j’avais en tête depuis longtemps une seule et même personne, et que je l’aimais … A cette pensée je me mordillai rapidement les lèvres nerveusement pour une fois le fait que tu ne vois pas m’arranger, parce que cela t’éviterait de voir ma réaction soudaine à tes mots ou plutôt à mes réflexions.  Puis je finis par dire

" Je pense que tu as raison mais je ne veux pas d’une personne si c’est pas une personne que tu aimeras aussi. Tu es dans ma vie, et il ou elle devra faire avec toi.  Je ne pourrais pas aimer une personne qui ne t’accepte pas Minori ou ne t’aime pas.  Si un jour je me sens prêt à me lancer dans une relation se sera très compliqué pour moi j’ai aussi peur de faire du mal à l’autre … Et je crois que je souffrirais encore plus de faire du mal à l’être que j’aime et qu’il me laisse, que de me faire larguer comme un chien du jour au lendemain.  "

C’était vrai dans le fond j’avais peur que mon coté peu câlin puisse être un frein dans une relation je ne m’étais jamais réellement laissé aller à être tendre naturellement avec les gens.  Et même en tant qu’amant j’étais pas convaincu d’être l’homme le plus doux du monde, sans doute pour cela que je me concentrais sur les one night parce que ça signifiait que c’était des situations d’urgence ou la passion était de mise, que la douceur n’était pas toujours attendu.  Cependant je faisais quand même un effort avec mes partenaires féminines ayant toujours vu les femmes comme des être fragiles que l’on se devait de protéger.  Enfin protéger, disons, à qui on ne devait pas trop faire l’amour comme un bourrin si j’osais dire les choses ainsi.  Alors oui j’avais réellement peur de ce que je pourrais faire un jour à une personne que j’aimerais réellement. Quand tu finis par me pousser à aller de l’avant et de ne pas avoir peur avec toi je gardais le silence à quoi bon me remettre des choses en tête, je devais vraiment arriver à réfléchir posément à ça. Ou en parler à quelqu’un ? Mais qui pourrait réellement m’aider à voir plus claire dans mes sentiments pour toi.

J’avais changé le sujet qui me gênait en disant que ton idée de me faire garder les yeux fermaient m’avait aidé à me sentir plus à l’aise et que je me sentais mieux d’un coup avec l’idée de voir tous ses requins évoluaient autour de nous et que oui je serais ravi d’à nouveau rentrer dans ton monde un jour.  Et c’était vrai j’étais bien et j’avais l’impression que rien ne pouvait m’attendre mais surtout j’y étais avec toi donc à quoi bon l’idée de rejeter une telle idée d’y me replonger dans le futur.  Quand je t’avais dit que je dis les choses auxquelles je pense, et que si je ne le faisais pas alors que je peinais à me montrer expressif corporellement ce serait l’enfer pour toi sans doute.  Et quand tu te mis à rire je compris que tu pensais comme moi, c’était vrai après tout tu te fiais plus à ma voix en réalité qu’à mes faits et gestes en réalité.  Et c’était sans doute ça que j’appréciais entre nous. Nous avions continué à parler de cette invitation à l’aquarium et je t’avais avoué des choses que je cachais pour le moment mais que je pensais que je devais te dire un jour aussi. A ta phrase en réponse à mes aveux je te répondis avec un léger sourire

" Nous sommes tous dans le même cas.  J’ai eu aussi mon lot d’expériences en tout genre je pense dans le passé, et j’en aurais sans doute encore je pense. " te dis je avant de t’écouter me parler de ce que tu as ressenti à l’époque et quand tu avouas quand même que tu avais vécu pire je fus tenté de te demander des explications mais je n’en fis rien. Et quand je t’entendis me dire que je t’avais brisé le cœur, mon cœur se serra à cette idée et je te dis " J’en suis désolé … Je ne voulais pas te faire du mal. " t’avouai-je, et c’était vrai l’idée de t’avoir fait souffrir me fit plus mal que je le pensais quand tu enchainas en parlant de ce qu’aurais été d’après toi notre relation je t’écouta attentivement puis te dis " Ne dit pas n’importe quoi … En quoi ton intersexualité ou ta cécité rentre en ligne de compte.  Si je t’aimais j’assumerais ce que tu es entièrement, tu es une personne belle Minori. Comment pourrais être honteux de la personne que j’aime si nous étions ensemble ? Ne crois-tu pas que ça aurait pu être bien entre nous si je n’étais pas un être stupide et peureux ? Et je me moque de ce qu’on dit de moi, et encore plus de ce qu’on dit sur les personnes que j’aime. Et j’aurais laissé personne salir ce que tu es, ce que tu représentes pour moi, ce que tu es à mes yeux … Jamais je n’aurais regretté un tel choix et je ne me serais pas tiré dans le pied en faisant ce choix. Ce n’est pas parce que j’avais peur, des qu’en dira-ton, que je t’ai rejeté ça n’a rien à voir avec ça Minori … Ne te rabaisse pas … tu es la personne la plus belle et magnifique que j’ai rencontré, tu es belle autant l’extérieur qu’à l’intérieur … "

J’avais fini par stopper mon flot de paroles, ayant envie de te secouer à t’entendre me dire des choses pareilles à te rabaisser comme ça alors qu’à mes yeux tu avais jamais été une personne qui aurait pu me faire honte ou autre. J’inspirai et expirai lentement pour me calmer afin de ne pas me mettre en colère après toi alors que je ne le voulais pas.  Ce rendez-vous était parfait tachons de continuer à ce qu’il le soit pour tous les deux.  Quand tu te mis à parler de mon physique je me mis à rire doucement en secouant la tête un peu, je pouvais réellement pas te dire si j’étais plus beau ou pas maintenant, je n’avais pas l’impression d’avoir un physique de jeune premier pourtant.  

Je restais assis sur le banc et te regarda faire en te laissant déplier ta canne et passer la corde à ton poignet en souriant un peu puis quand tu te levas finalement en tirant ma main dans la tienne que tu avais gardé tout ce temps, je me laissa faire et je ne brisai pas le contact en lâchant ta main d’ailleurs, c’est ainsi que je continua la visite pour aller dans la salle suivante, qui était un tout autre univers parce que dans les immenses bassins se mélangeaient des créatures que tout hommes voulaient approchaient mais qui était tellement protégés que c’était interdit et heureusement, je souris tendrement en te disant ce que je voyais à savoir les immenses tortues des mers, qui nageaient tranquillement dans les bassins entourés d’autre poissons qui étaient des colocataires habituels à ses immenses animaux.

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MessageSujet: Re: Dix ans plus tard... PV Tomoya~   Lun 5 Fév - 1:56

► 23 Janvier 2018, aquarium
Dix ans plus tard...
Tomoya & Minori
J’admets que je me demande encore dans quel pétrin je me suis mis en acceptant de faire cette promesse à ma tendre mère. Je l’ai fait avec toute la bonne volonté du monde, faisant passer la quiétude de son esprit avant la mienne. Je dois encore nourrir de la culpabilité face à mon comportement de lorsque j’avais seize ans et de tout le mal que je lui ai alors fait, sans parler de tous les soucis qu’elle se fait toujours à mon sujet. Peut-être qu’un jour, cela me passera et je saurai lui faire face sans me rappeler de tous les sanglots que je l’ai entendu tenter de me cacher. Après tout, ce n’est pas comme si ma mère tentait de me faire culpabiliser ou m’en parlait, elle ne le fait jamais. Elle est beaucoup trop tendre et aimante avec moi. Je ne serais pas étonné qu’elle m’ait pardonné la seconde même où mes comportements l’ont blessé, puisqu’elle est trop compréhensive et douce. Non, je n’aurais pu espérer mieux comme mère et c’est sûrement pour ça que j’ai fait cette stupide promesse. Parce que je ne veux pas encore décevoir cette personne qui m’a tant donné et à qui, pourtant, je n’arrive pas à rendre ne serait-ce que la moitié. Si une simple bague, un bout de papier et le titre d’époux peuvent lui faire vivre tout ce bonheur et l’alléger, c’est avec le sourire que je le ferai… même si je ne sais pas trop avec qui. Eunae est ma meilleure option, mais elle est une vraie romantique… Elle rêve d’un beau mariage d’amour, elle croit à l’âme soeur, à la personne qui lui est destinée… Nous savons tous deux que nous ne sommes pas destinés l’un à l’autre, donc le mariage pourrait être magnifique, mais… il ne serait pas à la hauteur de ses rêves d’enfant. Je ne l’aimerai pas, elle ne m’aimera pas. Je la volerais à sa personne destinée ou nous finirions par divorcer pour qu’elle puisse se marier avec cette personne. Ma mère en aurait le coeur brisé et s’inquiéterait encore plus pour moi.

Je ne peux pas voler la personne destinée à un(e) autre et je ne crois pas que personne ne me soit destiné. Je ne suis pas aussi romantique que mon assistante, je ne l’ai probablement jamais été. Je ne crois pas à toutes ces belles histoires d’amour pour toujours, le coeur humain est trop volage, non? Il s’attache à plusieurs personnes… Il en oublie certaines. Je pense ces choses, mais je ne suis jamais réellement tomber amoureux à nouveau. J’ai simplement été témoin de plusieurs histoires d’amour dans mon entourage, toutes ne se terminaient pas en heureux mariage. La plupart se terminait parce que le coeur s’était lassé et désirait autres choses. J’ai donc compris que la nature humaine était ainsi faite. Ça m’arrivera peut-être aussi un jour, je suis humain aussi, après tout… Tout comme il est possible que ça ne m’arrive jamais, ce ne serait pas le premier point sur lequel je suis différent du reste des gens. Il faut une exception à tout et j’ai bien souvent l’impression d’être celle-ci, justement. Cela ne me dérange pas trop, en général… C’est juste que dans ce cas-ci… ça complique les choses.

-« Oui, il est logique que tu te maries qu’une seule fois c’est vrai mais ce n’est pas dans ce sens-là que je parlais de TES mariages. Mais laisse tomber ce n’est pas vraiment important. »

-« Eh? Tu t’inquiètes que je ne te force à me marier, si Eunae rencontre la personne qu’elle croit lui être destinée entre temps? C’est pour ça? » demandai-je, innocemment, en riant. « Tu n’as pas à avoir peur de ça voyons! Ça n’arrivera pas~ Enfin, elle rencontrera sûrement quelqu’un, mais je ne te mettrai pas dans cette situation délicate à nouveau! » ajoutai-je en riant toujours de l’idée.

Après toutes ces années… il a encore peur que je ne revienne avec cette histoire? J’ai compris pourtant… Mon coeur ne veut pas trop comprendre, mais ma raison a compris et c’est elle qui prend les décisions pour ce sujet. Tomoya n’a donc rien à craindre.

-« Je me doute que ta mère s’inquiète pour toi mais elle a toujours été du genre à s’inquiéter pour toi aussi loin que je me souvienne.  Mais c’est quand même dommage que tu finisses par te marier avec une personne qui ne t’aime pas et que tu n’aimeras pas non plus ?  Penses-tu réellement que ça n’arrivera jamais ?  Si c’est le cas tu as une très basse opinion de ta personne Minori.  Je suis certain que pleins de gens pourraient t’aimer, te chérir plus que tout sur cette terre.  Avoir l’envie le désir de faire que tu sois heureux, protéger tes jours et tes nuits sans s’en lasser la moindre seconde … »

En effet, ma mère s’est toujours inquiétée pour moi. Il faut dire qu’elle s’est toujours battue pour moi et a été la première à ressentir les discriminations dont j’ai fait l’objet, dès ma naissance. Les infirmières ne me regardaient pas toutes tendrement et certains médecins affichaient de drôles d’expressions en me regardant. Apparemment dégoûtés ou choqués par l’existence d’un tel bébé. Ce n’est pas parce qu’on est médecin qu’on est un saint qui accepte toutes les créations de la nature…

-« Le mariage n’est pas quelque chose que je considère vraiment comme important, depuis longtemps… J’avais déjà arrêté d’y penser, tu sais! Ça ne faisait donc pas partie de mes projets. Je serai heureux de faire plaisir à ma mère, ce ne sera qu’une bague et un contrat entre deux personnes, après tout~ Un contrat de plus… comme j’en signe plusieurs pour le travail. » admis-je sincèrement sur un ton tranquille.

J’enlève complètement les sentiments du mariage, je n’ai pas tellement d’intérêts à en mélanger. Je le vis bien ainsi, ce n’est donc pas la peur de me marier comme tel que je ressens… mais plutôt, la crainte de n’avoir personne pour remplir cette promesse? Enfin, c’est plus compliqué que ça. C’est extrêmement complexe comme sentiment, mais je n’ai pas peur de faire semblant de me marier, non. Je ne trouve pas ça triste non plus, je me dis que la célébration sera festive et très belle. Il n’y aura pas de vrais sentiments, donc… pourquoi aurais-je peur?

-« Et oui elle est sans doute adorable je n’en doute pas si elle travaille avec toi, c’est que c’est une personne travailleuse qui se donne à fond dans ce qu’elle fait comme toi après tout.  Pourquoi avoir accepter quand elle t’a proposé si tu n’as pas l’intention d’aller jusqu’au bout dit moi dans ce cas ? Et engager quelqu’un … Je ne sais pas si c’est vraiment une très bonne idée quand même Minori. Après c’est ta vie qui suis-je pour te dire ce que tu dois en faire ou pas en faire ? Mais je trouve pas que tu devrais faire ça, attends de voir les choses venir tu n’as que 25 ans tu as 5 ans pour rencontrer la bonne personne après tout. »

-« J’ai accepté parce que j’étais complètement saoul et à côté de la plaque! » admis-je honnêtement en riant, me rappelant de cette soirée. « Si je n’avais pas perdu mon téléphone, j’aurais aussi bien pu t’appeler pour te le proposer ou faire pire! » ajoutai-je en riant de bon coeur. « Tu imagines combien ça aurait été décourageant pour toi! » dis-je avec un petit rire nerveux, le réalisant moi-même.

Aaahh… c’était vraiment une chance que j’aie perdu ce téléphone, ce soir-là.

-« Je ne cherche pas cette… bonne personne… Je préfère ne pas y penser et vivre comme je le fais là. Je suis heureux ainsi, même si parfois… la vie cherche sérieusement mes limites! » admis-je avec un petit rire exaspéré. « Je ne cherche pas déjà la personne que j’engagerai pour ça, mais je l’envisage tout simplement pour être prêt à remplir ma promesse, en… ne faisant pas quelque chose que je regretterais? » tentai-je d’expliquer, même si c’était maladroit pour moi aussi, dit ainsi. « Et… ce n’est pas une question d’estime de moi… ni une question de trouver quelqu’un qui m’aime, tu sais? » finis-je par admettre avec un petit rire nerveux.

Je fermai les yeux et pris une grande inspiration, cherchant à calmer mon coeur qui se serrait de culpabilité sous les effets d’un souvenir récent.

-« Pendant mon long voyage… je suis resté pendant… un mois en Allemagne? Là-bas, j’ai revu... une personne que j’ai rencontré ici et que j’avais fréquenté pendant quelques mois, il y a deux ans. Il était ici pour le travail, étant musicien dans un orchestre. À l’époque, nous avions rompu parce qu’il devait rentrer en Allemagne. Ça ne m’avait pas plus attristé que ça.. Je savais que ça arriverait, dès le début de la relation. J’avais beaucoup d’affection pour lui, mais savoir que notre relation avait une date de fin était… soulageant? On pouvait juste avoir notre affection, la passion pendant un temps, en profiter maintenant et en garder un bon souvenir. Pour moi, c’était ça. Ce n’était pas compliqué. Nous sommes restés amis et avons gardé contact, je lui avais donc dit que j’allais passer par son pays et nous avions convenu de nous revoir… C’est ce que nous avons fait, on est un peu retombé dans le même genre de relation qu’on avait quand il était ici, mais cette fois, c’est moi qui allait partir. Donc, encore une fois, je ne prenais pas ça au sérieux… Sauf que ce n’était apparemment pas son cas. Je n’ai pas fait assez attention… et j’ai été complètement surpris quand il m’a proposé qu’on ne se fiance, en disant qu’il ne m’avait jamais oublié. » avouai-je avec un petit rire mal à l’aise.

Je m’étais senti tellement con… tellement mal en entendant sa proposition. Nous savions tous les deux que je prenais l’avion dans moins d’une semaine. J’avais donc cru qu’il ne faisait que profiter de l’affection passagère comme moi et je n’avais jamais pensé qu’il m’aimait encore.

-« Si j’avais voulu me marier avec quelqu’un qui m’aime, qui veut me rendre heureux et veut me protéger… même si je ne suis pas une princesse en détresse… j’aurais accepté sa proposition. Mon problème aurait été réglé. » soupirai-je en haussant doucement les épaules. « Mais j’ai refusé… Je ne l’aimais pas comme ça, me marier avec cette personne qui m’aime tant aurait été malhonnête. Le mariage n'est peut-être pas important pour moi, mais ça peut l'être pour l'autre personne et ce n'est pas en abusant des sentiments d'autrui que je veux remplir ma promesse. » ajoutai-je toujours aussi calmement.

Je n’avais jamais voulu lui briser le coeur. Je ne l’aimais pas d’amour, mais je nourrissais tout de même de la tendresse à son égard et ne lui espérais que du bonheur. Seulement, je ne pouvais pas être celui qui lui ferait vivre tout ce bonheur, contrairement à ce qu’il aurait aimé… La vie est ainsi mal faite, on s’attache aux mauvaises personnes… Elles ne sont pas méchantes ou de mauvaise nature, mais elles ne partagent pas nos sentiments, tout simplement. J’étais bien placé pour comprendre le malheureux et il m’avait été horriblement difficile de lui répondre, connaissant bien sa douleur… J’avais été soulagé de quitter le pays et d’aller ailleurs, mon ami ne souffrirait plus à l’idée de pouvoir me croiser quelque part après mon refus. Après tout, nous partagions certains amis et fréquentions le même genre d’endroits.

Je ne parle généralement pas de mes relations avec Tomoya, pour… je ne sais quelle raison. Mais, j’avais fini par le faire pour qu’il se détrompe. Je le sais très bien qu’on peut m’aimer et que je suis une personne qui pourrait être digne de recevoir de tels sentiments. Là n’est pas la question. C’est plutôt que je ne veux pas être aimé ainsi… Pas par les gens qui ont eu le malheur de le faire jusqu’ici. J’aimerais bien être capable de répondre à leurs sentiments, mais… malgré tous les efforts de ma raison, mon coeur n’a jamais failli à s’y refuser. C’est peut-être parce que je venais de lui faire une confidence… peut-être parce que je lui avais exprimé ma façon de le considérer et donc de ne pas me formaliser de sa manière d’être ou plutôt de son « manque d’expressions » qui n’était pas un réel manque, selon moi. C’était tout simplement sa personnalité et mes sentiments pour lui n’en étaient pas affectés. Je ne sais donc pas ce qui le poussa ainsi à se confier à son tour, mais je tentai toutefois de le rassurer, bien que ce fut maladroit...

-« Je sais que j’ai eu les parents les plus adorable du monde.  Des parents qui m’ont toujours laissé faire mes choix qu’ils soient bons ou mauvais mais cela n’empêche que je ressens quand même cela. Je sais que les liens du sang ne sont pas importants que ma famille c’est les personnes merveilleuses qui sont venu un jour me chercher à l’orphelinat.  Que j’ai la chance d’avoir des gens que j’aime et qui m’aime … Oui c’est vrai j’ai Mina qui est la grande sœur rêvée par la plupart de gens avec qui j’ai un lien très fort … »

Je ne sais pas si Tomoya a eu les parents les plus adorables, parce que bon… ma mère est quand-même top dans ce genre… Mais je n’allais pas le lui dire et le laisser croire que ses parents étaient les meilleurs. J’imagine que plusieurs enfants sont biaisés, comme nous, et pensent que leurs parents sont les numéros un de ce monde.

-«  Tu n’es pas que ma famille Minori … Tu es … plus que ça parfois. Et c’est pour ça que je ne pourrais jamais t’abandonner non plus, je préférais qu’on m’arrache un membre plutôt qu’on m’arrache à toi … Tu sais je ne dis rien, et oui je suis secret avec toi mais je pense que dans le fond j’ai peur … Peur encore plus avec toi qu’avec n’importe qui d’autre ici.  Alors je garde les choses pour moi, mes envies de te faire des câlins à t’en étouffer parfois … Parce que je pense qu’en te rejetant je n’ai plus le droit d’avoir ce genre d’attention envers toi. »

Son aveu me laissa complètement surpris et… un peu confus. J’étais plus que de la famille à ses yeux? Qu’est-ce qui est plus que de la famille, en ce monde? Mon coeur s’emballa à nouveau, désobéissant comme toujours à ma raison qui lui intimait de ne pas s’imaginer n’importe quoi. Je souris en sentant sa tête se poser contre la mienne et me collai un peu plus contre lui, appréciant la proximité, pour l’instant. Je me calmai en me répétant que Tomoya devait exagérer ce qu’il disait et ne pas penser les choses si littéralement.

-« Je suis ton meilleur ami… ton pot de colle d’enfance…. Tu n’as pas à sacrifier un membre pour ça, je ne partirai pas ~ » dis-je avec un petit rire nerveux. « Et… mourir étouffé par un câlin de Tomoya… Ce pourrait être une belle mort, mais il est vrai que je préfère vivre. » ajoutai-je pour le taquiner. « Arrêtes de te faire du mal et de te dire que tu n’as pas le droit de ci ou ça à cause d’une histoire qui est arrivée il y a plus de dix ans! Nous avons tous deux vieilli, mûri, changé depuis… Tu n’as pas à te torturer comme ça et tu peux être naturel, comme tu en as envie. Je ne me ferai pas de fausses idées qui t’embarrasseraient, ne t’en fais pas ~ Je serais plutôt content, à vrai dire, de savoir que tu ne me prends pas avec des pincettes à cause d’une culpabilité qui ne devrait plus être là depuis longtemps! » insistai-je avec un sourire et une pointe de tendresse pour tenter de le convaincre.

Je tentai ensuite de le rassurer ou de le convaincre ou peut-être bien les deux… au sujet de son potentiel futur amoureux. C’était très clairement une personne pour qui j’allais nourrir une jalousie refoulée, mais ça… ça je n’allais pas le dire. Ni à Tomoya, ni à moi-même. Je ne sais pas qui est la personne qui lui est destinée, si Eunae a vraiment raison à ce sujet, mais je sais que je n’aimerais pas savoir que mon ami passe à côté de l’occasion d’être heureux. Certes mes expériences amoureuses ne sont pas sérieuses… mais j’en ai quand-même quelques-unes et elles sont de bons souvenirs, en général!

-« Je pense que tu as raison mais je ne veux pas d’une personne si c’est pas une personne que tu aimeras aussi. Tu es dans ma vie, et il ou elle devra faire avec toi.  Je ne pourrais pas aimer une personne qui ne t’accepte pas Minori ou ne t’aime pas.  Si un jour je me sens prêt à me lancer dans une relation, ce sera très compliqué pour moi j’ai aussi peur de faire du mal à l’autre … Et je crois que je souffrirais encore plus de faire du mal à l’être que j’aime et qu’il me laisse, que de me faire larguer comme un chien du jour au lendemain. »

-« Ne t’inquiètes pas pour tout ça! Je suis l’aveugle i.s. le plus adorable qui soit, comment la personne que tu aimeras pourrait ne pas m’aimer?! D’ailleurs… ça pourrait te poser problèmes si il ou elle finit par succomber à mes charmes que je ne contrôle pas! » répondis-je, sur un ton sérieux, même si je blaguais bien évidemment.

Je me mis d’ailleurs à rire de ma propre bêtise. La personne qui vaudra la peine pour que mon ami passe outre ses craintes lui restera fidèle~

-« Hmmm.. tes sentiments sont louables, mais… ça fait partie du jeu. On se blesse… on se fait blesser… ce sont des choses qui arrivent, mais les gens qui s’aiment se réconcilient et trouvent des moyens d’avancer ensemble malgré les obstacles. Ce sera difficile au début… mais la bonne personne restera quand-même, si tu fais des efforts sincères… » dis-je pour le rassurer, tout en restant réaliste.

Je poussais doucement mon ami à s’ouvrir à la personne qu’il jugerait digne de le faire. Tout comme j’insistais sur le fait qu’il pouvait être naturel avec moi. Je ne sais pas si cela nous compliquerait les choses… enfin, ME compliquerait les choses puisque je serais beaucoup trop heureux qu’il ne me serre dans ses bras comme il dit avoir envie de le faire. Le sujet avait ensuite évolué au fil de la conversation qui était fort agréable et j’avais même fait un sous-entendu à mes horribles expériences «professionnelles»… Expériences qui m’avaient permis de sauver ma carrière, donc je ne le regrettais pas… mais qui étaient aussi dans ma liste de pires moments de ma vie avec la fois où je me suis fait battre à en être en chaise roulante et le fameux incident qui me coûta la vue, tout en divisant définitivement ma famille, puisque ma mère se doutait bien du coupable malgré mon silence… J’ai toujours un peu peur de croiser des acteurs de ces expériences lorsque je suis avec Tomoya, je sais que je suis toujours extrêmement mal à l’aise devant eux et je les évite comme la peste… Mon ami ne comprendrait pas ce qui se passe, mais il comprendrait qu’il y a quelque chose qui ne va définitivement pas.

-« Nous sommes tous dans le même cas. J’ai eu aussi mon lot d’expériences en tout genre je pense dans le passé, et j’en aurais sans doute encore je pense. »

Je hochai doucement la tête, acquiesçant à son commentaire.

-« J’en suis désolé … Je ne voulais pas te faire du mal. »

-« Arrête de t’excuser pour cette vieille histoire! Je sais que tu ne voulais pas me blesser, c’est passé tout ça, donc arrête de te flageller pour quelque chose qui est loin derrière nous. » répondis-je, voulant vraiment qu’il arrête de se culpabiliser ainsi.

Je lui expliquai ensuite pourquoi avec le temps, quelques expériences et énormément de discussions sérieuses sur le sujet, je pensais qu’il avait évité une tonne de problèmes en me rejetant.

-« Ne dis pas n’importe quoi … En quoi ton intersexualité ou ta cécité rentre en ligne de compte. Si je t’aimais j’assumerais ce que tu es entièrement, tu es une personne belle Minori. Comment pourrais être honteux de la personne que j’aime si nous étions ensemble ? Ne crois-tu pas que ça aurait pu être bien entre nous si je n’étais pas un être stupide et peureux ? Et je me moque de ce qu’on dit de moi, et encore plus de ce qu’on dit sur les personnes que j’aime. Et j’aurais laissé personne salir ce que tu es, ce que tu représentes pour moi, ce que tu es à mes yeux … Jamais je n’aurais regretté un tel choix et je ne me serais pas tiré dans le pied en faisant ce choix. Ce n’est pas parce que j’avais peur, des qu’en dira-ton, que je t’ai rejeté ça n’a rien à voir avec ça Minori … Ne te rabaisse pas … tu es la personne la plus belle et magnifique que j’ai rencontré, tu es beau autant à l’extérieur qu’à l’intérieur …»

La réponse enflammée de mon ami me surprit énormément. Je me demande bien pourquoi d’ailleurs, c’est exactement son genre de me faire ainsi la morale… Je sais qu’il ne se soucie pas de l’avis des autres, donc que ça ne l’aurait pas dérangé… mais c’est plutôt moi qui n’aime pas qu’on s’en prenne ainsi aux gens que j’aime. Mon coeur s’arrêta en l’entendant me demander si je ne pensais pas que nous aurions été heureux. Je l’aurais été, moi… et… je n’aurais peut-être pas perdu la vue à ce fameux nouvel an lunaire… J’aurais été en couple, je n’aurais donc pas fait ces choses innocentes avec une autre personne… Personne ne nous aurait surpris. Personne ne m’aurait déballé toute sa rage et son dégoût, tout en empestant l’alcool… Les événements auraient été différents. Mais ça, Tomoya ne le sait pas. Personne ne le sait sinon moi, l’autre personne innocente et la personne saoule qui était en rage de me savoir « à ce point contre nature et une vraie plaie pour notre famille ». Un jour, je raconterai mon histoire… le coupable est mort, il y a quelques semaines de cela, donc je pourrai peut-être parler… mais les raisons à mon silence sont diverses.

-« Tu as entendu parler de Harisu? C’est la première idole transgenre du pays… c’est une bonne amie à moi. Elle peut me comprendre dans une certaine mesure… Elle avait trouvé un homme charmant et compréhensif, qui ne la jugeait pas. Ils s’adoraient… ils se sont mariés… mais ils ont fini par divorcer. Pourquoi? Pour plusieurs raisons, mais aussi parce que Harisu souffrait de voir celui qu’elle aimait être constamment rabaissé, insulté ou remis en question puisqu’il était marié à une personne transexuelle. Je connais ce genre de sentiments aussi et ce n’est pas agréable. On a beau me répéter que ça n’a pas d’importance, c’est comme si on me forçait à voir les gens que j’aime se faire lapider sur la place publique et qu’ils me regardent en souriant et disant que ce n’est rien. » expliquai-je en soupirant.

Je n’avais pas répondu à la question sur notre potentiel bonheur, j’avais peur de trop parlé, de trop en dévoilé… Peut-être plus tard, peut-être après l’aquarium, si nous faisons autres choses, peut-être un autre jour… peut-être jamais. Entendant Tomoya ainsi inspirer et expirer, probablement pour se calmer, je préférai changer de sujet et lui demandai tout autre chose. J’étais curieux de ce qu’il avait l’air à présent, puisque pour moi, je visitais l’aquarium avec la dernière version de lui que j’avais pu «voir». Je finis par me lever et l’inviter à faire de même pour que nous ne continuions cette belle visite. Je fus surpris, encore une fois, que mon ami ne lâche pas ma main mais la garde plutôt. Ce simple contact suffisait à me réchauffer doucement le coeur, même si ma raison le rappelait constamment au calme. Un petit sourire restait sur mes lèvres en l’écoutant me décrire les nouveaux animaux se trouvant autour de nous. Tomoya devait s’en rappeler, mais j’avais toujours adoré les tortues. J’en voulais une quand j’étais plus jeune, mais c’était impossible puisque je n’aurais pas eu le temps de m’en occuper avec mes cours de piano, de danse, l’école et les nombreux voyages à l’étranger… Puis étant maintenant non voyant, j’admets que j’aurais peur de marcher sur le pauvre animal que j’avais toujours envisagé de laisser un maximum en liberté à mes côtés.

-« Voir les tortues me manque… » admis-je, le coeur nostalgique. « Elles doivent être les créatures les plus mignonnes de tout l’aquarium! » ajoutai-je avec un petit rire.

Je retins un petit soupir et me les imaginai, encore plus majestueuses et belles que dans tous mes souvenirs.

-« Ah! D’ailleurs! Je ferai une petite fête pour fêter le dixième anniversaire de ma cécité~ Je dois encore fixer la date, mais il faudra que tu viennes! » lançai-je avec un grand sourire. « Ce sera chez moi, j’inviterai quelques personnes proches et tout le monde devra porter un bandeau et passer la soirée à l’aveugle, comme moi! Ne t’inquiètes pas, je ferai mettre des coussins sur tous les coins et je suis déjà prêt pour quelques batailles de cannes-épées! » expliquai-je en riant.

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Kim Tomoya

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MessageSujet: Re: Dix ans plus tard... PV Tomoya~   Lun 5 Fév - 20:01

► Janvier 2018, aquarium
Dix ans plus tard...
Tomoya & Minori


Je t’observais longuement quand tu te mis à me parler longuement, tranquillement je réfléchis à tes mots en soupirant intérieurement quand j’entends ce que tu me dis.  Comment en étais tu arriver à cette conclusion suite à ce que je venais de te dire en réalité, j’avais pas du tout ça par peur de me retrouver poursuivi par ton envie de mariage mais juste parce que cela me faisait rire que dans ton esprit dans un premier temps j’avais été un potentiel époux et qu’à présent j’étais un simple témoin.  Dire que ça me plaisait pas c’était vrai mais je ne te le dirais pas à voix haute, je finis par te dire calmement et posément

"Ce n’est pas pour ça que j’ai dit ça. J’ai dit ça parce que quand tu étais jeune, tu voulais m’épouser et maintenant je suis ton potentiel témoin, je trouve que ça prouve l’importance que j’ai dans ta vie, c’est dans ce sens là que je l’ai dit, pas un autre du tout.  Tu sais … Je n’ai jamais pensé que tu allais finir par me courir après à nouveau, je sais que c’est le passé maintenant, ce n’est pas possible qu’il en soit autrement. "  te dis-je calmement.

Non je n’avais pas peur que tu reviennes avec cette histoire et très honnêtement j’étais dans une situation où j’accepterais sans problème de t’épouser pour être sûr que tu disparaisses jamais de ma vie.  Mais tu ne l’avais pas fait, et tu ne le ferais pas j’en suis certain parce que tu pensais que je ne voulais pas avoir affaire à toi dans ma vie maintenant. Or c’était totalement faux en réalité, tu étais la personne la plus importante de ma vie mais je n’arrivais pas encore à l’avouer à haute voix que ce soit à moi ou à une autre personne.  Je continue à parler pour te répondre en disant

" Ton assistante doit savoir ce qu’elle fait tu sais ? Je pense que même si elle rencontre un jour quelqu’un, elle doit savoir ce qu’elle fait et même si elle a été bourrée quand elle dit ça. Et je pense que pour le moment elle doit voir ça comme la seule solution également, je sais pas, tu en es venu à te dire que c’est une mauvaise idée peut être qu’elle aussi en arrivera à cette conclusion également un jour.  Ou alors elle a des sentiments cachés pour toi. "

Je ris doucement en disant ça, je ne pouvais pas parler pour ton assistante après tout je la connaissais pas en réalité et c’était quand même bizarre de ma part d’essayer de justifier les actes d’une personne qui m’était inconnue et surtout une personne que je n’aimais pas réellement dans le fond.  Pourquoi ? Bah tout simplement j’étais jaloux … Elle faisait partie de ta vie elle, beaucoup plus que moi et je n’aimais pas l’idée qu’elle te voit plus souvent que moi en réalité.  Après c’était aussi la vie, j’ai parfois l’impression que la vie était contre nous, que depuis le début il avait été décidé qu’on soit dans la vie l’un de l’autre mais que beaucoup de choses nous empêcheraient d’être cent pour cent heureux.  Je souris doucement à tes mots puis je continue

" Le mariage n’est pas nécessaire au bonheur … je comprends qu’on se marie mais à mes yeux c’est juste un bout de papier qui te donne plus de droit sur la personne que tu aimes certes mais ce n’est pas important.  Après tout est ce qu’on a besoin d’épouser une personne pour l’aimer ? Non on peut aimer passionnément une personne et ne jamais se marier avec pourtant. Et tu sais ta mère je pense qu’elle veut juste que tu sois heureux et qu’une autre personne prenne soin de toi.  Mais te marier pour lui faire plaisir, tu te rends compte ?  Tu vas lier ta vie pour toujours à une personne que tu n’aimeras jamais.  Oui tu as du respect pour ton assistante je m’en doute parce que sinon tu n’aurais pas tout ses remords à la lier à toi pour toute son existence pour un mariage qui n’aura de mariage que de nom. "  

Je souris à tes mots et me plonge un moment dans mes pensées.  Depuis le début de cette conversation j’avais une foule de sentiments contradictoires qui m’assaillaient, je ne savais pas trop quoi penser de tout ça.  Je savais juste une chose l’idée de te voir marier à quelqu’un n’étais pas ce que je voulais voir, je voulais que tu restes à moi et que je reste pour toujours la seule et unique personne avec qui tu voulais te marier. C’était égoïste de ma part ?  Sans doute mais comment pouvais je vouloir la personne à qui je tenais le plus dans ma vie finir marier ainsi ? C’était très compliqué pour moi. Quand tu me dis que tu étais bourré quand tu as accepté je souris un peu en me disant que l’alcool n’aidait pas à être lucide parfois et je continue à te parler en disant en réponse à ce que toi tu me disais sur le fait que tu aurais pu m’appeler et me demander à moi, ce qui aurait sans doute été décourageant pour moi

" Je vois bien le genre en effet. " Je souris un peu avant de dire en fixant devant moi. " Tu sais, je pense que j’aurais été capable d’accepter … C’est étrange hein ? Oui j’avoue que ça l’est pour moi aussi. Mais si tu avais fini par m’appeler et me le proposer j’aurais été capable d’accepter parce qu’en fait je suis certain dans le fond, que ça ne surprendrait personne qu’on finisse par être un couple toi et moi. Nos relations ont toujours été bonnes et nous sommes très attachés l’un à l’autre en réalité donc je pense que ça n’aurait étonné personne dans nos entourages.  Et comme je ne veux pas me marier, me marier avec mon ami d’enfance ça aurait été sans doute la réponse à mes questions.  Je n’aurais certainement pas été découragé par le fait que tu me demandes, j’aurais été fier que tu vois en moi un mari idéal pour toi.  J’aurais été fier d’accepter que tu veuilles de moi, même si c’est pour un mariage fictif. " Je continue à t’écouter quand tu continue à me parler puis j’enchaine en réponse à tes mots " Je sais que comme moi tu es heureux de la manière que tu vis sans doute.  Et je pense que la vie cherche les limites de chacun ici-bas, je suis pareil que toi, et je pense que comme toi j’en suis dans des questionnements sur ma vie et ce que je vais finir par en faire … En tout au niveau amoureux c’est le cas parce que professionnellement je fais le métier que j’aime, et je sais ce que je veux déjà.  Par contre amoureusement c’est une autre histoire, je sais que je vais finir par devoir faire des choses, et comme toi ma mère me pousse à me fixer également. Et je sais qu’elle en est malheureuse de me voir seul comme pour la tienne.  Tu as intérêt parce qu’il n’y a pas de raison que tu te sous estimes, tu es parfait. "

Je te regarde quand tu me parles de ton ex, et je t’écoute attentivement en regardant fixement devant moi, essayant de calmer mon envie de te faire taire.  Je ne voulais pas entendre que tu avais été attaché à un homme, un homme qui t’aimais assez pour te demander de l’épouser.  Et que même si tu avais beaucoup d’affection pour lui, visiblement tu n’avais pas pu accepter cette demande. Comme moi tu semblais aimer les relations avec une date d’expiration déterminé dès le début.  Et je me demandais si nous en étions aussi heureux qu’on voulait bien se le dire.  J’étais à coté de toi à t’écouter parler de cet homme, une furieuse envie de frapper cette personne m’asseyait mais après tout, comment pouvais-je l’en blâmer en réalité.  Tu étais quand même bel homme, et je savais que tu étais d’un naturel chaleureux et amicale avec les gens qui t’entouraient.  Tu avais l’art et la manière de te rendre irrésistible et indispensable à autrui et j’en étais la preuve vu mon attachement flagrant pour ta personne depuis le fil des années passées.  Je n’avais jamais réussi à faire ma vie, être amoureux, heureux avec quiconque et j’avais contrairement à toi, visiblement jamais eu de demande en mariage.  Est-ce que je le regrettais ?  Certainement pas … Est-ce que je te jalousais ?  Non plus mais j’étais quand même jaloux que cet homme ait eu des droits que je n’aurais jamais sur toi moi. Ton petit rire me fit sursauter quand je l’entendis à la fin de ce que tu me disais, et je continuais à t’écoute quand tu me disais soudainement que tu aurais très bien pu te marier avec lui si tu avais voulu te marier avec une personne qui t'aimais et qui t’aurais rendu heureux, tu aurais choisi cette personne.  Ce qui me donna un coup au cœur, véritablement ce fut comme un coup de poignard pour moi alors que tu me disais des mots que je n’aurais jamais voulu entendre en réalité.  Et même si tu précisais par la suite que même si tu ne l’aimais pas comme ça, et que te marier avec lui dans ces conditions aurait été malhonnête, ce que je compris dans le fond. Je me sentais triste à l’idée que tu avais eu ce genre de relation avec une autre personne comme ça, j’étais tout simplement stupidement jaloux.  

Quand pour continuer le sujet des relations amoureuses j’avais fini par t’avouer que oui j’étais comme ça par simplement protection de moi-même.  Je ne voulais pas que l’on m’abandonne à nouveau, c’était ma plus grande peur et que même si j’avais eu des merveilleux parents adoptifs, et une famille magnifique presque, parce que j’avais quand même deux sœurs ainées, qui avaient été toujours des garces avec moi. Cette peur de l’abandon était bien trop présente en moi et tant que je n’aurais pas travaillé sur ça, je pourrais jamais me liés à personne pour toute ma vie.  Et même si toi tu étais différent pour moi, c’était également un de mes plus grand frein avec toi.  Quand tu me dis par la suite que je n’avais aucune raison de me sentir coupable avec toi, j’eus envie de me mettre à rire un peu ironiquement, mais je ne le fis pas.  J’étais soulagé que d’après toi en réalité je n’avais pas à me sentir coupable et ça me fit un peu sourire, ne n’était pas que des sentiments de culpabilités que je ressentais pour toi.  C’était la nature de mes réels sentiments qui m’empêchaient de réagir ainsi parce que je savais que si je te câlinais trop souvent, que je me laissais trop aller avec toi. Je finirais par t’embrasser, et je ne savais pas encore si c’était une réelle bonne idée.  

" Je te promets que je vais essayer de ne plus ressentir ça … Tu as raison depuis le temps je devrais plus ressentir ça mais je n’y peux rien, en fait on a jamais réellement pu reparler de tout ça depuis le temps.  A présent je comprends que je n’ai pas de raison de prendre des pincettes avec toi, je vais me laisser plus aller avec toi … Et puis tu m’as manqué, j’ai envie de te câliner moi bon certainement pas à ne t’en tuer quand même pas et dit toi que je suis médecin, je te ferais du bouche-à-bouche pour te sauver ne t’en fais pas. " te dis je en riant un peu de mes mots, j’étais parfois vraiment idiot mais c’était vrai, en tant que médecin je te laisserais pas mourir aussi facilement et je n’irais pas jusqu’à te câliner jusqu’à ce que mort s’en suive non plus je pense.  Pas à ce point là tout de même. Je finis par te dire en réponses à ce que tu me dis au sujet de mon futur amoureux. " Je sais que je ne devrais pas m’inquiéter mais je sais aussi que ce que je viens de te dire je le pense.  Une personne qui fait parti de ma vie, devra t’accepter c’est comme ça et pas autrement. Et oui je sais bien que tu contrôles pas tes charmes mais si une personne avec moi finirait par craquer sur toi c’est que tout simplement la personne ne serait pas pour moi.  Et mes sentiments ne sont pas louables, je les trouve égoïste.  En réalité j’ai parfois l’impression de me donner des raisons pour ne pas me laisser aimer … Ma peur est certes une raison mais j’ai parfois l’impression de me donner une raison toute trouvé. Oui je suis un enfant abandonné, oui je suis marqué à jamais par ça mais je pense que pas que ce ne soit que ça … En fait je sais plus … Je suis un peu perdu dans tout ça, trop de sentiments contradictoires, trop de choses que je ressens qui m’empêche de réfléchir posément. J’ai l’impression de me retrouver à une croisée des chemins et que je dois prendre une décision finale … Soit je continue ainsi … Soit je me prends en main pour la personne que j’aime."  

Nous avions continué à parler par la suite et je t’avais écouté m’expliquer des choses qui m’étaient inconnues à nouveau.  Je ne savais pas que tu avais tant souffert, que tu avais vécu des choses dans ton travail qui était horrible et qui me donnait tellement envie de te prendre dans mes bras pour te dire que c’était fini et que j’étais là à présent mais je t’avais écouté me parler, nous étions arrivé à un moment dans notre relation où visiblement d’un coup on était tenté de se parler à cœur ouvert, on se connaissait depuis longtemps mais c’était la première fois réellement qu’on s’ouvre autant l’un à l’autre, que l’on se permets de se parler à cœur ouvert ainsi. Sans doute parce que nous étions à présent des adultes et que nous avons été longtemps sans nous voir réellement toi et moi. Et la maturité nous aidé à nous ouvrir franchement l’un à l’autre et après tout pourquoi ne devrait-on pas se parler avec honnêteté quand nous étions amis aussi longtemps toi et moi. Et c’était aussi sans doute pour ça que je m’étais excusé de t’avoir fait du mal même si je devais ne plus y penser d’après toi et passer à autre chose ce que j’allais essayer de faire je m’en fis la promesse intérieurement. C’était sans doute pour ça que je m’étais aussi enflammé dans ma description de ta personne et qui m’avait poussé à te dire des choses que je n’avais sans doute jusque là jamais dit …

Des choses que je pensais, tu étais réellement une personne magnifique et belle, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, qu’à mes yeux tu étais la personne la plus parfaite et tu méritais tant de choses que je ne savais pas par où commencer en réalité.  Et j’avais fini par t’avouer que pour moi si on avait été ensemble, on aurait sans doute pu être très heureux ensemble, j’en étais convaincu même.  J’aurais été capable de te rendre heureux, de prendre soin de toi et de te protéger de l’agression du monde envers les gens qui étaient comme toi. J’en étais certain d’ailleurs mais ma peur avait été plus forte et je t’avais dit non … Et du coup il était encore une fois inutile de revenir là-dessus, nous n’avons pas moyen de refaire le passer. Quand tu me parles de ton ami transgenre je t’écoute avec attention, j’écoute le récit de l’histoire d’amour de ton ami qui a fini par être destructive parce que les gens sont idiots et se permettent de juger des choses qui ne les regarde pas.  Je comprenais aussi les raisons du fait qui te poussait à me parler de ça, je savais dans le fond que c’était ta plus grande peur, je finis par le comprendre du moins dans ton récit.  Je réfléchis posément avant de te répondre en disant

" Les gens sont des abrutis … Ils se permettent de juger des choses qui ne les regarde pas.  JE suis triste d’apprendre que ton amie se soit sentie si mal et si triste qu’au final elle a fini par perdre la personne qu’elle aime parce que les gens sont des débiles intolérants qui jugent des relations qu’ils ne connaissent pas.  Tu sais … Je sais que tu as cette peur aussi enfin du moins je m’en doute non ? Sinon tu ne m’aurais pas raconté l’histoire de ton amie … Mais je trouve que c’est dommage que tu te freines comme ça.  Et si la personne t’aimait, si elle était folle de toi … que ferais tu ? Tu t’empêcherais de l’aimer par peur de lui attirer des problèmes ? " Je te regarde en posant la question " Et si je tombais amoureux de toi ? Tu me repousserais ? Tu en serais réellement capable ? "

Je t’avais posé la question ouvertement, après tout on était dans la franchise alors autant continué non ? Même si ce n’était pas facile. Mais pour le moment je t’avais laisser changer de sujet quand tu m’avais sans doute entendu inspirer et expirer lentement pour me calmer en réalité sans y arriver, je n’aimais pas perdre mon contrôle de moi et il était rare que ça m’arrive.  JE m’étais levé quand tu en avais fait autant, j’avais pris ta main oui et je l’avais gardé mais je ne voulais pas te lâcher aujourd’hui je pense que j’avais besoin de ta présence. Tu m’avais tellement manqué en même temps donc je profitais de ta présence.  Quand on avait changé d’aquarium et que j’avais vu les tortues, j’avais pensé à ton amour de ses créatures, je me souvenais que tu en voulais une quand tu étais plus jeune, et je souris attendri quand tu finis par m’en parler je compris que c’était toujours le cas, je serrai doucement ta main en disant

" Oui elles sont très jolies, les plus mignonnes de l’aquarium mais je trouve que ça a une tête amusante les tortues en générale. " Te dis-je avec un léger petit rire.

Quand tu me continuas à me parler en me disant que tu avais une idée pour fêter ton dixième anniversaire de cécité, je tourne la tête vers toi pour t’écouter et te regarder en même temps en disant

" Ce n’est pas bizarre de vouloir fêter ça ?  Mais oui pourquoi pas en tout cas si je suis invité, je viendrais je te le promets.   Même si je pense que je me cognerais mais rassure toi si il y a des blessés je me tacherais de les soigner si besoin après tout autant que le fait que je sois médecin te sois utile tu ne crois pas ? «  je ris un peu en disant ca puis je te regarde en me mettant à rire en disant » Des batailles de cannes-épées tu as une large avance sur nous quand même donc tu vas largement gagner je pense … " je ris encore plus en disant, imaginant des combats à la Star Wars avec des sabre lasers remplacé par des cannes d’aveugle.

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Park Minori

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MessageSujet: Re: Dix ans plus tard... PV Tomoya~   Mar 6 Fév - 18:15

► 23 Janvier 2018, aquarium
Dix ans plus tard...
Tomoya & Minori
Si Tomoya m’a fait comprendre que nous n’allions pas nous marier, que je devais cesser avec ces histoires et que je devais passer à autres choses… C’était simplement parce qu’il ne m’aimait pas. Mes sentiments le mettaient mal à l’aise et lui pesaient lourdement après toutes ces années. Je n’étais plus un enfant, j’étais en âge d’apprendre la réalité et c’est pourquoi les choses ce sont passées ainsi. C’est ce que j’ai toujours cru et c’est ce que je crois encore à ce jour. Après tout, pourquoi croirais-je autres choses? C’est la raison la plus simple, donc, selon la théorie du rasoir d’Ockham, ce serait la vraie. Je sais que la vie n’est pas toujours aussi simple que cette théorie, cela dit, mais… Pourquoi me repousser sinon? Pourquoi nous enlever une chance d’essayer de vivre quelque chose qui aurait pu nous rendre heureux? Quand on aime quelqu’un… on veut être avec cette personne… on veut pouvoir l’aimer paisiblement, passionnément, au gré de nos envies, sans se limiter parce que nos sentiments sont appréciés et… partagés? Dans le meilleur des mondes. C’était comme ça que je voyais les choses, lorsqu’adolescent. Aujourd’hui, je préfère ne pas trop penser à ce que c’est que d’aimer réellement quelqu’un. Ça facilite les choses pour réprimer ces envies folles et dangereuses qui tentent de refaire surface, ici et là.

Pensant cela, j’ai toujours cru que Tomoya met cette distance entre nous pour s’assurer que je ne … développe… pas à nouveau des sentiments pour lui. Afin de nous éviter l’embarras de revivre une conversation où il me dirait, cette fois, que je ne suis plus un enfant et que je suis donc en mesure de comprendre que mes sentiments n’ont pas de place dans notre relation. Il me le dirait probablement plus délicatement, mon ami prend toujours d’énormes pincettes avec moi. Je me demande parfois si ce n’est pas lui qui est aveugle et garde donc en tête l’image de moi où j’ai encore quinze ans… C’est sensé être moi l’aveugle, c’est donc moi qui ai comme dernière image de lui la tête qu’il avait au début de sa vingtaine. Je sais toutefois que nous avons tous deux changé et agis en conséquence… ou du moins, j’essaie de le faire. J’essaie d’agir comme je suis sensé le faire.

-« Ce n’est pas pour ça que j’ai dit ça. J’ai dit ça parce que quand tu étais jeune, tu voulais m’épouser et maintenant je suis ton potentiel témoin, je trouve que ça prouve l’importance que j’ai dans ta vie, c’est dans ce sens là que je l’ai dit, pas un autre du tout.  Tu sais … Je n’ai jamais pensé que tu allais finir par me courir après à nouveau, je sais que c’est le passé maintenant, ce n’est pas possible qu’il en soit autrement. »

-«Je me rappelle de ce que je voulais quand j’étais enfant, ne t’inquiète pas… Comment aurais-je pu oublier? » demandai-je avec un petit rire nerveux.

Ma question était limite ironique. Il y avait tant de choses que je n’arrivais pas à oublier, justement...

«  Tu as toujours été… comment dire… ? Spécial..? Pour moi… c’est donc normal que je veuille partager ça avec toi, non? »  ajoutai-je un peu maladroitement, cherchant mes mots.

Je me mordillai l’intérieur de la lèvre inférieure, hésitant à poser une question qui me démangeait pourtant, maintenant.

-« Pourquoi...? Pourquoi tu n’as jamais cru que je reviendrais vers toi? » demandai-je, affreusement nerveux puisque j’avais peur de me trahir avec cette question. « Après tout, tu te décris toi-même comme un séduisant jeune médecin! » ajoutai-je avec un petit rire forcé, pour feindre la détente.

Peu importe que nous nous fréquentions souvent ou qu’à quelques occasions par année, que nous nous parlions de vive voix ou par téléphone… Rien ne semble changer pour moi. Sinon que les choses sont plus intenses lorsque je peux sentir sa présence, plus difficiles à contenir quand je tiens sa main… la tête posée sur son épaule… que je m’enivre de son parfum et de sa chaleur…

-« Ton assistante doit savoir ce qu’elle fait, tu sais ? Je pense que même si elle rencontre un jour quelqu’un, elle doit savoir ce qu’elle fait et même si elle était bourrée quand elle a dit ça. Et je pense que pour le moment elle doit voir ça comme la seule solution également, je ne sais pas, tu en es venu à te dire que c’est une mauvaise idée peut-être qu’elle aussi en arrivera à cette conclusion également un jour.  Ou alors elle a des sentiments cachés pour toi. »

Je hochais doucement la tête, en l’écoutant me dire que mon assistante doit bien savoir ce qu’elle fait. En effet, Eunae n’est pas étourdie et irréfléchie. Si elle avait pensé à une autre solution, elle m’en aurait déjà fait part… J’arrêtai cependant, haussant plutôt un sourcil en l’entendant dire qu’elle avait peut-être des sentiments cachés pour moi. L’idée me causa un fou rire que j’eus du mal à calmer.

-« Non, non, non, non! Impossible! Il ne s’est jamais rien passé avec Eunae et il ne passera jamais rien. Ce serait comme faire de l’inceste et je suis plutôt sûr qu’elle partage mon avis, aujourd’hui. » le corrigeai-je en riant toujours.

J’en avais un peu mal aux joues à rire ainsi. Eunae… amoureuse de moi… non, c’était trop ridicule. Je me mordis les lèvres et finis par me calmer. J’expirai longuement, me calmant définitivement, puis repris plutôt mon fil d’idées. J’allais me marier pour faire plaisir à ma mère, c’est vrai, mais comme je ne considérais plus cette cérémonie comme si importante… Je n’y voyais pas tant d’inconvénients… Je ne voyais pas ce que ça changerait vraiment dans ma vie, ce mariage serait faux… donc, nous ferions semblant et c’est tout. J’avais surtout peur pour Eunae, de nuire à ses rêves romantiques de trouver la personne qui lui est destinée. Parce que cette personne n’aimerait peut-être pas avoir à attendre qu’elle soit divorcée…

-« Le mariage n’est pas nécessaire au bonheur … je comprends qu’on se marie mais à mes yeux c’est juste un bout de papier qui te donne plus de droit sur la personne que tu aimes certes mais ce n’est pas important.  Après tout est ce qu’on a besoin d’épouser une personne pour l’aimer ? Non on peut aimer passionnément une personne et ne jamais se marier avec pourtant. Et tu sais ta mère je pense qu’elle veut juste que tu sois heureux et qu’une autre personne prenne soin de toi.  Mais te marier pour lui faire plaisir, tu te rends compte ?  Tu vas lier ta vie pour toujours à une personne que tu n’aimeras jamais.  Oui tu as du respect pour ton assistante je m’en doute parce que sinon tu n’aurais pas tout ses remords à la lier à toi pour toute son existence pour un mariage qui n’aura de mariage que de nom. »

Je reposai ma tête sur son épaule, me retenant de ne pas soupirer. En effet, on pouvait aimer passionnément sans se marier… et ce n’était qu’un bout de papier qui donnait presque des droits de propriétés de soi à une autre personne. C’est fou quand-même.

-« Je sais bien que les gens peuvent s’aimer et ne pas se marier… mais dans notre culture, c’est la norme de se marier… Ma mère est très ouverte et plutôt moderne sur plusieurs choses, pour ça… Elle reste vieux jeu… Elle voit ça comme… un filet de sécurité. Selon elle, un époux ou une épouse est sensé rester à tes côtés peu importe ce qui arrive, c’est plus implicite dans les termes de la relation. Il est supposément et légalement plus difficile de divorcer que de rompre aussi… C’est vraiment juste une question de sécurité… Savoir que quelqu’un sera à mes côtés et prendra soin de moi, oui… Mais surtout savoir que cette personne s’est engagée à être près de moi pour le reste de ma vie, peu importe ce qui arrive… qu’on ne me laissera pas tomber... et que cette personne sera prise au sérieux, tout en ayant les droits, par le personnel médical, s’il m’arrive quelque chose et qu’elle doit faire des choix à ma place. » expliquai-je tranquillement, me rappelant des arguments infinis que ma mère trouvait toujours pour me couper et donc… comment elle avait fini par me faire promettre. « Je n’aimerai jamais Eunae d’amour, je le sais… mon affection pour elle est de l’ordre amical ou fraternel, à la limite… mais je lui fais confiance et c’est ce qui compte. Ce sera un mariage de raison, si ça a vraiment lieu, pas un mariage d’amour… Si je me marie vraiment à mes 30 ans, ce ne sera pas parce que j’ai trouvé la bonne personne et que nous avons décidé de célébrer ça avec nos familles… Ce sera parce que j’ai atteint l’âge de ma promesse et que je dois la tenir… mais nous avons mis quelques conditions, Eunae et moi… et comme c’est dans cinq ans, si ça se trouve, sa situation aura changé et elle ne sera plus libre. C’est pourquoi j’ai quelques remords.. mais que je me dis que rien n’est scellé encore. » admis-je en hausssant doucement les épaules à la fin.

Les promesses faites à ma mère et Eunae me tracassaient, je ne peux le nier… Je ne voulais pas laisser ce problème au Minori du futur, qui, dans cinq ans, se retrouverait avec ce problème à régler au plus vite et ferait donc probablement n’importe quoi de désespéré… Je devais commencer à y penser maintenant, mais je n’avais pas à m’en inquiéter autant pour le moment… Je pouvais donc me calmer un peu et juste… commencer à envisager les choses pour les préparer lentement, très lentement puisque j’avais du temps devant moi et que rien n’était définitif avec ma fausse fiancée encore. Je finis par lui admettre qu’il aurait pu être la malheureuse victime d’une proposition par appel alcoolisé, chose qui aurait quand-même pu être drôle. Après tout, je suis amusant lorsque je suis saoul! Mais comme Tomoya m’a fait comprendre que nous ne marirons jamais ensemble, il y a des années de cela, ça aurait aussi pu paraître pathétique de revenir vers lui avec ça, non? Même si ce n’était, en apparences, pas pour les mêmes raisons.

-« Je vois bien le genre en effet. »

Un petit rire m’échappa en pensant aux choses stupides que j’aurais pu déballer au téléphone.

-« Tu sais, je pense que j’aurais été capable d’accepter … C’est étrange hein ? Oui j’avoue que ça l’est pour moi aussi. Mais si tu avais fini par m’appeler et me le proposer j’aurais été capable d’accepter parce qu’en fait je suis certain dans le fond, que ça ne surprendrait personne qu’on finisse par être un couple toi et moi. Nos relations ont toujours été bonnes et nous sommes très attachés l’un à l’autre en réalité donc je pense que ça n’aurait étonné personne dans nos entourages.  Et comme je ne veux pas me marier, me marier avec mon ami d’enfance ça aurait été sans doute la réponse à mes questions.  Je n’aurais certainement pas été découragé par le fait que tu me demandes, j’aurais été fier que tu vois en moi un mari idéal pour toi.  J’aurais été fier d’accepter que tu veuilles de moi, même si c’est pour un mariage fictif. »

-« J’ai des remords à l’idée de représenter un obstacle dans la vie amoureuse de mon assistante, si nous nous marions… Ce serait pire si c’était toi… » admis-je avec un petit rire nerveux. « Eunae est très romantique… elle croit qu’on a tous une personne qui nous est destinée, quelque part… Je ne veux pas lui faire rater cette personne qu’elle cherche et je serais le pire des amis d’enfance si je te faisais passer à côté de cette personne, non? Pour moi… tu aurais pu être la solution parfaite, c’est vrai… Mais pour toi, tout comme Eunae, ce n’est pas la bonne solution… si elle a raison ~ » ajoutai-je sincèrement, mais avec beaucoup d’hésitations, craignant de trop en dévoiler.

Je venais quand-même de lui dire qu’un mariage avec lui serait parfait, en quelques sortes… J’avais peur que cela n’en dise trop sur ces sentiments que je muselais de toutes mes forces et que je tentais moi-même d’ignorer. Je ne lui aurais jamais dit ce genre de choses, s’il ne m’avait pas dit qu’il aurait accepté… Je continuai ensuite plutôt, admettant ne pas chercher la supposée bonne personne pour moi. Je ne cherche pas non plus activement la personne qui pourra remplacer Eunae, si nous changeons définitivement d’avis ou si une des conditions se voit brisée.

-« Je sais que comme moi tu es heureux de la manière que tu vis sans doute.  Et je pense que la vie cherche les limites de chacun ici-bas, je suis pareil que toi, et je pense que comme toi j’en suis dans des questionnements sur ma vie et ce que je vais finir par en faire … En tout au niveau amoureux c’est le cas parce que professionnellement je fais le métier que j’aime, et je sais ce que je veux déjà.  Par contre amoureusement c’est une autre histoire, je sais que je vais finir par devoir faire des choses, et comme toi ma mère me pousse à me fixer également. Et je sais qu’elle en est malheureuse de me voir seul comme pour la tienne.  Tu as intérêt parce qu’il n’y a pas de raison que tu te sous estimes, tu es parfait. »

J’acquiesçai en hochant doucement la tête, ma vie me plaît bien, présentement. Comme celle de tout le monde, elle pourrait être améliorée, mais je n’ai pas à me plaindre spécialement. Les jours les plus sombres semblent être derrière moi et je saurai traverser les prochaines tempêtes aussi. Je fus surpris de l’entendre me dire qu’il devrait faire des changements au niveau amoureux de sa vie. Après tout, nous ne parlons.. jamais de cet aspect de notre vie. C’était devenu un tabou, en quelques sortes, j’ai l’impression… Je me demandais ce qui le poussait à vouloir changer quelque chose. Vu combien il semblait trouver exagéré que je ne me marie, pour faire plaisir à ma mère, je doutais qu’il voulait du changement pour faire plaisir à sa mère. Ce ne serait qu’un effet secondaire plaisant. J’étais triste à l’idée qu’il ait finalement rencontré quelqu’un pour qui il pouvait nourrir des sentiments… comme moi j’en avais toujours nourri pour lui. Cela dit, je ne pouvais pas lui dire ça. Je ne pouvais que l’encourager à aller de l’avant et à trouver son bonheur… Peu importe où ce bonheur se trouve. Peut-être que de le savoir amoureux d’une autre personne m’aidera à finalement passer à autres choses. Mes chances seraient définitivement mortes et enterrées, s’il aime quelqu’un d’autre, non? Mon coeur se serra douloureusement à cette pensée. Je me mordis les lèvres et serrai le poing de ma main libre. J’inspirai et expirai tranquillement, cherchant à me calmer pour répondre normalement.

-« Tu as finalement rencontré quelqu’un qui te plaît? Un parent célibataire d’un de tes patients? » demandai-je avec un petit rire affreusement nerveux. « Qu’est-ce qui pourrait  bien te pousser à vouloir y changer quelque chose, sinon? Et que vas-tu devoir faire? » demandai-je tout naturellement.

Je lui posais la question avec l’intention de l’aider, si je le pouvais… même si le résultat serait de le pousser dans les bras de la personne la plus chanceuse du monde. Personne qui n’a jamais été moi. Puisque nous en étions aux aveux d’ordre romantique au sujet de nos vies, je lui admis qu’on m’avait fait une proposition qui aurait pu régler mon problème de promesse. Après tout, même si je n’ai pas compris pourquoi Diederich en est venu à me faire cette demande, alors que je ne lui ai jamais dit ces mots si simples mais pourtant si lourds que sont : « Je t’aime »… Je sais que ses sentiments étaient sincères et forts. Il savait probablement que j’allais refuser, il me connaissait malgré tout… mais l’espoir de partager ce lien spécial et de me convaincre de rester avec lui ont dû être plus fort que la raison. Je sais que j’aurais eu un mari aimant et compréhensif, si j’avais accepté. Mais si je l’avais fait, je ne crois pas que j’aurais pu refaire face à mes proches ou à ma vie, ni à Diederich, d’ailleurs. Il aurait toujours espérer que mes sentiments ne se développent finalement pour être à la hauteur des siens, mais le problème n’est pas que je n’arrive pas à éprouver des sentiments aussi forts… C’est justement que j’y arrive, mais pour une autre personne. Cette personne m’écoutait d’ailleurs, en silence, ne disant absolument aucun mot sur cette histoire. Se disait-il que j’avais été idiot de ne pas accepter un mariage d’amour? Plutôt que d’accepter un mariage de raison avec mon assistante. Je ne sais pas trop, mais je ne regrettais quand-même pas de le lui avoir partagé. Je sais que je suis une personne qu’on peut aimer, comme tout le monde.. j’ai essayé quelques fois, même si je n’en parle pas. Donc, il n’avait pas à s’inquiéter que je n’avais pas de relations parce que je pensais être un être contre nature que personne ne pourra jamais aimer. Ce n’est pas du tout la raison de mes échecs amoureux.

Tomoya me partagea ce qui devait être une des raisons les plus importantes, je crois, de son comportement avec moi, mais aussi avec les autres. Je pouvais comprendre qu’il avait cette peur d’être abandonné… J’ai tout de même eu longtemps peur d’embrasser une personne du même sexe pendant un temps… Tout comme j’avais eu peur d’admettre mon intersexualité… et comme tant d’autres peurs que j’ai pu avoir par le passé. Certains événements peuvent avoir une force et une intensité terrorisante qu’on ne peut pas balayer simplement de la main. Je tentai donc de le rassurer, lui disant qu’il n’avait pas à avoir peur à mon sujet. Je ne disparaîtrai pas à nouveau et lui demandai plutôt d’être naturel avec moi, même si j’avais hésité un moment, dans mes réflexions à ce sujet.

-« Je te promets que je vais essayer de ne plus ressentir ça … Tu as raison depuis le temps je devrais plus ressentir ça mais je n’y peux rien, en fait on a jamais réellement pu reparler de tout ça depuis le temps.  A présent je comprends que je n’ai pas de raison de prendre des pincettes avec toi, je vais me laisser plus aller avec toi … Et puis tu m’as manqué, j’ai envie de te câliner moi bon certainement pas à ne t’en tuer quand même pas et dit toi que je suis médecin, je te ferais du bouche-à-bouche pour te sauver ne t’en fais pas. »

Je souris, content d’entendre enfin cette promesse. Après toutes ces années, il était bien temps de cesser de s’en formaliser ainsi et de se faire du mal avec ça.

-« On n’a jamais vraiment osé en reparler, je crois… parce qu’on aurait pu le faire avant.. » lui partageai-je, réfléchissant à voix haute alors qu’il continuait.

Je me demandais ce que ça donnera… un Tomoya qui se laisse plus aller avec moi. Ça fait si longtemps que ce n’est pas arrivé. Je ris lorsqu’il dit qu’il me ferait le bouche-à-bouche et pensai que ça me donnait presque envie d’être étouffé, tout d’un coup.

-« C’est pour ça que tu as fait médecine, en réalité? Pour pouvoir faire des bouche-à-bouche professionnels et pour pouvoir déchirer les chemises des gens afin de leur faire des massages cardiaques qui te permettent de les tripoter? » demandai-je en riant, le taquinant tout simplement.

Après une hésitation qui s’était déroulé alors que je lui disais ces idioties, je lâchai doucement sa main que je tenais pourtant jusqu’ici. Je me redressai et me tournai un peu plus vers lui, pour ensuite chercher ses bras, à tâtons. Je pris délicatement ses avants-bras et les passai autour de ma taille, avant de me rapprocher et de passer mes bras autour de ses épaules. Je vins nicher mon visage contre son cou et fermai les yeux. Je pris une grande inspiration, respirant le bonheur innocent qui se mélangeait à son parfum.

-« Voilà…! si tu veux faire quelque chose… fais-le… sinon, quelqu’un d’autre finira par le faire à ta place~ » murmurai-je avec un petit rire.

Il disait qu’il voulait me câliner, mais il n’avait pas bougé. J’avais donc pris l’initiative de venir le serrer dans mes bras. Cela dit, ce n’est pas comme si c’était quelque chose qui me demandait un effort considérable. J’en avais envie, moi aussi… et comme je n’avais pas envie qu’il ne change d’avis et ne le fasse pas… je l’avais fait. Je le serrai doucement avec tendresse, puis un peu plus fort. Si Tomoya redevenait vraiment naturel avec moi… je retrouverais cet ami de toujours et pas que son ombre. C’était cet ami, cette personne que j’avais voulu épouser, cette personne qui m’était plus chère que tout que je serrais dans mes bras.

-« Tu m’as manqué aussi… » finis-je par murmurer, après un petit moment, avant de déposer l’ombre d’un baiser contre son cou.

Je n’avais pas osé lever la tête pour tenter d’embrasser sa joue, geste qui aurait être plus «amical»… j’aurais été beaucoup trop gêné si Tomoya aurait tourné la tête à ce moment et que je l’aurais donc embrassé par accident, ne voyant pas son mouvement. Mon visage étant près de son cou, c’est là que mes lèvres s’étaient à peine posées. Sentant mon coeur battre comme un dément dans ma cage thoracique, je m’inquiétai que Tomoya ne puisse le sentir aussi et rompu donc l’étreinte. Je lui fis un petit sourire, puis repris ma position de plus tôt, soit mon bras sous le sien et ma main revint naturellement quémander la sienne. Je reposai ma tête sur son épaule et soupirai d’aise. Sachant combien ses câlins sont agréables, j’étais encor une fois jaloux de la personne qui occupera son coeur et pour qui il passera outre ses plus grandes peurs. Je l’encourageais quand-même à trouver celui ou celle qui fera battre son coeur comme le mien avec un simple câlin… Je me permis même d’ajouter une petite blague stupide, cherchant à me remettre de mes propres émotions qui s’étaient enflammées dans ses bras.

-« Je sais que je ne devrais pas m’inquiéter mais je sais aussi que ce que je viens de te dire je le pense.  Une personne qui fait partie de ma vie, devra t’accepter c’est comme ça et pas autrement. Et oui je sais bien que tu contrôles pas tes charmes mais si une personne avec moi finirait par craquer sur toi c’est que tout simplement la personne ne serait pas pour moi.  Et mes sentiments ne sont pas louables, je les trouve égoïste.  En réalité j’ai parfois l’impression de me donner des raisons pour ne pas me laisser aimer … Ma peur est certes une raison mais j’ai parfois l’impression de me donner une raison toute trouvée. Oui je suis un enfant abandonné, oui je suis marqué à jamais par ça mais je pense que pas que ce ne soit que ça … En fait je sais plus … Je suis un peu perdu dans tout ça, trop de sentiments contradictoires, trop de choses que je ressens qui m’empêchent de réfléchir posément. J’ai l’impression de me retrouver à une croisée des chemins et que je dois prendre une décision finale … Soit je continue ainsi … Soit je me prends en main pour la personne que j’aime. »

Mon coeur se serra douloureusement. Ainsi, il aimait quelqu'un... Je me demandais quel genre de personne avait pu réussir à entrer dans son coeur. Qu'est-ce qu'elle avait qui me manquait si cruellement? Qu'est-ce qui la rendait plus spéciale que moi? Qu'est-ce qu'elle faisait que j'aurais dû faire?

-« Tu sais bien que je te taquinais, n’est-ce pas? La personne qui t’aimera ne te quittera pas pour moi, voyons! » répondis-je d’abord avec un sourire rieur.

Nous nous ressemblons sur certains points, mais sommes différents. Une personne aimant Tomoya pourrait donc m’apprécier, mais m’aimer? Je ne crois pas et puis, ce n’est pas comme si ça m’intéressait, de toutes manières… Je restai silencieux sur le reste, prenant un court instant pour y réfléchir et savoir comment lui répondre correctement.

-« En effet… c’est facile de se cacher derrière des peurs et de se bloquer soi-même comme ça… Tout le monde le fait… Je le fais aussi. Je l’ai fait plusieurs fois par le passé aussi, mais finalement passer outre ces peurs m’a toujours permis d’avancer, d’une manière ou d’une autre… Après tout, on dit qu’il faut tomber pour apprendre à marcher… donc, même si passer outre une peur peut faire mal, on apprend et on en guérit, puis on avance… » répondis-je honnêtement, sur un ton posé.

Je ne le jugeais pas, je ne le traitais pas de lâche. C’est humain et normal d’avoir peur et d’ainsi se bloquer. Ce n’est pas tant ça qui nous définit, selon moi, mais… notre façon d’y réagir et ce qu’on décide d’en faire.

-« Ce n’est pas pour une autre personne que tu dois te prendre en main, tu sais? C’est pour toi-même, en premier lieu. Parce que tu as envie de le faire… Un changement fait pour une autre personne, dont on n’a pas réellement envie, ne dure pas longtemps… et il se transforme en rancune envers la personne, puisqu’on a l’impression qu’elle nous a forcé à faire quelque chose contre notre gré. Donc.. ça doit venir de toi et être… pour toi, en premier. » répondis-je, toujours aussi sincère et calme.

Il ne sert à rien de tenter de se forcer à aller contre sa propre nature pour les autres, au final… on n’est généralement pas bien avec le changement et l’affection de base se transforme en sentiments contraires. Je serais triste de voir Tomoya commencer à détester cette personne qui doit être bien… spéciale… Je ne sais pas comment je prendrai l’idée de le ou la rencontrer, un jour… J’imagine que ce sera une expérience qui ressemblera un peu à quand j’ai «revu» Tomoya après être devenu aveugle… Je garderai un sourire forcé pour les apparences et ferai comme si tout va bien dans le meilleur des mondes… pour mieux me retirer avec une histoire bidon et aller craquer ailleurs. Cette claque sera brûlante… peut-être qu’elle le sera assez pour aider mes sentiments à se volatiliser… et qu’après, je réussirai à être sincèrement heureux pour lui…

Tomoya s’emporta, d’après ce que je compris, quand je lui expliquai pourquoi il avait bien fait de me repousser. Je croyais que cela lui avait évité des complications, j’étais honnête. Ça m’en a causé toute ma vie, j’ai vu comment les gens traitaient différemment mes amis, j’ai entendu trop de commentaires et j’ai expérimenté trop de choses pour penser naïvement que sortir avec moi est comme sortir avec n’importe qui. Quand on est aveugle, on se retrouve dans la case «handicapé sensoriel», ça va… ce n’est pas la pire. Les gens n’ont pas l’air trop bizarre ou désespérés de sortir avec un handicapé de ce genre. Quand on est intersexuel… c’est autre chose. Les gens qui nous fréquentent ont l’air d’avoir une déviance sexuelle bizarre, apparemment. Tout ça parce que mes organes internes et mes hormones sont différents… Si je ne le disais pas, personne ne le saurait. Personne ne jugerait. Alors pourquoi ne pas me taire? Parce que c’est mentir, aux autres, mais surtout à moi-même. Que ça plaise ou non aux gens, je ne suis ni un homme, ni une femme. Je ne me sens pas réellement comme l’un ou l’autre non plus, je n’ai pas envie de me coller définitivement une étiquette de genre pour me fondre dans le moule. Je suis intersexuel et même si cela m’attire de mauvais regards ou autres choses dont je ne préfère même pas parlé, c’est comme ça et j’en suis fier. Je ne suis pas fier de tout ce que j’ai accompli, mais je suis fier de ma personne en général. Mais il vrai que les complications qui viennent avec ce que je suis me poussent à ne pas vouloir laisser les gens s’approcher sentimentalement. Je me fiche de ce qu’on peut me dire ou me faire, mais je ne veux pas que les autres subissent la même chose. Je veux les en protéger, en quelques sortes.

-« Les gens sont des abrutis … Ils se permettent de juger des choses qui ne les regarde pas. JE suis triste d’apprendre que ton amie se soit sentie si mal et si triste qu’au final elle a fini par perdre la personne qu’elle aime parce que les gens sont des débiles intolérants qui jugent des relations qu’ils ne connaissent pas. Tu sais … Je sais que tu as cette peur aussi enfin du moins je m’en doute non ? Sinon tu ne m’aurais pas raconté l’histoire de ton amie … Mais je trouve que c’est dommage que tu te freines comme ça. Et si la personne t’aimait, si elle était folle de toi … que ferais tu ? Tu t’empêcherais de l’aimer par peur de lui attirer des problèmes ? »

Je restai silencieux un moment. En effet… Ça me fait peur. Je ne veux pas qu’une personne ne souffre par ma faute, moi non plus… et les commentaires malicieux ont déjà eu raison de quelques-unes de mes courtes relations, il faut l’admettre. J’allais finalement lui répondre, mais il ajouta quelque chose qui me laissa muet.

-« Et si je tombais amoureux de toi ? Tu me repousserais ? Tu en serais réellement capable ? »

Il devait me dire n’importe quoi, il était saoul, il venait de tomber sur la tête ou je ne sais quoi. Je ne pouvais pas être la personne qu’il aimait! Je baissai la tête en rougissant, ne sachant pas quoi dire. Je restai silencieux à nouveau, j’avais besoin de plus que quelques secondes pour lui répondre sur des choses aussi sensibles. Je lui proposai donc plutôt que nous reprenions la visite, cela me permettrait de réfléchir… un peu plus… calmement. Je continuai à garder sa main dans la mienne, je ne changeai rien de mon comportement… comme toujours. Cela ne changeait pas que ses mots ne cessaient pas de se répéter dans ma tête, même si j’écoutais distraitement, à présent, les descriptions qu’il me faisait. Je lui partageai que la petite bouille des tortues me manquait, chose qui était vraie.

-« Oui elles sont très jolies, les plus mignonnes de l’aquarium mais je trouve que ça a une tête amusante les tortues en générale. »

Je ne peux nier qu’elles ont souvent une drôle de tête… J’acquiesçai donc avec un petit rire, m’imaginant toutes sortes de tortues adorables et drôles. Je ne dis rien de plus puisque je cherchais toujours comment répondre, en réalité, aux questions de plus tôt… Cela m’empêchait un peu de pleinement profiter de mes petites tortues chéries, je dois l’admettre… mais ce n’était pas ce qui me perturbait le plus. Cherchant à ce que le silence ne devienne pas lourd, puisque j’étais toujours perdu dans mes pensées, j’invitai mon ami à la petite fête que je compte faire en février. Pour le moment, la date n’est pas fixée, mais l’idée me fait déjà rire.

-« Ce n’est pas bizarre de vouloir fêter ça ? Mais oui pourquoi pas en tout cas si je suis invité, je viendrais je te le promets. Même si je pense que je me cognerais mais rassure toi si il y a des blessés je me tacherais de les soigner si besoin après tout autant que le fait que je sois médecin te sois utile tu ne crois pas ? »

-« Peut-être… mais c’est ma manière de transformer un événement tragique en quelque chose d’agréable et de montrer à la vie que je l’ai vaincu sur ce coup-là! Il n’y aura pas de blessés, donc pas de travail pour toi, tout ira bien! Puis… l’autre anniversaire que ce pourrait être sinon serait encore plus étrange à célébrer en groupe! » admis-je avec un petit rire.

Je me demande bien comment on est sensé célébrer son premier baiser homosexuel avec ses amis… Ça donne une grosse fête où toutes les personnes de même sexe s’embrassent?

-« Des batailles de cannes-épées tu as une large avance sur nous quand même donc tu vas largement gagner je pense … »

-« Des années de pratique qui me serviront enfin à quelque chose! » répondis-je, franchement amusé par l’idée.

J’esquissai un sourire rieur, puis serrai un peu plus la main de Tomoya dans la mienne. Je ne pouvais pas passer toute notre visite comme ça… à ne pas savoir s’il disait n’importe quoi… à sentir mon coeur battre si fort que je craignais la crise cardiaque tôt ou tard… Je me mordillai la lèvre inférieure et attendit que les bruits de pas des autres visiteurs ne s’éloignent. Je ne voyais pas les autres gens, mais leurs présences ne m’étaient pas inconnue pour autant.

-« Tu sais, Tomoya… à propos de ce que tu m’as demandé… C’est vrai que c’est quelque chose qui me fait peur… » commençai-je avec hésitation, d’une voix manquant d’assurance. « Je crois que lorsqu’on aime quelqu’un… on veut protéger cette personne des cruautés de ce monde… Je sais que je suis une bonne personne et que je ne suis pas cruel, je sais que je suis très aimant et pleins de choses… Mais je sais aussi que je ne suis pas tout puissant, que je ne pourrais pas protéger la personne que j’aime des retombées négatives qu’il peut y avoir à être avec moi… Tu as peur de blesser la personne que tu aimerais, moi… j’ai peur de ne pas pouvoir protéger cette personne des blessures que les autres pourraient lui infliger par ma faute, tu comprends? » tentai-je d’expliquer, cherchant un peu mes formulations.

Je fis une pause, cherchant à me calmer puisque ma gorge se serrait doucement en repensant à ce que je devais répondre ensuite. Est-ce que je le repousserais? Ce serait la bonne chose à faire… Est-ce que j’en serais réellement capable? C’est une question à laquelle je ne peux pas répondre puisque je ne le sais pas… Je suis d’une obstination sans bornes, parfois… mais il s’agit de Tomoya… donc de la personne qui peut me faire faire n’importe quoi… mais aussi de la personne que je veux le plus protéger.

-« Pour la suite… je vais te répondre comme une personne sage m’a dit lors d’une soirée arrosée: Depuis le temps que nous nous connaissons… si tu devais tomber amoureux de moi, ce serait déjà arrivé il y a longtemps… non? Or, ça n’a jamais été le cas, donc… tu n’as pas à t’inquiéter… » dis-je avec un petit sourire triste.

Je n’étais pas certain d’être d’avis que parce que nous nous connaissons depuis longtemps, ça aurait déjà dû arriver. Les gens changent, se développent, vieillissent… les sentiments peuvent pointer le bout de leur nez n’importe quand. Mais bon, je préfère me dire que si Tomoya devait m’aimer… ça ferait longtemps qu’il le ferait déjà et, surtout, que ça se saurait! Il ne m’a jamais dit m’aimer comme ça, donc, ce n’est pas le cas… et si je me répète cette phrase de Eunae, je peux tenter de me convaincre de passer à autres choses.
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Kim Tomoya

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MessageSujet: Re: Dix ans plus tard... PV Tomoya~   Jeu 8 Fév - 3:05

► Janvier 2018, aquarium
Dix ans plus tard...
Tomoya & Minori


Si seulement c'était aussi simple que ça, je peux dire que j'en serais très heureux mais même pas. Je t'avais repoussé par parce que je voulais pas de toi, pas parce que je ne t'aimais pas mais parce que je ne voulais pas te briser tes ailes alors que tu étais à l'âge où elle se dépliait à peine et où allait venir le moment où tu les déplorais pour t'envoler loin de moi et de ta vie, pour faire ta propre vie. Si j'avais su je n’aurais pas agi ainsi parce que la vie m'avait montré par la suite que c'était pas ton destin de t'envoler librement en te privant de ton sens de la vue. Est-ce que je m'en suis voulu bien entendu que je me suis posé une tonne de « Et si ... » si j'avais fait telle ou telle chose aurais tu perdu la vue ce jour-là ? Bien sûr que j'y avais pensé mais avais-je eu tort de vouloir que tu fasses tes expériences de ton coté et que si jamais la vie décidait que l'on était destiné à un truc un jour, elle ferait en sorte que l'on en ait l'opportunité. J'avais certes pas facilité les choses pour que ça arrive un jour, je t'avais réellement lancé tous les signes extérieurs qui te montraient clairement que jamais je ne pourrais me mettre avec toi, que je ne pourrais pas t'aimer réellement mais j'avais eu tort et ça c'était l'erreur de ma vie, et je devais vivre avec tous les jours de ma vie et même si ça me faisait mal, même si t'imaginer parfois vivre ta vie voir des gens me tuait, je ne pouvais à présent que m'en prendre à moi-même et assumer mes mots d'il y a dix ans. Quand tu me rappelas que tu savais ce que tu voulais quand tu étais enfant et que tu ne pouvais pas l'oublier je souris un peu en disant

" Je n’ai jamais dit que tu avais oublié je crois que ni toi ni moi n'en sont véritablement capable … Faire une croix sur une partie si importante de nos vies mutuelles c'est comme si on reniait nos vies passées. Et d'accord je n’ai pas de logique par moment mais je chéris ces moments où tu voulais m'épouser malgré tout, parce que chaque souvenir était heureux. " je laisse passer un petit rire avant de te dire  " Tu es aussi spécial pour moi … Et pas seulement parce qu'on a grandi ensemble, parce que nous sommes des amis d'enfance comme il est coutume de dire dans une relation comme la nôtre. Non tu es vraiment spécial … "

J'aurais très bien pu te dire que oui tu étais spécial et pourquoi mais à quoi bon tout compliqué c'était sans doute mieux ainsi. Je devais parvenir à effacer et oublier ce que je ressentais pour toi même si ce n’était pas évident ou tout simplement agir pour que ça ne soit pas des sentiments cachés et te les dire. Je t'observais lorsque tu me parlas et je souris en t'entendant me dire. Pourquoi n'avais-je jamais cru que tu reviendrais vers moi ? Surtout si j'étais un séduisant jeune médecin. Je ne pus m'empêchais de rire à ces mots que tu reprenais contre moi et que je t'avais moi-même dit un peu plus tôt.

" Un Séduisant jeune médecin … Ah oui c'est vrai. J'avais oublié le fantasme de la blouse blanche pour certains mais bon je suis spécialisé en enfants, il est rare que mes patients tombent amoureux ou amoureuses de moi enfin si j'ai eu des « quand je serai grand ou grande je vais me marier avec vous docteur » mais ce sont des enfants de jeunes âges qui me disent ça, donc j'y fait plus gaffe. Surtout quand c'est des enfants je les aime dans mon métier mais pas à ce point-là encore …" Te dis-je avec un énorme sérieux d'autant qu'il m'était arrivé malheureusement des fois de devoir soigner des enfants qui avaient vécu des choses horribles et c'était le genre de patients en tant que médecin qu'on oublie jamais.  

Nous avions continué à discuter toi et moi, parlant de ce mariage fictif dont l'idée ne m'emballaient pas réellement et j'en étais malgré ça arrivé à défendre ton assistante qui de ce que j'avais compris sur elle semblait être une femme sensé qui savait ce qu'elle faisait et surtout tu semblais travailler avec elle depuis longtemps, cela me poussait encore plus à penser qu'elle était une personne digne de confiance pour toi et surtout extrêmement gentille vu qu'elle avait quand même visiblement accepter de t'épouser. Et j'avais même fini par dire que peut-être avait-elle des sentiments cachés pour toi mais ta réaction m'obligea à rire ouvertement sans me retenir, d'une telle véhémence de ta part, ce qui prouvait que tu tenais réellement à ton assistante et qu'elle était plus qu'une simple employée pour toi. Je te dis alors en douceur

" Ce sont des choses qui arrivent parfois tu travailles avec des gens et tes relations qui devaient être que professionnelle évoluent en véritable amitié. Je connais ça dans mon travail également. Enfin là non c'est visiblement comme une petite sœur pour toi … je suis curieux de rencontrer cette jeune femme elle m'a l'air intéressante. "

Je te regardais rire toi aussi, en souriant amusé de te voir ainsi aussi amusé par une idée que j'avais plus dit pour rire qu’en le pensant réellement. Je savais que tu n'étais pas du genre à prendre ton assistante comme maîtresse en réalité sans doute parce que tu avais visiblement trouvé une perle rare avec qui tu travaillais en osmose. Et ça me rendait vraiment très curieux envers ce petit bout de femme qui partageait ta vie et qui semblait t'aimait tellement qu'elle acceptait d'être ta femme que de nom. Oui j'étais curieux et je la jalousais aussi un peu voire beaucoup. Quand tu continues à parler du mariage alors que je t'avais dit qu'à mes yeux c'était pas une obligation je souris un peu de te voir dire des choses pareilles, je n’aurais jamais pensé que tu étais le genre à apprécier de briser ta liberté pour faire plaisir à une société dont l'hypocrisie était sans nom à mes yeux.

Je travaillais dans un hôpital et je voyais des patients dans des états pas possibles, juste parce qu'ils étaient différents des autres, ou bien tout simplement parce que c'était une jeune femme qui s'était fait belle pour sortir avec ses amis et qui avait eu le malheur de rencontrer un homme ou des hommes dont le non ne faisait pas parti du vocabulaire. J'avais appris à vivre dans cette société hypocrite qui se permettait de juger des gens parce qu'ils étaient homosexuels, juste parce que dans la bible c'était Adam et Eve les premiers hommes sur terre et pas Adam et Adam ou Eve et Eve mais Dieu n'avait-il pas dit aimer vous les uns les autres ? En quoi rejeter une personne sous prétexte qu'on ne comprend pas sa sexualité suivait ce dicton de la bible et montrait qu'on était un être tolérant et chrétien ? C'était sans doute pour ça que je vivais ma vie pour moi en m'en moquant de ce qu'on pensait de moi. J'étais un être fait de chair et de sang, et Dieu m'avait mis sur Terre pour faire des erreurs, je n'étais pas parfait et j'en avais conscience. Oui je n'étais pas l'homme de l'année, je n'avais pas de leçon à donner à personne sur ce qu'ils devaient faire ou pas ? Mais j'avais conscience de mon imperfection moi contrairement à la majorité de la société.

Quand tu me dis que tu avais conscience que le mariage n'était pas une obligation mais que ta mère voit les choses autrement et que pour elle tu veux faire les choses bien. Que pour la rassurer sur ton sort futur tu étais prêt à te marier afin qu'elle soit enfin sûr que tu ne seras plus jamais triste, que tu auras alors une personne qui prendra soin de toi, qui t'aider à faire des choses plus aisément … je compris que oui tu avais raison mais pourquoi fallait-il que ce soit cette Eunae que tu choisisses pour ce job, je me demandais réellement ce que j'en pensais réellement. Enfin non je savais que cette idée ne me plaisait pas mais même si je te donnais des raisons de repousser cette idée, je ne te disais clairement pas que pour moi ce n'étais pas la bonne solution. Je te laissais vivre ta vie de la manière que toi tu le voulais. Oui tu n'aimais pas ton assistante d'amour mais ça n'empêchait pas que je n'aimais pas cette idée que tu l'épouses elle et que je ne puisse rien faire pour te faire changer d'avis. Enfin si j'avais bien une ou deux idées de quoi faire pour te faire changer d'idées mais je n'étais pas prêt à me lancer encore. Je te dis alors

" Bien sûr que rien n'est fait mais tes remords viennent du fait que tu es attaché à ton assistante et que tu as l'impression de lui gâcher la vie en la faisant promettre de t'épouser ainsi parce qu'elle t'a dit qu'elle était du genre romantique à rêver d'un grand mariage en blanc … C'est humain les doutes tu sais ou alors peut être que tu sais toi même que bien que ce soit pour ta mère que tu fais cette promesse c'est peut-être pas forcément la bonne solution … "

Après tout je pouvais pas savoir, je ne faisais que des spéculations et j'essayais de ne pas te montrer que j'étais jaloux par cette mauvaise idée à mon sens. Oui je savais que tu étais un homme de parole ça j'en avais toujours eu conscience après tout ce rendez-vous aujourd'hui, bien qu'une promesse de ma part, en était tout de même la preuve. Si je ne t'avais pas fait cette promesse que tu m'avais arraché, nous ne serions pas aujourd'hui dans cet immense aquarium à rendre visite aux poissons et autres créatures maritimes. Et que tu irais au bout des choses et même si là présentement tu te cherchais des raisons pour ne pas aller jusqu'au mariage. Je te regardais alors que tu me disais que tu ne voulais pas être un obstacle dans la vie amoureuse et que ce serait pire si tu te mariais avec moi, quand je t'avais moi-même avoué que j'aurais sans doute été capable d'accepter si tu me l'avais proposé et c'était vrai mais je voyais pas en quoi tu serais un obstacle. Quand tu continuas ton récit, je compris alors où tu voulais en venir, tu avais l'impression que même si l'idée d’une personne destinée à toi était stupide, tu semblais penser que pour moi c'était une réalité. Je souris tendrement en t'entendant me dire ses mots puis je fini par te dire

" Mais justement qui te dis que je n'ai pas déjà rencontré cette personne ? Après tout j'aurais très bien pu être amoureux et ne rien t'en dire parce que je n'étais pas encore prêt à le dire à haute voix parce que dire que j'aime cette personne c'est dire que je me sens prêt à construire une chose sérieuse avec lui … Et ça je refuse de le dire … Enfin non je refuse de lui faire çà. J'ai trop de chose à changer pour le moment sur moi-même. " Je te regarde quand tu me demandes si j'ai rencontré quelqu'un et je reste un moment sans réaction avant de finir par dire. " Oui il y a quelqu'un qui a pris une grande place dans mon cœur actuellement …

C'était le seul truc que je pouvais répondre et c'était la stricte vérité mais cela sous entendait que je venais de le rencontrer or ce n'était pas tout à fait le coup mais je n'étais pas prêt à faire le grand saut et avouer ce que tu représentais réellement pour moi. Je devais faire ce que je devais faire pour avancer avant cela et je savais que ce serait un long processus qui en voudrait la peine par la suite. Et puis fondamentalement j'avais besoin de savoir la vérité sur mes origines même si cela ferait sans doute de la peine à mes pauvres parents s’ils l'apprenaient mais c'était véritablement un besoin qui m'étais devenu vitale depuis un moment déjà et je n’avais pas eu le déclic jusque-là pour me lancer. Avait-il fallu que je me rende compte de la réalité de mes sentiments à ton égard pour me lancer dans ce projet ? Sans doute oui et je me disais que ce n’était pas la première fois que je me lançais dans un projet avec toi comme inspiration et ça m'étais égale en fait. Je le faisais pour moi avant tout et pour toi, tu méritais qu'un homme fasse le plus d'effort possible pour ton bonheur et cela même si je te connaissais assez pour savoir que tu n'en demandes sans doute pas autant à la personne qui pourrait t'aimer.

Je t'avais ensuite écouté me parler de cet homme qui avait partagé ta vie, qui t'avais assez aimé pour te demander de t'épouser, et oui c'était tout à fait normale que tu aies eu ce genre de relation et demande, tu étais un homme adorable et comment ne pas tomber amoureux de toi au point de s'imaginer vivre sa vie à tes cotés. Dire que je comprenais pas les raisons de ton refus, bah oui je ne les comprenais pas, j'avais l'impression que tu te refusais d'être aimé et d'aimer réellement et ça je n'arrivais pas à le comprendre. Mais pourtant aurais été capable de demander tes raisons ? De donner l'impression que je jugeais ton refus alors qu'au fond de moi j'étais soulagé que tu ne sois pas capable de t'engager avec sérieux, avec une autre personne. Bien sûr c'était de l'égoïsme de ma part, de la jalousie aussi qu'une autre personne puisse être aussi importante dans ta vie que tu t'imagines pouvoir l'épouser alors que fut un temps j'étais cette personne. Bien entendu je savais que dix ans était passé depuis mais j'espérais que dans ta vie, et dans ton cœur j'avais encore cette petite place si importante, celle que tu m'avais offert quand tu étais un enfant et qu'à tes yeux j'étais la personne la plus importante de ton existence. C'était d'une naïveté aberrante de ma part de penser ainsi mais j'avais encore des cotés naïfs, sur plus de points cependant la vie m'avait cruellement appris que la naïveté n'avait pas cours dans nos vies actuelles. Je l'avais appris à mes dépends et aussi au fil de mes journées aux urgences pédiatriques avec mes petits patients qui vivaient des fois des drôles de trucs. Nous avions continué à discuter et je m'étais confié et ouvert à toi pour te dire ce que je ressentais au fond de moi ce qui expliquait en parti mes réactions vis à vis des autres mais aussi vis à vis de toi après tout que pouvais-je dire d'autre c'était vrai que la peur de l'abandon en moi était vraiment très importante. Et oui elle me bouffait la vie depuis des années. Et tu avais à nouveau essayer de me rassurer comme toujours, tu étais parfois j'avais l'impression le seul capable à me faire réagir sur certain point sans doute parce que nous avions toujours partagé énormément de choses et que tu me connaissais assez pour utiliser les mots que j'avais besoin d'entendre depuis le temps en réalité, c'était sans doute pour ça.

J'avais continué à parler de moi un moment, nous échangions sur nos nouveaux nous, sur ce que nous étions devenus depuis le temps, après tout on s'était revus depuis mais c'était la première fois qu'on se voyait dans ce genre de circonstance et qu'on prenait réellement le temps de parler de ce qui était nos vies actuelles. Quand tu me dis que oui on a jamais vraiment osé reparler de ce qui s'était passé entre nous et parce qu'on avait pas pris le temps de le faire je souris en hochant la tête en me disant que oui tu avais raison et si on ne l'avait pas fait c'était entièrement de ma faute en fait. A ta boutade sur le bouche à bouche je me mets à rire en te disant

" Euh non je n’ai pas fait médecine pour ça en réalité ? Puis t'a conscience que ce sont des enfants que je rencontre toute la journée dans mon travail. J'aime les enfants, même si je n'en veux pas, mais pas de cette façon quand même. Après parfois en dehors avec des gens qui sont pas mes patients je n'ai rien contre le fait de jouer au docteur si ça peut satisfaire mon partenaire ou ma partenaire. Je suis même prêt à rien mettre sous ma blouse blanche s’il ou elle le veut réellement après chacun ses fantasmes, et je pars du principe que les fantasmes sont faits pour être vécu au moins une fois. "

Nous nous étions levés après cette conversation qui partait en du n'importe quoi pour continuer la visite cependant c'est pas du tout ce qui se passa, tu me pris délicatement mes avants bras et les passas autour de ta taille, je fus étonné dans un premier temps mais quand je te sentis t'approcher de mon corps avec le tien, je sentis mon rythme cardiaque s'accélérait, quand tu nichas ton visage dans mon cou, je fermais les yeux et sans ton aide, je te serra un peu plus contre moi, en fermant les yeux un moment, me demandant ce qui t'avais poussé à faire une telle chose, quand je t'entendis me dire « si tu veux faire quelque chose… fais-le… sinon, quelqu’un d’autre finira par le faire à ta place~ » je souris doucement en me disant que tu avais raison. Je vins poser mon menton contre ton épaule et te serra un peu plus fort contre moi en te disant d'une voix douce

Tu as raison … Je le ferai maintenant je te promets. » Je n’ajoutai rien sur la partie qu'une autre personne ne le fasse à ma place mais je n'aimais pas cette idée.

Je restai un long moment à te garder dans mes bras, te serrant enfin au final contre moi et je savais qu'il n'y avait pas mort d'homme depuis le temps. Et l'effet de ce câlin sur moi fut indescriptible … je me sentais enfin bien, ça faisait si longtemps que je ne t'avais pas pris dans mes bras et serrait contre moi, et oui ça m'avait manqué depuis tout ce temps. Je te gardai contre moi en retenant mes pulsions qui pourraient me conduire à une bêtise et profitai de ce moment de tendresse entre nous quand je t'entendis de me murmurer « Tu m'as manqué aussi ... » et sentir tes lèvres effleuraient la peau de mon cou ce qui me fit frissonner. Je sais que tu ne pouvais pas le dire mais j'étais très sensible à cet endroit en particulier, toute la partie du cou, allant jusqu'à l'oreille, une partie si sensible que le moindre effleurement à cet endroit me rendait toute chose. Je souris doucement malgré tout en essayant de calmer la bouffée de chaleur qui m'était d'un coup montait en glissant deux de mes doigts sous ton menton t'arrachant ainsi la chaleur de mon cou, j'observais ton visage un long moment comme pour marquer à jamais l'expression de ton visage à cet instant puis je me penchai doucement pour venir poser mes lèvres sur ta joue, frôlant à dessein la commissure de tes lèvres, mais n'osant pas t'embrasser comme j'en avais au fin fond de moi et ce qui finirait un jour par arriver mais je pouvais pas décemment passé de rien du tout presque à un baiser passionné sur tes lèvres tu n'aurais rien compris. Mais une petite vois en moi me disait que ce n'était que partie remise, parce que je finirais par ne plus résister à ton attraction en te disant d'une voix tendre

" Tu l'auras voulu … Je vais plus te lâcher si tu m'en donne le droit. Je te promets que je vais redevenir le Tomoya de notre enfance celui qui te câlinais sans problème parce que tu es mon Minori et que oui je n'ai aucune raison de me retenir avec toi. "

Voilà une phrase qui me glaça le sang tellement je la trouvais hypocrite de te dire une telle chose alors qu'en vrai si je m'étais écouter, je t'aurais embrassé avec passion et je n'aurais pas quitté tes lèvres avant que tu ne me supplies de te laisser respirer. Donc preuve que oui je me retenais encore avec toi mais j'avais mes raisons, ce rendez-vous était particulier .. je ne voulais que rien ne le perturbe. Tu avais ensuite repris tes distances pour ma plus grande déception mais je n'allais pas te garder toute la journée comme ça dans mes bras même si je n'y voyais en réalité aucun inconvénient dans le fond. A ta petite blague je m'étais mis à rire doucement et j'avais continué à te parler en te faisant encore une fois la promesse de ne plus te rejeter de quelque manière que ce soit et avait continué à te parler de ma vie, te disant que si une personne que j'aimais craquer c'est ce que ce serait pas la bonne personne ce qui était vrai, même si je doutais que ça n'arrive réellement d'une tu n'étais pas Narcisse si amoureux de son reflet qu'il a fini par en mourir et de deux étant aveugle, tu étais à l'abri du coté reflet si j'osais dire donc ça n'était pas prêt de m'arriver. A cette pensée je me mis à rire intérieurement en me disant qu'heureusement tu n'avais pas accès à mes pensées sinon je pense que tu m'aurais sans doute frappé ou tu aurais eu le plus grand choc de ta vie.

Et j'avais continué en te disant que j'étais un peu perdu dans mes sentiments parce que oui je t'aimais mais ça me donner l'impression d'être incapable de réfléchir posément depuis que j'en avais pris conscience d'ailleurs j'avais aucune idée depuis quand c'était réellement le cas mais c'était arrivé au fil de ses vingt-cinq dernières années. Quand tu m'avouas que tu m'avais taquiné sur le fait que la personne que j'aime puisse tomber sous ton charme mon sourire s'accentua à nouveau et je hochais la tête pour te dire que oui le savais dans le fond et j'avais continué à t'écouter. Tu avais raisons sur tous ce que tu me disais, il était facile de se cacher derrière ses peurs et de se bloquer soit même comme ça. Que je n'étais pas le seul à le faire et que toi même tu le faisais aussi. Et tu avais continué en me disant que passer outre tes peurs t'avais permis d'avancer et cela même si une peur faire mal, on apprend et on guérit pour finalement aller de l'avant. Je me pris à me demander depuis quand étais-tu aussi posé et réfléchis. Que t'était-il arrivé pendant tout ce temps où l'on ne s'était que très peu vu toi et moi aussi. Quand tu me dis que je ne devais pas changer pour une personne mais pour moi avant tout je te regardai un moment avant de finir par dire  

" Mais si je veux changer ce n'est pas pour lui mais pour moi. Je veux que ma vie soit le plus posé et calme possible pour le faire entrer réellement dans mon existence … Oui on ne devrait pas changer par amour pour une personne mais parfois il est nécessaire de changer pour que ta vie soit la plus belle possible. Et oui je l'aime du moins assez pour me dire que je dois travailler sur moi sur certain point pour lui. Mais je ne le fais pas que pour cette personne je le fais avant tout pour moi, j'éprouve véritablement le besoin de connaître la vérité sur mon abandon, de rencontrer cette femme qui m'a quand même donné la vie. Je me dis que je suis assez adulte maintenant pour connaître la vérité. Et même si cela me fera du mal sans doute, ça me permettra d'aller de l'avant pour moi avant tout … Et ensuite pour lui. "

Puis il y eu un moment de silence dont je profitai pour écarter une nouvelle fois toutes ses sensations qui me donnaient l'impression que ma tête allait exploser à un moment ou un autre et qui me rendaient fou depuis un moment déjà. Puis nous avions repris notre discussion, j'avais alors perdu mon sang froid je le reconnais quand tu m'avais avoué je t'aurais sans doute compliqué la vie. Je ne voulais pas entendre des choses pareilles venant de toi, parce que pour moi ton intersexualité ne rentrait pas en ligne de compte et que je m'en moquais depuis des années déjà de ce que l'on pouvait penser de moi. Tu n'étais pas un monstre dont j'aurais dû avoir honte loin de là, où alors je n'avais pas la bonne vision des monstres.

A mes yeux tu étais une personne aussi belle intérieurement qu'extérieurement c'était avant tout parce que j'avais craqué sur ton cœur que je t'aimais et non pour ton corps même si à ce que mes yeux pouvaient en juger actuellement tu n'avais pas de raison d'en avoir honte également. Puis tu avais enchainé sur l'histoire de ton amie qui me donna froid dans le dos, je n'avais jamais compris comment les gens pouvaient être méchant avec autrui gratuitement et je compris les raisons de ce soudain récit, je sus que tu me disais ça pour que je comprenne que quelque part tu ne voulais pas ça non plus pour la personne que tu aimes, et c'est ce que j'avais fini par te dire à voix haute. Tu sais si tu me connaissais par cœur, il en était de même pour moi. Nous n'étions pas le genre ni toi ni moi à dire des choses sans aucune raison, tu cherchais à me faire comprendre les sentiments réels que tu ressentais toi-même en me parlant de ton amie. Et j'avais dit la phrase de trop mais que j'avais été incapable de retenir « Et si je tombais amoureux de toi ? Tu me repousserais ? Tu en serais réellement capable ? » Chose à laquelle tu ne répondis pas et je compris que toi même tu ne savais pas réellement quoi me répondre à ce moment-là .

Nous reprîmes la visite à ta demande, je marchais tranquillement en te tenant ta main dans la mienne, ne te lâchant nullement alors qu'on entrait dans le nouvel aquarium, l'endroit où se trouvait les tortues, ces magnifiques créatures aquatiques que tu aimais tellement quand tu étais enfant et que je savais que tu aimais toujours dans le fond, tu me le confirmas assez vite quand tu finis par me dire que ne plus les voir te manquait. Je souris en te disant que c'était vrai qu'elles étaient mignonnes puis je vis un stand non loin où se vendait des peluches de ces petites bêtes. Je te fis t'asseoir sur un banc en disant

" Ne bouge pas Minori ! Je reviens d'accord ? " te dis-je en caressant tes avant-bras alors que je m'étais accroupi devant toi pour être à ton niveau avant de me relever.

Je me souvenais que tu en voulais une quand tu étais enfant, je sais que ce ne serait pas la même chose mais je sais que tu apprécierais le geste que j'aurais envers toi. Je me dirigeai au stand et je pris une tortue en peluche assez réaliste au touché pour que tu ais la sensation d'une vrai même si elle n'était qu'une simple bête en peluche. Je la payai et je te rejoignis assez rapidement pour que tu ne penses pas que je t'ai abandonné, sachant que tu n'aimais pas être ainsi laissé seul dans un endroit que tu ne connaissais pas, et dans lequel tu ne pourrais pas te déplacer à ton aise. Je me mis accroupi devant toi à nouveau et pris tes deux mains dans les miennes ayant posé entre mes jambes la tortue en te disant

" C'est moi ! Désolé de t'avoir abandonné comme ça mais je voulais que tu gardes un souvenir de cette journée … " Ayant pris tes mains, je les posai sur l'étrange petite créature en peluche en te disant " Je ne suis pas très doué au niveau touché comme toi mais je voulais que tu ais la tortue que tu as toujours rêvé d'avoir. Bien sur ce n'est pas une vrai mais j'ai fait avec les moyens du bord."

Je te laissais appréhender la surprise que je t'avais fait et souleva la peluche un peu pour que tu puisses la toucher, la laissant sur mes jambes, vu que j'étais accroupi devant toi. Souriant tendrement en te regardant faire, j'espérais réellement que tu me pardonnerais du coup plus vite cet abandon de ma part. J'en profitais pour te regarder à ma guise, appréciant ce sourire que j'aimais tant chez toi et qui me faisait totalement craquer et cette joie presque enfantine alors que tu allais à la découverte de ma surprise. Puis quand plus tard alors que nous nous étions remis en mouvement, ton cadeau sous mon bras libre pour que tu puisses me tenir et tenir ta canne aussi, tu m'avais invité à ta fête pour fêter tes dix ans de cécité, je ne pus m'empêcher de trouver l'idée bizarre et surtout de te le dire mais après tout c'était ton envie et si tu juger important de fêter cela bien sûr que je serais là ce jour-là pour toi. Même si je t'avais taquiné sur ton avancé par rapport à nous à tes futures activités je te souris, et à tes réponses je te demandais

" Comment ça un autre anniversaire que ce celui-là ? Et oui tu as bien raison c'est un anniversaire plutôt étrange mais si c'est ce que tu souhaites faire, fait le j'ai envie de dire. Et oui tes années de pratiques te serviront enfin à quelques choses c'est vrai. " te dis avec un large sourire en disant ça.

Quand tu serras ma main j'en fis autant et je continuais de marcher tranquillement à tes cotés en regardant toujours les tortues évoluaient autour de nous dans les bassins quand je t'entendis me parle, je tournais la tête vers toi et je t'écoutais enfin répondre à ce que je t'avais demandé un peu plus temps. Je sentis mon cœur se brisait à ton avis, comme moi tu semblais souffrir de peur qui te faisais atrocement souffrir mais je ne pouvais rien y faire moi en réalité, parce qu'en essayant pas je ne pouvais pas te dire que tout ce passerait bien parce que dans le fond je savais que tu avais raison sur tous ses points les gens se permettraient de juger ma vie si je me mettais avec quelqu'un comme toi et même ça m'étais égale, je savais que les jugements de ses gens sur moi te blesseront dans le fond vu que tu me l'avouais sans t'en cacher dans le cas présent. Et quand tu continuas sur ta lancée en me disant que comme t'avais dit une personne sage lors d'une soirée arrosée, je compris que tu parlais alors de ton assistante, si j'avais dû avoir des sentiments amoureux pour toi depuis le temps se serait arrivé depuis longtemps non ? Je restai un moment interdit devant cette phrase qui me fit l'effet d'un coup de poignard, je m'arrêtai au milieu de la foule et je te regardai longuement en réfléchissant tellement vite que je ne savais pas ce que j'allais finir par te dire après tous ces mots qui me perturbaient trop d'un coup. Je finir par souffler

Je t'aime pourtant Minori … Oui j'ai mis du temps à le reconnaître. Oui j'ai compris que tu avais peur du mal que tu pourrais me faire, ou plutôt du mal que les gens me feront si je t'aimais … mais je m'en moque. J'ai rencontré la personne que j'aimais, je n'étais qu'un enfant. J'ai grandi avec lui et même si je l'ai repoussé à son adolescence en lui disant que non nous ne pourrions pas nous marier … Ce n'était pas ce que je pensais, j'aurais pu de dire oui … Mais je voulais que tu fasses tes propres expériences de la vie, que tu découvres ce qu'était l'amour avec un autre personne avant de te dire réellement amoureux de moi. Oui je suis stupide mais je fonctionne comme ça, et tu étais si jeune, tu avais quinze ans et moi vingt et un ans … Crois moi que j'aurais aimé te dire oui à l'époque et parfois j'ai l'impression que jamais tu n'aurais perdu ta vue si j'avais pas été aussi stupide … Alors oui il est sans doute trop tard et je ne te demande rien mais c'est le cas, je t'aime Minori... "

Je me tus à la fin de mon aveu, je pouvais plus parler, une boule s'était créée dans ma gorge, une furieuse envie de pleurer de finir par te dire ces mots que je retenais depuis trop longtemps maintenant. Et même si j'en pensais chacun de ces mots je me sentais coupable de le faire de cette façon.

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Park Minori

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MessageSujet: Re: Dix ans plus tard... PV Tomoya~   Ven 9 Fév - 4:16

► 23 Janvier 2018, aquarium
Dix ans plus tard...
Tomoya & Minori
Je sais que dans la vie, tout n’est pas noir ou blanc et que les choses ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être. La réponse qui semble la plus facile ne l’est pas nécessairement, tout comme ce qui semble le plus logique peut parfois, en réalité, ne faire aucun sens. La solution la plus évidente n’est donc pas toujours la même non plus… Tout le monde peut se tromper et construire sa vie autour d’un malentendu… ou du moins, emprunter un certain chemin suite à un malentendu et la vie ne retournant pas sur ses pas, on avance tout simplement sans savoir qu’on a fait tout ce chemin avec la mauvaise information. On se développe, on évolue, puis un jour, peut-être, on apprend qu’on s’est trompé et on doit donc choisir quel chemin emprunter en fonction de cette nouvelle information. En demandant à Tomoya s’il voudrait bien m’accompagner, afin d’être mes yeux, à l’aquarium… je ne pensais pas que je me retrouverais, éventuellement, à ce genre de croisée des chemins. Probablement parce que j’avais l’habitude de nos rencontres plutôt légères où nous n’abordions pas les choses pleinement ou pas en profondeur, du moins. Nous avons toujours été présents dans la vie de l’autre, mais une distance s’était dessinée entre nous, après que Tomoya m’ait fait comprendre que je devais l’oublier. La distance venait toutefois d’abord de moi… C’est moi qui, même si j’avais forcé les sourires en sa présence, avait eu besoin de prendre du recul pour vivre mon deuil d’un amour qui n’aurait pas lieu et pour tenter de prendre la place qu’il voulait que j’aie dans sa vie, soit celle d’un ami. Mais il était bien là le problème, je ne me rappelais pas de l’époque où je n’avais nourri que des sentiments amicaux pour lui, je ne savais même pas si elle avait eu lieu.

Je ne savais donc pas comment être son ami… et tant que je ne le savais pas, je ne pouvais pas lui parler. Logique, n’est-ce pas? C’était un peu étrange, après tout, j’en avais des amis et je savais comment agir avec eux. Mais agir de la même manière qu’avec eux… avec Tomoya? J’y ai pensé, oui, cela dit… ça me paraissait totalement froid et dénué de naturel, alors qu’avec mes amis, c’est tout le contraire et aucun d’eux ne me voyaient comme une personne froide. Seulement… j’avais toujours traité Tomoya différemment des autres, donc, faire le contraire et justement agir avec lui comme avec tout le monde… je n’arrivais pas à me faire à l’idée. Ying Jie avait essayé de m’aider à l’oublier, me proposant de prendre sa place. Ce n’était pas le fait que Ying Jie était un garçon qui m’empêchait de lui dire oui, alors que je m’identifiais moi aussi au genre masculin, à cette époque. Mon identité de genre fluctuant et mon corps n’étant ni l’un ni l’autre, je ne m’étais jamais trop posé de questions sur mon orientation… j’aimais qui j’aimais et voilà. L’enveloppe corporelle, les organes génitaux, l’identité de genre… tout ça ne m’importait pas. Ça ne m’importait pas pour moi-même, ça ne m’importerait pas pour les autres, et ce, même si ça semblait être des choses importantes pour la plupart des gens. Non, ce qui m’avait d’abord empêché d’accepter la proposition de Ying Jie était qu’il n’était pas Tomoya, tout simplement.  J’avais toujours voulu être avec lui, comment pourrais-je l’oublier et le remplacer?

-« Je n’ai jamais dit que tu avais oublié je crois que ni toi ni moi n'en sommes véritablement capables … Faire une croix sur une partie si importante de nos vies mutuelles c'est comme si on reniait nos vies passées. Et d'accord je n’ai pas de logique par moment mais je chéris ces moments où tu voulais m'épouser malgré tout, parce que chaque souvenir était heureux. »

-« Ce sont des souvenirs bien innocents… J’étais tellement envahissant, quand j’y repense… Je ne t’avais jamais vraiment demandé ton avis sur la question… Je l’avais décidé ainsi et c’était tout. » concédai-je avec un petit rire nostalgique.

-« Tu es aussi spécial pour moi … Et pas seulement parce qu'on a grandi ensemble, parce que nous sommes des amis d'enfance comme il est coutume de dire dans une relation comme la nôtre. Non tu es vraiment spécial … »  

Je ne comprenais pas où Tomoya voulait en venir, non. J’étais spécial à ses yeux, mais pas simplement à cause de notre relation d’amis d’enfance…? Nous nous connaissons depuis tellement longtemps, nous avons traversé tellement de choses ensemble, malgré la distance que j’ai créé, d’abord pour me remettre de son rejet, puis pour n’être que son ami et je n’y arrive malheureusement pas autrement. Peut-être fait-il référence à un de nos précédents épisodes communs qui nous avait rapproché, à l’époque… J’avais hésité à lui demander ce qu’il voulait dire par là, mais je lui demandai plutôt pourquoi il ne pensait pas que je reviendrais vers lui. Après tout… n’était-ce pas ce que je faisais de plus naturellement, à chaque fois? Malgré la distance entre nous, il avait réussi à se rapprocher à nouveau en quelques sortes au cours des dernières années... Même quand je ne voulais être en présence de personne, je finissais par le laisser entrer.

-« Un séduisant jeune médecin … Ah oui c'est vrai. J'avais oublié le fantasme de la blouse blanche pour certains mais bon je suis spécialisé en enfants, il est rare que mes patients tombent amoureux ou amoureuses de moi enfin si j'ai eu des « quand je serai grand ou grande je vais me marier avec vous docteur » mais ce sont des enfants de jeunes âges qui me disent ça, donc j'y fait plus gaffe. Surtout quand c'est des enfants je les aime dans mon métier mais pas à ce point-là encore … »

-« Je ne pensais pas au fantasme de la blouse blanche, je ne faisais que reprendre tes mots! » me défendis-je en riant.

Non mais, je n’avais rien insinué de pervers! Je ne suis pas pudique, ni sainte-nitouche, normalement, loin de là. Mais je ne parle normalement pas de relations même platoniques avec Tomoya et comme nous prenons tous deux des pincettes avec l’autre, je n’aimerais pas qu’il ne s’éloigne parce qu’il pense que je fantasme sur lui!

-« Mais les patients ont des parents! Les gens ne sont pas nécessairement fidèles ou ils peuvent aussi être parents célibataires…! » ajoutai-je, me disant que je ne parlais évidemment pas des enfants.

Je ne dis rien à leur sujet, d’ailleurs. Je pouvais les comprendre de vouloir épouser leur médecin, malgré leur jeune âge. N’avais-je pas été le premier à le faire? Un sourire nostalgique se dessina sur mes lèvres à cette pensée. Puisque nous parlions de mariage, je lui partageai mes plans futurs avec Eunae. Bon, mes plans n’étaient pas absoluments officiels et définis… mais c’était la meilleure solution que j’avais trouvé pour le moment, afin de rassurer ma tendre mère. Je me fichais bien que ce soit la norme dans notre société, ce n’était pas pour mieux rentrer dans un stupide moule que je comptais le faire. C’était bel et bien pour alléger les inquiétudes de celle qui avait passé sa vie à se battre contre un monde cruel et plein de préjugés pour ma personne. Ce sera une grande fête, une belle célébration pour que nous passions tous un bon moment, mais une fois la fête terminée, rien ne changera. Sinon que mon assistante et moi partagerons le titre d’époux. L’idée que ma fausse future fiancée puisse avoir des sentiments cachés pour moi m’était tout à fait hilarante, tant c’était impossible et je ne pus faire autrement qu’éclater de rire en entendant Tomoya mentionner cette possibilité.

-« Ce sont des choses qui arrivent parfois tu travailles avec des gens et tes relations qui devaient être que professionnelle évoluent en véritable amitié. Je connais ça dans mon travail également. Enfin là non c'est visiblement comme une petite sœur pour toi … je suis curieux de rencontrer cette jeune femme elle m'a l'air intéressante. »

-« Il n’y a qu’en amitié que cette relation pouvait évoluer, pas autres choses ~ » insistai-je, un sourire rieur toujours aux lèvres.

Après tout, nous avions déjà convenu dès son entretien qu’il n’y aurait pas de rapports sexuels entre nous. Ce n’est pas que le sexe qui m’intéresse dans une relation, mais déjà commencer en se disant le premier jour qu’on ne se touchera pas… ça en dit long sur les possibles évolutions de la relation. Puis, de toutes manières, c’était une assistante que je cherchais, pas une possible rencontre, donc même si elle n’avait rien dit, je n’y aurais probablement pas pensé.

-« C’est étonnant que tu ne l’aies pas rencontré encore… Après tout, ce n’est pas comme s’il était difficile de la trouver en ma compagnie! » dis-je avec un petit rire.

C’était à croire qu’ils passaient leurs temps à se rater tous les deux. Souvent, Tomoya arrivait chez moi alors que Eunae venait de partir, quelques minutes plus tôt… Ce n’est pas comme si je mettais mon assistante dehors exprès, surtout que mon ami débarque parfois à l’improviste! Me marier à elle ne me paraissait pas comme «briser ma liberté» pour la simple et bonne raison que… déjà, ce mariage n’en serait un que de nom. Entre nous, nous avions déjà établi que rien ne changerait. Puis… si je me mariais par amour, ce serait parce que je n’ai aucun intérêt pour les autres personnes, donc, je ne perdrais pas de liberté non plus. Je serais plutôt libre d’aimer cette personne de tout mon être comme j’en ai envie et j’aurais même l’air d’un mari exceptionnellement aimant! Donc, quelle liberté y aurait-il à perdre? Mais bon, il ne s’agit pas d’un mariage d’amour et il n’y en aura fort probablement pas non plus. Il y avait un détail, cependant, pour la cérémonie qui me dérangeait un peu… Mon identité de genre étant fluide, je peux aussi bien passer le reste de ma vie comme aujourd’hui, c’est-à-dire à ne pas trop me soucier du genre… tout comme je pourrais davantage m’identifier au genre féminin ou masculin, dans cinq ans. Mais, le mariage homosexuel n’est toujours pas légal ici et je doute que la société changera si rapidement d’avis là-dessus, même si le monde en parle de plus en plus. Je devrai donc prendre le genre opposé à mon assistante, et ce, même si je me sens féminine à ce moment. Tout comme je devrai prendre une apparence et le genre féminin, sur mes papiers officiels, si je venais à épouser un homme. Je ne me suis pas imaginé en robe de mariée depuis beaucoup trop longtemps pour être à l’aise avec l’idée du jour au lendemain. Après tout, pour l’homme, c’est un simple tuxedo comme j’en porte déjà en d’autres occasions. Ma mère pleurerait de joie de me voir en robe blanche ou en habit traditionnel féminin… Mais moi, l’idée me laisse encore un peu sceptique. Cela dit, je verrai en temps et lieu, pour ce qui est de cette question. Si c’est avec Eunae, ce ne sera pas très compliqué… Si elle rencontre quelqu’un et que je dois trouver une autre solution, j’y penserai en même temps. Ce n’est pas comme si c’était le plus important.

-« Bien sûr que rien n'est fait mais tes remords viennent du fait que tu es attaché à ton assistante et que tu as l'impression de lui gâcher la vie en la faisant promettre de t'épouser ainsi parce qu'elle t'a dit qu'elle était du genre romantique à rêver d'un grand mariage en blanc … C'est humain les doutes tu sais ou alors peut être que tu sais toi-même que bien que ce soit pour ta mère que tu fais cette promesse c'est peut-être pas forcément la bonne solution … »

Je me trompe peut-être, mais j’avais de plus en plus l’impression que Tomoya était contre cette idée. Je ne sais cependant pas pourquoi… Eunae est une personne digne de confiance et qui me rend un énorme service, si nous nous rendons jusqu’au bout. Qu’y aurait-il de mal de faire semblant d’être marié à elle? Sinon le fait que je ne lui nuise dans ses relations amoureuses…

-« Quelle serait la bonne solution, selon toi? » demandai-je curieux de l’entendre.

En même temps… un mariage dont le témoin est contre l’idée dès le départ, même si c’est un faux mariage, ce n’est pas vraiment la meilleure chose du monde pour l’ambiance. Certes, il avait dit qu’il aurait pu accepter, mais ma culpabilité serait encore plus grande, si c’était lui et je lui expliquai d’ailleurs pourquoi. Personne ne m’est destiné ou cette personne joue à cache-cache à un niveau professionnel, puisque personne ne m’a fait oublié Tomoya. Ni Ying Jie, dont j’avais fini par accepter la proposition après de longs mois à lui répéter que j’aimais toujours une personne que je cherchais à oublier… Ni Diederich qui avait voulu faire sa vie avec moi, ni personne d’autre. Cela ne veut cependant pas dire que mon entourage n’a personne qui leur est destiné comme Eunae le croit.

-« Mais justement qui te dis que je n'ai pas déjà rencontré cette personne ? Après tout j'aurais très bien pu être amoureux et ne rien t'en dire parce que je n'étais pas encore prêt à le dire à haute voix parce que dire que j'aime cette personne c'est dire que je me sens prêt à construire une chose sérieuse avec lui … Et ça je refuse de le dire … Enfin non je refuse de lui faire ça. J'ai trop de chose à changer pour le moment sur moi-même. »

À chaque mots qu’il osait rajouter, je sentais mon coeur se déchirer un peu plus. Avait-il vraiment rencontré quelqu’un? Il ne me l’avait pas dit… pour les raisons qu’il citait? Ou parce que nous ne nous parlions pas de nos relations, normalement…? Mais là… il m’en parlait et disait vouloir possiblement construire quelque chose de sérieux avec quelqu’un? Certes, il disait qu’il n’osait pas le dire, mais en même temps… n’était-ce pas ce qu’il faisait à demi-mots? Je ne sais pas quel masochisme inhumain me posséda, mais j’osai lui demander s’il avait rencontré quelqu’un. Son silence ne fit que créer un suspense qui m’étouffait, nourrissant mes craintes qui explosèrent violemment lorsque j’entendis sa réponse.

-« Oui il y a quelqu'un qui a pris une grande place dans mon cœur actuellement … »

J’inspirai longuement, très longuement, discrètement et calmement. Je ne devais pas réagir, je devais avoir l’air normal… Je devais même avoir l’air content pour mon ami! Cela dit, je n’arrivai pas à pousser la comédie jusque là, alors que je sentais mon intérieur être mis à feu et à sang puisque des sentiments que je ne m’avouais qu’à moitié, tentais de nier jusqu’ici, venaient à nouveau de se frapper à un mur. Je hochai doucement la tête, en expirant doucement. Je ne pus rien lui répondre de plus, les mots se seraient étranglés dans ma gorge et je me serais probablement mis à pleurer. Tomoya n’aurait rien compris… Nous passions un bon moment, je ne voulais pas ruiner tout ça.

Je changeai plutôt le sujet, révélant qu’une de mes anciennes relations avaient eu une idée des plus folles pour notre avenir. J’avais utilisé cette histoire pour faire comprendre à mon ami que je sais qu’on peut m’aimer et qu’on peut vouloir une vie avec moi. Je ne me considère pas comme un monstre, ni comme une erreur de la nature, même si j’entends souvent ces commentaires. Les autres peuvent penser ce qu’ils veulent de moi, ma peau est devenue comme les plumes d’un canard et leurs commentaires haineux à mon sujet sont devenus comme l’eau qui coule sur les plumes du canard, sans jamais les pénétrer. Je n’avais pas accepté la demande en mariage de Diederich parce que je ne l’aimais pas comme ça… Parce que j’aimais une autre personne, en réalité. Mais en l’entendant me dire qu’il était amoureux de quelqu’un… Je ne regrettais pas d’avoir refusé la proposition, non. Je me disais cependant que je devrais peut-être considérer la prochaine, si prochaine il y avait, avec plus de sérieux… Tomoya ne serait plus libre, il serait grand temps que je me fasse une raison et que j’avance aussi, non?

Mon ami s’ouvrit à nouveau à moi, m’expliquant un peu mieux son comportement. Je tentai de le rassurer sur ce que je pouvais, lui parlant sincèrement mais avec douceur. Je gérais au mieux la boule qui serrait ma gorge, agissant comme si de rien n’était. Mais je ne pouvais m’enlever de la tête ses mots qui résonnaient encore et encore… « Oui, il y a quelqu’un qui a pris une grande place dans mon coeur actuellement… ». Celui qui a dit que les mots ne peuvent pas faire mal se trompait éhontément! Probablement à cause de ma stupide naïveté, ces mots me faisaient encore plus mal que les premiers qu’il m’avait dit lorsque j’avais quinze ans… C’était peut-être justement parce que j’avais peur de revivre une douleur similaire que je n’avais jamais osé parler de toutes ces choses avec lui… Je souris toutefois et lui lançai quelques blagues stupides, tentant de me détendre et agir normalement.

-« Euh non je n’ai pas fait médecine pour ça en réalité ? Puis t'a conscience que ce sont des enfants que je rencontre toute la journée dans mon travail. J'aime les enfants, même si je n'en veux pas, mais pas de cette façon quand même. Après parfois en dehors avec des gens qui sont pas mes patients je n'ai rien contre le fait de jouer au docteur si ça peut satisfaire mon partenaire ou ma partenaire. Je suis même prêt à rien mettre sous ma blouse blanche s’il ou elle le veut réellement après chacun ses fantasmes, et je pars du principe que les fantasmes sont faits pour être vécu au moins une fois. »

Certes ses patients étaient des enfants, mais il avait des collègues! Il y avait les parents de ses patients! Ou simplement le titre de docteur pouvait suffir à en séduire quelques-uns dans ce monde. Ce n’était pas un fait inconnu que les médecins en tout genre ont une bonne réputation dans le coeur des célibataires! J’allais d’ailleurs le lui rappeler, mais il me surprit et me découragea avec son histoire de fantasme sur laquelle il revenait. Je ris, nerveusement, et hochai doucement la tête. Normalement, ça ne m’aurait pas dérangé d’entendre ce genre de choses… ça peut même être intéressant à imaginer, je dois l’admettre, mais… là… je ne voulais rien imaginer. Je ne voulais rien savoir. Qu’il garde ces informations pour la personne qu’il aimait! Cette personne mieux que moi. Cette personne qui pourrait le voir en plus de tout le reste que je ne peux pas… et que je ne pourrai jamais… que je n’ai jamais pu et que j’aurais déjà dû comprendre que cela ne changerait pas. J’étais tellement idiot de ne pas avoir réussi à tuer ces espoirs de gamin.

-« Mais tu arrêtes avec tes descriptions de fantasme! » lançai-je avec un petit rire nerveux. « Je pourrais presque croire que tu essaies de me mettre certaines images indécentes en tête! Je connais très bien cette technique, donc tu ne peux pas me le faire sans que je ne m’en aperçoive! » ajoutai-je toujours avec la même nervosité, malgré mes efforts pour rester calme.

C’était vrai, cela dit. Mettre de belles images dans la tête des gens est un art très amusant et surtout, très séduisant, si on sait bien s’y bien prendre. Ça m’avait servi quelques fois, pour ne pas dire plusieurs. Je hochai doucement la tête, puis soupirai. J’hésitai pendant un moment… mais Tomoya ne cessait de répéter qu’il voulait me serrer dans ses bras, sans pour autant oser bouger… Il m’avait admis aimer quelqu’un… Il disait qu’il ne prendrait plus de pincettes avec moi et serait plus naturel… tant de choses qui me rendaient horriblement confus… Lorsqu’il allait avouer ses sentiments à cette personne.. si elle l’aime aussi… je devrai à nouveau prendre mes distances, n’est-ce pas? Je ne pourrai pas être trop câlin, car autrement, je pourrais lui attirer des ennuis dans son couple… Alors, si je ne le fais pas maintenant… le pourrai-je une autre fois? Peut-être pas. Le coeur lourd qui battait pourtant à tout rompre, je ne sais pas comment il y arrivait, je l’invitai à me prendre dans ses bras pour qu’il ne me serre contre lui. Je passai mes bras autour de ses épaules et allai cacher mon visage contre son cou. Là, il ne me voyait pas, je n’avais donc pas à feindre une expression calme. Je me mordis les lèvres en fermant les yeux, je ne pouvais pas craquer pour autant. Si je pleure, il le sentira… Je le serrai fort contre moi, cherchant à sentir sa présence qui m’avait manqué et qui me manquerait très sûrement dans le futur aussi. C’est avec un petit rire ironique que je lui dis de faire les choses dont il avait envie… avant qu’une autre personne ne le fasse. Je le serrais dans mes bras, doucement en comparaison à combien ma gorge se serrait douloureusement. Son parfum sentait le bonheur qui ne serait jamais le mien.

-« Tu as raison … Je le ferai maintenant je te promets. »

Je ne répondis rien et hochai plutôt doucement la tête, recommençant à me mordre les lèvres. J’essayais de simplement en profiter, d’oublier tout le reste, même si… c’était plutôt peine perdue… J’étais surpris que Tomoya ne réponde ainsi à l’étreinte, qu’il ne me serre aussi fort… qu’il ne rompe pas rapidement l’étreinte. Bien que ma réponse fut longue à arriver, je finis par lui partager qu’il m’avait manqué aussi… Il allait me manquer dans le futur aussi, mais je ne pouvais pas le lui dire. Je devais être un bon ami et l’encourager à aller de l’avant avec cette personne qui pourrait le serrer à tout loisir… Je poussai jusqu’à déposer un très léger baiser contre son cou pour appuyer mes mots, mais aussi pour pouvoir sentir la douceur de sa peau sous mes lèvres, au moins une fois… Je sursautai très légèrement en sentant ses doigts se glisser sous mon menton, réaction qui dû trahir un peu ma nervosité et le fait que je n’étais pas aussi calme que je ne le prétendais. Je cessai de me mordre les lèvres, espérant qu’elles ne seraient pas trop rouges et ne me trahiraient pas ainsi. J’avalai ma salive, ne comprenant pas trop ce qui se passait, pourquoi Tomoya m’avait donc fait relever la tête? Pourquoi ne disait-il rien? Quelle était son expression? Je rougis un peu malgré moi, me disant que je devais avoir l’air stupide dans cette situation qui était tout de même embarrassante. J’entrouvrais les lèvres, m’apprêtant à demander si j’avais quelque chose sur le visage lorsque je rougis plus violemment, sentant ses lèvres chaudes et soyeuses dangereusement près des miennes, alors qu’elles se posaient sur ma joue. Mon coeur s’arrêta définitivement pendant une seconde, ne comprenant rien à la situation lui non plus. Avant le baiser sur le front de plus tôt, je ne me rappelle pas la dernière fois que Tomoya a été aussi affectueux avec moi… Pourquoi était-il ainsi avec moi, alors qu’il me disait aimer quelqu’un? Parce qu’il ne le pourrait plus, bientôt, alors qu’il me disait à peine qu’il serait plus naturel avec moi?

-« Tu l'auras voulu … Je ne vais plus te lâcher si tu m'en donnes le droit. Je te promets que je vais redevenir le Tomoya de notre enfance celui qui te câlinait sans problème parce que tu es mon Minori et que oui je n'ai aucune raison de me retenir avec toi. »

Je tournai doucement la tête vers la droite, essayant de me dévoiler à son regard, puisque j’étais très gêné à présent. Je ne savais pas comment le prendre, comment réagir. Comment pouvait-il me dire ça, alors que nous savions tous les deux qu’il ne pourrait pas agir comme ça, lorsqu’il serait en couple? S’il me disait aimer cette personne et possiblement vouloir quelque chose de sérieux avec… ce n’était pas pour rendre cette personne mal à l’aise en agissant ainsi avec moi.

-« Ne dis pas n’importe quoi… Je te l’ai déjà dit, ma future femme s’en fichera… mais ce ne sera pas le cas des autres. La personne que tu aimes ne m’aimera pas du tout, si tu es trop câlin avec moi et cela te causera des problèmes… » répondis-je avec un petit sourire tristement forcé.

Mieux valait qu’on se le dise maintenant. À quoi bon se voiler la face plus longtemps? Ça n’aura pas duré longtemps ce plaisir de se rapprocher à nouveau. Mais bon, il fallait s’y attendre… le séduisant jeune médecin n’allait pas resté libre toute sa vie. Je fermai les yeux quelques secondes et inspirai profondément à nouveau, pour ensuite expirer et rouvrir les yeux en retournant mon visage vers celui de mon ami. Ma main droite se glissa sur son épaule, s’en servant comme guide pour doucement remonter son cou, puis trouver sa mâchoire et venir se poser sur sa joue. Mon toucher est très délicat, il l’a toujours été, mais l’est encore plus maintenant que le bout de mes doigts sont mes yeux. Je caressai tendrement sa joue, en dessinant la forme dans ma tête par la même occasion. Un sourire affectueux se dessina malgré tout sur mes lèvres, puis je retirai finalement ma main de son visage avant de reprendre ma place et l’inviter à faire de même. Je repris normalement la discussion, faisant une petite blague sur la personne que tu aimais et que je jalousais en silence. Bien qu’il m’était difficile de le faire, j’encourageais mon ami à ne pas laisser ses peurs l’empêcher d’avancer avec cette personne ou avec quoique ce soit. Se mettre un frein ne nuit à personne d’autres qu’à nous-même et personne n’a besoin d’un frein de plus dans la vie, en général.

-« Mais si je veux changer ce n'est pas pour lui mais pour moi. Je veux que ma vie soit le plus posé et calme possible pour le faire entrer réellement dans mon existence … Oui on ne devrait pas changer par amour pour une personne mais parfois il est nécessaire de changer pour que ta vie soit la plus belle possible. Et oui je l'aime du moins assez pour me dire que je dois travailler sur moi sur certain point pour lui. Mais je ne le fais pas que pour cette personne je le fais avant tout pour moi, j'éprouve véritablement le besoin de connaître la vérité sur mon abandon, de rencontrer cette femme qui m'a quand même donné la vie. Je me dis que je suis assez adulte maintenant pour connaître la vérité. Et même si cela me fera du mal sans doute, ça me permettra d'aller de l'avant pour moi avant tout … Et ensuite pour lui. »

Je détestais à en mourir l’entendre dire qu’il aimait quelqu’un… encore plus l’entendre me dire qu’il l’aimait assez pour peu importe pourquoi… Il aimait une personne, alors que j’avais espéré pendant toute ma vie qu’il ne m’aime aussi. Non, il ne me devait rien, ni amour, ni affection, c’est vrai. Mais il n’en restait pas moins qu’une partie stupide de moi n’avait jamais voulu l’oublier et que je m’en retrouvais en miettes de l’entendre me confier toutes ces choses. Je me contentai de hocher la tête pour montrer que je l’écoutais, même si tout ce que j’avais envie de faire était de mettre mes mains sur ses lèvres si douces pour ne plus entendre un seul mot en sortir. Je ne voulais rien savoir de ce qu’il voulait faire pour cette supposée personne qui était si extraordinaire qu’il en chamboulait sa vie pour lui y faire une place. Je ne voulais rien savoir de cette personne. Je ne voulais rien savoir de son amour. Je ne voulais rien savoir de rien. Je voulais qu’on retourne à la simple visite à l’aquarium que je lui avais demandé, il y a dix ans, quand il m’avait brisé le coeur pour la première fois.

Normalement, je lui aurais dit que c’était une bonne idée que de rechercher ses origines, si ça lui pesait tant. Je lui aurais dit que je serais là pour lui, si c’était trop difficile, que ma porte lui était toujours ouverte, tout comme mes bras… que d’enfin aller vers l’avant était la bonne chose à faire, mais là, je ne pouvais pas. Les mots ne voulaient pas quitter ma gorge, coincés sous ce noeud qui me ferait suffoqué, si ça continuait. Ce n’était pas à moi de lui offrir ainsi mon support, ce n’était pas ma place, c’était celle de la personne qui le poussait à enfin se prendre en mains… Un petit moment de silence me fit du bien, déliant très lentement ma gorge, laissant les mots passer à nouveau, la discussion put reprendre, sur un autre sujet. Je fus surpris de comprendre que mon ami s’emporta suite à mes propos qui étaient pourtant sincères comme d’habitude. J’ai une bonne estime de moi, maintenant, malgré tous les événements qui se sont passés jusqu’ici. Mais, les autres ne me voient pas nécessairement sous une bonne lumière, tout dépendant de leur mentalité et leurs préjugés, donc, oui… j’aurais pu porter préjudices à Tomoya, malgré moi, qu’il veuille se l’admettre ou non, c’est mon avis.

Je lui racontai d’ailleurs l’histoire de mon amie, lui expliquant à travers celle-ci que les préjugés des autres pouvaient ainsi devenir sources de plusieurs problèmes non seulement pour lui, mais pour moi aussi. Pas parce que j’ai quelque chose à faire de leurs avis sur ma personne trop fabuleuse pour leurs esprits étroits, mais parce que je n’aime pas que l’on s’en prenne à mes proches. Donc, j’ai peur d’attirer des ennuis à mes partenaires, oui… mais sur plusieurs plans, justement et que cela ne vienne tout détruire. Je l’avais vu avec Harisu, je l’avais même consolé… Je l’avais vécu avec deux de mes relations, qui bien que pas sérieuses, ne m’avaient pas laissées un bon sentiment en se terminant parce que la personne n’aimait pas les regards ou les commentaires qui étaient passés sur nous. La raison de ses ruptures revenaient, si on résume, au fait que je suis différent. Un fait qui ne changera jamais pour personne. Même si je le voulais, je ne peux pas faire comme Tomoya et travailler sur moi pour y changer quelque chose… Puis franchement, il y a une chose que je peux faire et que je devrais même faire, pour m’éviter de forts risques de cancer, mais je ne l’ai toujours pas fait. Pourquoi? Parce que je n’ai toujours rien et que si je peux éviter une lourde opération, je l’évite! J’aime être comme je suis, même si ça pose problème à certains.

Donc, oui, Tomoya avait raison. Ça me faisait peur… Ça me faisait affreusement peur, je ne voulais pas que la personne que j’aime réellement ne souffre par ma faute comme d’autres avant l’avaient fait. Je ne voulais pas me faire quitter parce que… finalement… être avec une personne comme moi est trop difficile à supporter, pas à cause de moi directement, mais à cause des autres qui finissent par devenir tellement lourds qu’ils étouffent tout. Mais au final, que ce soit à cause des autres ou pas… qui se fait larguer? Moi. Qui comprend encore que la seule personne qui sera toujours là pour l’aimer et le soutenir est lui-même? Moi. Qui comprend donc qu’il vaut mieux ne pas s’engager sérieusement? Moi. Est-ce que je supporterais d’avoir peur de tout ça parce que Tomoya tombait amoureux de moi? Est-ce que je serais prêt à possiblement vivre la douleur la plus indescriptible en me faisant larguer par lui et donc avoir les réflexions précédemment citées? Je ne sais pas. Je ne savais rien. J’étais complètement confus. Mon ami devait avoir dit n’importe quoi… juste pour me faire réfléchir, pas parce qu’il le pensait… C’était impossible qu’il ne soit réellement amoureux de moi. Tout simplement impossible. Je n’arrivais pas à lui répondre, trop perdu dans tout ce que je ressentais, dans l’accumulation, les ruines de mon intérieur après l’avoir entendu parler de cette personne qu’il aimait, la confusion d’avoir entendu ses belles paroles puis ses dernières questions, les interrogations laissées par ses gestes affectueux… Je n’avais aucun repère pour m’aider à y trouver un chemin.. J’étais donc à cette croisée des chemins? À me demander si j’ai avancé tout ce temps sur un malentendu? Sur une vérité? Quel chemin je prends maintenant?

Ayant besoin d’un peu de temps, j’avais proposé que nous continuions la visite. Comme j’en ai la fâcheuse habitude, selon certains, je fis comme si de rien n’était. Je ne voulais pas complètement gâcher la visite avec une explosion publique de ma confusion et de mes émotions, donc, je les confinais en une ravageuse implosion en moi-même. Je gardais la main de Tomoya dans la mienne comme si j’avais besoin d’une preuve qu’il était bien là… ou comme si j’avais besoin d’un guide dans cette tempête de sable imaginaire qui s’abattait sur moi et m’aurait laissé figé sur place, si j’avais été seul. Sa voix me semblait lointaine, ayant de la difficulté à traverser toutes mes réflexions pour se rendre jusqu’à mon cerveau. J’esquissai un petit sourire machinal en entendant les descriptions des tortues… J’aime tellement ces petites bêtes… Voir leurs adorables bouilles comiques me manque et je suis sûr qu’elles m’auraient réconforté. Sans trop comprendre, bien que cela devenait presque normal, je pris place sur le banc comme Tomoya m’invitait à le faire.

-« Ne bouge pas Minori ! Je reviens d'accord ? »

Je haussai un sourcil, me demandant ce qui se passait. Pourquoi me faisait-il m’asseoir pour qu’il aille je ne sais où? J’aurais pu attendre debout… Il avait peur que le pervers de plutôt n’ait pris goût à mon fessier et ne revienne pour une seconde tâtée? Je hochai doucement la tête cependant, pour accepter. En un sens, ça me laissait quelques secondes pour réfléchir, calmer la crise cardiaque qui me menaçait toujours un peu plus… Je soupirai, après avoir entendu ses pas s’éloigner et penchai la tête vers l’avant. Mes yeux s’étaient directement noyés, cédant au trop plein d’émotions, puisque j’étais seul. Je les fermai et mis ma main en visière devant mes yeux, cachant ainsi le plus possible que le tout me rattrapait. Je pris une grande inspiration, tentant immédiatement de me calmer, puisque je ne savais pas quand Tomoya reviendrait. Être seul ne me dérangeait pas, je suis maintenant plus qu’habitué à mon handicap et même si je ne connais pas l’aquarium, je pourrais très bien me débrouiller par moi-même. Il est vrai que je suis généralement accompagné lorsque je vais à des endroits inconnus, tout simplement parce que c’est plus pratique et plus agréable, mais je ne suis plus sans ressources comme lorsque je venais à peine d’arriver en ville ou même avant, quand je devais m’habituer à mon nouveau handicap. Je sursautai en entendant une petite fille courir en criant devant moi, puis passai ma main sur mes yeux pour effacer toutes traces qui pourraient trahir que j’avais un peu craqué. Quelques secondes après, je sursautai à nouveau puisque Tomoya était déjà de retour et prenait mes mains. Je grimaçai un peu, espérant qu’il ne remarquerait pas qu’une de mes mains étaient légèrement humide à cause de ces traîtresses de larmes.

-« C'est moi ! Désolé de t'avoir abandonné comme ça mais je voulais que tu gardes un souvenir de cette journée … »

-« Ça va… je ne me suis pas senti abandonné… et des souvenirs... j'en aurai pleins... ne t'en fais pas... » répondis-je avec un petit rire gêné.

Sa gentillesse était désarmante, comme toujours… il était si attentionné et foutait le bordel le plus complet en moi. J’aurais préféré qu’il ne soit qu’un idiot rustre, ça aurait été facile de l’oublier et de ne pas vivre tout ça...

-« Je ne suis pas très doué au niveau toucher comme toi mais je voulais que tu ais la tortue que tu as toujours rêvé d'avoir. Bien sûr ce n'est pas une vraie mais j'ai fait avec les moyens du bord. »

Je ne comprenais absolument rien à ce qu’il disait, encore une fois… La tortue que j’avais toujours voulu? Mais ce n’était pas une vraie? Je fronçai les sourcils, une expression de confusion se dessinant doucement sur mon visage. Je le laissai guider mes mains, lui faisant toujours confiance et continuai à chercher ce qu’il voulait dire, alors que mes mains palpaient doucement un objet qui avait une texture lisse… comme les tortues, qui était froid et qui… un sourire illumina mon visage tout naturellement, alors que je reconnaissais la forme de mon animal tant chéri. Je n’y pouvais rien, c’était une réaction naturelle et presque automatique. Puis, je le savais qu’une tortue me consolerait… mais lui, comment avait-il pu le deviner? Je pris doucement la fausse tortue dans mes mains, la découvrant à loisir avec ce sourire de gamin idiot. Mes yeux restaient brillants de la menace des possibles larmes, mais cette fois, Tomoya pouvait penser que c’était de joie, donc… c’était moins grave.

-« De quelle couleur est-elle? » demandai-je avec une curiosité enthousiaste. « Quel est son nom? » ajoutai-je, me demandant si tu y avais pensé.

Ce n’était pas une question piège, je me demandais tout simplement quel nom il lui donnerait, puisque c’était lui qui l’avait choisie. Je posai délicatement la tortue sur mes cuisses, puis cherchai plutôt les bras de mon ami. Je les trouvai rapidement, mes mains les remontèrent, s’en servant comme guide pour retrouver son visage que je pris doucement entre mes mains. Je caressai très délicatement ses joues, descendant à sa mâchoire que je suivis du bout des doigts, en dessinant la forme dans ma tête. Mes doigts remontèrent tranquillement, venant plutôt caresser son front, puis ses sourcils… j’effleurai ses paupières, puis l’arête de son nez. Je pouvais ainsi voir comment il avait vieilli, mais restait très sûrement agréable à regarder. Je lui souris doucement, alors que mes mains revenaient sur ses joues. J’avais ignoré ses lèvres, donc mon image de lui restait incomplète…

-« Tu as pris la tortue qui avait la tête la plus drôle afin qu’elle ne te ressemble? » demandai-je avec un petit sourire taquin.

Oui, je lui disais qu’il avait une drôle de bouille. C’était ma manière de lui faire un compliment, tout en le taquinant un peu. La tortue ou la pause ou les deux ayant un peu allégé mes humeurs. Je le laissai prendre ma tortue afin que nous ne reprenions la visite et repris tout naturellement sa main. Je l’invitai tout naturellement à venir à la petite fête que je souhaitais organiser pour l’anniversaire de mon handicap. Fête qui lui sembla étrange, mais quand on me connaît… je ne sais pas si ça surprend vraiment que je ne fasse ça.

-«  Comment ça un autre anniversaire que ce celui-là ? Et oui tu as bien raison c'est un anniversaire plutôt étrange mais si c'est ce que tu souhaites faire, fait le j'ai envie de dire. Et oui tes années de pratiques te serviront enfin à quelques choses c'est vrai. »

-« Oui… mais… on en reparlera plus tard… » répondis-je avec un petit sourire ferme.

J’en parlerai à Tomoya, mais … avant de tomber dans ce sujet sensible dont je n’avais jamais parlé à personne, je tenais à répondre à ses précédentes questions. Je n’avais toujours pas de réponses précises, mais j’avais des paroles sensées d’une sage personne. Cela devrait suffire à clore la conversation et tout réglé… Tomoya pourrait aller tranquillement vers la vraie personne qu’il aime, plutôt que de me tester comme ça... Je fus surpris qu'il ne s'arrête comme ça, sans prévenir, mais je m'arrêtai donc avec lui. Je me tournai un peu vers lui, même si je ne le voyais pas, ça m'aidait à me concentrer sur sa voix qui n'était pas très forte alors qu'il me répondait.

-« Je t'aime pourtant Minori … Oui j'ai mis du temps à le reconnaître. Oui j'ai compris que tu avais peur du mal que tu pourrais me faire, ou plutôt du mal que les gens me feront si je t'aimais … mais je m'en moque. J'ai rencontré la personne que j'aimais, je n'étais qu'un enfant. J'ai grandi avec lui et même si je l'ai repoussé à son adolescence en lui disant que non nous ne pourrions pas nous marier … Ce n'était pas ce que je pensais, j'aurais pu te dire oui … Mais je voulais que tu fasses tes propres expériences de la vie, que tu découvres ce qu'était l'amour avec une autre personne avant de te dire réellement amoureux de moi. Oui je suis stupide mais je fonctionne comme ça, et tu étais si jeune, tu avais quinze ans et moi vingt et un ans … Crois-moi que j'aurais aimé te dire oui à l'époque et parfois j'ai l'impression que jamais tu n'aurais perdu ta vue si j'avais pas été aussi stupide … Alors oui il est sans doute trop tard et je ne te demande rien mais c'est le cas, je t'aime Minori... »

Je ne fus pas certain d’avoir bien compris les premiers mots… ni les suivants d’ailleurs. J’étais trop étonné, trop surpris, trop choqué par ses aveux. Tout ce temps, j’avais cru qu’il ne me voyait que comme son ami d’enfance, une personne de sa famille, quelqu’un de spécial, mais pas du tout comme ça… Je l’écoutais, ne sachant quoi penser, quoi ressentir. De la joie? De la frustration? Toutes ces années à penser qu’il ne m’aime pas et être malheureux à cause de ça! Du soulagement? De la rage parce qu’il vient de me briser le coeur, ENCORE, pour ensuite me dire qu’il m’aime?! De l’amour parce que c’est ce que j’ai toujours le plus ressenti pour lui? Les larmes me revinrent directement aux yeux , encore une fois à cause du trop plein d’émotions. Je le frappai au niveau des jambes avec ma canne à cause d’une pure maladresse, alors que je me rapprochais de lui.

-« Désolé, c’était accidentel… » admis-je calmement, malgré toutes les émotions qui culminaient.

Je lâchai sa main et posai plutôt ma main sur son bras, pouvant ainsi jauger de la distance entre nous. Je me rapprochai encore un peu, me retrouvant donc très près. Je restais silencieux, cela dit et je pinçai les lèvres, fronçant légèrement le nez alors que je lui mettais un bon coup de canne vengeresse sur le tibias. Il n’allait pas en mourir, mais ça devait être un peu douloureux quand-même.

-« Ça, ce ne l’était pas. C’est ma vengeance pour m’avoir ENCORE brisé le coeur en me laissant croire que tu aimais quelqu’un d’autre… alors qu’on est à un rendez-vous que tu m’avais promis pour que je me remette de la première fois que tu m’as brisé le coeur. » admis-je, sur un ton mécontent.

On ne pouvait pas me faire vivre tout ça et s’en sortir en disant « Je t’aime » MÊME SI ÇA FAIT 25 ANS QUE J’ATTENDS CES MOTS. Non mais. Je ne suis pas SI facile. Je me mordis la lèvre inférieure, ma main se serrant doucement sur son bras. Ma main qui tenait ma canne l’attrapa agilement et la replia rapidement, ayant l’habitude, avant de la glisser dans ma poche de veste. Ma main à présent libre se posa sur son autre bras et je me rapprochai encore à peine, la distance entre nous n’étant de presque plus rien. Je remontai mes mains à son visage à nouveau, toujours aussi délicatement, bien que j’étais fébrile. Mes doigts effleurèrent très, très doucement ses lèvres, en dessinant les contours dans ma tête, terminant son visage. Je glissai ma main droite sur sa joue, tandis que ma main gauche venait se glisser dans ses cheveux, sur sa nuque. Les yeux clos, j’approchai lentement mon visage du sien, encore plus nerveux qu’à mon premier baiser. Je posai finalement mes lèvres sur les siennes, l’embrassant d’abord avec une infinie douceur pleine de tendresse, pendant quelques longues secondes.

-« Je te déteste… Tu vas me rendre fou… » murmurai-je, ayant à peine rompu le baiser pour ça.

Succombant à l’envie, je revins capturer ses lèvres des miennes, mais avec plus d’ardeur cette fois, l’embrassant comme j’en avais envie depuis trop longtemps déjà. Je voulais pouvoir me rappeler de ses lèvres douces contre les miennes, de leur goût, de leur chaleur… qu’il ne puisse jamais oublier les miennes et qu’aucunes autres ne puissent être satisfaisantes après ce baiser. Je me rapprochai encore, me pressant un peu contre lui, puis je finis par rompre le baiser, à bout de souffle. Je ne m’éloignai pas, mais reculai très légèrement la tête et ouvrit lentement les yeux, même si ça ne changeait rien pour moi.

-« Ne me dis plus que tu m’aimes… Faisons comme si tu n’avais rien dit… sinon… je ne sais pas… Je ne sais pas… tu pourrais encore avoir raison de moi et me faire faire n’importe quoi… » admis-je, en murmurant.

C’était sa chance de changer d’idées, de se rétracter. Après, s’il continue… qui sait de quelle folie il pourrait me convaincre encore.

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Kim Tomoya

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MessageSujet: Re: Dix ans plus tard... PV Tomoya~   Ven 9 Fév - 20:29

► Janvier 2018, aquarium
Dix ans plus tard...
Tomoya & Minori


La distance qui s'était peu à peu installé entre nous c'était faite naturellement entre nous et j'avais laissé faire parce que je savais que tu avais eu besoin après ce qui s'était passé entre nous. Les premiers temps j'avais été triste de voir qu'il y avait ce fossé qui creusait entre nous mais j'étais celui qui t'avais demandé de m'oublier après tout et tu t'efforçais de le faire comme je t'en avais fait la requête et même si cela n'était pas facile à vivre pour moi, j'avais laissé courir sans tenter d'arranger les choses et ça s'était un peu plus intensifier entre nous. On était toujours proche c'était vrai, il est rare d'avoir un ami qu'on pouvait appeler à n'importe quelle heure juste pour parler si le besoin s'en faisais sentir mais c'était aussi ton cas, tu pouvais n'importe quand je répondais toujours sauf si j'étais à l'hôpital à ce moment-là. Mais cependant ce qui s'était passé il y a dix ans m'avait fait prendre conscience que j'avais fait la plus grosse erreur de ma vie en te disant de m'oublier … Et oui je n’avais quand même rien dit pour rattraper le truc, j'aurais pu mais à quoi bon faire une telle chose, j'agissais pour ton bien après et qu'importe si ça me faisait mal à moi c'était pour ton bien à toi donc ça m’était égale de souffrir d'une quelconque manière que ce soit.

Quand je t'avais avoué que je me doutais qu'on ne pouvait ni toi, ni moi, oublier tous ses moments passés entre nous et que ce serait comme renier ce qui était nos vies à présent, parce que le passé influe sur le présent toujours quoi qu'on en pense et même si nous n'en avons pas conscience. Nos actes passaient finissent toujours par nous rattraper à un moment et nous explosaient en pleine tête, nous forçant ainsi à agir d'une quelconque manière pour rattraper les choses quand tu me dis que tu devais être envahissant à l'époque, vu que tu ne m’avais pas laissé trop le choix, ce qui était vrai, que tu l'avais décidé et c'était comme ça je devais faire avec ou pas. Je laissais passer un petit rire à tes mots en secouant la tête, bien sûr que je n'avais pas eu le choix mais tu m'avais rien imposé réellement imposer, j'avais aussi laissé faire en réalité non ? Je te le dis en souriant

" Envahissant ? Oui sans doute mais je t'ai laissé envahir ma vie tu sais ? Je sais que j'aurais aussi très bien pu te dire de m'oublier plus vite mais je ne voyais pas de mal à tout ceci, et j'ai laissé faire. Puis j'étais peu câlin à l'époque et j'avoue que tu étais le seul que je laissé me câliner autant sans trop rien dire en réalité. Et j'ai toujours aimé nos moments câlins quand nous étions plus jeunes, ils me paraissaient naturels donc je ne pense pas que c'était imposé réellement carrément pas même. "

Puis j'avais enchaîné en t'avouant que tu avais toi aussi toujours été spécial à mes yeux c'était vrai après tout donc pourquoi devrais-je le garder pour moi en réalité. Je n'en voyais pas de raisons en réalité. Tu avais toujours fait partie de ma vie, tu avais été les premières années un petit frère puis à mon adolescence vers mes douze treize ans j'avais pris conscience que ce n'était pas ça. Je me souviens très bien d'un épisode de notre vie passé qui m'avait réellement ouvert les yeux et qui m'avait fait prendre conscience que tu n'étais pas mon ami. Je venais de vivre mon premier désastre amoureux avec une fille de mon école qui avait été une expérience traumatisante pour moi, ce n'avait rien eu de sexuel j'étais trop jeune mais les mots de cette fille pour me laisser tomber m'avait marqué réellement « Je peux pas être avec un garçon qui me prends dans ses bras quand il y pense et qui surtout fait passé ses cours avant moi ». J'avais été marqué parce qu'en parti c'était vrai, je le reconnaissais moi-même mais j'avais des projets scolaires qui impliquait de devenir une personne dont mes parents pourraient être fiers, et je voulais déjà être médecin donc je travaillais beaucoup en cours. Quand on s'était vu le week-end suivant je t'avais demandé si tu trouvais que je n’étais pas câlin et ta réponse m'avait fait comprendre que c'était pas le cas, que j'étais comme ça avec tout le monde sauf avec toi, cela voulait donc dire que tu n'étais pas comme les autres pour moi. C'est ce jour-là que j'avais pris conscience que je t'aimais certainement depuis un moment déjà.

Nous avions continué à nous parler et tu m'avais demandé si j'avais peur que tu ne reviennes pas vers moi ? Et oui j'avouais que dans le fond c'était une chose qui me faisais peur en réalité que tu ne reviennes jamais vers moi même si tu le faisais toujours que même quand c'était toi qui voulais voir personne tu me laissais toujours rentrer chez toi, bon après c'est vrai que je m'imposais en venant toquer à ta porte mais ça n'empêche que tu m'ouvrais toujours en réalité. Puis pour détendre l'atmosphère tu m'avais répondu que j'étais un séduisant jeune médecin comme je te l'avais dit moi-même ce qui m'amusa l'espace d'une seconde parce que je me trouvais beaucoup de chose mais pas aussi séduisant que ça en réalité et j'avais répondu avec humour en disant que oui le fantasme de la blouse blanche était un truc que j'avais tendance à oublier mais que même si j'aimais les enfants je n'étais pas comme ça du tout. A ta réponse je me mis à rire en te disant

" Je sais bien je te taquinais juste c'est tout. Et franchement si t'avais insinué quoi que ce soit du genre j'aurais certainement pas relevé en réalité … J'aurais été gêné que tu puisses toi y penser. "

Je me doutais que tu avais une vie sexuelle sans avoir rencontré tes conquêtes mais moi je les voyais mieux je me portais. On dit souvent que ne pas voir les choses impliquent qu'on n'en sait rien mais je savais que c'était faux, c'était un moyen illusoire de se défendre et se protéger en réalité. Et quand indigné un peu tu me dis que mes patients avaient des parents je te regardais en disant avec un petit rire nerveux

" Ça va te paraître bizarre si je te dis que je n’ai jamais dragué les parents de mes patients ? J'ai déjà la pire réputation à l'hôpital sans ajouter ça à mon palmarès hein."  

Je n'avais jamais éprouvé la moindre fierté à être comparé un à coureur de jupons tout ça parce qu'au début de ma carrière aux urgences je draguais un peu tout ce qui bougeait et que j'avais sans doute dû briser des cœurs de jeunes infirmières qui pensaient qu'en m'ayant, elles avaient péché le bon poisson mais je n'avais jamais eu la moindre envie de me fixer à l'époque et c'était que récemment que ce désir était devenu présent dans ma vie. Et surtout que bien que j’aie pu faire ça je le reconnais, je ne le faisais plus depuis longtemps cependant je savais qu'il était encore conseillé aux jeunes et nouvelles infirmières de m'éviter comme la peste par les plus anciennes qui me voyaient encore comme ce jeune homme coureur de jupons que j'avais pu être. Et le fait que je n'étais plus sorti avec un de mes collègues depuis au moins trois ans, avait visiblement échappé à tout le monde mais je m'en moquais en réalité … J'étais pas là-bas pour me faire un palmarès de chasse mais pour faire mon travail tout simplement.

Quand tu m'avais parlé de ton projet fou de mariage arrangé je n'avais pas pu retenir mes mots en te disant que pour moi c'était sans doute pas une bonne idée et même si j'essayais de me maîtriser dans mes mots pour ne pas que tu prennes peur je savais que tu me connaissais assez pour sentir que j'étais contre cette idée. Et même si je détestais l'idée d'être aussi intrusif dans ta vie, me permettre ainsi de juger ce que tu faisais, je ne pouvais me retenir réellement de dire les choses comme je les ressentais réellement. Quand tu continuais en me disant que c'était étrange que je n'avais pas encore rencontrer cette Eunae depuis le temps vu le nombre de fois que j'étais venu chez toi, je souris doucement en te disant

" C'est vrai que c'est étrange que je ne l'ai pas encore rencontré depuis le temps. Mais ça finira bien par arriver un jour tu sais … J'en suis même convaincu d'ailleurs. "

Nous avions continué à parler de ton projet de mariage et j'avais fini par comprendre que tu avais quand même un peu de doute alors je m'étais engouffré dans la brèche pour te dire ce que je pensais réellement. Et oui cette fois je faisais beaucoup moins attention à mes mots donc ça montrait clairement que je n'étais pas d'accord avec ton idée de mariage. Mais ça c'était le fait que je sois jaloux que je n'arrivais pas à te le cacher et je m'en voulais un peu quand même. Quand finalement tu me demandas ce que serait la bonne solution d'après moi, je pris pour une fois le temps de tourner ma langue sept fois dans ma bouche avant de te répondre en disant

" Je n'en sais rien … mais si tu as des doutes ne le fait pas c'est tout."

J'avais été tenté de te dire « Épouse-moi » mais là franchement je crois que tu aurais pas compris d'où venait une telle idée de ma part et sans t'avouer les sentiments réels qui m'animaient, je ne voyais aucune façon d'expliquer des mots pareils et je sais bien que j'étais encore un lâche dans cette histoire. Nous avions continué à parler et d'un coup nous avions changé de sujet de ton possible mariage nous en étions arrivés à mes propres relations amoureuse et tu finis par me demander où j'en étais moi de mon côté au niveau amoureux plus ou moi et j'avais avoué que j'aimais quelqu'un qui avait pris une grande place dans mon cœur. Ce n'était pas réellement un aveu parce que je n'avais pas dit que c'était toi cette personne mais c'était quand même un grand progrès d'avouer que mon cœur était pris oui. C'était la première fois réellement que je l'avouais à voix haute et que je te disais les choses aussi clairement depuis que j'avais pris conscience de mes sentiments pour toi. Et ça me fit du bien dans le fond, mon cœur se sentait soudain soulagé d'un poids dont je n'avais pas eu conscience jusque-là.

Lorsque tu changeas le sujet après mes aveux je laissais courir, il était inutile de continuer à parler de ça et finir par finalement te dire que je t'aimais ouvertement tu me révéla que tu avais eu une histoire d'amour importante qui avait été jusqu'à la demande en mariage de ton partenaire, ça me faisait mal de me dire que tu pouvais laissais une personne ainsi entrait dans ton existence et même si tu avais refusé sa demande en mariage, tu avais été quand même très proche de cette personne pour qu'il en arrive là. Tu avais ensuite continué avec des blagues stupides qui m'avait poussé à te dire des bêtises à mon tout, revenant sur l'idée du fantasme du docteur que j'avais déjà évoqué plus tôt je ne saurais pas dire pourquoi mais je me demandais réellement comment j'en étais arrivé là. Quand tu me dis je devais arrêter avec mes descriptions de fantasmes et que tu savais ce que j'essayais de faire, je me mis à rire doucement en te disant

Mais je n'ai pas dit ça dans ce sens-là du tout je t'assure ! Je sais même pas pourquoi j'ai parlé de ça en fait … Excuse-moi si ça t'a gêné je ne le ferais plus je te le promets. "

Nous avions continué à discuter et quand je te parlais de mes sentiments pour toi sans parler réellement de toi, je me donnais l'impression d'être de plus en plus lâche, et ça me rendait réellement malade dans le fond. Pourquoi n'avais-je pas à te dire clairement les choses ? Je ne savais toujours pas. Quand tu avais fini par me prendre dans tes bras, j'avais tellement été étonné sur le coup que je t'avais laissé faire. Tu t'étais blotti dans mes bras et cette sensation que j'avais fini par oublier m'avait à nouveau saisi. Tu m'avais tellement manqué tout comme je t'avais manqué vu que tu me l'avouas d'un coup. Je t'avais serré plus fort contre moi parce qu'après tout j'avais quand même avoué que ça me manquait de pas être aussi naturel avec toi et de te prendre avec des pincettes me pesaient réellement à force. Et surtout je t'avais avoué que si je faisais ça c'était parce que j'avais l'impression que je n'avais pas le droit d'être ainsi avec toi alors que je t'avais demandé de m'oublier. Alors ton câlin je n'allais certainement pas le repousser bien au contraire. Ton léger baiser dans mon cou m'avait surpris en fait et je pris l'initiative de venir te faire un bisou à mon tour, bien sûr j'en profitai avant ça pour t'observer un moment et mes lèvres avaient effleurés ta joue et la commissure de tes lèvres volontairement. Puis je te fis la promesse de ne plus jamais te lâcher vu que tu m'en donnais d'un coup le droit et je compris que c'était bien plus qu'une promesse que j'avais fini par te faire à nouveau, c'était réellement ce que je voulais, je ne voulais plus jamais te perdre et surtout être le Tomoya que je ne voulais plus être. Et quand tu me répondis de ne pas dire n'importe quoi et que la personne que j'aimais ne serait pas d'accord que je sois ainsi avec toi, je ne pus te dire avec un petit rire nerveux

" Je ne pense pas qu'il trouverait à y redire en réalité … S’il m'aime il comprendra que me prendre s'est aussi prendre les gens que j'aime et tu en fais partie donc il devra faire avec … Même si je suis certain qu'il n'y aura aucun problème. "

Tu n'ajoutas rien de plus et un léger silence un peu pesant se fie entre nous puis je te sentis laisser tes mains parcourir mes bras avant de finir par se poser sur ma joue, je souris un peu sur le toucher délicat de tes mains et je me laissais faire en me demandant ce qui t'arrivait tout à coup pour avoir ce geste envers moi. Quand je vis ton sourire affectueux un sourire plus accentué se dessina sur mes lèvres puis tu laissas retomber ta main avant de reprendre le cours de notre conversation, tu me disais que tu comprenais mes peurs quand je t'en avais fait par et quelque part tu m'incitais à m'ouvrir à la personne que j'aimais, et je t'écoutais attentivement en comprenant quand même que tu avais le sentiment que je voulais changer pour cette personne. Je démentis en disant que je voulais avant tout changer pour moi, que j'avais réellement besoin de connaître les origines de ma naissance, que c'était important de savoir ça pour moi à présent. Et c'était vrai j'en avais vraiment un réel besoin à présent et je ne devais pas faire comme si ce désir était pas présent dans ma vie, si je voulais avancer je devais aller dans ce sens même si je savais que j'aurais sans doute mal et que ça me ferait de la peine de connaître les vraies raisons qui avaient poussé ma génitrice à m'abandonner. Mais si je voulais être un adulte responsable je devais le faire, pour moi bien avant que je ne veuille le faire pour toi en réalité.

Je ne savais pas comment tu avais pu prendre mes mots mais je ne me cachais pas, je me révélais et je te disais que c'était important aussi quelque part que je ne te cache rien à part l'identité de la personne que j'aimais au fond. C'était la seule chose que je ne voulais pas dire encore réellement, non pas la honte mais je savais pas encore comment tu pourrais le prendre toi si je te disais la profondeur de mes sentiments à ton égard. Mais nous étions retournés à la visite de l'aquarium, tout en continuant à se parler à cœur ouvert ce qui faisait du bien, tu apprenais des choses sur moi mais j'en apprenais également je devais l'avouer, je compris que tu avais peur d'attirer des problèmes à la personne que tu aimerais juste parce que tu étais ce que tu étais. Et je le compris encore plus à l'histoire de ton amie que tu me racontas. Je n'aurais jamais pensé que tu puisses penser une chose pareille après tout je te connaissais depuis si longtemps à mes yeux j'aurais pensé que tu assumais réellement ce que tu étais et c'était sûrement le cas mais tu ne voulais visiblement pas attirer les soucis aux personnes que tu aimes parce que la société jugeait facilement mais comme on disait il était facile de voir la paille dans l’œil de son voisin mais jamais la poutre dans le sien. J'avais deviné ta peur et je la comprenais mais ça me faisait mal que ça te freinait dans tes désirs réels quelque part de te stabiliser et je te l'avais dit en te disant que la société était mal faite qu'elle se permettait de juger les autres facilement et que oui je comprenais ta peur quelque part aussi. Puis j'avais posé la question fatidique « Est-ce que tu supporterais d’avoir peur de tout ça si je tombais amoureux de toi? » cette question n'engageait à rien à vrai dire mais j'avais besoin de te le demandais mais tu ne me répondis pas et nous reprîmes la marche.

Je marchais à tes cotés en gardant le silence puis en arrivant au bassin où se trouvaient tes animaux préférés, j'avais souris en voyant ça et j'avais tenté de te les décrire le plus fidèlement possiblement. Quand soudain j'eus une idée folle et je te fis t'asseoir sur un banc non pas par peur de revoir l'homme qui t'avais pincé les fesses revenir à la charge mais pour que tu ne te fasses pas bousculer par accident et soit blessé au cas où. Et je t'avais laissé pour aller acheter une peluche du majestueux animal que tu adorais puis j'étais revenu à toi. J'avais compris que tu n'allais pas bien que quelque chose n'allait pas et quand je sentis ta main mouillée en la reprenant quand je revins vers toi, je compris que tu avais dû pleurer, je serrai un peu ta main avant de la poser sur mon cadeau en te disant que ce n'était pas une vrai mais que j'espérais que tu te contenterais de ça. J'avais guidé tes gestes sur la peluche très réaliste que j'avais choisi et quand je vis l'émotion que mon cadeau te procurait, je tendis ma main libre pour caresser ta joue en te disant

" Ne pleure pas sinon je pleure avec toi hum ? Je voulais te faire plaisir moi, pas te faire pleurer … et je sais que tu as sans doute beaucoup de souvenir de cette journée, c'est pareil pour moi mais il te suffira de toucher cette petite peluche pour te souvenir de ses moments à jamais. " Je restais un long moment à caresser ta joue pour que tu ne pleures pas en te regardant longuement avec attention puis je souris à tes questions en disant " Je ne sais pas tu pourrais l'appeler Kame ou Samy comme dans le dessin animé … Bon j'avoue qu'appeler ta peluche de tortue par le mot tortue dans une langue étrangère c'est bizarre quand même. Et c'est une tortue de mer donc elle est verte. "

Je fis un léger sourire à mes mots puis je te regardais très longuement alors qu'à nouveau tu passas tes mains sur mon visage, le détaillant un peu plus cette fois si, en souriant doucement puis je te laissais faire à ta phrase sur ma supposé ressemblance avec ton cadeau je me mis à rire doucement en disant alors que je secouais la tête en te disant

" Tu as tout compris … Comme ça tu auras un truc qui me ressemble et puis je suis rassuré vu que tu aimes les tortues tu ne pourras que te dire que je suis aussi mignon qu'elle. "

Je souris encore plus en te disant, non je n'avais pas pris mal tes mots au contraire même ça m'avait beaucoup amusé en réalité. Et c'était pour ça que je t'avais répondu ça. J'avais pris ta tortue pour la garder avec moi puis nous avions repris le chemin de la visite en souriant un peu, parlant de ta fête d'anniversaire de cécité. Il n'y avait que toi pur avoir cette idée folle de fêter un événement tragique mais de prendre le côté positif des choses, j'avais souris en te disant que c'était quand même une idée bizarre mais quand tu ajoutas que tu aurais pu fêter ce jour-là un autre anniversaire je n'avais pas pas pu m'empêcher de te demandais de quoi tu me parlais parce qu'après tout c'était une phrase qui ne pouvait qu’attirer mon attention en réalité et attiser ma curiosité. Donc quand tu me dis que tu m'en parlerais plus tard, je n'insistai pas si tu ne te sentais pas prêt à m'en parler je le respectais, bien sûr j'aurais aimé savoir le fin mot de l'histoire mais je savais que tu finirais par me le dire vu que tu finis par me dire que tu le ferais plus tard.

Quand finalement tu me répétas ce qu'une personne de ton entourage t'avait dit, je tournai la tête vers toi en fronçant les sourcils avant de me stopper en pleins dans mon mouvement puis je te regardais un très long moment en te disant ce que j'avais sur le cœur … Comment pouvait-on dire que si depuis le temps rien ne s'était passé entre nous c'est parce que je ne ressentais rien à ton égard alors que c'était loin d'être le cas. Et sans réfléchir une seule seconde je finis par te dire tout ce que j'avais sur le cœur, te disant finalement la profondeur de mes sentiments sans réfléchir, mes mots sortirent d'eux même et rien ni même l'alarme silencieuse dans ma tête qui s'était mise à sonner m'empêcha de dire tous les mots qui me venaient. Je pouvais plus te mentir au point que tu ne penses que je t'aimerais jamais alors que c'était loin d'être le cas en réalité vu que j'avais de réels sentiments amoureux pour toi. A ton silence après tes mots j'eus soudain conscience de la réalité de mon action je venais de te dire tout ce que je ressentais, je n'avais rien caché même pas la peur que j'avais eu alors que tu n'avais que quinze qui m'avait obligé à de te repousser pour ton bien. Quand je te sentis me frapper avec ta canne, une fois je sortis de ma réflexion en te disant

" Un accident c'est rien ne t'excuse pas voyons. "

Quand tu lâchas ma main après coup je fus étonné et je te dis ensuite poser ta main sur mon bras, avant de te rapprocher de moi. Tu restais silencieux dans ton action et je me demandais réellement ce qui se passait d'un coup, je me pris alors un deuxième coup dans le tibia, qui ne me fit pas mal du tout en vérité mais que je sentis quand même passé comme on dit, et alors que le premier était accidentel j'en étais certain je sus que celui-ci était loin de l'être en réalité, tu m'avais frappé volontairement d'ailleurs tu me le confirma en commençant à me parler, je pinçai mes lèvres pour ne pas rire et prendre le risque de te vexer, je te dis alors

" C'est de ta faute hein … et tu aurais préféré que je garde tout pour moi et je ne te le dise jamais ? Je veux pas te mentir Minori, je ne veux plus. "

Je voyais que tu étais pas content réellement que je t'ai dit mes sentiments et je me demandais si c'était parce que tu ne ressentais rien pour moi ou si c'était parce que j'avais mis le temps pour te le dire. Quand finalement tu t'approches encore un peu plus de moi, je t'observais longuement alors que tu te mordais les lèvres un moment. Tes doigts effleurèrent mes lèvres très très doucement, et je te laissais faire, quand ta main avait fini par caresser ta joue, et que ton autre main se glissait dans mes cheveux sur ma nuque. Je t'observais attentivement en te regardant faire, le cœur battant à tout rompre, je me demandais ce que tu allais faire mais l'excitation de ne pas savoir ce que tu allais faire, me laissai sans aucune réaction, quand tu finis par poser tes lèvres sur les miennes je frissonnai de la tête aux pieds. Ce n'était à peine plus qu'un effleurement réel que tu m'offrais en réalité et j'étais assez surpris et curieux, quand tu t'écartas de moi pour me dire que tu me détestais et que j'allais te rendre fou, je passai mes bras autour de toi avec un léger sourire. C'était plus fort que moi je ne me moquais pas de toi mais je te trouvais trop mignon.

Lorsque finalement tu viens capturer mes lèvres à nouveau je compris la nature profonde de tes sentiments. Ce n'était pas qu'un simple baiser que tu me donnais d'ailleurs et j'y répondis aussi vu que cette fois j'eus le temps de le faire. Je t'attirai contre moi pour te garder près de moi et je répondis avec douceur et passion à ce baiser. Mes lèvres caressaient tes lèvres avec douceur, te laissant mener ce baiser après tout tu en avais pris l'initiative non ? Les taquinant délicatement sans chercher à aller trop loin trop vite, j'aurais pu chercher à approfondir ce baiser mais je ne voulais pas le faire, je tenais à vraiment à prendre notre temps. Je ne restais pas passif dans ce baiser, j'étais aussi acteur de l'échange. Je n'aurais jamais pensé que t'embrassais me mettrais autant dans cet état, c'était comme si j'avais enfin à ma place, au bon endroit et bon moment. Quand tu finis par t'écarter après ce baiser puis t'éloignais de moi, je laissa tomber mes mains sur tes bras en te regardant longuement à tes mots, je souris doucement puis je te dis alors doucement

" Ne pas te le dire ne changera rien au fait que je t'aime tu sais ? Je pourrais ne plus te le dire mais je te mentirais et je pense que je le fais depuis trop longtemps. Ça fait plus de dix ans que tu es la personne la plus importante de ma vie Minori … Je sais que tu as peur … Mais pour une fois, ne pense pas déjà à fuir et laisse-moi te montrer que je suis pas le genre d'homme à laisser tomber la personne que j'aime à cause de critiques de personnes qui ne connaissent rien de ma vie et qui ne te connaisse pas également. "

Je te regarde longuement puis je m'approche de toi après mes mots, venant poser mon front contre le tien pendant que je parle en te serrant à nouveau contre moi, du moins d'un bras vu que je tenais toujours ta peluche dans mes mains. Je viens frotter mon nez contre le tien en te disant

" Laisse-nous une chance d'accord ? "

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Park Minori

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MessageSujet: Re: Dix ans plus tard... PV Tomoya~   Mar 13 Fév - 2:30

► Janvier 2018, aquarium
Dix ans plus tard...
Tomoya & Minori
Comment aurait été ma vie si Tomoya ne m’avait pas repoussé? Je ne sais pas… Je n’ai jamais eu la folle idée d’y penser vraiment, surtout pas après la fameuse soirée du nouvel an lunaire qui avait suivi. Cet événement est le premier qui me vient en tête, lorsque je pense aux choses qui auraient pu changé, au cours des dix dernières années… Il faut dire que ça a été le plus gros de toute ma vie. Le plus douloureux physiquement, le plus difficile psychologiquement, le plus horrible sur le plan interpersonnel probablement… Rien n’a jamais su me changer autant que cette soirée. Rien ne m’a fait grandir aussi rapidement. Il faut dire qu’on nous apprend pleins de choses à l’école… les maths, l’histoire, la philosophie, le chinois pour moi puisque j’étais en Chine… Mais, on ne nous prépare pas à la possibilité d’un jour perdre un être cher, perdre un membre ou perdre un sens… On nous donne quelques connaissances qui font jolies dans la conversation, nous donnent l’air de savoir ce qu’on fait… Mais qui ne sont pas nécessairement celles dont on a le plus besoin pour fonctionner en tant qu’être vivant. On ne nous apprend pas à avoir confiance en soi, en nos idées… ni comment faire face à nos doutes et nos peurs, pour qu’ils ne rongent pas ce qu’il y a de meilleur en nous.

J’ai été mon propre professeur sur les choses les plus difficiles… Je me suis empêché de vivre plusieurs expériences à cause de la peur. J’ai laissé des inconnus me traiter comme un simple instrument de leurs plaisirs ou me blesser pour leur amusement, puisque je ne connaissais pas ma valeur. Je ne peux m’en prendre à personne d’autres qu’à moi-même puisque je suis celui qui ai laissé ces choses arriver. C’est moi qui n’ai pas respecté mes propres limites et qui ai accepté de vivre ça. Enfin… dire que je n’en veux pas aux gens qui m’ont fait du mal serait mentir… J’ai accepté de laisser ces choses se passer, certes, mais je n’étais pas seul. Les autres acteurs de ces souvenirs que je préférerais oublier ont justement joué leurs rôles et contrairement à moi, ils y ont pris plaisir. Ils auraient pu ne pas faire ce qu’ils ont pourtant fait, donc ont leur part de culpabilité qui n’est pas négligeable non plus. Lorsque mon chemin croise le leur, de nos jours, j’ai tout simplement envie de vomir. Leur simple nom m’arrache des frissons d’horreur et je refuse catégoriquement d’avoir de nouveau affaire avec eux. C’est pourquoi j’ai plus qu’hâte que mon contrat ne touche à sa fin! Ça aussi, ça aurait été différent, si Tomoya ne m’avait pas repoussé à cette époque… Je n’aurais jamais osé accepter de faire ces choses si j’avais été en couple.

Cela dit, je n’ai pas eu que de mauvaises expériences au cours de ces années. J’ai rencontré de merveilleuses personnes, j’ai vécu quelques petites histoires d’affection tendres qui sont de bons souvenirs. Je ne crois pas non plus que j’aurais eu certaines expériences sexuelles hors normes si j’avais été en couple avec lui. Je n’aurais jamais voulu le partager dans une soirée d’échangisme, encore moins dans une orgie… et ce sont pourtant des souvenirs intéressants, pour le moins que l’on puisse dire… J’ai vécu tant de choses jusqu’ici, alors que je suis pourtant encore relativement jeune. Des choses que plusieurs n’osent même pas imaginer, d’autres choses qui font rêver ou fantasmer… Ma vie n’est pas parfaite, parfois, elle se montre d’une cruauté sans bornes, mais c’est ma vie et j’ai fini par faire la paix avec elle, apprendre à l’aimer malgré tout. Il m’en a fallut du temps pour en être au point où j’en suis avec mon passé et ma propre personne. Ma vie a été riche en expériences de toutes sortes, amicales, aimantes, sexuelles, tristes, douloureuses, violentes, déchirantes, drôles, insensées… mais pas amoureuses. J’ai pourtant tenté, mais je n’ai jamais pu remplacer Tomoya par les personnes avec qui j’étais. Parfois, je me faisais croire que je l’avais oublié, que je réussirais à laisser une vraie chance à la prochaine personne de prendre cette place si spéciale… Puis, il m’appelait ou débarquait chez moi à l’improviste et sa voix ou sa main caressant mes cheveux me faisaient à nouveau profondément sombrer… Je me demandais toujours si j’étais si bon acteur, pour qu’il ne devine pas que je l’aimais toujours, malgré tous mes efforts… ou s’il n’était pas aussi aveugle que moi. Je me le demandais encore présentement… bien que je ne le disais pas explicitement, j’avais l’impression de beaucoup trop en laisser sous-entendre. J’étais envahissant, comme je l’ai toujours été, c’est vrai… mais mes réponses étaient lourdes de double sens, contrairement à d’habitude… J’avais l’impression que mes mots me trahissaient davantage. Peut-être étais-je seulement nerveux et ainsi, je m’imaginais me dévoiler alors que je ne le faisais pas.

-«  Envahissant ? Oui sans doute mais je t'ai laissé envahir ma vie tu sais ? Je sais que j'aurais aussi très bien pu te dire de m'oublier plus vite mais je ne voyais pas de mal à tout ceci, et j'ai laissé faire. Puis j'étais peu câlin à l'époque et j'avoue que tu étais le seul que je laissé me câliner autant sans trop rien dire en réalité. Et j'ai toujours aimé nos moments câlins quand nous étions plus jeunes, ils me paraissaient naturels donc je ne pense pas que c'était imposé réellement carrément pas même. »

Un sourire attendri se dessina sur mes lèvres en l’entendant me corriger. Il est vrai qu’il aurait pu me repousser avant, qu’il aurait pu me dire de ne pas lui faire autant de câlins et de le laisser tranquille. J’aimais grimper sur son dos, quand il étudiait ou lisait, me prenant pour un koala, je m’agrippais à lui et posais mon menton sur son épaule, lisant ce qu’il lisait avec lui. La plupart du temps, c’était de l’arabe pour moi, je n’y comprenais rien! Mais ça n’avait pas trop d’importance, Tomoya me laissait être avec lui et si je le laissais terminer ses devoirs, je pouvais monopoliser son attention après. Heureusement pour lui, mes visites devinrent plus espacées et moins fréquentes, une fois que j’eus commencé à aller à l’école, moi aussi.

-« C’était naturel aussi… n’est-ce pas sensé être naturel quand c’est avec la personne qu’on aime? Je t’aimais… et tu ne pouvais pas résister à mon adorable bouille de l’époque! » dis-je avec, à nouveau un rire nerveux. « C’est ce que ma mère me disait. Elle me répétait aussi de te laisser un peu respirer aussi! Mais pour ça, je ne l’ai jamais vraiment écouté… » admis-je en hochant doucement la tête, un sourire rieur aux lèvres.

J’avais encore trop parlé, disant n’importe quoi. C’était vrai, mais je n’avais pas à le lui dire, non? Ça sonnait bizarre de le dire aussi directement… Nous ne parlions plus de cette période, vraiment… ou pas dans ces termes. Nous pouvions parfois aborder ces souvenirs communs, mais je ne répétais pas aussi explicitement que je l’aimais. Nous le savions tous les deux, donc, il n’y avait pas d’utilités à le souligner. Je ne crois pas que je l’avais dit à nouveau depuis… depuis qu’il m’avait dit de l’oublier? Je n’ai plus utilisé ces mots affectueux que pour ma famille après, pour répondre à ma mère qui me le disait, principalement. Alors que je le disais si facilement, à l’époque, je le criais à pleins poumons avec le sourire idiot d’un gamin innocent… Je le disais en riant, en souriant, en boudant parfois même… Les mots sortaient d’eux-mêmes, naturellement, tout simplement, puisque je n’avais presque pas de filtres à l’époque et que mes pensées traversaient mes lèvres sans se poser de questions. Je ne crois pas que Tomoya relèvera que c’est la première fois que je lui adresse à nouveau des mots qui vont dans le sens de ceux que je lui disais toujours aussi innocemment, ces fameux petits « Je t’aime » sortis de nul part, sans raisons, sinon que j’avais envie de les dire. Je le disais aussi à sa soeur qui m’aimait bien, mais je ne le disais pas de la même manière, c’était plus affectueux qu’amoureux et c’était aussi plus rare. J’étais un enfant très, très affectueux à l’époque, donc on ne relevait pas trop. C’était moi qui était tout simplement… moi. J’étais envahissant, câlin, tactile, vocal…

Après, les choses ont changées. Les événements sont arrivés un après l’autre, ne me laissant pas vraiment de répit. Il serait difficile de dire qu’est-ce qui a changé quoi, mais le résultat a été plus que choquant pour mon entourage. L’enfant câlin, tactile, joyeux et envahissant est devenu distant et ne voulait plus parler de Tomoya, évitant le sujet alors qu’avant il ne pouvait cesser d’en parler. Puis, un doux soir d’hiver, alors que les autres familles célébraient le nouvel an lunaire… L’adolescent avait à nouveau tenté de s’ouvrir… il avait accepté les sentiments d’un autre jeune homme, chose qui avait mis une tierce personne en rage. Ça avait été la goutte qui faisait déborder le vase, pour le coupable… et pour moi, à mon réveil à l’hôpital… Aucune lumière, aucune couleur, aucun visage… que des voix, des murmures, des plaintes, la sensation de mains qui me touchent mais je ne les vois pas… Une douleur impossible au visage, des bandages qui le couvre presqu’entièrement… Apprendre que je ne verrais plus jamais, qu’on avait réussi à sauver mon visage mais qu’il y aurait encore quelques petites chirurgies mineures à faire pour lui redonner son aspect naturel. Je n’ai pas voulu que l’on dise que j’avais été presque défiguré, après tout, les chirurgies correctrices ont été un succès… de ce qu’on m’avait dit. Je sentais déjà les regards qui étaient différents d’avant se poser sur moi, j’entendais les tons de voix qui avaient changé et les mots qui étaient choisi avec plus de soins pour ménager mes sentiments. On m’avait toujours traité différemment, depuis ma naissance. Le changement d’attitude monta d’un niveau, maintenant que j’étais aveugle, on me pensait encore plus fragile, encore plus dépendant et incapable de me débrouiller. Je devins froid, distant, rageur et renfermé... Je ne voulais plus qu’on me fasse ainsi du mal, je ne voulais plus qu’on me traite comme un rebus, comme un alien, comme quelque chose d’anormal. Si je ne laissais personne m’approcher, personne ne pourrait me faire de mal. Les gens me faisaient peur… la vie me terrifiait… Je ne savais pas ce qui m’attendait après tout ça.

Un an et demi, presque deux ans de silence de ma part… Puis, ma mère, ne supportant plus mon attitude m’avait ramené en Corée, espérant que d’entendre des voix aimantes et familières m’aiderait. Après tout, ce n’était pas au Japon que se trouvait la partie de ma famille qui m’aimait le plus… Bien que mes grands-parents paternels ont tenté de se rapprocher et se sont montrés plus attentionnés et gentils à mon égard. J’avais eu peur en prenant l’avion, je n’avais rien dit de tout le trajet en voiture non plus… Puis, j’avais reconnu ces voix de mon enfance… Ces voix chaleureuses qui n’avaient été là que dans mes bons souvenirs… Ces gens avec qui je n’avais jamais rien vécu de traumatisant. Je m’étais figé d’abord, ayant peur, ne sachant pas comment leur faire face… Puis j’avais entendu Tomoya. Mon coeur s’était brisé, mais j’avais souri et mes épines étaient tombées, après tout ce temps. C’était ironique, après tout, il m’avait brisé le coeur, la dernière fois que je l’avais vu… Mais, je lui pardonnais, sans explications, sans conditions… Je ne voulais pas qu’il ne me déteste, donc, j’avais souri et j’avais joué la comédie, faisant comme si tout allait bien, pour la première fois depuis l’incident. Souriant pour la première fois à quelqu’un depuis.

Mais ça, mon ami ne le sait pas. Je ne lui en ai jamais parlé, il n’y a pas d’utilités à savoir ces choses… J’avais simplement fini par admettre que j’avais difficilement vécu l’incident, cela dit, plus tôt pendant notre visite à l’aquarium. La conversation allait et venait, passant de sujets légers à des aveux plus profonds. Tomoya semblait avoir de drôles d’idées avec ses histoires de fantasmes de la blouse blanche, détendant l’atmosphère cela dit.

-« Je sais bien je te taquinais juste c'est tout. Et franchement si t'avais insinué quoi que ce soit du genre j'aurais certainement pas relevé en réalité … J'aurais été gêné que tu puisses toi y penser. »

Un sourire amusé se dessina sur mes lèvres en entendant cet aveu. S’il savait tout ce que j’ai pu penser de lui, une fois que j’eus découvert ce genre de choses… Ce fut un peu tardif, puisque ma vie avait suivi un cours différent de celui des jeunes, mais bon… je n’allais pas le lui admettre maintenant.

-« Ça va te paraître bizarre si je te dis que je n’ai jamais dragué les parents de mes patients ? J'ai déjà la pire réputation à l'hôpital sans ajouter ça à mon palmarès hein. »

Je haussai un sourcil, en entendant sa réponse. Oui, ça me surprenait, mais en même temps… je ne connaissais pas vraiment Tomoya sous cet angle. Je ne sais pas s’il drague vraiment ou s’il est réservé. Tout ce que je sais est qu’avant, j’étais la seule personne avec qui il semblait se sentir à l’aise pour faire des câlins. Il n’était pas aussi tactile avec les autres, il agissait différemment avec moi. Mais… ces dernières années, nous nous sommes rarement rencontrés avec d’autres gens et même s’il se montrait très câlin ou tactile avec les autres, je ne le verrais pas. Il ne me parlait plus de ses relations non plus depuis longtemps, donc, je ne sais même pas s’il a été en couple.

-« Tu as une mauvaise réputation au travail? Vraiment? » demandai-je plutôt, étonné.

Je n’allais pas vraiment le visiter sur son lieu de travail pour une raison évidente : plus loin je suis des hôpitaux, mieux je me sens. Puis, je le dérangerais probablement plus qu’autres choses si je me présentais à l’improviste à l’hôpital. Donc, non, je n’étais pas spécialement au courant du fait qu’il y avait une mauvaise réputation. Moi qui pensais que Tomoya devait avoir beaucoup de succès dans sa carrière, puisque je le connais comme étant très doux avec les enfants et très attentionné, à sa manière. Je l’ai tout de même connu dès mes premiers jours, donc je suis bien placé pour savoir comment il est avec les enfants et je ne crois pas que ça aie tant changé. La conversation continua, le sujet changeant pour la promesse faite à ma mère et donc que j’avais ce drôle de projet de possiblement me marier à mon assistante. Ce serait, évidemment, un faux mariage, mais bon… même pour une fausse cérémonie, j’avais besoin d’un vrai témoin et  Tomoya était probablement la meilleure option pour remplir ce rôle. Je me demandai pendant une seconde si ce ne serait pas à ce mariage que mon ami rencontrerait mon assistante pour la première fois, alors qu’elle travaille avec moi depuis des années. Cette idée me semblait farfelue, mais aux vues de comment les choses se sont passées jusqu’ici, ce serait presque probable!

-« C'est vrai que c'est étrange que je ne l'ai pas encore rencontré depuis le temps. Mais ça finira bien par arriver un jour tu sais … J'en suis même convaincu d'ailleurs. »

Je souris en hochant doucement la tête. Bien sûr qu’il finirait par la rencontrer! Il n’y avait aucune raison pour que ce ne soit pas le cas, ce n’est pas comme si je cachais volontairement mon assistante de mon ami! Je partageai aussi une partie de mes doutes à Tomoya, après tout, il est mon ami d’enfance et son avis est toujours important pour moi. Mais bon, cela dit, ça ne m’empêchera pas de faire ce que j’aurai à faire pour remplir ma promesse… Ce n’est pas de mon assistante que je doute, mais plutôt de nuire à son bien. Je sais que Tomoya ne se proposera pas pour la remplacer, sérieusement, et s’il le faisait, je le refuserais pour les mêmes raisons. Je le lui admis, d’ailleurs, puisqu’il avait dit qu’il aurait accepté. Comme son opposition à mon idée était des plus évidentes, je lui demandai s’il avait une meilleure solution. Après tout, Tomoya avait aussi dit que d’engager une comédienne pour faire semblant lors de la cérémonie et devant mes parents n’était pas une bonne idée non plus…

-« Je n'en sais rien … mais si tu as des doutes ne le fait pas c'est tout. »

Je ne répondis rien, ne sachant pas trop quoi répondre. Si j’ai des doutes… j’aviserai probablement avec Eunae, si c’est avec elle que je me marierai. Après tout, en tant que future fausse femme, elle aura probablement des doutes aussi et il serait mieux d’en parler tous les deux avant de se lancer pour de bon, non? Comme je craignais que le sujet ne devienne lourd ou désagréable et que ce n’était pas tellement quelque chose d’une grande importance dans l’immédiat… Après tout, ce n’est qu’un possible projet qui aurait lieu dans cinq ans, je changeai de sujet. J’étais curieux de savoir ce qui se passait dans la vie de mon ami, mais au final, ma curiosité me retomba douloureusement à la figure. Je regrettai immédiatement d’avoir voulu savoir, bien que je savais que je ne pourrais pas me voiler la face toute ma vie… J’aurais préféré pouvoir le faire encore un peu? Surtout que Tomoya venait à peine de me dire qu’il agirait plus naturellement avec moi, après tout ce temps… La douceur n’aura été que de courte durée. Encore une fois, je changeai de sujet, je ne voulais pas en entendre davantage. Je ne voulais pas savoir quel genre de personne il aimait. Je ne voulais pas l’entendre me vanter une autre personne. Je ne voulais pas l’imaginer avec une autre personne. Surtout, je ne voulais pas savoir qui viendrait définitivement se mettre entre lui et moi…

Je ne voulais pas non plus savoir qu’il aimait se prêter aux fantasmes des autres. Je me doute bien qu’il n’est plus vierge depuis longtemps et sachant personnellement tout ce que j’ai pu faire… Je me doute bien que les autres peuvent se montrer tout aussi curieux et imaginatif que moi! J’ai certains amis qui peuvent me raconter leurs histoires avec les détails les plus crus sans que je ne sourcille, même que je peux les écouter avec intérêt et en discuter tout à fait naturellement. Mais… mon lien avec eux n’est pas le même qu’avec Tomoya. Ça ne me fait pas mal de les imaginer avec une autre personne leur faisant des choses que je ne ferai jamais moi-même.

-« Mais je n'ai pas dit ça dans ce sens-là du tout je t'assure ! Je sais même pas pourquoi j'ai parlé de ça en fait … Excuse-moi si ça t'a gêné je ne le ferais plus je te le promets. »

Mon ami semblait s’entêter à me parler de cette personne, alors que je n’avais qu’envie de lui dire de se taire. Plus un seul mot sur cette personne que je me retenais de détester sans la connaître. Je voulais être égoïste et qu’on ne revienne à nous deux, juste le temps de cette visite. Je voulais retrouver mon ami, ne serait-ce que le temps d’une visite et non pas penser au fait que je devrais à nouveau m’éloigner et prendre une place que je détestais, au fond… Je préfère être son ami que rien du tout… c’est ce que je me répète depuis toujours… J’ai la chance d’être aveugle, donc je ne verrai pas quand il sourira à cette personne. Je ne verrai jamais la tendresse dont son regard doit se remplir en parlant de lui, ni la façon particulière avec laquelle il posera les yeux sur lui. Je ne le verrai pas prendre sa main, le serrer dans ses bras, avoir une quelconque attention pour lui. Mais j’entendrai l’affection dans sa voix, je remarquerai le choix particulier de ses mots avec lui, j’entendrai son sourire dans son ton qu’il aura en parlant de lui… Je peux déjà déceler ces choses, alors qu’il ‘en parle et je m’en sens affreusement mal.

Cherchant du réconfort, cherchant à ignorer ce qu’il venait de m’admettre, je le pris dans mes bras. J’avais besoin d’une petite pause, de ne plus l’entendre me dire ces choses, de le sentir avec moi et avec moi seul. Je me montrai affectueux comme je l’étais naturellement, mais Tomoya répondit à mon affection en l’étant comme il ne l’avait pas été depuis… Je n’avais pas de souvenirs de gestes semblables ces dernières années. S’il y en avait eu… ce devait être quand je dormais, donc j’en doute fort. Autant dire que ça n’est pas arrivé, selon moi. J’eus l’impression de me faire poignarder, lorsqu’il me dit qu’il ne me lâcherait plus et qu’il se rapprocherait à nouveau de moi. C’était exactement ce qui allait devoir arriver pourtant… Ne pouvant me prêter à l’hypocrisie de faire comme si je le croyais vraiment, je lui demandai de ne pas jouer avec mes sentiments. Il n’en avait pas conscience, mais c’était ce qu’il faisait en me disant ces choses que je voulais entendre depuis si longtemps… mais qui tombait à un si mauvais moment.

-« Je ne pense pas qu'il trouverait à y redire en réalité … S’il m'aime il comprendra que me prendre s'est aussi prendre les gens que j'aime et tu en fais partie donc il devra faire avec … Même si je suis certain qu'il n'y aura aucun problème. »

Je me contentai de pousser un petit soupir, je n’y croyais pas tellement, à vrai dire. Autant rester réaliste, à la place de la personne, je n’aimerais pas que Tomoya soit aussi proche d’une autre personne. Il a beau dire que je fais partie de son entourage et qu’on doit m’accepter avec lui, je ne me sentirais pas à l’aise, vis-à-vis de cette personne non plus. Certes, il fait plaisir à entendre que je resterai important, mais ce n’est pas juste pour l’autre personne, non? C’est parce que je pense ainsi que je n’ai pas réussi à m’investir sérieusement, jusqu’ici. Bien malgré moi, j’eus un petit geste tendre pour sa personne, venant caresser sa joue, en profitant pour rafraîchir un peu l’image de lui que j’avais en mémoire. La conversation reprit ensuite et bien qu’il m’en coûtait, j’essayais d’être un bon ami et de lui donner de bons conseils, selon moi. J’avais en effet peur qu’il ne veuille changer pour une autre personne, mais comme il insista sur le fait que c’était pour son bien en premier, je ne poussai pas plus loin. À quoi bon ne pas le croire? S’il dit que c’est pour lui, c’est que ce doit l’être et il est vrai qu’il vaut mieux avoir fait la paix avec sa vie avant de se lancer dans quelque chose de sérieux… Ou qu’il est du moins préférable d’être dans la réflexion d’améliorer sa vie pour se sentir bien.

La visite continua, la conversation en fit de même. Je lui confiai, via l’histoire de mon amie, une de mes plus grandes peurs vis-à-vis d’un engagement réel avec une personne.J’ai plusieurs peurs, plusieurs raisons qui m’ont poussé, jusqu’ici, à ne pas m’engager sérieusement à personne, à ne vivre que de petites histoires ici et là.... Mais celle-là, elle était particulière et avait une place importante dans mes freins, il faut l’admettre. Elle m’en mettait tant que je ne sus pas quoi lui répondre, lorsque Tomoya me surprit avec des questions qui… ne devaient pas avoir de fond de vérité, en réalité. Mon ami devait simplement me les poser pour me pousser à réfléchir, pas parce qu’il le pensait. Le fait que je ne le prenne sérieusement devait le gêner et c’est pourquoi il n’ajoutait rien, je crois. ll devait réfléchir à comment me dire gentiment de ne pas me prendre la tête avec ce qui n’était qu’une blague. Je me posais quand-même les questions, n’ayant pas de réponse évidente ou facile qui me venait spontanément. J’ai toujours espéré qu’il ne revienne sur ces mots qu’il avait utilisé, quand nous étions plus jeunes, en réalité… Mais il y a souvent une différence entre les souhaits et la réalité et quand les choses arrivent vraiment, elles peuvent choquer, même si on les attendait. On peut facilement s’imaginer que tout ira bien, mais quand les choses arrivent pour vrai, rien ne dit que ce sera comme dans les désirs.

Nous reprîmes la visite tranquillement, j’écoutais distraitement mon ami me décrire ces bêtes aquatiques que j’ai toujours tant aimé. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai toujours eu un faible irrationnel pour les tortues. J’aimais les voir nager gracieusement ou ramper sur le sable ou simplement se prélasser au soleil. Aucun animal n’était plus adorable à mes yeux, même si j’en aimais bien d’autres aussi. Les descriptions de Tomoya m’arrachaient donc un petit sourire malgré tout, même si je ne les écoutais que distraitement. Bien que je ne comprenais pas ce qui se passait, je le laissai me guider jusqu’à un banc et je l’y attendis, profitant de cette petite pause de solitude pour tenter de me calmer… bien qu’en réalité, un peu du trop plein d’émotions envahissantes, douloureuses, confuses en profitèrent pour déborder. Je fis de mon mieux pour le cacher, effaçant les traces de mon visage, mais Tomoya fut plus rapide et prit ma main encore humide de mes larmes. Évidemment, je pensai à retirer ma main, mais le geste aurait pu paraître glacial, non? Que je ne refuse ainsi qu’il ne me prenne la main, si soudainement. Je la lui laissai donc, espérant qu’il ne le remarquerait pas, même si j’avais des doutes…. et avec raisons. Je sursautai à nouveau, très légèrement, en sentant sa main venir se poser sur ma joue. Vraiment, je ne sais pas s’il me manque des souvenirs, mais je ne me rappelle toujours pas de la dernière fois que Tomoya a été aussi tactile avec moi en une seule journée. Je le laissais toutefois faire, appréciant le contact chaud de sa main contre ma joue.

-« Ne pleure pas sinon je pleure avec toi hum ? Je voulais te faire plaisir moi, pas te faire pleurer … et je sais que tu as sans doute beaucoup de souvenir de cette journée, c'est pareil pour moi mais il te suffira de toucher cette petite peluche pour te souvenir de ses moments à jamais. »

Je ne sus pas trop quoi lui répondre, puisque très honnêtement... ma gorge se serra en entendant sa première phrase. Comment ne pouvais-je pas pleurer alors qu’il me disait aimer quelqu’un? Alors que j’avais espéré toutes ces années, bien malgré moi, qu’il m’aimerait peut-être un jour… Juste un peu, s’il le fallait. Je voulais juste être un peu plus spécial que les autres, juste un peu plus important… Je ne demandais même pas à ce qu’il soit fou de moi, seulement qu’il ne m’aime plus que les autres… Mais, une personne qui m’était inconnue avait pris cette place. Je me contentai d’acquiescer en hochant la tête, forçant d’abord un petit sourire en tentant de deviner ce qu’il m’avait apporté. Un sourire sincère finit par illuminer naturellement mon visage en reconnaissant ce que représentait la peluche qu’il m’avait apporté.

-« Je ne sais pas tu pourrais l'appeler Kame ou Samy comme dans le dessin animé … Bon j'avoue qu'appeler ta peluche de tortue par le mot tortue dans une langue étrangère c'est bizarre quand même. Et c'est une tortue de mer donc elle est verte. »

Je ris malgré moi à sa réponse, trouvant ça mignon.

-« Je suis à moitié Japonais et j’ai vécu environ quatre ans au Japon, donc… je ne considère pas vraiment cette langue comme étant étrangère pour moi… » répondis-je avec douceur, gardant mon sourire rieur. « Merci, j’adore Kame-chan~ » ajoutai-je, même s’il devait le deviner.

Je déposai la peluche sur mes cuisses, puis profitai du fait qu’il était près de moi pour avoir une meilleure image de lui. Il n’est plus un enfant, donc il ne change plus autant qu’avant, mais j’aime pouvoir ainsi caresser son visage. Je peux bien l’admettre, j’aime sentir sa peau si douce sous mes doigts… Je le taquinai en disant qu’il avait une tête semblable à celle de la tortue.

-« Tu as tout compris … Comme ça tu auras un truc qui me ressemble et puis je suis rassuré vu que tu aimes les tortues tu ne pourras que te dire que je suis aussi mignon qu'elle. »

Je souris, amusé et charmé malgré moi par sa réponse. Il avait raison, en un sens, mais ce n’était pas bien pour moi… Je ne devrais pas l’associer à mon animal préféré, mais plutôt à quelque chose qui me rend plus indifférent, non? Tomoya a vraiment ce don pour… me torturer, en réalité. J’avais hésité, mais finalement laissé mon ami prendre la tortue. Je voulais la garder avec moi, mais je devais tenir ma canne d’une main et le Japonais semblait avoir une autre idée pour ma seconde main, soit la tenir, donc je n’avais plus de place pour Kame-chan. Je l’invitai à la petite fête que je compte faire pour l’anniversaire de ma cécité, un événement qui a changé ma vie. Lorsque c’est le jour où quelqu’un est mort… on va le voir sur sa tombe, on lui apporte des fleurs, des présents, des offrandes… on parle dans le vide, espérant que l’être cher nous entende de l’endroit où il se trouve. C’est pourtant une date triste à se rappeler, mais on le fait et parfois, on se sert de cette journée pour se rappeler des bons moments avec cette personne. On peut trouver un moyen d’être heureux en ces jours tristes, pourquoi n’aurais-je pas trouver un moyen d’être heureux en un triste jour, moi aussi? Je préfère en rire qu’en pleurer et je suis sûr que ce pourra être très amusant pour tout le monde… Puis, la personne qui m’a rendu aveugle est morte cette année. Étonnamment, c’est probablement stupide… mais ça m’a enlevé un poids… J’ai toujours gardé le secret de cette nuit, par respect pour une autre personne que j’aime beaucoup. Mais, maintenant… il n’est plus. Tout comme l’autre personne qui aurait pu parler. Le temps a passé… Je suis maintenant le dernier à savoir ce qui s’est passé, je n’ai plus à protéger une personne en gardant le secret, je peux donc en parler à Tomoya… mais pas maintenant.

Je répondis plutôt à ses questions que j’avais évité jusqu’ici. Je ne pourrais pas les ignorer toute la visite… Je ne le supporterais pas. Je lui répétai plutôt ce que mon assistante m’avait dit, lorsqu’elle m’avait expliqué pourquoi nous n’aurions pas de problèmes avec notre fameux faux mariage. J’avais cru Eunae lorsqu’elle me l’avait dit et je la crois encore. Je n’aurai jamais de sentiments pour elle, puisque j’en ai toujours pour lui… mais je devrai l’oublier aussi, c’est pourquoi je ne lui dis rien de cette partie. Je pensais simplement clore le sujet, que l’on passe à autres choses normalement, sans devoir lui admettre que je n’avais jamais réussi à faire ce qu’il m’avait demandé et que tout devienne bizarre… à nouveau. Sa réponse avait été la dernière que j’aurais cru entendre et surtout, je ne savais pas qu’en penser, ni comment répondre encore. Tomoya avait ce don pour me rendre les choses impossibles et pour me surprendre comme personne. Les larmes étaient directement venues me piquer les yeux alors que je cherchais à comprendre, que je cherchais mes mots. Ne les trouvant pas, je pensai répondre en geste, mais le frappai par accident en cherchant à me rapprocher.

-« Un accident c'est rien ne t'excuse pas voyons. »

En effet, le premier coup était accidentel… mais le second était vengeur. Je ne m’en cachais pas, je n’avais pas vraiment de raisons de le faire. Je n’étais pas fâché parce qu’il me disait qu’il m’aimait, mais bien parce qu’il m’avait laissé croire qu’il en aimait un autre. J’avais eu l’impression de mourir à petit feu, pensant que nous nous éloignerions de nouveau!

-« C'est de ta faute hein … et tu aurais préféré que je garde tout pour moi et je ne te le dise jamais ? Je ne veux pas te mentir Minori, je ne veux plus. »

-« C’est toi qui agissais différemment avec moi, puis qui me laissais être envahissant… et qui m’as laissé dire toutes ces années que je t’aimais pour ensuite… me repousser et me dire de t’oublier…! Ce n’est pas de ma faute, je ne t’ai pas demandé de… me mentir durant toutes ces années? Pourquoi je t’aurais demandé de … » répliquai-je, n’aimant pas me faire dire que c’était de ma faute, non.

Les larmes coulaient à présent sur mes joues, mais je ne saurais toujours pas dire pour laquelle des émotions qui me traversaient. Certes, certes, j’aurais pu lui dire que je ne l’avais pas oublié, mais comme c’est lui qui me l’avait demandé et comme il n’avait jamais cherché à refermer la distance entre nous… comment aurais-je pu être assez fou pour risquer de le perdre complètement? Toutes ces années à croire que j’étais le « petit frère de coeur »… que j’essayais de l’oublier en le cherchant dans d’autres personnes… N’était-ce pas cruel, alors, de me dire que c’était de ma faute? Non, il ne pouvait pas contrôler mes pensées, mais s’il avait été plus honnête dès le départ… il m’aurait fait moins mal. Je pouvais comprendre qu’il avait eu peur, qu’il avait douté, qu’il avait eu toutes les raisons du monde s’il les veut! Mais, mes sentiments avaient été malmenés et si je ne les prends pas au sérieux, si je ne les protège pas… Qui le fera?

Même si je pensais tout ça, même si je lui en voulais… je m’approchai de lui. Mes mains retrouvèrent son visage, terminant d’en dessiner le séduisant dessin dans ma tête. Je le détestais tellement, en ce moment, j’avais envie de le frapper encore, à vrai dire… Peut-être qu’ainsi il comprendrait ce qu’il m’avait fait. Je ne le faisais cependant pas… J’aurais pleins d’autres chances de le faire, je n’ai aucun doute là-dessus. Mais, je considérais que c’était ma seule chance de finalement l’embrasser comme j’en avais toujours rêvé. C’est pourquoi je finis par approcher mon visage du sien et poser tendrement mes lèvres sur les siennes. Je le détestais autant que je l’aimais, en cet instant précis, intensément, à en perdre la raison. Je le lui partageai d’ailleurs, éloignant à peine mes lèvres des siennes. Mon coeur rata quelques battements en le sentant passer ses bras autour de ma taille, chose que je pris comme une invitation à me rapprocher. Je sentis mon ventre délicieusement se nouer, alors que je succombais à mon envie de l’embrasser pour vrai. Je me pressai doucement contre lui, cherchant à me sentir plus près de lui, profitant de son étreinte et savourant ses lèvres avec l’attachante maladresse typique des premiers baisers. Je n’ai toujours eu que de bons commentaires sur mes baisers, mais soyons honnêtes… les premiers baisers avec une personne sont toujours plus marquants, puisqu’ils sont aussi plus maladroits. On succombe à la curiosité, à l’excitation, on découvre le plaisir de goûter au fruit défendu, on ne sait pas trop comment l’autre embrasse encore donc… on apprend une nouvelle manière d’embrasser. Après tout, on embrasse généralement d’une manière, oui, mais comme chaque personne embrasse différemment… notre manière change pour mieux s’adapter à cette personne. Mes lèvres contre les siennes, je me sentais plus léger, je me sentais fondre… au fil des secondes, ma colère s’effaçait doucement, les larmes cessaient de couler sur mes joues. Je me sentais bien… trop bien… ça en devenait dangereux. Je finis donc par rompre le baiser pendant que j’avais encore un brin de lucidité et que je pouvais encore lui dire de faire marche arrière.

-« Ne pas te le dire ne changera rien au fait que je t'aime tu sais ? Je pourrais ne plus te le dire mais je te mentirais et je pense que je le fais depuis trop longtemps. Ça fait plus de dix ans que tu es la personne la plus importante de ma vie Minori … Je sais que tu as peur … Mais pour une fois, ne pense pas déjà à fuir et laisse-moi te montrer que je suis pas le genre d'homme à laisser tomber la personne que j'aime à cause de critiques de personnes qui ne connaissent rien de ma vie et qui ne te connaissent pas également. »

Je sais très bien que de ne pas le dire ne changera rien… Pourquoi fallait-il qu’il me rende toujours les choses impossibles? Il ne pouvait pas juste… faire ce que je lui disais de faire? Je ne sais pas si ça nous faciliterait les choses ou les rendrait impossible, cela dit. Évidemment qu’une petite voix me criait de ne pas l’écouter, que nous risquions trop si on essayait… et si ça ne fonctionne pas? Je n’ose imaginer dans quel état je me retrouverais, cette fois. Mais je voulais le croire aussi… je lui ai toujours porté une confiance aveugle, même avant de le devenir littéralement. Je l’ai toujours cru sur ce qu’il me disait… Pourquoi ne pas le croire maintenant? Cela dit… il vient de m’admettre m’avoir menti sur ses sentiments pendant des années… Le fera-t-il encore? Qu’est-ce qui l’en empêcherait? Je ne répondis rien, perdu dans mes doutes, mes peurs, mes envies qui tous se contredisaient. Je laissai toutefois Tomoya me reprendre dans ses bras, posant mes mains sur ses épaules avec hésitation. Je fermai les yeux, me mordant les lèvres alors que j’essayais de réfléchir. Il faut dire que sa présence m’empêchait de le faire clairement, me savoir dans ses bras, sentir son front contre le mien, puis… le bout de son nez contre le mien. Chose qui m’arracha un petit sourire, malgré moi.

-« Laisse-nous une chance d'accord ? »

Tomoya est vraiment têtu quand il le veut… surtout quand il est question de me torturer.

-« Tu… Tu ne me mentiras plus…? Plus jamais…? » demandai-je avec une horrible hésitation.

Je soupirai et resserrai doucement ses bras dans mes mains… Je me sentais craquer, je sentais l’envie d’accepter malgré les peurs qui m’empêchaient de le faire directement… Je n’arrivais pas à accepter directement, simplement, mais je ne refusais pas non plus et je ne voulais surtout pas qu’il parte.

-« Tu… Tu me le diras… directement… si tu penses que c’était une mauvaise idée…? Ou… si finalement… tu ne m’aimes plus…? Tu ne me le cacheras pas pour je-ne-sais-pas-quelle-raison… comme tu ne m’as pas dit que tu m’aimais… avant? » ajoutai-je à demi-voix, osant à peine le dire.

Je ne veux pas d’une relation où la personne souffre à cause de moi, que ce soit à cause des commentaires, des jugements, des actions des autres… ou parce qu’il se forcerait à rester avec moi pour n’importe quelle stupide raison qu’il pourrait se trouver. Je n’ai jamais réussi à aimer quelqu’un comme lui et c’est avec lui que j’ai toujours voulu vivre une vraie relation… même si ça me fait horriblement peur… mais le pire serait d’être dans une relation malhonnête avec lui. Je ne supporterais absolument pas d’apprendre qu’il me cache que quelque chose ne va pas ou qu’il le regrette...

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Kim Tomoya

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MessageSujet: Re: Dix ans plus tard... PV Tomoya~   Mer 14 Fév - 4:23

► Janvier 2018, aquarium
Dix ans plus tard...
Tomoya & Minori


Je partais du principe qu'il était inutile de revenir sur le passé et sur nos actes passaient qui nous avait fait du bien ou du mal en générale, pourtant je me rendais compte que c'était plus facile à dire qu'à faire en réalité. Je ne voulais pas m'imaginer ce que mes actes avaient pu avoir comme influence sur ta vie, parfois je me disais que tu étais heureux, c'est vrai que tu avais l'air épanoui en réalité mais je me rendais compte aussi que c'était sans doute une illusion. J'avais remarqué au cours des années toutes les difficultés que tu avais surmonté et que ça t’avait touché, j'avais très souvent accouru chez toi quand j'avais entendu parler de scandales où tu étais impliqué, inquiet de savoir comment aller mon ami. Au début à ton retour à Séoul, j'avais décidé que te voir aussi souvent était une mauvaise idée et le moment de ton installation j'avais prétexté que je bossais ce qui n'était pas un réel mensonge non plus mais c'était une bonne raison quand même. Mais chassez le naturel il revient au galop comme disait le proverbe, j'avais accouru chez toi à la première occasion et j'étais venu te voir c'était plus fort que moi en réalité.

Tu n'avais jamais su le fin mot de l'histoire et quand je t'avais dit que tu devais m'oublier c'était la seule chose que je pensais bonne pour toi. Nous avions toujours été collé l'un à l'autre en réalité et tu n'avais jamais été voir ailleurs pour te rendre compte qu'il existait d'autres personnes sur terre que je n'étais peut-être pas l'homme de ta vie. Et même si moi j'en souffrais, si ça me faisait mal, ton éloignement m'avait fait du bien au début, j'avais même fini par comprendre que c'était peut-être une bonne idée après tout mais ton accident et la perte de ta vue m'avait fait prendre conscience que j'avais sans doute fait la plus grosse connerie de ma vie. Suite à ça tu n'avais pas voulu voir les gens qui t'entouraient sauf tes parents en réalité, j'avais été tenté de te rejoindre en Chine pour te dire que je t'aimais à l'époque et que je serais là pour toi mais mes parents m'avaient dissuadé parce que d'après eux tu ne voulais voir personne. J'avais été anéanti à l'idée que tu ne voudrais plus jamais revoir les gens que tu aimais dans ta vie et que peut être jamais plus mon regard se poserait sur la personne que j'aimais le plus au monde. Je m'étais alors investi dans mes études et je m'étais plongé dans mon travail quand j'étais devenu médecin, tout en continuant ma spécialisation en pédiatrie à côté.

Je prenais de tes nouvelles auprès de ta maman au moins deux à trois fois par semaines à l'époque où tu ne voulais plus nous parler, c'était le seul moyen pour moi de savoir où tu en étais et j'avais alors appris que bien que difficile pour toi, tu faisais beaucoup d'effort, tu avais fini par rebondir en réalité même et tu t'étais pris en main au final et tu avais repris ta vie en main. J'en avais donc été soulagé et j'avais continué mes études sans te mettre la pression pour te revoir rapidement, ce qui devait venir de toi en réalité pas de moi c'était toi la personne qui avait eu le sentiment de ne pas vouloir les gens. J'avais accepté ton choix et après je m'étais mal vu t'imposer ma présence en réalité. Quand tu étais revenu sur Séoul au bout d'un moment, je t'avais appelé quand même au bout d'un moment et c'était les contacts qu'on avait le plus souvent puis j'avais aussi fini par venir à l'improviste . Je te câlinais quand je te retrouvais en moment de faiblesse et je restais longtemps près de toi, caressant tes cheveux délicatement alors que tu avais posé ta tête sur mes genoux. Je ne m'étais jamais posé la moindre question sur tes agissements à l'époque en souriant tendrement et je profitais juste de cette proximité qui me faisait autant du bien qu'à toi. Et souvent ça se terminait par une séance de cuisine dans laquelle je te préparais un de tes nombreux plats préférés histoire de te donner un peu plus de réconfort. Heureusement je n'étais pas mauvais en cuisine.

Lors de notre rendez-vous pour cette visite de l'aquarium, nous nous retrouvions un peu difficilement mais en même temps nous nous ouvrions l'un à l'autre, je t'avouais certaines choses et tu en faisais autant de ton coté. Bien sûr je savais que tu ne me disais pas tout mais comme j'en faisais autant, je ne pouvais pas juger tes actes en réalité. Tu me parlas de ton enfance et de ton coté câlin, voir pot de colle à ton avis, je t'avais contredit en trouvant que c'était pas du tout ça. Quand tu me parlas par la suite de ton amour pour moi que tu mis au passé, je t'écoutais tranquillement sans rien ajouter de plus en réalité. Je te dis alors

" Je n'ai jamais pu te résister tu as raison tu m'as toujours fait faire tout et n'importe quoi et ça ne me dérangeais même pas au contraire même j'adorais ça. " je ris doucement en te disant avec un léger sourire " Ma mère me disait aussi très souvent de te repousser plus souvent … elle me disait que ce n'était pas bien de ma part de te laisser espérer des choses mais je ne voyais pas de mal à cela à l'époque. Notre relation était la seule chose stable de mon existence, tu étais la seule personne avec qui je pouvais parler de tout et n'importe quoi, tu étais le seul aussi qui ne me jugeait jamais. Donc oui j'ai laissé courir … Est ce que j'ai eu tort ? Sans doute pas non. En tout cas s’il y a des choses dans le passé que je regrette ce n’est certainement pas celle-là. "

Je ne pouvais pas dire que j'avais jamais eu rien à regretter par rapport à toi en fait, je savais que j'avais eu des torts énormes dans la dégradation de notre relation déjà d'une. Je t'avais dit de m'oublier en premier, ayant fini par me laisser influencer par les propos de ma mère, qui ne voyait pas contrairement à ce qu'on pourrait penser de prime abord mal le fait que j'aurais pu avoir des sentiments pour toi. Non la seule chose qu'elle voyait à l'époque c'est la différence d'âge si importante entre nous, j'avais 21 ans à l'époque et ma mère était bien placé pour savoir que je n'étais pas dépourvu d'expérience sexuel mais ce n'était pas ton cas. Et à force de l'entendre que je pourrais te blesser ou te faire mal, ou d'autre chose qui m'avaient donné des sueurs froides j'avais fini par prendre peur et l'écouter, j'avais décidé de prendre mes distances avec toi quand je voyais qu'il était de plus en plus dur de te résister. Et aussi mes sœurs qui avaient été plus véhémentes à ce sujet surtout mes deux aînées en réalité qui m'avaient tellement harcelé à ton sujet que j'avais réellement eu des nuits très agités à m'imaginer les pires scénarios au monde si je finissais par me laisser aller avec toi et te sauter dessus comme je le voulais parfois mais je me réconfortais en me disant que je t'aimais mais que le désir n'était pas présent encore pour autant.

Le véritable déclic a été une expérience dont tu ne te souviens pas heureusement pour moi parce que le coup du « Oublie moi » aurait été compliqué par la suite. C'était un soir de week-end où tu étais à la maison avec tes parents, et j'étais sorti avec des copains de ma promo, pour aller boire un verre. Tu m'avais fait la tête quand tu avais su que je serai absent la première soirée de ton arrivée, et je t'avais promis de me concentrer uniquement sur toi le lendemain, tu avais dû t'en contenter parce que tu m'avais souhaité de quand même m'amuser quand j'étais parti après pour aller à ma soirée. Cette soirée est la première grosse cuite que je me suis prise et la seule et unique je crois bien, j'avais énormément bu mais il fallait dire que j'étais perdu dans ma tête à ce moment-là. Je savais plus où j'en étais dans mes sentiments avec toi, et j'étais à deux doigts de me laisser aller et faire une connerie que je finirais par regretter. Ce soir-là, je me souviens qu'une très jolie jeune femme m'avait collé toute la soirée, et bien que je fusse dans un état ébriété avancé, je n'éprouvais aucun désir pour cette femme qui était pourtant très belle. Et quand je m'étais rendu compte que trop plongé dans mes pensées envers toi j'avais repoussé cette bombe, appelons un chat un chat, j'avais encore plus bu par la suite. C'est en rentrant que la situation avait échappé totalement à mon contrôle en réalité, j'avais rejoint ma chambre tant bien que mal et je t'avais retrouvé endormi dans mon lit. Un visage empli d'innocence et de douceur qui me fit l'effet d'un coup de poing en plein visage vu combien ça me secoua en réalité. Je m'étais mis sur le lit et je t'avais observé dormir un moment en me disant que tu étais vraiment la personne la plus belle qui m'avait été donné de rencontrer et je m'étais penché sur toi qui étais endormi pour frôler tes lèvres des miennes, ne cherchant pas à profiter de ta faiblesse du moment. Puis je m'étais allongé à tes côtés, sans prendre conscience de mon geste à ton égard encore à ce moment, et j'avais fait comme on faisait très souvent quand tu dormais à la maison, je t'avais enlacé par derrière, et j'avais tenté de m'endormir … Le sommeil avait tardé à venir et quand dans ton sommeil tu avais bougé contre moi, un geste innocent qui avait réveillé une partie de mon anatomie qui était resté en sommeil en début de soirée, j'avais compris que j'étais foutu. Je m'étais écarté et je t'avais lâché aussitôt, pour te tourner le dos, et avait continué à tenter de m'endormir en vain.

En fait pour être honnête je n'avais réellement pas dormi de la nuit, me réveillant en sursaut à chacun de tes mouvements, comme si j'avais été sur le qui-vive toute la nuit tellement j'avais peur de faire une bêtise que j'aurais regretté le lendemain. J'avais aussi réfléchi énormément à ce qu'impliqué ce soudain élan de désir envers ta personne et ce que ça pourrait me faire faire en réalité et j'avais été choqué de penser malgré l'alcool encore très présent dans mon sang que cette idée n'avait rien de perturbant dans le fond. Et cela m'avait tenu éveillé une grande partie de cette nuit-là et je n’avais pas eu vraiment l'occasion de dé-soûler en réalité. Le lendemain le manque de sommeil était passé par une soirée bien agitée pendant laquelle j'avais énormément bu et personne ne m'avait rien dit en réalité même pas toi, qui n'avait pas vu mon trouble le lendemain matin quand tu t'étais réveillé et en me demandant un câlin comme chaque fois tu dormais chez moi. Je te l'avais donné avec plaisir mais y avait réellement rapidement coupé court, troublé sans doute, en ayant moins d'alcool dans le sang, par cette proximité qui éveillait trop de chose en moi. C'était ce jour-là que je pris la décision de te dire de m'oublier, je n'étais pas capable de faire comme si je n'avais aucun sentiment à ton égard et ça devenait de plus en plus problématique pour moi de te résister.

L'ironie de la vie avait voulu que quand je te demande de m'oublier à aucun moment je pensais qu'il t'arriverait ce qu'il t’était arrivé. A mes yeux tu allais vivre ta vie, tombait amoureux d'un gentil garçon ou d'une gentille fille et tu pourrais alors comprendre que je n'avais été rien de plus qu'un coup de cœur innocent. Et ce ne fut pas le cas quand j'ai appris que tu avais perdu ta vue suite à un accident qui m'avait été vaguement expliqué en réalité. J'ai compris que la vie venait ouvertement de se foutre de ma gueule pour le coup, j'avais souhaité ton bonheur et pas cette malheureuse expérience. J'avais vraiment souhaité te rejoindre mais j'avais mes études et tout, et tout le monde me répétait sans cesse que tu ne voulais pas voir aucun d'entre nous. J'avais été triste mais j'avais laissé faire et j'avais continué ma vie, prenant de tes nouvelles autant que je pouvais. Et après un an et demi presque deux ans de silence de ta part, j'avais appris que tu étais revenu en Corée. J'avais été étonné de savoir que tu revenais ainsi parmi les gens qui tu avais voulu ignorer jusque-là et quand tu étais venu à la maison bien que j’eusse déjà un appartement en ville, mes parents avaient insisté pour que je sois présent.

C'était un moment que je me rappelle bien, ce fut je crois une des pires expériences de ma vie, te voir mais voir que tu n'avais aucune réaction. Oui tu étais présent, tu étais là mais te voir ainsi aveugle c'était comme si te voir avec la vie qui avait quitté ton regard. C'était étrange à vivre et très dur à décrire réellement. Jusque-là c'était ton regard l'indicateur premier de ton humeur auquel je me fiais et pourtant quand je te revis cette fois-là, c'était comme si moi-même j'étais devenu aveugle d'un coup. Je marchais à tâtons comme toi et j'avais quand même fait l'effort de te prendre dans mes bras quand je t'avais vu perturbé bien sur tes yeux ne reflétaient plus rien et ne le ferai plus jamais mais je te connaissais assez pour avoir que quelque chose n'allait pas. Te prendre dans mes bras était une entorse à ma règle d'éloignement que je m'étais imposé vis à vis de toi mais merde je n’allais pas laisser la personne qui était la plus importante de ma vie aussi mal sans rien faire pour le faire aller mieux. Je n'étais pas le genre à être ainsi et j'étais trop protecteur envers les gens que j'aimais pour te laisser dans la peine comme ça. Et même si tu avais donné le change parfaitement bien je n'avais pas été dupe pour autant.

Tu avais simplement fini par admettre que tu avais difficilement vécu l’incident, cela dit, plus tôt pendant notre visite à l’aquarium. La conversation allait et venait, passant de sujets légers à des aveux plus profonds. Je semblais vouloir détendre l’atmosphère en ayant de drôles d’idées avec mes histoires de fantasmes de la blouse blanche, une idée qui m'étaient réellement venu de je ne sais où. J'avais eu l'envie de le dire et je l'avais fait et ta réaction m'avait ensuite conduit à m'excuser d'avoir dit ça, je ne voulais pas te gêner en réalité, loin de là même, je voulais juste rendre l'ambiance plus légère et retirer ses silences gênés qui avaient suivis nos aveux autant à toi qu'à moi en réalité. Et j'avais enchaîné en parlant que je n'avais pas fait médecine pour cette raison, je n'étais pas déjà bien vu pas mes collègues alors j'allais pas en plus me mettre à draguer les parents de mes patients même si j'avoue que j'avais été dragué par des parents parfois mais un regard suffisait en générale à dissuader le parent un peu trop entreprenant envers moi. J'étais là pour soigner l'enfant pas pour m'envoyer en l'air dans un coin de l'hôpital à la va-vite. Quand tu me posas la question sur ma réputation je pinçais ma lèvre inférieure en te disant

" Quand j'ai commencé à travailler à l'hôpital j'avoue avoir beaucoup couru après les infirmières de l'hôpital ou infirmiers d'ailleurs. Et j'ai sans doute dû briser plus de cœur que je n'ai pu le penser parce que même après plus de deux ou trois ans, où je n'ai pas eu la moindre relation avec l'un de mes collègues, comprenant que ce n'était pas ce que je voulais et surtout que j'étais là pour faire mon travail pas autre chose. J'ai compris très vite que j'ai toujours cette réputation de coureur de jupons quand je me permets de sourire à certains de mes collègues, on s'imagine que je drague la personne ce qui crée un malaise directement en générale. Donc voilà la réputation d'un coureur de jupons qui saute sur tout ce qui bouge alors qu'en réalité j'ai dû avoir des relations avec peut-être deux ou trois personnes du personnel soignants en réalité. Comme quoi la rancœur est tenace parfois... mais ça m'est égale quand je suis à l'hôpital je suis là pour mes jeunes patients pas pour mes collègues et cela même si j'ai des amis dans mes collègues quand même rassure toi. "

Malgré cette mauvaise réputation j'avais quand même une bonne réputation en tant que médecin, j'avais prouvé plus d'une fois ma valeur en tant que médecin et c'était la seule chose réelle qui comptait à mes yeux en réalité. La conversation continua, le sujet changeant pour la promesse que tu avais faite à ta mère et donc que tu avais ce drôle de projet de te marier à ton assistante. Ce serait, évidemment, un faux mariage, mais bon et même pour de fausses noces, tu avais besoin d’un vrai témoin et tu m'avais naturellement invité à ce job. Bien entendu je n’avais pas été emballé par l'idée et bien que me maîtrisant j'avais cherché à t'en dissuader tout en gardant quand même une certaine mesure dans mes mots. Mais j'avais quand même fini par te dire de ne pas le faire si tu avais le moindre doute en réalité. Nous avions continué à discuter en changeant à nouveau de sujet j'avais fini par te dire qu'il avait une personne dans ma vie et sans dire le nom réel de cette personne pour moi c'était une demi victoire de me déclarer officiellement amoureux de quelqu'un au vu de la personne qui était la plus importante même si la victoire aurait été complète si je t'avais dit direct que c'était toi la personne dont je parlais depuis le début.

Et pourtant malgré tout après cela j'eus la surprise de recevoir de ta part un câlin aussi bienfaiteur que surprenant pour moi, pourtant je répondis très vite à cet élan de tendresse, ça faisait tellement longtemps que je me retenais de te tenir dans mes bras. Et ça me faisait un bien fou de te sentir enfin contre moi après tout ce temps. Je te fis alors la promesse folle de redevenir le Tomoya que tu avais toujours connu, celui qui te faisait des câlins quand bon lui semblait ou simplement avait des attentions particulières envers toi. Et même si cette promesse d'après toi n'avait pas de sens vu que ça allait gêner la personne que j'aimais, je ne pus m'empêcher de t'imaginer mentalement te faire une crise de jalousie ce qui m'amusa quelques seconde je l'avoue et j'avais fini par te dire qu'il y avait peu de chance que la personne de ma vie soit jalouse de toi et c'était plus que vrai pour le coup. Tu pouvais être une personne bizarre mais je ne pensais pas que tu étais atteint de dédoublement de personnalité au point de t'auto engueulé toi-même.

Après avoir parlé un moment de moi et de ma supposé relation amoureuse avec cette personne dans ma vie, nous avions continué notre visite de l'aquarium changeant de bassins passant des requins aux immenses Tortues de mers que tu affectionnais tellement quand tu étais jeune. C'était sans doute pour ça que j'avais pris la décision de t'offrir une de ses étranges créatures en peluche, ayant pris à mes yeux la tortue la plus réalité pour que tu puisses sentir sous tes doigts que tu touchais pas n'importe quel animal mais bien l'animal que tu aimais dans ton enfance. Tu semblais à fleur de peau et tu avais les yeux remplis de larmes, et naturellement ma main était venue caresser ta joue en te priant de ne pas pleurer que j'avais voulu te faire seulement garder un souvenir de cette journée à l'aquarium. Quand tu avais deviné mon cadeau tu avais demandé à ce que je lui trouve un nom, je t'en avais proposé deux et à ta réponse je souris tendrement en disant

" Oui en effet Kame-Chan lui va très bien étant donné que tu es toi-même à demi japonais. "

Tu m'avais ensuite taquiné sur ma ressemblance avec la tortue après avoir touché mon visage, chose que je t'avais laissé faire avec un demi sourire sur mes lèvres. Je t'avais alors dit que tu avais tout compris et que comme ça je m'associais à un truc que tu trouvais mignon et que tu ne pourrais que toujours me trouver mignon à mon tour. Je souris en voyant ce sourire amusé de ta part puis on avait repris notre marche pour continuer à traverser le bassin prenant notre temps. Je t'avais pris ta tortue des mains pour te tenir la main et te laisser l'autre libre pour que tu tiennes ta canne. Puis en continuant à parler tu m'avais parlé de ta fameuse fête pour fêter ton dixième anniversaire de cécité, une idée curieuse mais qui ne m'avais pas plus étonné de ta part et à laquelle j'avais accepté de participer. Et tu avais fini par me répondre à toutes ses questions que je t'avais posées sur nous deux, lorsque je t'avais demandé si tu aurais peur avec moi si je finissais par t'aimer. Tu m'avais répondu que tu doutais que je t'aime et que si ça avait dû arriver ça se serait arrivé plus tôt et j'avais perdu l'esprit sans doute parce que j'avais fini par lâcher le seul secret que j'avais gardé au fond de moi jusque-là à savoir que je t'aimais depuis presque toujours en réalité. Ta réaction avait un peu bizarre pour le coup, tu m'avais frappé une fois accidentellement de ta canne avant de me dire que je ne devrais pas te dire des choses pareilles, j'avais alors dit que tu m'avais poussé à avouer mes sentiments à ton égard, et à ta réponse je te regardais longuement en t'écoutant avant de te dire

" Minori je sais que je suis le menteur … Je t'ai repoussé pour que tu m'oublies mais un jour je t'expliquerais pourquoi j'ai fait ça. Pourquoi dans le fond j'ai fait ce sacrifice de cacher mes sentiments à ton égard. C'est avant tout de ma faute je sais que tu ne m’as pas demandé de te mentir toutes ses années … Je m'en excuse crois moi c'est un truc que j'ai du mal à accepter réellement moi-même. "

C'était la vérité c'était la pire chose que j'avais faite et je savais que ce serait difficile pour toi de l'oublier dans le fond. Quand j'avais soudainement vu tes larmes coulaient je m'en étais encore plus voulu je t'avais pris dans mes bras, en te serrant contre moi je détestais être la raison de tes larmes d'une quelconque manière que ce soit. Je t'avais fait du mal et j'aurais sans doute à faire beaucoup de choses pour te prouver que je regrettais et que tu me pardonnes enfin de t'avoir fait du mal. J'avais eu peur c'est vrai mais surtout de mes réactions, j'avais eu peur de te faire du mal à l'époque et mes sœurs ainées n'avaient réellement pas aidé à que j'y vois plus clair dans cette affaire. Non plus je n'aurais pas dû l'écouter vu que j'étais pas spécialement proche d'elle mais à force de me torturer avec ça, elle avait réussi à me faire fuir tout simplement. Je t'avais laissé caresser mon visage après un moment et quand tu avais finalement posé tes mains sur mon visage. Je t'avais regardé subjugué par cette proximité que j'avais pensé perdu et surtout par ta beauté une nouvelle fois et quand finalement tu avais posé tes lèvres sur les miennes pour m'embrasser tout simplement mon cerveau avait presque fait un salto de joie dans ma tête crânienne tellement j'étais content que tu acceptes finalement mes sentiments à ton égard et que tu m'embrasses ainsi pour me le prouver. Je t'avais alors pris dans mes bras pour te rapprocher de moi et j'avais répondu naturellement à ton baiser, tout en te laissant mener la danse si j'ose dire. Je n'avais jamais pensé qu'un jour nos lèvres se rencontreraient de cette manière oui j'y avait pensé c'est vrai mais j'avais imaginé ce que ce serait de t'embrasser mais je suis certain que si je l'avais fait, ça n'aurait rien été en comparaison des sensations qui m'asseyaient pendant l'échange entre nous deux. Je te gardai contre moi et quand tu t'étais écarté en me disant de ne pas dire des choses pareilles et que je pouvais encore fait comme si ça n'avait jamais été le cas, j'avais été blessé une seconde mais je t'avais dit que ne pas le dire ne changerait rien au fait que je ressente cela en réalité. Et que j'avais trop menti jusque-là, que je ne voulais plus le dire surtout que vais enfin fini par l'avouer en réalité et je n'allais pas rebrousser chemin aussi rapidement. Et même si tu avais peur je le savais, je te priais de me laisser une chance que je pouvais te montrer que ça valait le coup de nous laisser enfin une chance d'être heureux comme on aurait dû l'être dix ans plus tôt si je n'avais pas été stupide en réalité. J'insistai sur le point de nous laisser une chance et oui j'étais têtu mais ça tu le savais ce n’était pas nouveau quand tu me demandas si je ne te mentirais plus jamais je souris tendrement en posant une main sur ta joue délicatement avant de te dire d'une voix pleine de douceur

" Je te fais la promesse solennelle à ce moment précis que je ne te mentirais plus jamais de ma vie et que je te dirais tout. " t'avais-je alors dit en te sentant serrer mes bras dans tes mains. Et j'avais écouté la suite de tes mots sans t'interrompre en te disant " Je ne te cacherais rien … je te dirais les choses que je ressens qu'elles soient négatives ou positives. JE sais que ce ne sera pas facile de m'ouvrir mais je te l'ai dit je veux changer aussi cela. Et surtout je ne veux pas te faire souffrir par mon comportement Minori … Alors je te fais la promesse de ne te faire aucun secret sur aucun aspect de ma vie. "

Je ne voulais pas te mentir et même si naturellement une personne secrète qui prenait sur lui pour ne pas inquiéter les gens qui l'entouraient et l'aimaient. Je savais qu'avec toi j'allais devoir te le dire, après tout la parole et l'échange était le seul moyen pour toi de savoir les choses vu ta cécité tu ne pouvais te fier à mes expressions de visage ou autre, donc si je ne te parlais pas tu n'en saurais rien. Et je le savais, et même si ce n’était pas évident de prime abord pour moi, pour laisser une chance à cette relation attendue par nous depuis longtemps, j'étais prêt à faire des efforts. Tu étais l'homme que j'avais choisi d'aimer et avec qui je voulais construire quelque chose de sérieux et si pour cela je devais améliorer certain aspect de ma personnalité pour notre bien à tous les deux je le ferais. Je te pris dans mes bras un peu mieux et je vins poser mes lèvres sur ton front en te câlinant tendrement comme pour sceller cette promesse, j'aurais pu embrasser tes lèvres mais je n'y avais pas pensé pour le coup pourtant mes lèvres glissèrent sur tes lèvres frôlant les tiennes avant de te dire contre celle-ci.

" Je t'aime et je ne te mentirais jamais plus Minori. "


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Park Minori

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MessageSujet: Re: Dix ans plus tard... PV Tomoya~   Dim 18 Fév - 1:06

► Janvier 2018, aquarium
Dix ans plus tard...
Tomoya & Minori
Certaines choses ont changé, d’autres non… Enfant, j’adorais faire de petits spectacles de ballet à toutes personnes qui avaient des yeux pour les voir. Il m’arrivait donc plus que souvent d’installer Tomoya, sa gentille soeur, ses parents et ma mère, sur les canapés du salon et leur montrer les derniers pas que j’avais maîtrisé. Au début, j’étais un peu gauche, un peu maladroit, comme tous les enfants, mes mouvements étaient un peu rigides, contrastant avec la douceur de la mélodie. Puis, avec les années, mon corps avait gagné en élégance et en grâce, mes longues, longues, longues heures de pratique étaient évidentes puisque mes gestes et pirouettes semblaient faciles comme tout, alors qu’ils étaient de plus en plus complexes. Mes pieds, mes jambes, mes cuisses pouvaient tous les trois en témoigner. J’avais constamment des ecchymoses ou des petites blessures que je cachais sous mes bas de nylon ou mes pantalons, tout dépendant de ce dont j’avais envie de porter à ce moment. Ma mère m’apprenait à faire attention et me rappelait toujours de m’échauffer davantage et de bien faire attention. Après tout, si je me blessais trop gravement, je ne pourrais plus danser comme j’en avais envie! J’apprenais autant les chorégraphies des rôles féminins que celles des rôles masculins, interprétant celles dont j’avais envie sur le moment à mes spectateurs improvisés. La petite troupe dont je faisais partie me laissait autant faire les rôles féminins que masculins, après tout, j’arrivais parfaitement à danser les deux parties grâce aux enseignements de ma mère, mais aussi de mes nombreux enseignants. J’étais devenu un excellent danseur, tout le monde disait que j’avais une brillante carrière devant moi… Toute ma vie tournait autour de la musique classique, du piano, du ballet…

J’allais en cours, suivant le cursus danse classique, évidemment. J’avais de longs cours de piano en rentrant, puis je dansais à nouveau avec ma mère, après le souper. Mon corps ne m’appartenait plus, mais je crois qu’il ne m’a jamais appartenu, en réalité. Il a toujours été la propriété de la musique. J’aimais la laisser m’enivrer, me guider, me remplir alors que je la traduisais en émotions que je partageais via des mouvements fluides mais méticuleusement orchestrés. Je ne recevais que des compliments, lorsque je dansais ou que je jouais du piano. On ne me regardait pas comme un alien lorsque j’étais sur scène, non, c’était avec des yeux brillants, de l’admiration, de l’émotion pure! Je ne me suis jamais senti aussi bien que lorsque je dansais. Je me sentais en pleine possession de mes moyens, je pouvais émouvoir aux larmes, sans avoir à dire un seul mot, seulement en dansant. J’étais fier de mon talent, trop fier… c’est probablement pour ça que la vie m’a enlevé la possibilité de réaliser mon rêve, plus tard. Moi qui se faisais pourtant courtiser par les plus grandes écoles de danse, même après mes quelques mois de pause de danse! Il faut dire que j’étais obstiné, j’avais réappris à marcher après l’incident qui m’avait mis en chaise roulante… mais j’avais aussi insisté pour reprendre la danse et je me pratiquais en cachette chaque fois que je le pouvais. Ce n’était pas recommandé, mais je n’en pouvais plus d’être cloué à cette chaise. Je devais bouger, je devais danser à nouveau! C’était un besoin viscéral. Pour moi, ne pas danser était comme perdre un membre… quand j’y repense, c’était peut-être une simple pratique pour la suite.

Je ne sais plus si j’avais 13 ou 14 ans, la dernière fois que j’ai imposé un de mes solos de danse à Tomoya… avide de ses réactions, espérant qu’il trouverait que je m’étais amélioré. Tout le monde pouvait me le dire et ça me faisait plaisir, mais… c’était toujours mieux si c’était lui qui me le disait. Je lui envoyais souvent des vidéos de mes spectacles, puisqu’il ne pouvait pas y assister et qu’on ne se voyait pas si souvent à cause des horaires scolaires. Lors de ma visite suivante, je m’étais excusé de ne pas pouvoir leur en mettre plein la vue avec mes fabuleuses prouesses, le sourire aux lèvres pour faire comme si ça ne m’atteignait pas autant que ça ne le faisait. Je leur avais promis de leur faire un spectacle encore plus grandiose, lorsque je retrouverais l’usage de mes jambes. Hélas… lorsque je revins sur mes jambes, Tomoya avait une sortie avec ses amis le soir de mon arrivée. J’étais dégoûté, moi qui avais travaillé si dur pour pouvoir marcher à nouveau, mais surtout pouvoir danser comme avant, sinon même mieux! Je voulais le lui montrer plus qu’à n’importe qui, mais il n’allait pas être là le premier soir. Je l’ai boudé un peu, pour la forme, mais comme le temps que nous passions ensemble était précieux puisque rare, j’avais fini par lui souhaiter de s’amuser. Après tout, je pourrais bien lui montrer que j’avais retrouvé mon talent et ma raison d’être, le lendemain… Sauf que le lendemain, mon ami se montrait bizarre avec moi, différent… puis tout s’expliqua à travers ses mots. Je n’eus pas le coeur à lui imposer un spectacle de danse, ni rien, sinon une promesse de visite à l’aquarium. C’était stupide, mais c’était la première chose qui m’était passé par la tête… juste pour avoir la certitude qu’il ne me dirait pas aussi de disparaître de sa vie. J’avais continué à danser, évidemment. La danse était toute ma vie… Je continuais à faire des spectacles, ma mère continuait de les filmer, mais je n’envoyais plus les vidéos à Tomoya. Puis, après… étant aveugle, je n’ai plus jamais eu le coeur à danser devant quelqu’un…

J’ai cependant engagé un professeur privé, à mon arrivée à Séoul, en secret. Je savais toujours danser, je n’avais tristement rien perdu non plus… Je trouve que c’est triste, puisque même si je n’ai rien perdu de mon talent, que je danse toujours aussi bien et que ma carrière aurait pu être flamboyante… elle ne le sera jamais. Mon professeur m’apprend donc de nouvelles chorégraphies en me dictant les pas et venant mieux me placer, lorsque je n’ai pas la bonne pose. C’est un plaisir amer, je l’admets, mais je ne supporterais pas l’idée d’arrêter définitivement. Personne ne le sait, pas même Eunae. Après tout, j’ai engagé mon professeur avant elle et je m’arrange toujours pour donner congé à mon assistante avant son arrivée… J’aime aussi danser, lorsque je suis seul chez moi. La décoration est minimaliste, jouant davantage sur les textures que sur les couleurs, puisque je peux plus en profiter. Mais la décoration est épurée aussi pour que j’aie le plus de place possible, ainsi, je peux mettre ma musique et danser comme j’en ai envie sans craindre de me blesser ou me cogner quelque chose. Bon… il m’arrive de le faire tout de même, de temps à autres et j’invente des histoires tout à fait plausibles pour expliquer mes blessures mineures. Je n’ai pas envie d’entendre de la pitié ou qu’on me dise combien il est terrible que je ne puisse pas vivre de mon talent comme c’était prévu… Je le sais déjà.

J’ai appris à danser, lorsque j’ai appris à marcher. Même que je suspecte ma mère d’avoir tenté de m’apprendre à danser avant de m’apprendre à marcher… Il en va de même pour le piano. La plupart de mes jouets de bébés étaient sous formes d’instruments de musique, mes doigts ont donc toujours été en contact avec les touches de piano, les cordes de guitare et plusieurs autres. Je joue d’ailleurs de plusieurs instruments depuis toujours, mais le piano est celui que j’ai approfondi jusqu’au niveau professionnel… Les autres, je les garde pour moi, pour approfondir mes compositions ou pour parfois m’amuser avec d’autres amis musiciens à improviser une mélodie sur le moment. Mon appartement est spacieux et très bien insonorisé, je peux donc me permettre de jouer à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. C’était quelque chose de très important pour moi, je dois admettre que c’est de pouvoir jouer de la musique malgré tout qui m’a donné la force de continuer. Bien que j’eusse toujours adoré le piano, c’est la batterie qui fut mon instrument préféré, lorsque je devins aveugle… Il me permettait de me défouler, de faire entendre ma colère et la déverser avec toute la rage qui m’étouffait, tout en créant tout de même quelque chose qui pouvait être beau à l’oreille. Je continuais de jouer du piano, lorsque j’étais plus calme, sinon, je grattais encore et toujours ma guitare, pour ne nommer que ces trois-là. Je ne parlais à personne, mais je me faisais entendre à travers ma musique, essayant de donner un nouveau sens à ma folle vie. Je laissais la musique remplir mes oreilles, couvrir les sanglots de ma mère, les commentaires attristés des gens qui venaient à la maison et se disaient désolé de voir ma vie ainsi gâchée… et surtout les questions insistantes de mes parents qui voulaient savoir qui m’avait fait ça.

Je n’avais aucune envie de le protéger, de lui rendre ce service, alors qu’il m’avait tout pris. Je lui en voulais plus qu’à quiconque, mais je ne dis rien, souhaitant protéger sa fille qui avait toujours été adorable avec moi. Si elle apprenait ce qui c’était passé, alors qu’elle venait de perdre sa mère, peu après avoir accouché de son premier enfant. Non, si je parlais, elle allait perdre son second parent et son enfant allait perdre un grand-parent… C’est donc pour ma cousine que je n’ai rien dit sur mon oncle, mais au moindre écart de sa part avec l’enfant qui venait de naître, je prévoyais de tout déballer. Il détestait ma mère et avait toujours nourri une haine viscérale pour moi, mais s’il savait être humain avec sa fille qui m’avait toujours aimé tel que je suis et avait joué avec moi sans me traiter différemment, je me tairais. Cet être monstrueux avec moi fut apparemment un bon père et un adorable grand-père, j’ai donc gardé le secret. Ma mère n’était pas dupe, cela dit… mon père non plus. Ils ont compris les grandes lignes de ce qui avait dû se passer et ont tous deux couper les ponts avec mon oncle. Aucun de nous trois n’avons assisté à ses funérailles qui ont eu lieu, il y a peu. Personnellement, j’étais à l’étranger, donc j’avais l’excuse parfaite. La famille de mon père a toujours su que ma mère et mon oncle ne s’entendait pas du tout et comme mon père avait pris le parti de sa femme, mais surtout le mien, il n’était pas étonnant qu’ils n’y assistent pas non plus. Nous avons tous fait envoyé des fleurs à ma cousine, cela dit, puisqu’elle a toujours gardé notre affection. Mes parents ont été la visiter pour s’assurer qu’elle ne manquait de rien et allait bien, alors que moi je n’ai pu que lui téléphoner. Mais c’est probablement mieux ainsi, après tout, je suis peut-être cruel… mais honnêtement, je suis content qu’il soit enfin mort.

Ça m’enlève un poids des épaules, je peux enfin être un peu plus en paix avec mon handicap et avancer sans tressauter en entendant son nom… Il y avait eu tellement de petits détails qui avaient mené à cet événement tragique, quand j’y pense… Il m’était donc très difficile d’en parler. Non pas seulement à cause du secret, mais parce que je ne voulais pas que mes proches ne se sentent coupables et se disent « et si… ». Il faut dire que les « et si...» pouvait longtemps s’empiler dans cette histoire, tant de détails auraient pu être changés d’une manière ou d’une autre, mais le résultat aurait-il changé? Pour réussir à faire la paix avec le monde et reprendre une vie normale, j’en suis venu à la conclusion que non. J’aurais fort probablement perdu la vue, d’une manière ou d’une autre, tôt ou tard… C’était plus facile de l’accepter en me disant que c’était quelque chose qui devait arriver plutôt qu’en continuant de penser à tout ce qui aurait pu être changé afin de l’éviter… C’était un geste de haine pure, tout simplement… La seule manière de l’éviter complètement aurait été que je n’existe pas. Or bien que je n’avais plus de raisons de vivre, je n’ai jamais été suicidaire. Fait plutôt étrange, selon moi. Ma vie n’a pas été la plus facile, mais l’idée de ne pas exister du tout, de ne pas danser tous ces pas, jouer ces notes, de ne pas rire avec Tomoya, Wei Zhou, ne pas embêter Taeyeon… L’idée de ne pas faire ces choses anodines me paraissait encore plus triste que de vivre ma vie.

La danse donnait un but à ma vie, lorsque ce but m’a été arraché… La musique est venue prendre la place de la danse et est devenue mon nouveau but. Pour ce qui est du sens, en réalité, il m’a fallu du temps pour le comprendre… mais ce qui donnait un sens à ma vie… c’était les expériences avec mes proches. Ma mère me l’a fait comprendre en me ramenant chez les Kim, après m’avoir pourtant longuement laissé vivre ma douleur tranquille. Ma douleur s’était apaisé au contact de ces personnes aimantes et je m’étais senti en sécurité pour la première fois depuis la fameuse nuit de février, lorsque Tomoya m’avait pris dans ses bras. Le geste m’avait surpris. Je ne pensais pas qu’il oserait s’approcher de moi après m’avoir dit de l’oublier… et maintenant que j’étais aveugle, c’était l’occasion parfaite de s’éclipser de ma vie, non? Je ne lui avais pas adressé un seul mot en… un an et demi? deux ans peut-être même… et quand je revenais, c’était comme ça… sans avertir, sans avoir dit que j’avais changé non plus… Il aurait pu tout simplement rester sur mon silence et ne plus jamais me parler, se débarraser du pot de colle qui était une vraie plaie dans sa vie. Tomoya n’habitait même plus avec ses parents non plus, donc, il aurait tout aussi bien pu ne pas venir et privilégier sa vie tranquille qu’il avait vécu jusque là sans moi. J’étais convaincu que je ne lui manquais pas, qu’il se portait mieux maintenant qu’il n’avait plus un gamin admiratif sur le dos pour le ralentir et accaparer son attention avec ses bêtises infantiles… Mais non, il ne m’avait pas laissé tomber à la première occasion. Je ne lui avais rien dit, rien demandé, mais il était tout de même là. Je ne pouvais pas le voir, chose qui me procura un horrible sentiment de frustration, mais aussi de détresse. Je ne saurais dire comment il a fait, mais il l’a probablement compris, puisque j’avais senti ses bras venir m’enlacer. J’avais eu envie de le repousser par pure fierté et orgueil, mais je ne l’ai pas fait… J’ai plutôt répondu à son étreinte, le serrant trop fort dans mes bras comme si j’avais peur qu’il ne soit pas là pour vrai et que je ne m’imagine le tout… En réalité, j’avais eu besoin de cette étreinte plus que je ne l’ai jamais admis. Je m’y étais senti en sécurité, je m’y étais senti léger pour la première fois depuis… un long, très long moment… et j’y compris que c’était ce genre de moments qui donnaient un sens à ma vie qui me paraissait insensée.

-« Je n'ai jamais pu te résister, tu as raison, tu m'as toujours fait faire tout et n'importe quoi et ça ne me dérangeait même pas au contraire même j'adorais ça. Ma mère me disait aussi très souvent de te repousser plus souvent … elle me disait que ce n'était pas bien de ma part de te laisser espérer des choses mais je ne voyais pas de mal à cela à l'époque. Notre relation était la seule chose stable de mon existence, tu étais la seule personne avec qui je pouvais parler de tout et n'importe quoi, tu étais le seul aussi qui ne me jugeait jamais. Donc oui j'ai laissé courir … Est ce que j'ai eu tort ? Sans doute pas non. En tout cas s’il y a des choses dans le passé que je regrette ce n’est certainement pas celle-là. »

Son aveu me surprit, j’avais toujours cru que ma mère me disait n’importe quoi pour me faire plaisir. Surtout qu’une distance avait fini par se creuser entre nous, même si nous reprîmes contact. Après ma première visite d’aveugle, j’avais recommencé à l’appeler, en de rares occasions pour discuter un peu, lui demander comment il allait, lui faire écouter ma dernière composition… Je lui disais aussi quand je revenais en Corée et lui proposais que nous ne nous rencontrions, même si ce n’était que pour quelques heures pendant mon séjour qui durait pourtant plusieurs jours. J’allais parfois dormir chez mes grands-parents, chez Taeyeon ou chez les Kim, même si Tomoya n’y était plus, mais il faut admettre que j’y dormais plus rarement aussi, pour cette même raison. Je ne sus pas trop quoi lui répondre au sujet de sa mère et de ses regrets… Qu’est-ce que ça aurait changé s’il m’avait repoussé plus tôt? Nous nous serions éloignés plus tôt… mais est-ce que ça aurait vraiment eu un impact sur mes sentiments? J’en doute fort. Donc au final… c’est idiot et probablement masochiste de ma part, mais je suis content qu’il n’ait pas écouté sa mère, de ce que j’en comprends. Ça m’a permis d’être proche de lui pendant… presque toute la période de ma vie où je pouvais voir et ces souvenirs font partie de mes plus précieux.

-« Quand j'ai commencé à travailler à l'hôpital j'avoue avoir beaucoup couru après les infirmières de l'hôpital ou infirmiers d'ailleurs. Et j'ai sans doute dû briser plus de cœur que je n'ai pu le penser parce que même après plus de deux ou trois ans, où je n'ai pas eu la moindre relation avec l'un de mes collègues, comprenant que ce n'était pas ce que je voulais et surtout que j'étais là pour faire mon travail pas autre chose. J'ai compris très vite que j'ai toujours cette réputation de coureur de jupons quand je me permets de sourire à certains de mes collègues, on s'imagine que je drague la personne ce qui crée un malaise directement en générale. Donc voilà la réputation d'un coureur de jupons qui saute sur tout ce qui bouge alors qu'en réalité j'ai dû avoir des relations avec peut-être deux ou trois personnes du personnel soignants en réalité. Comme quoi la rancœur est tenace parfois... mais ça m'est égale quand je suis à l'hôpital je suis là pour mes jeunes patients pas pour mes collègues et cela même si j'ai des amis dans mes collègues quand même rassure toi.»

Je hochai doucement la tête et serrai un peu sa main dans la mienne, l’espace de quelques secondes, lui montrant qu’il avait toujours mon support, peu importe ce que les autres pensent. En y repensant, c’est vrai qu’il fallut que j’attende environ huit ans avant que nous ne nous rapprochions à nouveau. Nous avions gardé contact pourtant, nous nous appelions de temps à autres, nous nous rencontrions aussi… ici et là. Le fait que j’ai fini par emménager en Corée à faciliter les rencontres, mais nos horaires chargés n’aidaient pas pour autant. Tomoya avait des horaires de fou à l’hôpital, mais apparemment qu’il y avait d’autres personnes avec qui il voulait passer son temps libre aussi. Je ne fis pas de commentaires sur cet aveu, à quoi bon le taquiner en disant que je comprenais maintenant pourquoi il était trop « occupé » et « pris par son travail » à l’époque pour venir me voir? Ce sont de vieilles histoires et il est dommage que ses collègues ne le voient pas ainsi aussi, de ce que j’en comprends. Je fus toutefois soulagé qu’il ne me dise avoir des amis quand-même parmi ses collègues, autrement, ça aurait été plus que pénible comme ambiance de travail. Pour ma part, à cette époque, j’enchaînais les concours nationaux et internationaux, comme je l’avais toujours fait et j’étais donc connu, dans ce monde musical… Puis, à mes 21 ans, j’ai été assez idiot et naïf pour signer avec Agency. Ce fut la première agence à ne pas me fermer la porte au nez parce que j’étais un intersexuel pansexuel aveugle. En gros, j’étais trop compliqué et trop de problèmes pour les autres agences qui s’imaginaient déjà voir l’image de leur entreprise détruite, si les médias venaient à savoir ce que j’étais. Mon contrat était court, cela dit, seulement quatre ans, mais on m’avait rassuré en me disant qu’il pourrait être renouvelé et allongé considérablement, si j’avais du succès. Ce fut rapidement le cas, mes compositions qui accompagnaient les balades des idoles devinrent toutes des hits, mes propres concerts marchaient très bien, j’avais beaucoup de fans. Mon dur travail était très apprécié et encore plus reconnu, donc, j’avais peu de temps libre et même quand j‘en avais… Je me retrouvais souvent à composer, en réalité. Les deux premières années se passèrent ainsi, sans heurts ni problèmes, mon agence me semblait bien bonne, je rencontrais des gens de toutes sortes, je voyageais beaucoup, je vivais de folles expériences et découvrais énormément de choses… Puis, lors d’une entrevue à un talk show télévisé, l’animateur me dit qu’il y avait de drôles de rumeurs au sujet de ma sexualité… Il appuya ses mots avec une photo qui avait été prise à mon insu de moi qui embrassait ma fréquentation de l’époque, qui s’avérait être un homme.

Mon manager, qui était en coulisses, tenta de faire arrêter l’émission, mais évidemment, on continua de tourner. Je savais que c’était dangereux, mais le mensonge était quelque chose qui m’étouffait depuis trop longtemps… et puis, je n’étais pas une idole non plus, donc je ne pensais pas que ce serait SI grave… J’étais bien naïf. J’ai donc admis qu’il s’agissait de ma fréquentation, sans donner son nom pour autant, ni aucune information sur lui. Non, je n’étais pas homosexuel, pour ça, il aurait fallu que je m’identifie au genre masculin. Non, je n’étais pas non plus une femme dans un corps d’homme, ni un transgenre, ni un transexuel. J’expliquai que je suis simplement intersexuel, donc, que je suis une personne qui est né avec un corps qui n’est ni féminin, ni masculin. Mon identité de genre est comme mon corps et je ne me considère ni complètement comme l’un, ni complètement comme l’autre… et je n’en ai que faire du genre de mon ou ma partenaire, son corps n’est pas ce qui m’intéresse en premier lieu, c’est l’alchimie qu’il y a entre cette personne et moi. Il n’en avait pas fallu plus pour que les médias et les réseaux sociaux ne s’enflamment et crient au scandale, à la trahison et au mensonge éhonté… tout ça parce qu’ils ont assumé qu’ils avaient le droit de savoir ce qu’il y a dans mon pantalon - et mon corps - ainsi que dans mon coeur… et que leurs hypothèses étaient erronées. Je n’ai pas appelé Tomoya pour me plaindre, je n’ai appelé personne… J’étais content d’être aveugle, pour une fois, ainsi, je ne voyais pas toutes les menaces de mort et les insultes qu’on m’envoyait par centaines. Eunae, que j’avais engagé récemment, refusais de me les partager. Je n’avais pas répondu aux nombreux appels de Tomoya, n’étant pas d’humeur à parler à personne. Ma gorge se serrait trop pour me laisser parler, de toutes manières… Je ne faisais que pleurer, ressentant une douleur vivement insupportable puisque je croyais avoir à nouveau perdu mon but. Si je n’avais plus de carrière, pour une seconde fois, je n’avais plus rien… Puis, Tomoya était directement venu chez moi, sans prévenir...

J’avais d’abord dit que je ne voulais laisser personne entrer, Tomoya m’avait dit que c’était lui… J’avais longuement hésité, roulé en boule dans une couette, sur le canapé, puis j’avais fini par me traîner jusqu’à la porte que je lui avais ouverte pour le laisser entrer. Je tenais bien ma couette fermée, n’ayant enfilé qu’un caleçon par principe, après ma douche, au cas où Eunae ne débarque même si je lui avais donné congé. J’aurais pu aller m’habiller avant de lui ouvrir, mais je ne l’avais pas fait… Je n’y ai même pas pensé. Tout ce qui occupait mon esprit était la haine que tout le pays semblait nourrir à mon égard et que ma carrière était fichue. Donc la pudeur… elle se résumait à une couette bien fermée. Je ne savais pas trop comment mon ami avait pu le savoir, remarque… cette histoire, je n’avais pas besoin d’en parler… tout le monde l’avait rapidement connue. Mais surtout, je croyais qu’il était occupé comme toujours. Je ne m’étais pas du tout attendu à ce qu’il ne débarque chez moi… Nous avons recommencé à nous rapprocher, après cette histoire… Il se réjouissait naïvement pour moi, lorsque je lui disais que j’avais réussi à avoir de nouvelles dates de concert et que ma carrière redécollait doucement, environ deux mois plus tard. Je m’étais bien gardé de lui dire comment j’avais réussi à … convaincre … les gens de retravailler avec moi… ou plutôt de lui dire ce que mon manager et mon agence m’incitait, pour ne pas dire m’imposait, à faire pour que ma carrière puisse reprendre. J’avais besoin de l’aide de ceux qui possédait les salles de spectacles, mais aussi de d’autres bien placés pour contrôler les médias et alléger l’histoire, la raconter autrement… Bien que ma carrière reprenait, mon humeur et mon estime allaient dans le sens inverse et j’ai fini par rentrer au Japon, sans prévenir personne, pour quelques semaines. J’avais gardé contact avec Tomoya, cela dit, lui disant que j’étais rentré pour m’occuper de ma mère malade, chose qui était une coïncidence heureuse pour moi. J’étais revenu en Corée, plus léger, puisque j’avais réussi à m’arranger plusieurs bonnes choses pour ma carrière au Japon, grâce à des amis avec qui j’avais été à l’école, qui, eux aussi avaient continué dans la musique et avaient percé… Un jour, j’aurai peut-être une conversation franche avec Tomoya sur tout ce qui s’est passé… sur comment les choses ont fini par s’améliorer pour vrai… et donc, sur comment j’en suis venu à être la personne que je suis aujourd’hui.

Mais pour le moment, nous parlions d’autres choses. En ce moment très précis, nous passions un moment… que je ne saurais pas comment qualifier. J’avais la gorge qui se nouait douloureusement, puisque je venais de pleurer. L’idée que Tomoya ne soit amoureux d’une autre personne me dévastait et me faisait sentir coupable à la fois… Je voulais son bonheur, mais je ne pouvais m’empêcher de me sentir misérable à l’idée qu’il n’aime une autre personne. C’était quelque chose que j’avais toujours attendu avec la peur au ventre, cette confirmation que je n’étais officiellement pas assez bien pour lui. J’avais instinctivement penché mon visage, en sentant sa main sur ma joue, cherchant ainsi à sentir un peu mieux son contact. Même s’il me disait franchement et directement aimer quelqu’un, j’avais ce genre de réactions… Je l’avais pris dans mes bras, plus tôt, j’avais déposé un baiser sur son cou, je marchais à ses côtés en gardant sa main dans la mienne et maintenant, ça… Je suis pathétique lorsqu’il s’agit de Tomoya, complètement pitoyable. Son cadeau réussissait à me faire sourire et alléger mes humeurs beaucoup trop facilement… probablement parce que c’était mon animal favori et parce que justement… c’était un présent qui venait de lui, donc je ne pouvais faire autrement que de l’adorer.

-« Oui en effet Kame-Chan lui va très bien étant donné que tu es toi-même à demi japonais. »

Un petit rire m’échappa suite à cette réponse, puis je le taquinai, lui disant qu’il avait une drôle de tête tout comme la tortue. Sa réponse m’avait fait sourire, il avait raison… Je le trouvais mignon comme la tortue… Je pense qu’il est plus séduisant qu’elle, mais ça, je me garde bien de le dire… Tout comme je ne lui admets pas que mes sentiments à son égard n’ont pas changé… il reste la personne la plus importante pour moi, ma personne « préférée », si on en reste aux comparaisons avec la tortue. Elle est mon animal préféré, tout comme lui est ma personne préférée… Mais si je le lui dis, nous devrons nous séparer à nouveau… et pour de bon, cette fois, non? Il ira avec la personne qu’il aime et moi… je ferai de mon mieux pour l’oublier pour de vrai. Plutôt que de penser plus longuement à ces choses qui menaçaient de me faire pleurer à nouveau, je lui partageai ma dernière excentricité, soit mon idée de célébrer le dixième anniversaire de ma cécité. J’avais ensuite voulu mettre fin à mes tortures intérieures en répondant à ses questions laissées en suspend. Il ne m’aime pas et ne m’aimera jamais, je le sais, je l’ai compris, alors… je préfère ne pas penser plus longtemps à ces questions lourdes qui… au final, me blessent plus qu’elles ne me font avancer dans mes réflexions. Sa réponse m’avait choqué, allant à l’encontre de ce que je pensais, puisqu’il admettait m’aimer. Une tonne d’émotions explosèrent en moi, me laissant heureux, confus, soulagé, extatique, nerveux, gêné, furieux, etc. Il avait fallu que la frustration sorte d’abord, puisqu’il m’avait tellement blessé en me laissant croire qu’il aimait une autre personne… me laissant croire que les pas que nous avions fait pour nous rapprocher aujourd’hui ne seraient qu’illusoires, puisqu’il faudrait à nouveau s’éloigner par respect pour cette personne qui aurait été plus importante que moi. Puis, il avait encore poussé sur mon énervement en disant que c’était de ma faute. Je pouvais accepter de prendre bien des blâmes, mais pas celui-là. Les larmes avaient d’ailleurs recommencé à couler sur mes joues, alors que je lui répondais que je refusais de prendre la responsabilité de ses choix sur cette question.

-« Minori, je sais que je suis le menteur … Je t'ai repoussé pour que tu m'oublies mais un jour je t'expliquerais pourquoi j'ai fait ça. Pourquoi dans le fond j'ai fait ce sacrifice de cacher mes sentiments à ton égard. C'est avant tout de ma faute je sais que tu ne m’as pas demandé de te mentir toutes ses années … Je m'en excuse crois-moi c'est un truc que j'ai du mal à accepter réellement moi-même. »

Je me mordis la lèvre inférieure, le laissant me prendre dans ses bras malgré tout. C’était dangereux pour moi… ça le devenait toujours un peu plus, à chaque mots de sa part, à chaque fois qu’il se rapprochait… S’il continuait, il serait bientôt trop près et je ne réussirais pas à le repousser. Il allait avoir raison de moi et de mes peurs, il allait me convaincre de perdre la raison et de lui faire confiance…

-« Tu croyais vraiment que je réussirais à t’oublier? » demandai-je avec un petit rire nerveux, alors que mes mains remontaient à son visage. « Après toutes ces années à te répéter mes sentiments… à te les imposer sans gêne… à les partager à tout le monde… Tu n’as pas compris que c’est devenu une part de moi avec le temps? Si j’avais réussi à t’oublier… j’aurais oublié une partie de moi-même… » admis-je dans un murmure plein de tendresse.

Je me tus, jugeant que j’en disais peut-être trop. J’étais peut-être trop intense, comme je le suis toujours. Mes doigts dessinèrent délicatement ses lèvres dans ma tête. Elles étaient douces… chaudes… invitantes. Je finis d’ailleurs par leur succomber et je m’approchai très lentement avant de venir les goûter avec timidité et réserve d’abord. Un premier baiser très tendre et doux, interrompu par un aveu, puis j’étais de nouveau revenu à ses lèvres, étant irrémédiablement attiré par elles. Tomoya n’avait pas eu à me prier pour que je ne me rapproche, je l’avais fait volontiers, me laissant à ses bons soins et m’abandonnant à son étreinte tout comme lui s’abandonnait à mon baiser. Pour notre bien commun, il faudrait probablement que ce soit notre premier et dernier baiser… Personnellement, mon coeur s’entraînait pour le marathon là! Mon ventre ne savait pas s’il était envahi par les paillons ou s’il se tordait sous le plaisir ou les deux à la fois. Mon souffle se faisait court, alors que je devais devenir fiévreux. Je me sentais comme Jack dans le film Jack and the cuckoo clock heart. Je rompis d’ailleurs le baiser avant de terminer comme ce dernier et invitai plutôt mon ami à prendre la sage décision de faire comme si de rien n’était. Je ne supportais pas l’idée que ça puisse mal se passer et que je ne finisse par le perdre complètement ou qu’il ne me déteste même… Mais comme d’habitude, Tomoya était têtu et il ne voyait pas les choses de la même manière que moi, aussi… il insista, alors que je me sentais dangereusement fléchir.

-« Je te fais la promesse solennelle à ce moment précis que je ne te mentirais plus jamais de ma vie et que je te dirais tout. »


Un petit rire beaucoup trop nerveux franchit mes lèvres après avoir entendu ces mots, gêné pour le coup. Je n’allais pas me plaindre qu’il ne me prenne au sérieux, mais il n’avait pas besoin de le dire ainsi… ça me rappelait limite les voeux de mariage de mes parents lors de leur cérémonie de renouvellement de mariage.

-« Je ne te cacherai rien … je te dirai les choses que je ressens qu'elles soient négatives ou positives. Je sais que ce ne sera pas facile de m'ouvrir mais je te l'ai dit je veux changer aussi cela. Et surtout je ne veux pas te faire souffrir par mon comportement Minori … Alors je te fais la promesse de ne te faire aucun secret sur aucun aspect de ma vie. »

Je me mordis l’intérieur de la lèvre inférieure. Il allait définitivement me faire craquer avec ses belles promesses, ses envies d’être une meilleure personne, de changer pour le mieux et d’être avec moi… J’avais tellement espéré souvent et longtemps qu’il ne me dise ce genre de choses, bien qu’il n’avait même pas à me promettre de tout me dire… J’aurais trouvé le moyen de lui faire confiance à nouveau, même s’il est vrai que les choses seraient facilitées s’il me dit vraiment ce qu’il pense… Moins de doutes et de craintes à avoir, moins de doutes et de craintes à tenter de gérer seul et à tenter de chasser. Je frissonnai et fermai les yeux en sentant ses lèvres contre mon front, geste tendre qui me surprit délicieusement à nouveau. Je retins mon souffle, étonné à nouveau de sentir mes lèvres si près des miennes. Je n’y avais définitivement pas l’habitude et je doute que je l’aurai un jour. Pas après avoir cru que ce serait impossible pendant si longtemps! Je me rapprochai à nouveau de lui, lâchant ses bras pour plutôt repasser mes bras autour de ses épaules.

-«  Je t'aime et je ne te mentirai jamais plus Minori. »

À peine avait-il fini sa phrase que mes lèvres étaient revenues contre les siennes. Si je ne l’entendais pas, je pouvais lui résister. Enfin, c’était la logique de base… mais ma logique était complètement brisée, puisque l’embrasser à nouveau ne m’aidait pas à le repousser. Loin de là! Mes lèvres se posaient contre les siennes en douceur, épousant leurs formes avec plaisir. Juste avant de rompre le baiser, je mordillai légèrement sa lèvre inférieure. Mon intention n’était pas de le blesser, mais de montrer mon désaccord.

-« Tu ne pourras pas toujours tricher comme ça pour me convaincre… Je ne serai pas toujours aussi faible… » marmonnai-je, par fierté, je l’admets. « Le truc de la blouse blanche ne fonctionnera pas non plus pour me convaincre ou te faire pardonner, tu sais? Ça perd un peu de son intérêt si tu ne le vois pas… » ajoutai-je avec un sourire joueur pour le taquiner. « Enfin… peut-être une fois… je n’en sais rien, je n’ai pas trop essayé ces trucs de voyants… mais on en reparlera plus tard… » admis-je en murmurant, réfléchissant à voix haute.

Un sourire d’imbécile heureux restait dessiné sur mes lèvres, alors que je le gardais dans mes bras, mon visag restant à quelques millimètres du sien. Je vins déposer un baiser à la commissure de ses lèvres, l’agaçant à mon tour.

-« Pour répondre sincèrement à tes questions… » commençai-je d’une voix tendre. « Si tu m’embrasses… non, je n’aurai définitivement pas la force de te repousser… » admis-je finalement avec un petit sourire, sans m’éloigner.

Après tout, je suis celui qui l’a embrassé jusqu’à maintenant… Je suis curieux de vivre l’inverse et, franchement, je n’ai jamais su lui résister… Il devait bien le savoir déjà, lorsqu’il m’a posé ses questions.

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Kim Tomoya

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MessageSujet: Re: Dix ans plus tard... PV Tomoya~   Jeu 22 Fév - 0:44

► Janvier 2018, aquarium
Dix ans plus tard...
Tomoya & Minori


La période où tu étais un danseur de haut niveau était une période où l’on ne se voyait pas beaucoup mais j'avais toujours la chance de voir tes progrès et tu mettais un point d'honneur à m'envoyer des vidéos et je regardais chacune d'elles avec toujours un certain plaisir. J'aimais te voir danser beaucoup de danseurs disaient que la danse était le moyen de faire ressentir des émotions avec les mouvements de son corps, un danseur suivait une musique mais si ce dernier n'avait pas la fibre de la danse, l'émotion n'était pas là. Quand tu dansais il y avait toujours cette douceur et chaleur dans tes mouvements et aussi dans les expressions de ton visage, on voyait la concentration mais malgré tout cela était chargé en émotions et j'appréciais toujours de te voir danser, c'était ton élément et je le voyais dans chacune de tes vidéos mais aussi de tes petits shows privés quand tu me les faisais. Cette période était l'une des plus belles, on partageait ses moments et cela nous rendait heureux. Tu étais tellement bon danseur et je regrettais parfois que tu ne puisses plus danser en réalité à cause de ta cécité.

Je me souvenais très bien de cette époque et si jamais je ne me souvenais plus j'avais gardé les vidéos de tes spectacles que tu m'envoyais et il n'était pas rare que je les regarde encore aujourd'hui. Tout comme les vidéos de tes représentations de piano que tu faisais parfois, ta mère en filmait également et vu que j'étais très souvent en contact avec elle, elle m'avait très souvent envoyé ces films et chacune de ses vidéos je les avais gardés et mis sur des DVD que je gardais caché à la vue de tous mais en même temps qui était visible dans mon meuble télé. Je n'avais pas spécialement caché avoir conservé ses souvenirs mais je voulais garder pour moi cette époque et aussi pour toi parce que je me doutais que tu te souvenais très bien de cette période où la danse était toute ta vie. Ma sœur ainée était la seule à savoir que j'avais encore ces films en réalité, elle ne me jugeait pas et m'avait jamais demandé pourquoi je ne t'en avais jamais parlé. Et je n'aurais jamais su quoi lui répondre si elle l'avait fait ? Est-ce que j'aurais été logique de lui répondre que je t'aimais et je gardais toutes ses choses pour garder intacts mes souvenirs avec toi ? Je ne sais pas réellement mais c'était en partie ça, je gardais toutes ses choses pour me souvenir de l'époque où tu étais encore insouciant de ce qui allait suivre dans ta vie.

En effet tu avais perdu ta vue et tout cela avait changé ta vie, tu n'avais aucune idée de combien cela m'avait touché et à l'époque j'avais eu des baisses de notes et de concentration à l'université. J'avais presque fini ma médecine et j'allais bientôt passer mon examen final quand tu as perdu ta vue, et je n'arrêtais pas de penser à toi qui était si loin de moi et qui ne voulais surtout pas avoir de contacts avec les gens qui t'aimaient. J'avais tellement l'esprit occupé par toi que tous les moyens étaient bons pour moi pour les effacer temporairement et les soirées alcoolisées avaient été nombreuses à cette époque. Et cela se ressentait dans mes notes sur le dernier trimestre, je n'avais pas perdu la motivation à devenir médecin mais le cœur n'y était plus, la personne à qui je tenais le plus était à des kilomètres de moi et au plus mal, je pouvais pas faire comme si cela ne m’atteignait pas d'une manière ou d'une autre.

C'était à cette époque que j'avais pris la décision de partir de chez mes parents, ne supportant plus de les entendre parler de toi toute la journée. Ou bien entendre les réflexions de mes parents sur mon comportement qui n'était pas digne de ce que j'étais mais ça m'était égale de leur jugement à cette époque. Je n'étais certainement pas le fils idéal mais je n'étais pas parfait et c'était pas un sentiment que je ressentais nouvellement au contraire même, j'avais conscience que j'étais un homme pas bien et j'avais fait de nombreuses fois mal à des gens. D'ailleurs à l'époque je les cumulais les erreurs, je faisais n'importe quoi à la fac mais aussi à coté et lors de ses soirées arrosées, il n'était pas rare que je ramène chez moi de la compagnie, des gens que j'avais rencontré quelques heures plus tôt uniquement et qui avaient eux aussi envie de s'amuser pour quelques heures. Je n'éprouvais pas la moindre fierté à vivre ce genre de moment mais ça me permettait réellement d'oublier un moment ce qui obnubilait mon esprit quand je n'avais aucune activité physique ou intellectuelle qui m'occupait. Cela avait duré un an et demi voir deux ans même, autant dire une éternité et j'avais fini par reprendre ma vie en main suite à une conversation que j'avais eu avec l'un de mes mentors à la faculté, un pédiatre qui m'avait appris énormément et qui m'apprenait encore aujourd'hui d'ailleurs. Une conversation qui m'avait fait prendre conscience que je voulais plus que tout devenir médecin et que si tu finissais par apprendre ce que je faisais parce que j'éprouvais de la peine pour toi, tu serais sans doute encore plus mal que tu ne l'étais déjà et tu finirais par culpabiliser sans doute.

Après ton retour sur Séoul après tout ce temps au début, je ne savais pas si j'allais venir te voir parce que je me demandais si je saurais être face à toi après cette longue absence. J'avais été très longtemps sans répondre à l'invitation de mes parents à venir à la maison pour ton retour, jusqu'à ce que ma mère finisse par se déplacer d'elle-même à mon appartement pour venir m'inviter chez eux ce jour-là. Dire que j'avais été surpris était encore loin de ce que j'avais ressenti ce jour-là en réalité, j'avais été étonné de voir ma mère venir pour une telle chose surtout que ce n’était pas dans ses habitudes de s'imposer dans ma vie ainsi. Je me souviens très bien qu'elle m'avait passé un savon en me disant que plus que quiconque c'était toi que tu voudrais certainement voir présent ce jour-là. J'avais fini par lui répondre que j'en doutais fortement et elle m'avait giflé, c'était un truc qu'elle faisait très rarement. Je pouvais compter certainement sur les doigts d'une main les fois où ma mère en était venu aux mains avec moi et cette fois ci en faisait partie. Elle s'était alors mise en colère en me disant qu'elle n'avait pas élevé un lâche qui fuyait l'une des personnes qui avait le plus compter dans sa vie d'un coup sans raison. Et elle avait raison elle m'avait élevé pour être un homme bien, et elle avait en partie réussi à cette époque. J'avais été vexé au début de cette gifle et j'avais demandé à ma mère de quitter mon domicile même si une part de moi lui donnait raison.

Les jours qui avaient suivis cet événement avaient été terrible et je n'étais sorti de chez moi que pour suivre mes cours et travaillait à l'hôpital aussi à côté. J'avais ignoré ma mère jusqu'à la date fatidique de ton arrivé à notre domicile et ça avait duré quand même deux semaines, et ses appels incessant ou ceux de ma sœur n'avaient rien changé. Je voulais voir personne du tout puis j'avais fini par me reprendre en main arrêtant toutes mes conneries, surtout avec la boisson dans un premier temps puis finalement avec les gens, j'ai eu de moins en moins souvent de relations d'une nuit parce que ça ne m’intéressait pas et avec le travail quand j'ai commencé à travailler à l'hôpital j'avais de moins en moins de temps pour faire des rencontres donc j'avais un peu calmé le coté coup d'un soir également. Mais j'avais été là pour lui ce jour-là, j'étais arrivé un peu avant l'heure annoncé de ton arrivé et personne n'avait rien dit de ma présence, ma mère m'avait juste pris dans ses bras en pleurant à moitié rassurée sans doute de voir que son fils unique était venu quand même. Et je savais que je ne pourrais être ailleurs que prêt de toi en réalité et au fond j'avais besoin de te voir. Je n’avais pas voulu venir au début non pas parce que je voulais pas te voir mais parce que je ne savais pas comment je devais me comporter face à toi. Et la réponse à mes questions s’est faite quand je t'ai vu, je ne pouvais pas rester stoïque et sans réaction alors que je te sentais si perdu et démuni. Alors oui je t'avais pris dans les bras c'était peut-être pas la meilleure idée mais c'était la seule qui m'était venu en réalité.

Nos rapports ne s'étaient pas réellement arrangés après cette retrouvaille, bien au contraire, nous avions échangé des appels ou des sms même si c'était débile d'envoyer ce genre de truc à un personne démuni de la vue mais nos rapports n'étaient pas redevenus comme ils avaient été avant la perte de ta vue, enfin avant que je ne te demande de m'oublier plus exactement. J'en étais peiné mais je n'avais aucun reproche à te faire en réalité j'étais la personne qui t'avais demandé de faire une chose que tu faisais visiblement alors comment te le reprocher hein ? Mais pourtant j'avais quand même été, malgré la difficulté à reprendre une relation digne et apaisée entre nous, toujours été là pour t'aider à aller mieux et te soutenir quand tu avais vécu des choses pas faciles à vivre. Quand le scandale sur ta sexualité était sorti j'avais pris conscience de la méchanceté gratuite des gens qui avaient choisi par facilité de te juger plutôt que de te comprendre. J'avais essayé de t'appeler mais sans réussir à t'avoir et ton assistante s'était excusé plus d'une fois en me disant que tu n'étais pas là, ce que je savais être un mensonge après tout pourquoi était-elle chez toi, si toi tu n'étais pas là, je savais que tu voulais juste pas me parler et j'avais laissé courir un moment avant de finir par venir chez toi pour te voir directement. C'était cet épisode qui nous avait à nouveau rapprocher en réalité et j'avais toujours été présent près de toi, te soutenant et me réjouissant pour toi quand j'avais appris que ta carrière reprenait parce que je savais que perdre la danse avait été une épreuve pour toi sans que l'on ajoute la perte du piano qui avait comme un second souffle à ta vie et qui remplissait ton existence parce que tu étais doué et que tu aimais en jouer. Bien sûr que je savais pas la réalité de ta reprise de ton activité professionnelle et je n'avais pas moyen de m'en douter en vrai. Nous nous étions souvent revus après pas forcément très longtemps mais de temps à autre quand même. Et nous étions convenu à un rendez-vous à l'aquarium, une promesse passée qu'on s'était faite et qui me tenais à cœur de tenir.

Lors de cette journée nous nous étions parlé, de tout et de rien, je m'étais ouvert à toi et je n’avais vraiment pas la moindre idée du pourquoi du comment j'en arrivais à m'ouvrir autant, en te disant que j'avais eu le sentiment que je ne pouvais pas me montrer chaleureux et ouvert avec toi alors que je t'avais demandé de m'oublier et c'était vraiment un sentiment que j'avais. Je voulais m'ouvrir à toi mais je ne savais plus comment faire sans doute parce que dans le fond j'avais peur d'être incapable de te cacher la réalité de mes sentiments à ton égard et la suite des événements m'avaient donné raison. Nous avions parlé de pleins de chose, je t'avais avoué aimer quelqu'un en cachant l'identité de l'objet de mes pensées mais je n'avais pas menti sur la profondeur de mes sentiments pour cette personne et surtout sur ce que ses sentiments pour lui m'avaient donné comme pulsion à savoir connaître la vérité sur mes origines mais aussi à prendre conscience que je devais changer énormément de chose vis à vis de cette nouvelle possible relation dans laquelle je voulais me lancer en réalité. Mes aveux nous avaient rapproché et tu m'avais forcé à te prendre dans mes bras, je n'avais jamais pensé que te sentir dans mes bras à nouveau me bouleverserais autant et c'était le cas, je voyais bien que tu avais besoin de cette proximité et que j'étais dans la même optique, j'avais besoin de toi.

Notre visite avait fini par nous mener aux tortues et je n'avais pas oublié que tu aimais ces animaux, tu avais toujours adoré ces bêtes et je m'en souvenais. Tes silences commençant à me mettre mal à l'aise, j'avais essayé de te rouvrir à moi et j'avais pris la décision de t'offrir une tortue en peluche, j'avais réussi à te faire me sourire à nouveau et j'en étais heureux et c'était réellement la seule chose que je voulais voir venant de toi, un sourire. Ton sourire. Ce qui était à mes yeux la plus belle chose au monde même si j'avais une part entière dans la perte de ce dernier à cause des dernières révélations que je t'avais faite mais ça je n’en avais nullement conscience en réalité, est ce que j'étais aveugle moi-même ? Sans doute quand ça te concernait j'avais tendance à porter des œillères qui m'empêcher de voir réellement les choses comme elles étaient. Pourtant malgré le malaise que j'avais créé avec de nombreuses questions que je t'avais posé au sujet d'un possible futur entre nous deux, tu avais fini par me pousser dans mes derniers retranchements et j'avais fini par t'avouer la profondeur de mes sentiments à ton égard.

Est-ce que je le regrettais ? Non bien sûr que non mais ça me faisait peur de savoir comment toi tu allais le prendre en réalité. J'avais même fini par te faire pleurer en te disant que tu étais le responsable de ma révélation et cela t'avais mis en colère, ce qui m'avait poussé à reconnaître que j'étais le responsable de tous ses mensonges et maux qu'on s'était infligé l'un l'autre. Je m'en voulais de ça et c'était un truc avec lequel j'allais devoir vivre et surtout j'allais devoir te faire oublier ou plutôt que tu me pardonnes réellement. Et je savais que ça n'allait pas être évident mais fallait bien que j'assume mes erreurs quand même non ? Je t'avais dit que je m'en étais voulu de te mentir et c'était vrai je t'assure c'était réellement l'une des choses de ma vie que je regrettais le plus au monde. Je savais que je t'avais fait du mal dans le fond en te disant ces choses que j'avais pensé être pour ton bien et quand tu m’avouas que tu ne m'avais réellement pas oublié parce que si c'était arrivé, tu aurais oublié une part de toi, je me mis à sourire doucement en te répondant d'un ton sérieux quand même

" Je sais j'ai été stupide … Parce que pour moi aussi c'était compliqué d'effacer des souvenirs que j'ai partagé avec toi. Tu as toujours fait partie de ma vie, si j'avais réussi, j'aurais perdu un bout de moi-même en le faisant. "

Puis après cela tu avais laissé glisser tes doigts afin de redessiner mes lèvres sans doute mentalement pour ta part et je fus surpris de ce geste mais quand au bout de quelques secondes tes lèvres avaient frôler les miennes rapidement j'avais pu réprimer un frisson de plaisir à cette douce sensation mais c'est surtout ton aveu qui me remplit mon cœur d'une douce chaleur avant que tu reviennes chercher mes lèvres avec les tiennes et m'embrasses à nouveau, avec un baiser bien plus différent de l'autre qui s'était fait plus en surface. J'avais répondu à ce baiser avec plaisir et j'avais pu le faire surtout cette fois si tout en te serrant dans mes bras. Mon cœur battait tellement dans ma cage thoracique que j'avais le sentiment qu'il allait en sortir à un moment donne mais il tint bon et j'en étais bien heureux, j'aurais été gêné de mourir d'une crise cardiaque suite à l'un de tes baisers quand même.

Quand tu rompis finalement le baiser je te gardais contre moi et je te regardais attendant que tu parles mais je finis par te demander de moi-même de pour une fois faire confiance à quelqu'un et que je saurais te montrer que le NOUS avait un possible avenir si tu m'en laissais la chance et je savais que ce serait pas évident pour toi d'ailleurs ta réponse me le prouva quand tu me dis que je devrais te dire si il se passait quoi que ce soit si d'un coup je t'aimais plus et que je ne devais plus rien te cacher jamais. Je t'avais alors répondu que je ne te mentirais plus jamais et que je t'en faisais la promesse et cette promesse était la promesse qui me tiendrais le plus à cœur dorénavant. Oui je ne te cacherais plus rien, je m'ouvrirais à toi et je ferais en sortes que les malaises chez moi que tes yeux ne pourraient jamais voir soit perçus par ta personne parce que mes mots auraient réussi à te le faire comprendre. Je n'étais pas l'homme le plus éloquent et je le savais mais j'étais prêt pour nous à faire tous les efforts possibles du monde parce que je t'aimais. C'est d'ailleurs ce que je finis par te dire pour clore ma promesse. Nos lèvres vinrent à nouveau se soudaient l'une à l'autre et je savais que c'était en partie pour me faire taire que tu étais revenu m'embrasser mais je te laissais faire avec un léger sourire contre mes lèvres malgré le baiser puis finalement tu avais repris tes mots en me disant des choses qui me firent rire doucement quand même pour le coup. T'entendre me dire que je ne pourrais pas toujours tricher pour te convaincre et que tu serais pas toujours faible face à moi m'amusai un peu puis quand tu me sortis le coup de la blouse blanche j'éclatai franchement de rire que tu sois capable de me ressortir ça comme ça alors je te murmurai d'une voix douce

" J'espère bien que tu seras capable de me résister. Et je ne triche pas quand je te dis que je t'aime tu sais ? " je ris un peu avant d'ajouter en te disant " Je ne t'ai jamais dit que je porterais cette fameuse blouse blanche pour te plaire Minori ? Et vu ton amour des médecins et des hôpitaux en générale je sais qu'il va me falloir me montrer plus inventif pour te plaire … Et surtout nous n'en sommes pas là en réalité. On a bien le temps d'en parler tu as raison ! " te dis-je en caressant ta joue.

Je te regardais me sourire, un sourire qui me réchauffa le cœur et le corps j'eus le sentiment de redevenir vivant d'un coup en te voyant faire, et je te sentis venir embrasser la commissure de mes lèvres me rendant la pareille à ce que je t'avais fait un peu plus tôt puis je t'observais longuement quand tu me répondis enfin à mes questions précédentes en me disant que pour y répondre je devais t'embrasser parce que tu n'aurais plus du tout la force de me repousser après ça. Je souris doucement quand je t'entendis me dire ces mots puis je vins glisser mes deux mains le long de tes joues que je pris le temps de caresser de mes pouces avant de venir frôler tes lèvres quelques secondes avant de t'embrasser réellement. Dans ce baiser je mis toute la douceur, la tendresse et surtout l'amour que j'éprouvais pour toi, mes lèvres taquinèrent les tiennes, les happant, les cajolant et les embrassant ou mordillant quelque peu sans te faire le moindre mal jamais, puis voulant te prouver que je t'aimais passionnément, ma langue vient taquiner tes lèvres pour en acquérir l'autorisation à l'approfondir quelque peu, voulant te montrer que mon amour était passionnel et que tu étais le seul être humain que je voulais dans ma vie aussi longtemps que tu voudrais de moi mais surtout qu'il me resterait un souffle de vie dans mon corps. Après ce long baiser, je souris contre tes lèvres en te murmurant

Et si on continuait cette visite de l'aquarium … J'ai envie de te faire vivre un truc que tu n'as jamais du vivre avant ça ? "

Je te lâchais la taille que je tenais toujours mais je vins glisser ma main dans la tienne avant de te t’entraînais dans l'autre salle, la passant sans oublier de te décrire les poissons qui se trouvaient dans celle-ci parce qu'après tout c'était quand même des poissons très colorés vu que nous étions dans le bassin tropical et que les poissons de ces eaux avaient de très jolis couleurs que j'essayais de te décrire avec fidélité, n'oubliant pas les tailles de ses petits animaux. En faisant cela je nous faisais toujours marché, finissant par nous faire sortir à l'extérieur pour être près des bassins extérieurs où se trouvaient en générale les gros mammifères, mais mon idée était tout autre que de te décrire les orques ou les dauphins mais surtout de t'emmener dans l'espace des otaries, vu que d'après mes renseignements il y avait possibilité de passer un moment en compagnie de ses animaux et de les toucher aussi. Et j'avais bien l'intention de te faire vivre ce genre de moment parce que je savais que ce serait un truc nouveau que tu vivrais même si ce serait sans doute un peu déroutant pour toi mais je serai là pour te rassurer aussi tu n'auras rien à craindre.

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Park Minori

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MessageSujet: Re: Dix ans plus tard... PV Tomoya~   Jeu 1 Mar - 0:30

►23 janvier 2018, aquarium
Dix ans plus tard...
Tomoya & Minori
Après toutes ces années à être amis, à se rapprocher d'une manière innocente... à ce que j'idolâtre Tomoya... à ce que je ne sache comment je devrais agir avec lui... Toutes ces années à croire qu'il ne m'aimait pas et avait fini par se rapprocher de moi par simple pitié. La première fois, parce que j'avais perdu la vue... La seconde, parce que je croyais que j'allais perdre ma carrière, ma passion et mon exutoire dans cette vie qui m'en fait voir de toutes les couleurs, à sa manière bien particulière. Je ne sais pas trop à quoi je m'attendais en lui demandant de m'accompagner à l'aquarium... C'était une très vieille promesse stupide... J'étais convaincu qu'il l'avait oublié, que ça n'avait pas d'importance pour lui. Pourquoi s'en serait-il rappelé? Ça datait d'environ dix longues années... Tomoya devait penser à autres choses que moi et notre passé commun, pendant tout ce temps. J'étais convaincu que sa mère devait lui mettre la pression pour qu'il ne continue à me parler, pendant un temps, je l'admets. Aujourd'hui... il doit simplement s'être habitué à avoir un petit parasite qui l'appelle de temps à autres. C'était ce que je croyais, du moins. Jétais à des années lumière de croire que j'avais une place digne de ce nom dans son cœur, autre que «ami d'enfance», «petit frère de coeur»... J'essayais de me convaincre que cela me suffisait, qu'il valait mieux avoir une petite place que pas du tout... Quand mon ami avait insisté en disant que j'étais sien, je n'avais pas trop su comment le prendre... Ça m'avait fait beaucoup trop plaisir, mais c'était un plaisir douloureux. Je ne voulais pas trop y accorder d'importance, je ne voulais pas m'imaginer trop de choses. Si mon cœur s'emportait, il ne pourrait qu'être brisé à nouveau et l'accumulation de ce genre d'expériences avec Tomoya devenait tranquillement trop importante. Ce fut justement ce qui eu lieu, peu après, alors que j'avais pourtant tenté de me ménager en lui demandant de ne pas m'appeler «son» Minori... Il avait insisté, évidemment, il le fait toujours...

N'était-ce pas cruel d'insister sur son idée de se rapprocher à nouveau de moi, d'agir comme lorsque nous étions enfants et sans distances... pour ensuite m'admettre qu'il aimait quelqu'un? Je ne connaissais pas cette personne et, franchement, je n'avais pas envie de le connaître. Pas maintenant. Pas alors que c'était un rendez-vous qu'il m'avait promis à moi, chose dont il se rappelait finalement. Cette journée ne devait donc que tourner autour de nous deux. Je ne voulais qu'être la seule personne importante, aujourd'hui. Surtout après ses belles promesses de rapprochements. Je me voyais déjà devoir m'éloigner pour de bon. Je savais que je ne le supporterais pas, pas avant un moment, que j'aurais besoin de définitivement passer à autres choses pour être la personne qu'il voulait que je sois pour lui. J'essayais déjà de m'éloigner un peu, même si j'écoutais toujours ses confessions et tentais de lui offrir les meilleurs conseils que je pouvais... je lui admettais un peu ma version des choses aussi. J'aime l'affection et la douceur des relations amoureuses, même si je n'ai jamais réussi à tomber amoureux d'une autre personne... et donc, je n'ai toujours ressenti que de l'affection tendre. J'avais toujours espéré que Tomoya ne me dise qu'il avait fait une erreur, qu'en réalité, il m'aimait. Cet espoir m'avait empêché de vraiment me lancer avec une autre personne, mais ça.. je ne pouvais pas le lui dire. Surtout pas après qu'il m'ait avoué aimer quelqu'un. Je lui admettais donc mes autres peurs, lui parlant honnêtement, pour la première fois depuis... je ne sais pas combien de temps, à propos de ce sujet. Après tout, nous ne parlions jamais de relations amoureuses, de nos sentiments affectueux non plus... J'imagine que j'évitais la question, je ne voulais pas l'entendre me parler d'une autre personne, comme c'était le cas, aujourd'hui.

Du moins, c'était ce que je croyais... cette pensée avait réussi à me faire pleurer, lorsqu'il m'avait laissé un instant seul. Je ne voulais pas le perdre, je ne voulais pas qu'il disparaisse dans les bras d'une autre personne, je ne voulais pas être oublié... et je ne comprenais absolument pas pourquoi il m'avait demandé si j'arriverais à le repousser. Non, je n'y arriverais pas... probablement pas... La logique voudrait que je le fasse, la bonne personne le ferait, pensant au bien de Tomoya en premier... Mais... suis-je logique? Suis-je une bonne personne? Je ne le sais pas. Mon ami a toujours réussi à me faire faire n'importe quoi. Il réussirait à me faire faire du parachute et du bungee, s'il me le proposait... Vous avez déjà vu un aveugle faire ça? N'est-ce pas une activité encore plus dangereuse pour une personne qui n'y voit absolument rien? C'est LITTÉRALEMENT sauter dans le vide, sans savoir ce qui nous attend, sans avoir la moindre idée de si on se rapproche du sol ou non... Je sais que je ne devrais pas penser ainsi. Je devrais être moins égoïste et penser au bien de Tomoya. Il ne pourrait pas avoir une vie normale avec moi. Je ne suis pas une femme, je ne suis pas un homme. Les gens ne comprennent pas ce que je suis, donc, ils me jugent et me prennent souvent pour un étrange phénomène. Ils pensent donc qu'ils ont plus de droits que moi, parfois même sur ma propre personne! Ce n'est pas le cas, absolument pas. Je me bats tous les jours pour garder ma liberté et pour être traité comme un égal. Puis, même si les gens ne savent pas que je suis intersexuel, il voient très bien que je suis aveugle, justement. Je ne me soucie pas de leurs avis, mais justement, mon handicap me rend plus difficile qu'une personne normale. Je me débrouille par moi-même pour la majorité, je suis très indépendant, mais... j'ai besoin de plus d'aide et d'attentions qu'une personne... normale, justement. Si je n'avais pas Eunae pour m'aider, comment pourrais-je vivre? J'aurais besoin d'une autre assistante. Je ne peux pas déménager à loisirs, puisque je dois chaque fois apprendre à connaître parfaitement les lieux, puisque j'aime me déplacer sans ma canne... Chose qui m'est d'ailleurs impossible, si je sors de chez moi et je dois d'ailleurs connaître mon entourage sur le bout des doigts, me transformant en GPS vivant, si je veux me balader seul.

Une relation avec une personne intersexuelle et aveugle, qui ne s'identifie pas vraiment à un homme ou à une femme... C'est absolument compliqué. Que ce soit à cause des jugements extérieurs, des regards moqueurs ou incompréhensifs, des mauvaises langues... mais aussi à cause de toutes ces petites choses qui doivent être prises en compte ou changées pour moi. Ce handicap est lourd pour moi, mais il l'est aussi pour mon entourage. Ne devrais-je pas refuser Tomoya et lui laisser avoir une vie normale? N'est-ce pas ce qu'une personne qui en aime une autre fait? S'assurer qu'il a le meilleur? Mais bon... pourquoi est-ce que je pense à tout ça? Je l'aime de toute mon âme, je n'ai jamais réussi à l'oublier ou à donner la même importance à une autre personne... mais, ce n'est pas son cas. Ça ne l'a jamais été et ne le sera jamais. Il aime une autre personne... Il ne m'a donc posé ces questions que pour me faire réagir, pour me pousser à réfléchir.

J’avais donc fini par lui répondre, me rappelant ces mots auxquels je ne croyais pas trop que mon amie m’avait dit. Si je me convainquais qu’elle avait raison, je pourrais passer à autres choses... Je croyais ainsi clore le sujet, une bonne fois pour toutes, mais Tomoya avait réussi à me surprendre, encore une fois. S'il ne l'avait pas autant répété, je ne l'aurais probablement pas cru. Sa confession m'avait fait l'effet d'une claque, mais aussi d'une douce chaleur que j'avais attendu toute ma vie. Il m'avait cependant énervé en disant que j'étais responsable de son aveu inattendu... Certes, en un sens, c'était adorable... mais en un autre... c'était cruel. Je n'étais pas le seul responsable de notre relation et de ses évolutions. Il faut être deux pour écrire cette histoire et je n'ai pas demandé à souffrir toutes ces années d'un cœur brisé. J'étais heureux, blessé, euphorique, confus, un peu perdu... Comment devais-je lui répondre? Est-ce que j'agis en bonne personne? Ou est-ce que je suis mes sentiments égoïstes qui veulent que j'accepte ses belles paroles? J'hésitais cruellement, mais Tomoya … Si seulement je savais comment lui résister! Je lui admis que je ne l'avais jamais oublié, expliquant pourquoi je n'y arrivais pas.

-« Je sais j'ai été stupide … Parce que pour moi aussi c'était compliqué d'effacer des souvenirs que j'ai partagé avec toi. Tu as toujours fait partie de ma vie, si j'avais réussi, j'aurais perdu un bout de moi-même en le faisant. »

Un sourire touché se dessina sur mes lèvres, alors qu'une douce teinte rosée venait colorer mes joues. J'étais heureux de l'entendre me dire que mon sentiment était partagé. C'est peut-être cela qui me fit craquer et qui me poussa à finalement venir l'embrasser, même si je m'en étais pourtant retenu jusqu'à maintenant. Je rompis d'abord le baiser qui fut très tendre et délicat, pour lui admettre qu'il me rendait fou. Après tout, je ne pouvais pas le laisser s'en sortir finalement, surtout que je revenais presqu'immédiatement à ses lèvres... Comment allais-je faire pour lui résister et faire le bon choix? Je n'arrivais même pas à rompre ce que j'essayais de me convaincre d'être notre premier et dernier vrai baiser... Je pouvais sentir son cœur battre furieusement contre sa poitrine, à un rythme qui s'accordait harmonieusement au mien. J'avais tant rêvé de ce moment, j'avais tant tenté de me faire une raison et de me faire à l'idée que cela n'arriverait jamais... mais pourtant, nous étions là, dans les bras de l'autre, nos lèvres s'épousant amoureusement, frôlant tous deux la crise cardiaque. J'avais d'ailleurs fini par rompre le baiser avant qu'un de nous deux ne perdent la vie. Ce serait bien dommage que les choses ne se terminent ainsi. Je lui proposai de faire comme si rien ne s'était passé... lui laissant une chance de revenir sur ce qu'il venait de dire, une chance de ne pas commettre une telle folie. J'avais conscience de ce que je disais et du fait que ce serait plus que douloureux de l'entendre accepter, mais j'essayais d'être une bonne personne... Tomoya alla à l'encontre de ce que je disais, évidemment, me demandant plutôt de nous laisser une chance. Je ne savais pas trop comment lui répondre à cela... Il venait de m'admettre qu'il m'avait menti toutes ces années... Qu'est-ce qui pourrait l'empêcher de le faire à nouveau? Pourquoi ne resterait-il pas avec moi, par pitié, alors qu'il ne m'aime plus? Je ne veux pas d'une relation comme ça, je n'ai pas besoin de ça en plus de tout le reste... Je préfère que nous ne soyons que des amis, plutôt que de devenir un poids pour lui...

Tomoya me répondit par de belles promesses auxquelles mon stupide cœur voulait croire... Si je le croyais, j'allais flancher... il allait avoir raison de moi et de mes tentatives de conscience. Je revins l'embrasser, voulant le faire taire. Évidemment, cette solution n'était pas la plus intelligente! J'étais tellement stupide, en réalité. Toutes les raisons étaient bonnes pour goûter à nouveau à ses lèvres... L'envie de recommencer semblait saisir n'importe quelle opportunité qui se présentait, n'ayant aucune honte à me faire douter et faire tomber ma résistance. Puis, le Japonais ne m'aidait pas du tout... répondant à mes baisers, les laissant durer sans s'éloigner et me ramener à la raison! N'était-il pas sensé être le plus mature de nous deux, étant l'aîné? Il devait donc comprendre que c'était un pari important que de se lancer dans une relation... Je tentai de mettre une ou deux choses au clair, soulignant qu'il ne pourrait pas toujours tricher pour obtenir ce qu'il désire. Je souris, ne lui en voulant pas qu'il rit, j'aurais probablement réagi de la même manière.

-« J'espère bien que tu seras capable de me résister. Et je ne triche pas quand je te dis que je t'aime tu sais ? »

[color=#990099]-« Vraiment? J'en doute un peu... mais tu triches aussi en répondant à mes baisers... en me prenant dans tes bras... en faisant tout ce qui peut me faire perdre mes moyens, alors que je ne te vois même pas! Donc, je devrais être capable de facilement résister! Non? » répliquai-je avec un petit sourire rieur.

-« Je ne t'ai jamais dit que je porterais cette fameuse blouse blanche pour te plaire Minori ? Et vu ton amour des médecins et des hôpitaux en générale je sais qu'il va me falloir me montrer plus inventif pour te plaire … Et surtout nous n'en sommes pas là en réalité. On a bien le temps d'en parler tu as raison ! »

-« Tu la portes pour tout le monde sauf moi, alors? » marmonnai-je sur un ton peu convaincu par cette injustice. « Je n'aime pas les hôpitaux et les médecins... c'est vrai... mais... tu es mon exception~ » admis-je avec un petit rire. « Cela dit, tu as raison... nous ne sommes pas vraiment au bon endroit... Il y a des enfants ici... et les pauvres tortues... » ajoutai-je, continuant à le taquiner avec un grand sourire idiot.

Je me vengeai, l'agaçant à mon tour avec un baiser à la commissure de ses lèvres. Après une réflexion qui ne fut probablement pas assez longue... je finis par lui admettre qu'il n'était qu'à un baiser de me convaincre de lui laisser sa chance. Je me mordillai légèrement la lèvre inférieure, me disant que j'avais sûrement été stupide de lui répondre ainsi... Il pouvait se dire que j'étais ridicule ou simplement me caresser doucement les cheveux pour ensuite me lâcher et reprendre la visite comme si nous n'avions rien dit. Je ne sais pas si ce fut un sursaut ou un frisson ou les deux qui me traversèrent en sentant ses mains sur mes joues. Je les sentis se réchauffer, alors qu'elles rosissaient à nouveau. Étrangement... j'avais peur pendant quelques secondes, ne sachant pas ce qui m'attendait. S'il m'embrasse... notre relation changera... puisque j'ai dit que j'accepterais alors de lui laisser... de nous laisser une chance... Serai-je vraiment à la hauteur? Ne se rendra-t-il pas compte que c'est plus compliqué qu'il ne le pensait et donc... que ça ne lui plaît pas au final? Est-ce qu'il m'aime... moi... ou une image qu'il se fait de moi et ne colle pas à la réalité, donc, je le décevrai? Je fermai les yeux, en sentant ses lèvres frôler les miennes. Je me rapprochai, instinctivement, désirant plus que cela, puisque j'y ai déjà pris goût. Un soupir de soulagement m'échappa, alors que ses lèvres revenaient enfin embrasser les miennes pour vrai. Je répondais à son baiser, le laissant guider les choses, cette fois, profitant de la sensation d'être finalement embrassé par la personne que j'ai toujours aimé. Je me sentais léger, sur un petit nuage de bonheur qui m'éloignait doucement de mes inquiétudes... Je ne me lasserai jamais de ses lèvres, de ses caresses, de ce sentiment de pleinitude qui m'envahit lorsque je suis avec lui. Un sourire s'étira doucement sur mes lèvres, qui étaient toujours occupées par le délicieux baiser, puis je les entrouvris. Ma langue vint taquiner la sienne, puis je répondis avec passion à son baiser enflammé. Mes sentiments sont similaires aux siens, je n'imagine pas ma vie sans lui, je n'imagine pas ma vie avec une autre personne... C'est probablement ce qui me terrifie le plus. Je n'ai jamais réussi à imaginer ma vie avec une autre personne. Il est le seul que j'ai toujours ardemment désiré, le seul que j'ai toujours gardé le plus précieusement en moi et le seul qui a toujours su me faire oublier mes peurs... me faisant donc agir de manières parfois complètement irréfléchies. Comme maintenant.

-«  Et si on continuait cette visite de l'aquarium … J'ai envie de te faire vivre un truc que tu n'as jamais du vivre avant ça ?  »

Je souris et revins lui voler un court baiser.

-« J'ai vécu plusieurs choses déjà... mais il y en a beaucoup d'autres que je n'ai pas vécu... Donc... peux-tu être plus précis? » demandai-je avec un petit sourire curieux.

Je le laissai s'éloigner, même si j'avais envie de le garder contre moi encore un peu... Cela dit, je me disais que nous étions toujours à l'aquarium, donc, que nous devrions peut-être... agir de manières plus... normales. On me dit souvent que les couples sont plutôt réservés, autour de nous, lorsque je suis en Asie. Lorsque je vais en Europe ou surtout en Amériques, les gens sont absolument sans gênes, d'après ce qu'on m'a décrit et ce que j'ai pu vivre. Mais, c'est vrai qu'en Asie, nous sommes plus réservés... Je ne serais pas surpris que nous ayons choqué quelques visiteurs, mais je suis beaucoup trop heureux pour m'en soucier. J'avais un sourire toujours aussi heureux qui ne voulait plus quitter mes lèvres, alors que je le laissais reprendre ma main. Je la serrai doucement, caressant le dos de sa main avec mon pouce. De ma main libre, je ressortis ma canne de ma poche et la dépliai pour que nous reprenions la visite. Je le suivis en souriant toujours, continuant d'être sur ce petit nuage ayant oublié mes doutes pour l'instant... qui sait pour combien de temps, cela dit. Pour le moment, j'étais tout simplement bien et heureux. Je me laissais bercer par sa voix et ses descriptions, imaginant les créatures qu'il me décrivait avec plaisir.

-« Lequel préfères-tu? » demandai-je avec un petit sourire, curieux.

Il y en avait tant, mais une de ces créatures devait bien avoir capturé son attention plus que les autres. Je continuai de le suivre ensuite, me demandant toujours quelle était son idée de chose à vivre pour une première fois. Cela dit, toute cette visite était une première pour moi... Marcher ainsi avec la personne que j'aime, en ayant le cœur si léger, était une première aussi... J'ouvris grand les yeux, me crispant légèrement en entendant l'annonce de la prochaine activité qui se déroulerait dans le bassin extérieur que nous venions apparemment d'atteindre. J'avalai ma salive et passai le bout de ma langue sur mes lèvres. On allait faire quoi? On allait toucher qui? Quoi? De majestueuses bêtes que je ne vois pas et qui pourraient donc très bien me mordre? Je me demandais si leur peau allait être fraîche... ou chaude? Humide probablement.

-« C'est... ça... ton idée? » demandai-je, avec une pointe d'appréhension.

J'esquissai un petit sourire malgré tout. J'avais un peu peur, je ne peux le nier, mais ce serait intéressant et probablement amusant. Il fallait simplement que je me fasse à l'idée!

-« Elles sont loin? » demandai-je avec un petit rire nerveux. « À quoi ressemblent-elles? Elles sont joueuses? » ajoutai-je avec un sourire curieux.
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